Le Remplacement militaire est le nom d'une politique de conscription militaire en France et en Belgique au XIXe siècle. Dans ce système, lors d'un tirage au sort organisé publiquement par les autorités, sont tirés les noms de ceux qui devront faire le service militaire. Certains préféraient payer quelqu'un d'autre pour servir à leur place.

La majorité des soldats non professionnels de l'armée belge du XIXe siècle ont été sélectionnés dans le cadre du système de « remplacement ».

En France, le remplacement a été aboli par la loi Berteaux du instaurant le « service militaire universel ».

En Belgique, ce système a été aboli en 1913 et remplacé par le « service militaire personnel », une forme de conscription universelle.

Histoire

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En France

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Annonce pour des remplacements militaires (dans toute la France). On demande des remplaçants pour les pères de familles.

Le tirage au sort pour désigner les recrues de l'armée, avec son corollaire le remplacement, est pratiqué depuis la loi sur la conscription du 19 fructidor an VI (1797-98) et sera conservé jusqu'en 1889[1]. Le renforcement de l'esprit démocratique avec la Révolution de 1848, les besoins militaires du Second Empire, remettent en question le remplacement[2]. A l'initiative de Deville, l'interdiction du remplacement militaire est incluse dans la Constitution du 4 novembre 1848. Il sera pratiqué jusqu'à son abolition définitive par la loi Berteaux du [3].

En Belgique

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L'armée belge s'appuie sur l'enrôlement volontaire, mais aussi, à partir de 1902, sur le tirage au sort, afin de maintenir ses effectifs constants.

Lors d'un tirage au sort organisé publiquement par les autorités, sont tirés les noms de ceux qui devront faire le service militaire.

Les « mauvais numéros » (les « tombés »), doivent servir pendant quatre années dans l'artillerie ou la cavalerie, vingt-deux mois dans l'infanterie. Certains préfèrent payer un remplaçant.

Dans le Hainaut, certains s’offrent comme remplaçants : les mineurs, par exemple, trouvent la vie de soldat moins dure que le travail dans les mines de charbon ; à l’armée, ils sont logés, nourris, habillés, instruits et rétribués par une solde. Des « marchands d’hommes » ou des agences se chargent de trouver des remplaçants. Ces hommes ont terminé leur propre service et ont à l'armée une « carotte » (une sinécure, c'est-à-dire ordonnance, cuisinier, clairon, commis de bureau, etc.). Le prix à payer est d'environ 1 600 francs, grosse somme à cette époque[4].

Les libéraux et les catholiques défendent le remplacement comme moyen de privilégier les classes aristocratiques et bourgeoises et sont unis pour le maintenir, contre les réformateurs[5].

La réponse belge à la guerre franco-prussienne de 1870-1871 a mis en évidence les insuffisances de l'armée du pays. Le remplacement apparaît anachronique, constituant un privilège pour les riches et diminuant la qualité des recrues. Le roi Léopold II est particulièrement désireux de faire abolir ce système ; il utilise son influence politique pour persuader les parlementaires.

Le major-général Guillaume, ministre de la Guerre et ancien aide de camp du roi, pousse le gouvernement à adopter la politique de service militaire personnel ; il échoue et démissionne le [6].

Les deux principales factions politiques, les libéraux et les catholiques, sont unies pour maintenir le remplacement. Le Parti ouvrier belge est seul en faveur du service militaire pour tous. La réforme est retardée.

En 1909, le système est aboli[7] ; il est remplacé par un système où un seul fils par famille est appelé dans l'armée[8].

Le , quelques jours avant sa mort, Léopold II approuve le service militaire d' « un fils par famille » ; il a permis de compter 255 000 hommes sous les drapeaux au seuil de la Première Guerre mondiale, pour un service de 15 mois dans l'infanterie, 24 mois dans la cavalerie et l'artillerie à cheval[9].

En 1913, le roi Albert Ier réussit à faire voter au Parlement une loi instituant la conscription obligatoire pour tous les hommes adultes de plus de 20 ans[8].

Culture

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Bibliographie

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  • Bernard Schnapper, Le Remplacement militaire en France, quelques aspects politiques, économiques et sociaux du recrutement au XIXe siècle, Paris, SEVPEN, 1968[10].
  • Jean Waquet, Le remplacement militaire au XIXe siècle. In : Bibliothèque de l'école des chartes. 1968, tome 126, livraison 2. pp. 510-520[2].

Références

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  1. Waquet, « Le remplacement militaire au XIXe siècle », Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 126, no 2, , p. 510–520 (DOI 10.3406/bec.1968.449806)
  2. 1 2 Jean Waquet, « Le remplacement militaire au XIXe siècle », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 126, no 2, , p. 510–520 (DOI 10.3406/bec.1968.449806, lire en ligne, consulté le )
  3. « Loi des trois ans - Guerre 1914-1918 - Assemblée nationale », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le ).
  4. « Le tirage au sort — Le Patrimoine Preslois ASBL », sur patrimoinepreslois.be via Internet Archive (consulté le ).
  5. « La paix, puis la guerre : La question du service personnel », sur histoire-des-belges.be (consulté le ).
  6. Albert Duchesne, "Guillaume (Gustave)", Biographie Nationale de Belgique, vol. 38 (Brussels, 1973), 289-293.
  7. Bernard, « L'Armée Belge en 1914. (Cours d'Histoire Militaire - 1951) » [archive du ], sur clham.org (consulté le ).
  8. 1 2 Denise Galloy et Franz Hayt, La Belgique: des Tribus Gauloises à l'Etat Fédéral, Brussels, De Boeck, , 146 p. (ISBN 2-8041-5098-4)
  9. « Il y a cent ans, Léopold II instaurait le service militaire », sur RTBF, RTBF Actus, (consulté le ).
  10. Bernard Schnapper, Le Remplacement militaire en France, quelques aspects politiques, économiques et sociaux du recrutement au XIXe siècle, S.E.V.P.E.N, (lire en ligne)