René-Norbert Sauvage
René Frédéric Norbert Sauvage, né le à Caen où il est mort le , est un historien et archiviste français.
| Directeur Archives départementales du Calvados | |
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Georges Besnier (d) | |
| Directeur Bibliothèque de Caen | |
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inconnu (d) |
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René Frédéric Norbert Sauvage |
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Il est directeur des Archives du Calvados de 1919 à 1949, et spécialiste de l'histoire de la Normandie.
Biographie
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Fils d'Auguste Norbert Sauvage, négociant, et d'Élisabeth Honorine née Beurey, il nait au domicile familial, no 10 de la rue Montoir-Poissonnerie[note 1], le [1]. Il poursuit des études secondaires à l’Institution Sainte-Marie[2]. Après des études à l'Université de Caen (licence, diplôme d'études supérieures en histoire et géographie)[2], il entre en 1904 à l’École nationale des chartes[3].
Le , René-Norbert Sauvage est nommé d'abord comme adjoint aux archives départementales du Calvados[3]. Après le départ à la retraite de Gaston Lavalley, il devient le conservateur de la bibliothèque de Caen[4] et des archives municipales de cette même ville[3]. Il réorganise complément cette bibliothèque[3], alors située dans l'ancienne chapelle du séminaire des Eudistes, site où sont regroupés l'ensemble des services municipaux depuis la Révolution française.
Il est ensuite nommé directeur des archives départementales du Calvados en 1919[3], où il reste jusqu'à sa retraite en 1949[5].
De 1917 à 1930, il est également chef de cabinet du préfet du Calvados auprès d'Hendlé, puis de Joseph Hélitas[3].
Pendant son mandat, les archives se développent[3]. Il obtient la construction en 1930 d'un nouveau bâtiment dans le prolongement du site principal des archives, rue Saint-Laurent (hôtel de préfecture du Calvados) pour accueillir la salle de lecture[2]. Il choisit également l'ancienne collégiale du Saint-Sépulcre de Caen, alors inoccupée, pour ouvrir un dépôt annexe[6],[7],[8].
Pendant la Seconde guerre mondiale, il procède à plusieurs transferts d'archives conformément aux consignes des services chargés de la défense passive, au prieuré Saint-Gabriel de Brécy en 1940 et au château des Vaux à Saint-Maurice-Saint-Germain en 1942[2]. Homme de pouvoir, son rôle est toutefois ambigu pendant l'Occupation. Il est cité à la Libération dans le procès pour collaboration du journal Le Bonhomme normand, dont il était un des administrateurs[2].
Par chance, aucune bombe lancée durant le bataille de Normandie en 1944 n'atteint le bâtiment des archives de la rue Saint-Laurent[9],[10], alors que de l'autre côté de la rue, l'ancien séminaire des Eudistes, où René-Norbert Sauvage a commencé sa carrière, est entièrement détruit. Les lieux de dépôts provisoires sont également épargnés. L'annexe du Saint-Sépulcre sort endommagée du conflit, mais une bombe tombée lors des bombardements est heureusement retrouvée intact dans les débris[8].
Le , durant la bataille de Caen, son domicile, au no 15 rue des Carrières-Saint-Julien[11], est détruit lors d'un bombardement. Il perd la majorité de ses biens dont sa bibliothèque personnelle (riche d'environ 6 000 volumes[2]) et ses notes de travail. Il est lui-même blessé lors de l'effondrement du plafond de l'ancienne carrière dans laquelle il s'est réfugié[12]. Dans les quelques années qui s'écoulent entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et son départ à la retraite, il entreprend l'inventaire des bâtiments encore restaurables dans le Calvados et l'est de la Manche[13] et rédige le premier état des archives et bibliothèques ayant subi des dommages liés aux bombardements dans le Département[14].
René-Norbert Sauvage est membre de nombreuses société savantes : Société des antiquaires de Normandie, dont il devient secrétaire en 1914 à la place d'Émile Travers[3] ; Société historique de Lisieux ; Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen, dont il est secrétaire ; Comité régional des arts appliqués de Basse-Normandie. Il publie de nombreux articles d'érudition locale sur l'histoire de la Basse-Normandie dans des bulletins de sociétés savantes et dans la Revue bibliographique et critique d’histoire de la Normandie.
Il meurt à son domicile à Caen, au no 164 rue Branville, le [15],[3]. Dans l'hommage qu'il publie à sa mort, Lucien Musset, son successeur comme secrétaire de la Société des antiquaires de Normandie, le qualifie de « directeur spirituel de toute l'érudition historique normande »[5]. Marcel Baudot rend l'« hommage dû à l'archiviste et à l'érudit qui en ce demi-siècle, a le plus œuvré pour la science historique normande »[3].
Publications
modifier- Le Fonds de l’abbaye de Saint-Étienne de Caen aux archives du Calvados, Caen, H. Delesques, 1911 ;
- « L’Abbaye de Saint-Martin de Troarn, au diocèse de Bayeux, des origines au XVIe siècle », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, tome XXXIV, Caen, 1911 ;
- « Un vol de reliques à Saint-Pierre de Lisieux en 1512 », Bulletin de la Société historique de Lisieux, no 18, 1910) ;
- « L’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives sous la règle de Saint-Maur », Bulletin de la Société historique de Lisieux, no 26 (1924) ;
- « Fragments d’un cartulaire de Saint-Pierre-de-Lisieux », Études Lexoviennes III, Paris ; Caen, 1928, p. 325-57 ;
- Les Diplômes de Henri Ier, roi d’Angleterre et duc de Normandie, pour l’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dive, impr. Robert Lainé, Rouen, 1933 ;
- « Le Cartulaire communal de Falaise », Mélanges de la Société historique de Normandie, t. XIV, 1938, p. 111-53.
- 76 documents sont répertoriés sur le site du Catalogue collectif Normand Normannia, au nom de René-Norbert Sauvage[16]
Hommages
modifierUne rue de Caen, proche des bâtiments des Archives départementales du Calvados, porte son nom depuis la fin des années 1960.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Les nos 10 et 12 rue Montoir-Poissonnerie étaient les deux éléments constitutifs de l'ancienne maison dite de l'Épervier, bâtie pendant la Renaissance (vers 1520). Classé monument historique pour le no 10 et inscrit pour le no 12, ces deux immeubles à pans de bois, qui rappellent ceux au no 52 et no 54 rue Saint-Pierre, ont été détruits lors des bombardements en 1944.
Références
modifier- ↑ « Acte de naissance no 124 »
, sur Archives départementales du Calvados (consulté le ). - 1 2 3 4 5 6 « René-Norbert Sauvage »
, sur Archives départementales du Calvados (consulté le ). - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Marcel Baudot, « Nécrologie — René-Norbert Sauvage », Annales de Normandie, vol. 5, no 2, , p. 197-200 (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ « La retraite de M. Lavalley », Journal de Caen, no 12.423, (lire en ligne)
- 1 2 Lucien Musset, René-Norbert Sauvage (1882-1955), Caen,
- ↑ Jean Gourhand, « Les nouvelles archives départementales du Calvados », Le mois à Caen, no 18, , p. 8.
- ↑ « Dossier sur l'histoire des Archives du Calvados »
, sur Archives départementales du Calvados (consulté le ). - 1 2 « Cote 644W/104 »
, sur Archives départementales du Calvados (consulté le ). - ↑ Gildas Bernard, Guide des Archives départementales du Calvados, Caen,
- ↑ Julie Deslondes, Les Archives du Calvados, 10 siècles d'histoire quotidienne des Calvadosiens, Caen, Archives du Calvados, , 51 p.
- ↑ « Recensement de la population de 1936 »
, sur Archives départementales du Calvados (consulté le ). - ↑ Laurent Dujardin, Damien Butaeye, Réfugiés dans les carrières pendant la bataille de Caen, juin-juillet 1944, Caen - Rennes, Éditions du Mémorial de Caen - Éditions Ouest-France, 1999
- ↑ Édouard et Régis Tribouillard, « L’Histoire des rues de Caen », supplément à Liberté de Normandie, Caen, 1981, p. 199.
- ↑ René-Norbert Sauvage, Les Destructions de 1944 dans le Calvados (Archives, bibliothèque, musées), Caen,
- ↑ « Acte de décès no 56 »
, sur Archives départementales du Calvados (consulté le ). - ↑ La page le 17/12/08
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
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