René Philippon

éditeur français

René Philippon (Saint-Saulge, - Saint-Valery-en-Caux, [1]) est un éditeur français du milieu du XXe siècle, qui dirigea la maison d'édition Armand Colin et fut président du Syndicat des éditeurs.

René Philippon
Fonctions
Président
Syndicat national de l'édition
-
Président
Cercle de la Librairie
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jacques Marie René PhilipponVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Biographie

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Traducteur de l'œuvre d'Edward Bulwer-Lytton, éditeur chez Armand Colin, il est l’adjoint du fondateur de la maison d'édition. Lorsque le successeur de ce dernier, Max Leclerc, décède le , il devient le cogérant, à l'âge de 41 ans[2].

Il est élu le 24 février 1938 président du Cercle de la librairie et du Syndicat des Éditeurs[3], et soutient les efforts de l'organisation patronale pour revenir sur la loi des 40 heures du Front populaire.

Dès le , démobilisé, il reprend la présidence du Syndicat[3] et, entre en contact avec les autorités allemandes, accompagné de Bernard Grasset, président de la section de littérature générale du syndicat, pour discuter de l'avenir du secteur, alors que l'armée d'occupation multiplie les visites et les perquisitions inopinées dans les librairies[4].

Au poste de président du Cercle de la Librairie, il signe le 28 septembre 1940 une convention d’auto-censure avec l'occupant[3], réglant les modalités de la Censure sous l'occupation allemande en France. Le texte édicte que les éditeurs sont libres de publier, à condition de censurer eux-mêmes tout ce qui est susceptible de nuire aux intérêts allemands. Jusqu’en , cette convention a permis de poursuivre l'édition d'une partie des livres, les autorités allemandes en profitant pour déclarer que c’était les éditeurs eux-mêmes qui avaient « assaini » leur littérature. René Philippon déclare alors que « ces dispositions (les interdictions), qui ne créent pas de graves problèmes à l'édition française, selon moi, font grandir la pensée française »[5].

Le 20 mars 1941, il adresse une circulaire proposant aux éditeurs d’examiner la situation des Éditions Calmann-Lévy et Ferenczi à l’égard des ordonnances allemandes et de rechercher « une solution corporative »[3].

Dès le , il adresse une nouvelle circulaire à d'autres éditeurs leur demandant de ne plus publier de livres à tort et à travers sous prétexte que tout se vend, et de s'en tenir à choisir ceux qui s’imposent ou que le public demande : « Les éditeurs qui nous seraient signalés par la Propaganda Abteilung comme ne s’étant pas pliés à cette discipline se verront rayés de la liste des bénéficiaires des distributions de papier », explique la circulaire[6]. En juillet suivant, il préface la deuxième liste Otto qui « annule la précédente et précise en conclusion qu’en principe toutes les traductions de l’anglais, tous les livres d’auteurs juifs ainsi que les livres auxquels des Juifs ont collaboré et les biographies consacrées à des Juifs sont retirés de la vente »[3].

Au moment de la Libération, René Philippon, démissionnaire du Syndicat le 24 octobre 1944[3], et à qui l'on reproche son attitude, se défend devant la Commission d'épuration. Il est déféré devant les tribunaux le 29 novembre 1945, aux côtés de Henri Filipacchi et Marcel Rives, en tant que président du Syndicat des éditeurs, cité à comparaître sous l’accusation d’atteinte à la sécurité de l’État. Roger Bridoux, maire-adjoint du VIe arrondissement, qui était employé par René Philippon chez Armand Colin, témoigne que de nombreuses réunions de résistants se sont tenues à la Librairie Armand Colin. La cour de Justice l’acquitte, mais il est remplacé en février 1945 au Syndicat des éditeurs par Jacques Rodolphe-Rousseau (patron de la Librairie générale de Droit et de Jurisprudence).

Par la suite, la maison Armand Colin publie de nouveaux ouvrages et de nouveaux auteurs.

Références

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  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. Histoire de l'édition française: Le livre concurrencé, 1900-1950, p. 323
  3. 1 2 3 4 5 6 Pascal Fouché, Chronologie de l'édition française depuis 1900, moteur de recherche.
  4. Henri-Jean Martin, Roger Chartier et Jean-Pierre Vivet, Histoire de l'édition française. 1900-1950, t. 4 : Le Livre concurrencé : 1900-1950, Paris, Promodis, , 609 p. (ISBN 978-2-903181-54-3), p. 239
  5. John Gerassi (trad. Philippe Blanchard), Sartre, conscience haïe de son siècle Jean-Paul Sartre : hated conscience of his century »], Monaco, Editions du Rocher, coll. « Biographie », , 303 p. (ISBN 978-2-268-01262-9), p. 257
  6. Le Matin, 9 janvier 1942

Liens externes

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