René de Vandière de Vitrac
René de Vandière de Vitrac, né le à Tarascon et mort au combat le à Pacy-sur-Eure, est un officier de l’Armée française. Capitaine commandant un escadron du 4e régiment de dragons portés (4e RDP), il est tué lors des combats de la campagne de France[1],[2].
| René de Vandière de Vitrac | |
| Nom de naissance | René Jean Marie de Vandière de Vitrac |
|---|---|
| Naissance | Tarascon (France) |
| Décès | (à 39 ans) Pacy-sur-Eure (Eure) |
| Allégeance | |
| Arme | Cavalerie |
| Unité | 4e régiment de dragons portés |
| Grade | Capitaine |
| Conflits | Campagne du Maroc Seconde Guerre mondiale (Campagne de France) |
| Distinctions | Chevalier de la Légion d'honneur Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Mort pour la France |
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Sa carrière et les circonstances de sa mort font l'objet d'un article biographique centré publié en janvier 1944 dans la revue Traditions et souvenirs militaires, sous le titre « Le Capitaine René de Vandière de Vitrac », signé par le capitaine J.-L. Thuillier[3]. La notice bibliographique du numéro indique que cet article comprend douze pages, une photographie, trois cartes et plans hors texte et une illustration en couleurs hors texte[4].
Biographie
modifierCarrière militaire
modifierRené Jean Marie de Vandière de Vitrac choisit la carrière militaire et rejoint la cavalerie. La commune de Sallertaine indique qu'après l'obtention de son baccalauréat, il est admis à l'école de cavalerie de Saumur[5]. Bien que né à Tarascon, il est présenté par cette commune comme un « sallertainois de cœur », sa famille possédant le logis des Bouchauds à Sallertaine[5].
De 1929 à 1934, il participe à la campagne du Maroc. Engagé dans les opérations du Maroc, il est cité à l'ordre du régiment le et décoré de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs[6],[5]. Revenu en France, il est affecté au 12e régiment de cuirassiers[7].
En 1938, il est promu capitaine au sein du 4e régiment de dragons portés (4e RDP), une unité de cavalerie motorisée de l'armée française[7],[5].
L'ouvrage de Marc-André Fabre, publié chez Hachette en 1946, lui consacre un chapitre intitulé « Escadron Vitrac, escadron de kracks », centré sur l'action de son unité pendant la campagne de France[7].
Mort au combat
modifierAu cours de la campagne de France de mai et , le 4e RDP participe aux opérations de retardement menées par l'armée française face à l'avancée des forces allemandes[2].
Après l'évacuation de Dunkerque, René de Vandière de Vitrac revient en France par Cherbourg le , selon la notice publiée par la commune de Sallertaine[5]. Le , dans le cadre des combats menés dans le département de l’Eure, son unité reçoit pour mission de défendre les passages sur la rivière Eure afin de couvrir le repli des autres formations françaises[7].
Stationné à Pacy-sur-Eure avec son escadron, le capitaine de Vandière de Vitrac reçoit l'ordre de contre-attaquer vers La Heunière. La contre-attaque parvient à reprendre le village, mais le capitaine est tué pendant l'assaut[7],[5].
La transcription du journal des marches et opérations du 4e régiment de dragons portés indique que, le 11 juin 1940 à 18 heures, le régiment attaque en direction de La Heunière depuis la lisière nord du bois de Pacy, avec l'appui de chars de la division légère mécanique. Le 4e escadron, commandé par le capitaine de Vandière, atteint La Heunière, fait une quarantaine de prisonniers et laisse l'ennemi avec de nombreuses pertes ; le capitaine de Vandière est mortellement blessé au cours de cette journée[8]. La notice de Sallertaine indique que les dragons de son escadron emportent ensuite la position et font treize prisonniers[5].
Sa mort est officiellement reconnue par l'État français avec l'attribution de la mention « Mort pour la France »[1]. Elle est également annoncée par un avis nécrologique publié dans la presse nationale le [9]. Son corps est exhumé en et ré-inhumé dans le cimetière communal de Ménilles[10].
Hommages
modifierUne voie publique de la commune de Douains (Eure), située à proximité du lieu de sa mort, porte le nom d'« avenue du capitaine Vandière-de-Vitrac »[11],[12],[13].
La commune de Sallertaine lui consacre une notice historique intitulée « 11 juin 1940 : la mort d’un soldat d’exception, le capitaine René de Vandière », qui reprend notamment les circonstances de sa mort à La Heunière et mentionne l'article publié en 1944 dans Traditions et souvenirs militaires[5]. Un bulletin municipal de la commune lui consacre également un article en janvier 2021[14].
Un article publié par Ouest-France en 2020 revient également sur son parcours militaire et les hommages rendus à Sallertaine[15].
Décorations
modifierRené de Vandière de Vitrac est titulaire de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs[16],[6]. À titre posthume, il est fait chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur et titulaire de la croix de guerre 1939-1945[1].
« Officier enthousiaste et dévoué le 21 Juillet à Seghane et le 24 Août 1933 à Tiberghit a bien entraîné sa troupe à l'attaque de son objectif »[6]
— Citation à l'ordre du régiment,
« Le 11 juin 1940, à Pacy-sur-Eure, a entraîné, avec une bravoure et un allant remarquables, son escadron à l'attaque des positions ennemies. Malgré des feux violents d'artillerie et de mitrailleuses, a atteint les objectifs qui lui étaient assignés, après avoir infligé des pertes sérieuses à l'ennemi, fait une quarantaine de prisonniers et pris un matériel important. Blessé très grièvement au cours du combat. »[17]
— Citation à l'ordre de l'armée, 14 septembre 1940
Notes et références
modifier- 1 2 3 « Fiche individuelle — René Jean Marie de Vandière de Vitrac », sur Mémoire des hommes, Ministère des Armées (consulté le ).
- 1 2 « Historique du 4e bataillon de dragons portés : Journal des marches et opérations, 1939-1940 », sur Service historique de la Défense, Ministère des Armées (consulté le ).
- ↑ J.-L. Thuillier, « Le Capitaine René de Vandière de Vitrac », Traditions et souvenirs militaires, Vichy, Secrétariat d’État à la Défense de l’État français, no 2, , p. 104-115.
- ↑ « Traditions et Souvenirs Militaires n° 2 », sur Pages d'Histoire (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Histoire de Sallertaine », sur Ville de Sallertaine (consulté le ).
- 1 2 3 Registres matricules de Lyon 1921, n° matricules 2001-2500, Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon (lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 Marc-André Fabre, « Escadron Vitrac, escadron de kracks », dans Avec les héros de 40, Hachette, , 116-127 p. (BNF 32088422, lire en ligne).
- ↑ « 1940 — 4e RDP : journal de marche et opérations », sur Chars français (consulté le ).
- ↑ « Capitaine René de Vandière de Vitrac », L'Écho des marchés du Centre, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Ménilles : Exhumations », Journal d'Évreux et du département de l'Eure, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Avenue du Capitaine Vandière de Vitrac — Douains (27120) », sur Base Adresse Nationale, Institut national de l'information géographique et forestière (consulté le ).
- ↑ « Eure. Commémoration : les combats du Front de Seine honorés à Douains », sur actu.fr, (consulté le ).
- ↑ « Bulletin de liaison 2017/2 — Front de Seine : plaque « Capitaine de Vandiere de Vitrac » », sur UNABCC, Union nationale des anciens combattants / section, (consulté le ), p. 3.
- ↑ « Bulletin municipal de Sallertaine — « 11 juin 1940 : la mort d’un soldat d’exception, le capitaine René de Vandière » », sur Ville de Sallertaine, (consulté le ), p. 22.
- ↑ « Sallertaine. René de Vandière, une vie sur plusieurs fronts », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Deuils », Journal des débats politiques et littéraires, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Ministère de la Guerre : Légion d'honneur et médaille militaire », Journal officiel de la République française, vol. 72, no 232, , p. 4998-4999.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- J.-L. Thuillier, « Le Capitaine René de Vandière de Vitrac », Traditions et souvenirs militaires, no 2, janvier 1944, p. 104-115 ; article de douze pages avec photographie, cartes et plans hors texte.
- Marc-André Fabre, « Escadron Vitrac, escadron de kracks », dans Avec les héros de 40, Paris, Hachette, 1946, p. 116-127.
- « Traditions et Souvenirs Militaires n° 2 », sur Pages d'Histoire.
- « Histoire de Sallertaine », sur Ville de Sallertaine.
Liens externes
modifier- Ressource relative aux militaires :