Reptile marin

reptiles qui se sont adaptés secondairement à une vie aquatique ou semi-aquatique dans un environnement marin

L'expression « reptile marin » regroupe plusieurs clades différents de reptiles sauropsides évoluant dans les écosystèmes marins. La plupart du temps, on utilise l'expression pour parler d'espèces disparues : les mésosauridés, les ichtyosaures, les dinocephalosaurus, les nothosaures, les mosasaures, les plésiosaures, les pliosaures, les thalattosuchiens, les Pleurosauridae. Si l'on tient compte des espèces contemporaines, le terme recouvre également les tortues marines, le crocodile marin, les serpents marins et l'iguane marin.

Une tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata).

Le terme ne représente aucune espèce en particulier, il sert à regrouper des espèces très diverses pour les différencier des reptiles vivant en milieu terrestre et pour les qualifier dans l'écosystème marin par opposition aux poissons et aux invertébrés marins.

De l'utilisation d'un terme abusif

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En raison des découvertes récentes en paléontologie et en phylogénétique, l'expression « reptile marin » (comme celles de « reptile préhistorique », « reptile disparu », « reptile volant », ou « âge des reptiles ») est aujourd'hui l'objet de controverses de neutralité (neutralité du point de vue) entre le point de vue de la systématique évolutionniste[1] et le point de vue cladistique [2]. Elle est donc à manier avec précaution, notamment dans le contexte de la vulgarisation scientifique. Son emploi restera surtout cantonné à une logique d'opposition aux autres créatures marines, pour qualifier des amniotes – donc respirant de l'air avec des poumons –, et encore lorsqu'il ne s'agit pas de mammifères. Il est donc à proscrire autant que possible.

La conquête des mers par les reptiles

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Ce qu'on appelle par raccourci les reptiles marins ne doit pas être confondu avec la famille des batraciens, dont les reptiles se sont séparés au cours du carbonifère ; de plus, le terme n'intègre pas les reptiles vivant en milieu fluvial ou lacustre, comme les crocodiles (sauf les crocodiles marins), certaines tortues et certains serpents, même si le manque de rigueur que recouvre le sobriquet peut parfois les intégrer dans son acceptation.

Le fait que plusieurs clades bien distincts soient regroupés sous un même terme générique montre que plusieurs vagues de migration ont conduit diverses espèces de reptiles à adopter le milieu marin comme habitat à diverses époques, selon un schéma d'évolution convergente (que suivront aussi les cétacés, les siréniens et les pinnipèdes, auxquels on peut éventuellement ajouter les sphéniscidés, au cénozoïque).

Peu après la diversification des amniotes, les premiers d'entre eux qui sont retournés vivre dans le milieu marin ont été les mésosauridés, au Permien inférieur. Ils disparaîtront au moment de la lacune d'Olson.

À noter, les reptiles marins qui ont suivi, à savoir les claudiosaures, les acerosodontosaures, les tangasaures (en) et les hovasaures, apparus au Permien supérieur, ont une morphologie d'animaux évoluant en milieu aquatique, mais étaient-ils marins, lacustres ou fluviaux, ou semi-aquatiques à l'instar de nos morses actuels ? Les recherches sont en cours pour chacune de ces espèces, même s'il semble probable qu'ils rejoignaient la terre ferme au moins pour la reproduction.

Les ichtyosaures sont les premiers reptiles après la crise du Permien à évoluer en milieu marin dès le début du Trias, vers -242 millions d'années ; ils survivront jusqu'au milieu du crétacé. Il semblerait toutefois que ceux-ci soient apparus avant la crise du Permien, bien qu'aucun fossile datant de cette période n'ait été découvert, les dernières découvertes ayant montré des ichtyosaures déjà morphologiquement bien adaptés à la vie en haute mer datant de 249 millions d'années[3],[4]. Ils sont rejoints peu après par les placodontes, les thalattosaures, les helvéticosauridés, les sinosaurosphargis, les dinocephalosaurus, les nothosaures et leurs proches cousins les pachypleurosauridae et par les atopodentatus ; ces groupes, apparemment assez proches d'un point de vue phylogénique, disparaîtront à l'occasion de l'extinction du Trias-Jurassique. Tout comme pour les reptiles marins du permien, leur nature totalement aquatique ou semi-aquatique est sujette à débat, sauf pour les ichtyosaures.

Au début du Jurassique, ce sont les plésiosaures qui à leur tour intégreront le milieu aquatique, rejoints par les pliosaures au milieu du Jurassique, les thalattosuchiens et les Pleurosauridae en fin de Jurassique. Les ichtyosaures disparaissent au milieu du crétacé, à peu près au même moment les mosasaures apparaissent. Toutes ces espèces de reptiles marins disparaissent à la fin du crétacé. Au cénozoïque, apparaîtront les espèces toujours présentes aujourd'hui, l'ordre des crocodiles actuels étant apparu peu avant l'extinction du Crétacé.

Voir aussi

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Notes et références

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