Retardant

produits dispersés pour freiner la propagation d'incendies de forêt

Un retardant est un produit chimique destiné à freiner la propagation des feux de forêt.

Un Hercules C-130 largue du retardant sur une forêt en Californie (1997).

Composition et fonctionnement

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Le retardant généralement utilisé en France est le phosphate d'ammonium, substance par ailleurs utilisée dans certains engrais[1].

Le mélange est généralement composé de :

  • 80 % d’eau (solvant principal)
  • 20 % de concentré liquide « retardant », lui-même constitué de :
  • Phosphate d’ammonium ou polyphosphate d’ammonium : sel ignifugeant principal,
  • Agent épaississant : gomme, argile ou autres polymères pour augmenter la viscosité et l’adhérence aux végétaux,
  • Oxyde de fer(III) (Fe₂O₃) : pigment rouge ocre qui colore le mélange pour repérer les zones déjà traitées.
  • Additifs mineurs : agents tensioactifs pour une meilleure dispersion, stabilisants, et parfois de l’hexacyanoferrate de sodium.

La formulation exacte varie selon les marques commerciales (ex. : FIRE-TROL), mais repose toujours sur cette base de polyphosphate d’ammonium (80–95 % du concentré), d’oxyde de fer (0,1–3 %) et d’argile.

Le retardant d’incendie est utilisé surtout sur la végétation intacte en amont (pour créer la barrière chimique qui ralentira la progression du feu). Il ralentit la propagation du feu en agissant à la fois chimiquement et physiquement : sous l’effet de la chaleur, le phosphate se décompose en acide qui provoque une carbonisation de surface de la végétation, formant une barrière isolante qui repousse la température d’inflammation de quelque 300 °C à environ 700 °C. L’agent épaississant permet au produit d’adhérer durablement aux plantes, créant un film protecteur repérable laissant aux pompiers le temps d’intervenir avant que le feu ne gagne du terrain.

Le retardant est souvent appliqué par largage à partir d'un avion bombardier d'eau ou d'un hélicoptère, mais peut également l’être depuis des engins terrestres.

Retardant terrestre en France

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Les brigades militaires de la sécurité civile disposent de deux détachements d’intervention retardant (DIR) de 32 sapeurs-sauveteurs positionnés durant la saison des feux à Brignoles, Nîmes et Lézignan-Corbières. Ces groupes peuvent appliquer en 90 minutes une ligne de retardant de 10 mètres de large sur 2 kilomètres de long[2].

Chaque détachement dispose d’une unité de fabrication et de ravitaillement (UFR) mobile de produit retardant, constituée d’un camion-citerne de 18 000 litres de retardant pur, ainsi que de deux autres cuves de 6 000 litres d’eau. Le mélange diffère de celui utilisé par les bombardiers d’eau, car il ne contient ni argile pour la cohésion ni poudre de rouille[réf. nécessaire] pour la couleur.

Outre l’UFR, chaque détachement est composé de deux véhicules légers tout-terrain, de trois camions-citernes feux de forêt super (CCFS) de 6 000 ou de 8 000 litres, d'un camion ravitailleur feux de forêt (CCGC) de 12 000 ou de 14 500 litres, d’un poids lourd logistique et d’un camion pionnier.

Impact environnemental

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Dans certains pays, le retardant peut contenir des métaux lourds, du cadmium, du chrome, de l'arsenic et de l'antimoine, à des niveaux sans impact sur la santé humaine mais qui contribuent à leur accumulation dans l'environnement[1]. Le Fire-Trol, utilisé en France, présenterait des niveaux moins élevés de ces substances que le produit employé aux États-Unis.

Notes et références

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  1. 1 2 Graziani 2026.
  2. Sébastien Hreblay, Sapeurs-sauveteurs de Brignolles : Les militaires de la Sécurité civile au service des populations de 1964 à aujourd’hui., Éditions Carlo Zaglia, (ISBN 979-1-0918-1164-4)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Scandola Graziani, « Incendies : quel est ce produit rouge largué sur les forêts ? », Reporterre, (lire en ligne, consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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