Reza Sahibdad
Reza Sahibdad, également connu sous le nom de Mohammad Reza Sahibdad, est un réalisateur, scénariste, documentariste et auteur afghan, né en 1980 à Machhad, en Iran, dans une famille de réfugiés Hazaras afghans. Issu de la minorité hazara et chiite, il grandit en Iran dans une situation marquée par les discriminations subies par les réfugiés afghans. Après avoir exercé différents métiers dès son enfance, il se tourne vers le cinéma, réalise plusieurs courts métrages puis travaille en Afghanistan pour la télévision. Installé en France depuis la fin des années 2000, il poursuit une activité de réalisateur et raconte en 2025 son parcours dans le roman graphique autobiographique Hazara Blues : Paris - Téhéran - Kaboul, scénarisé avec lui et dessiné par Yann Damezin.
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Mohammad Reza Sahibdad |
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Biographie
modifierEnfance en Iran
modifierReza Sahibdad naît en 1980 à Machhad, dans le nord-est de l'Iran, de parents Hazaras originaires d'Afghanistan[1],[2]. Sa famille a quitté l'Afghanistan et s'est réfugiée en Iran, pays à majorité chiite comme la communauté hazara, mais où les réfugiés afghans font également l'objet de discriminations[3],[4]. Son enfance est marquée par la précarité économique et par sa condition d'Afghan en Iran[1]. Il commence à travailler vers l'âge de dix ans, notamment dans des ateliers de couture, des usines et sur des chantiers[1]. Son frère, engagé en faveur de la cause hazara, est emprisonné en Iran, et Reza Sahibdad accompagne sa mère lors de visites en prison[2]. Dans Hazara Blues, il relate également les discriminations rencontrées durant sa scolarité et dans la société iranienne en raison de son origine afghane[2]. Il raconte également ses addictions précoces à l'opium, l'héroïne et le crack, fréquentes en Iran[2],[5].
Découverte du cinéma
modifierÀ l'âge adulte, Reza Sahibdad se passionne pour le cinéma. Dans son récit autobiographique, il explique avoir découvert de nombreux films grâce à des cassettes VHS achetées au marché noir iranien[2]. Il suit par la suite une formation cinématographique à Téhéran, où il assiste notamment à des cours du cinéaste iranien Abbas Kiarostami[6]. Jeune adulte, il réalise deux courts métrages consacrés notamment à la situation des enfants dépourvus de papiers en Iran, une situation qu'il a lui-même connue. Ces films sont sélectionnés dans plusieurs festivals internationaux[6]. Parmi ses premiers films figure Talib. Il réalise également La Brique et le Cœur, œuvre critique envers la religion pour laquelle il reçoit paradoxalement un prix des mains du président iranien Mahmoud Ahmadinejad[2].
Afghanistan et départ pour l'Europe
modifierReza Sahibdad se rend ensuite à Kaboul, où il travaille pour la télévision afghane[6]. Son parcours s'inscrit dans la période suivant la chute du premier régime des Talibans en Afghanistan[2]. En 2008, l'un de ses films est sélectionné pour une manifestation organisée au Vatican, ce qui lui permet de se rendre en Europe[2]. Son frère lui conseille alors de ne pas retourner en Afghanistan[1]. Sahibdad reste en Europe et finit par s'installer en France[2]. Son arrivée en France est marquée par une période de grande précarité et par une procédure de demande d'asile. Son parcours passe notamment par les campements de migrants du quartier de Stalingrad, à Paris, avant sa demande de protection auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra)[4],[1].
Réalisateur en France
modifierInstallé en France, Reza Sahibdad poursuit son activité cinématographique. Il réalise notamment le documentaire 8 284 km à pied... ça use les souliers, produit en 2012[7]. D'une durée de 46 minutes, ce documentaire suit Nader, un demandeur d'asile afghan débouté vivant sans papiers à Paris, ainsi que plusieurs autres jeunes Afghans confrontés à la précarité administrative en Europe[7]. Réalisé peu après l'arrivée de Sahibdad en France, le film fait écho à l'expérience personnelle du réalisateur en tant que réfugié[7]. Il est également le réalisateur de Welcome to Paristan[8].
Hazara Blues
modifierEn 2025 paraît aux Éditions Sarbacane Hazara Blues : Paris - Téhéran - Kaboul, un roman graphique autobiographique racontant le parcours de Reza Sahibdad, avec des dessins de l'auteur et illustrateur français Yann Damezin[3],[1]. L'ouvrage retrace son enfance au sein de la communauté hazara d'Iran, la pauvreté, les discriminations frappant les Afghans, la répression politique, sa découverte du cinéma, son séjour en Afghanistan puis son exil en France[3]. Le récit mêle ainsi histoire familiale, histoire politique de l'Afghanistan et de l'Iran, et parcours migratoire[2]. Le dessin de Yann Damezin s'inspire notamment des traditions de l'art persan et de l'illustration des contes persans[4],[2]. L'album utilise en particulier le vert comme couleur dominante, choix qui renvoie notamment au Mouvement vert iranien apparu après l'élection présidentielle iranienne de 2009[2]. L'ouvrage reçoit d'excellentes critiques et fait l'objet de plusieurs sélections littéraires[9],[4],[10],[11]. Il est sélectionné en 2025 pour le prix du Palais de la Porte-Dorée et le prix BD STAS de Saint-Étienne, puis en 2026 pour le prix Bulles d'Humanité, le prix des lycéens de BD à Bastia et le prix des libraires Canal BD[12]. Il remporte en 2026 le prix Arouet de bande dessinée[1].
Œuvres
modifierCinéma
modifierBande dessinée
modifier- Hazara Blues : Paris - Téhéran - Kaboul, avec Yann Damezin (dessin), Éditions Sarbacane, 2025, (ISBN 9782377319855)[1].
Distinctions
modifierPour Hazara Blues : Paris - Téhéran - Kaboul [12]:
- 2025 : sélection pour le prix du Palais de la Porte-Dorée ;
- 2025 : sélection pour le prix BD STAS de la ville de Saint-Étienne ;
- 2026 : lauréat du prix Arouet de bande dessinée ;
- 2026 : sélection pour le prix Bulles d'Humanité ;
- 2026 : sélection pour le prix des lycéens de BD à Bastia ;
- 2026 : sélection pour le prix des libraires Canal BD.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Reza Sahibdad et Yann Damezin, Hazara blues: Téhéran, Kaboul, Paris, Sarbacane, (ISBN 978-2-37731-985-5)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Laetitia Gayet, « "Hazara Blues" de Sahibdad & Damezin, être Hazara de Kaboul à Téhéran », France Inter, 17 septembre 2025.
- 1 2 3 Nathalie Amar et Catherine Fruchon-Toussaint, « « Hazara Blues » : les 1001 vies de Reza Sahibdad de l'Iran à l'exil parisien dessinées par Yann Damezin », RFI, 4 septembre 2025.
- 1 2 3 4 Romane Fragne, « «Hazara Blues» - L’odyssée graphique de Reza Sahibdad - Maze.fr », sur Maze, (consulté le )
- ↑ Christophe Goby, « Hazara blues. Téhéran-Kaboul-Paris », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
- 1 2 3 « Reza Sahibdad & Yann Damezin – Hazara Blues : Paris - Téhéran - Kaboul », Una Volta, BD à Bastia, 2026.
- 1 2 3 4 « 8 284 km à pied... ça use les souliers », Tënk, consulté en 2026.
- 1 2 Film-documentaire.fr, « Welcome to Paristan », sur www.film-documentaire.fr (consulté le )
- ↑ « BD : “Hazara blues. Téhéran, Kaboul, Paris”, l’histoire vibrante d’une persécution », sur www.telerama.fr, (consulté le )
- ↑ Arthur Bayon, « Hazara Blues : heurs et malheurs d’un paria afghan sauvé par le cinéma », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Un exil afghan - Le Matricule des Anges », sur lmda.net (consulté le )
- 1 2 Hazara Blues : Paris - Téhéran - Kaboul - Éditions Sarbacane (lire en ligne)