Rhodolithe
Les rhodolithes ou rhodolites[1] (du grec ancien ῥόδον (rhódon), « rose » et λίθος (líthos), « pierre »[2]) sont de petits nodules indépendants encroûtés d'algues rouges et incrustés de calcaire, ressemblant au corail[1],[3]. On retrouve généralement les rhodolithes disposés en lits en eaux peu profondes, sur le fond des mers et des océans.

Terminologie
modifierLes termes « rhodolithe » et « maërl » sont souvent utilisés comme synonyme dans la littérature scientifique, le second étant en général propre aux études portant sur la côte européenne de l'océan Atlantique. Une analyse bibliographique de 2023 établit cependant que le terme maërl est spécifiquement utilisé dans la littérature pour désigner les rhodolithes vivants[4]. En français, le terme « maërl » désigne plutôt le sédiment formé par les débris calcaires des algues rouges[5].
Outre « maërl », de nombreux autres termes ont été utilisés dans la littérature pour désigner les rhodolithes[4],[6].
Habitat
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Les lits de rhodolithes recouvrent de larges zones benthiques, entre les zones intertidales et jusqu'à des profondeurs de 270 m[6].
On retrouve des lits de rhodolithes dans une grande partie des océans du globe. Ils sont notamment présents sur les côtes atlantique et pacifique des continents nord et sud-américain, sur les côtes atlantique et méditerranéenne du continent européen, sur le pourtour du contient africain et dans la grande Baie australienne. On retrouve en revanche peu de rhodolithes en Asie, excepté au Japon[4].
Les rhodolithes sont des organismes ingénieurs, c'est-à-dire qu'ils modifient les caractéristiques de leur environnement et forment un habitat pour un grand nombre d'espèces. Ils abritent notamment plusieurs espèces dans les stades juvéniles de leur développement, comme des poissons ou des invertébrés marins. Une étude de 2021 a recensé dans les lits de rhodolithes des côtes de l'État de Paraíba au nord-est du Brésil plus d'une cinquantaine d'espèces de macroinvertébrés, dont des échinodermes, des arthropodes, des mollusques, des siponcles, des vers plats et des annélides[7]. De plus, la structure interne des rhodolithe peut contenir de la matière organique dont se nourrissent des espèces filtrantes et saprophages herbivores, notamment différents vers polychètes[4],[8].
Références
modifier- 1 2 Dictionnaire de Géologie - 9e édition, p. 918.
- ↑ « Rhodolithe | Glossaire DORIS », sur DORIS (consulté le )
- ↑ (en) R S Steneck, « THE ECOLOGY OF CORALLINE ALGAL CRUSTS: Convergent Patterns and Adaptative Strategies », Annual Review of Ecology and Systematics, vol. 17, no 1, , p. 273–303 (ISSN 0066-4162, DOI 10.1146/annurev.es.17.110186.001421, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Dimítri de Araújo Costa, Marina Dolbeth, Martin Lindsey Christoffersen et Pamela Tatiana Zúñiga-Upegui, « An Overview of Rhodoliths: Ecological Importance and Conservation Emergency », Life, vol. 13, no 7, , p. 1556 (ISSN 2075-1729, PMID 37511931, PMCID 10382044, DOI 10.3390/life13071556, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Dictionnaire de Géologie - 9e édition, p. 634.
- 1 2 (en) Rafael Riosmena-Rodríguez, « Natural History of Rhodolith/Maërl Beds: Their Role in Near-Shore Biodiversity and Management », dans Rhodolith/Maërl Beds: A Global Perspective, Springer International Publishing, , 3–26 p. (ISBN 978-3-319-29315-8, DOI 10.1007/978-3-319-29315-8_1, lire en ligne)
- ↑ (en) Dimítri de Araújo Costa, Marina Dolbeth, Jessica Prata et Francisco de Assis da Silva, « Marine invertebrates associated with rhodoliths/maërl beds from northeast Brazil (State of Paraíba) », Biodiversity Data Journal, vol. 9, , e62736 (ISSN 1314-2828 et 1314-2836, DOI 10.3897/BDJ.9.e62736, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Raquel Meihoub Berlandi, Marcia A. de O. Figueiredo et Paulo Cesar Paiva, « Rhodolith Morphology and the Diversity of Polychaetes Off the Southeastern Brazilian Coast », Journal of Coastal Research, vol. 279, , p. 280–287 (ISSN 0749-0208 et 1551-5036, DOI 10.2112/11T-00002.1, lire en ligne, consulté le )
Bibliographie
modifier- Alain Foucault, Jean-François Raoult, Bernard Platevoet et Fabrizio Cecca, Dictionnaire de Géologie, Dunod, , 9e éd., 1139 p. (ISBN 9782100800506, lire en ligne)