Rhodésie

nom utilisé à partir de 1892 pour désigner les possessions de la British South Africa Company en Afrique australe

Le nom de Rhodésie (Rhodesia en anglais), utilisé à partir de 1892 par la plupart des premiers colons pour désigner les possessions de la British South Africa Company (BSAC) en Afrique australe dans la région du bassin du Limpopo-Zambèze, est officialisé par la BSAC en et par le Royaume-Uni en 1898[1]. Le nom rend hommage à Cecil Rhodes, homme d'affaires britannique, premier ministre de la colonie du Cap, fondateur et administrateur de la BSAC (le nom faillit être celui de Cecilia, en l’honneur de la marquise de Salisbury).

Rhodésie

Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de la Fédération de Rhodésie et du Nyassaland montrant les deux Rhodésies et le Nyassaland (actuel Malawi).
Carte des territoires de Rhodésie en 1911.

Plus particulièrement, les territoires jusque-là divisés en Zambézie du Nord et Zambézie du Sud en amont et en aval du fleuve Zambèze, sont baptisés Rhodésie du Nord (actuelle Zambie) en 1911 et Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe) en 1901. De 1964 à 1979, après l'indépendance de la Zambie, le nom de Rhodésie servit à désigner la Rhodésie du Sud, notamment après sa déclaration unilatérale d'indépendance en 1965. En 1979, ce territoire fut brièvement appelé Zimbabwe-Rhodésie avant de reprendre son nom colonial de Rhodésie du Sud puis d'être rebaptisé Zimbabwe en 1980.

Le terme de Rhodésie désigne encore parfois la région du Sud-Est de l'Afrique qui regroupe les États de Zambie et du Zimbabwe, ainsi que le Malawi. Diverses espèces animales actuelles ou fossiles découvertes ou décrites en Rhodésie ont reçu l'épithète spécifique rhodesiensis ou rhodesiense, notamment Homo rhodesiensis, une espèce humaine ayant vécu au Pléistocène moyen.

Histoire

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Origines des territoires

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Lorsque les colons et salariés européens de la British South Africa Company (BSAC) s'établissent dans le bassin du Limpopo-Zambèze à partir de 1890, ces territoires sont alors connus sous les noms de Mashonaland, Matabeleland et Barotseland. Plusieurs noms sont proposés pour désigner ces territoires, notamment « Zambesia » (ou Zambézie en français), « Charterland » ou territoires de la BSAC.

Le nom de « Rhodesia » commence à être utilisé informellement par les premiers colons puis par les médias régionaux en 1891, et est une déclinaison du nom de Cecil Rhodes[2]. Le premier journal imprimé dans le territoire, à Salisbury, prend le nom de The Rhodesia Herald (1892) mais ce n'est qu'en 1895 que le nom est officiellement adopté par la BSAC et reconnu par le gouvernement britannique en 1898[3].

Contexte de fondation

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Depuis 1923, un système inégalitaire conditionne, l’accès au droit de vote sur des critères économiques et éducatifs, accordant de facto le pouvoir à la minorité blanche de Rhodésie du Sud, qui représente entre 5 et 10 % de la population.

Période coloniale

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Après la Seconde Guerre mondiale, l'Empire britannique entame un processus de décolonisation pour accorder l'indépendance à ses colonies sous conditions que celles-ci adoptent un système démocratique basé sur le scrutin majoritaire. Une perspective qui inquiète la population blanche des Rhodésies, minoritaires dans ces colonies.

Une fédération de Rhodésie et du Nyassaland est alors créée en 1953, dans le but de créer des synergies entre la Rhodésie du nord, celle du sud et le Nyassaland. L'échec de celle-ci aboutit à l’indépendance de deux des colonies britanniques tandis que la Rhodésie du Sud, où réside la grande majorité des blancs, entame des discussions avec le Royaume-Uni pour obtenir sa propre indépendance, mais sans application du suffrage universel.

Le 11 novembre 1965, à la suite de l'échec de ces discussions, le gouvernement de Rhodésie du Sud, dirigé par le Front rhodésien, proclame la déclaration unilatérale d'indépendance de la Rhodésie vis-à-vis du Royaume-Uni, dans l'espoir de maintenir leur domination. Le territoire est renommé unilatéralement Rhodésie[4].

Existence du territoire (1965-1979)

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A la suite de la déclaration unilatérale d'indépendance de la Rhodésie, le gouvernement rhodésien dirigé par Ian Smith, est soutenu par le Portugal d'António de Oliveira Salazar et l'Afrique du Sud de John Vorster, sans toutefois que ces deux pays reconnaissent son indépendance, tout comme la communauté internationale.

Les tensions géopolitiques de la guerre froide et les mouvements anticolonialistes, enfoncent progressivement pendant près de quinze ans (surtout après 1972), le territoire dans une guerre civile entre l'armée rhodésienne et une myriade de guérillas d'obédience marxiste, principalement la ZANU de Robert Mugabe et la ZAPU de Joshua Nkomo, soutenues par l'URSS et la Chine.

En 1979, après une tentative de résolution interne ayant permis l'élection d'Abel Muzorewa à la tête de l'éphémère Zimbabwe-Rhodésie, un accord de paix est signé entre les différentes parties du conflit lors des accords de Lancaster House sous l'égide du Royaume-Uni. En mars 1980, Robert Mugabe est élu premier ministre de la nouvelle République du Zimbabwe[4], proclamée en avril 1980.

Évolution de l’appellation

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Territoire de la Zambie

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Territoire du Zimbabwe

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Cecil Rhodes (1853-1902).

Symbolique dans l'idéologie d'extrême droite

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La Rhodésie symbolise pour l'extrême droite une nostalgie du colonialisme et du suprémacisme blanc, une symbolique du « havre blanc » sur les « terres sauvages » africaines, qui aurait été « perdu ». La lutte contre-insurrectionnelle de l'armée rhodésienne est exaltée, pour l'absence de soutien de l'Occident en raison, selon eux, de la lâcheté et de la traîtrise du « monde blanc » vis-à-vis de ses "défenseurs". Cette référence est popularisée sur les réseaux sociaux[4].

Des militaires français diffusent publiquement sur Instagram auprès de plus de 68 000 abonnés, un profil entièrement dédiée à la Rhodésie. Celui-ci présente l’ancienne colonie britannique comme un « paradis », à contrario de la supposée décadence du Zimbabwe indépendant[4].

En 2015, Dylann Roof, auteur d’une tuerie raciste en Caroline du Sud aux États-Unis, assassine neuf afro-américains au sein d'une église. Il utilise cette référence suprémaciste dans son manifeste The Last Rhodesian (« le dernier Rhodésien »). Il y vante sa « conscience raciale », qualifie les personnes noires de « stupides et violent[e]s » et diffusées avec son texte, de photos de lui portant une veste brodée des drapeaux de l’Afrique du Sud sous le régime d’apartheid et celui de la Rhodésie[4].

Le militant néofasciste français Quentin Deranque, mort à Lyon en à la suite d’un affrontement avec un groupe de militants antifascistes, diffuse anonymement en , des posts sur X oú il écrit : « moi je soutiens Adolf [Hitler] mais chacun son truc, et évidemment free Rhodesia »[4].

Références

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  1. Galbraith 1974, p. 308-309.
  2. François-Xavier Fauvelle, « Les noms ont une histoire », dans Histoire de l'Afrique du Sud, Éditions Points, , p. 52-53.
  3. W. V. Brelsford, « First Records-No. 6. The Name 'Rhodesia' », dans The Northern Rhodesia Journal (recueil d'articles), vol. II, Lusaka, Northern Rhodesia Society, (lire en ligne), chap. 4, p. 101-102.
  4. 1 2 3 4 5 6 Sébastien Bourdon, « Des soldats français prennent la pose autour d’un drapeau associé au suprémacisme blanc » Accès payant, Mediapart, (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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  • W. V. Brelsford, Handbook to the Federation of Rhodesia and Nyasaland, Londres, Cassell, (OCLC 445677)
  • John S. Galbraith, Crown and charter : the early years of the British South Africa company, Berkeley, Californie, University of California Press, , 354 p. (ISBN 0-520-02693-4, lire en ligne)
  • George Lory : Afrique australe, Autrement no 45, 1990, 265p
  • Roland Pichon, Le drame rhodésien. Résurgence du Zimbabwe, Idoc, 1975

Articles connexes

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