Rhââ Lovely est une série de bande dessinée française en trois tomes de Marcel Gotlib et publié de 1976 à 1978 aux éditions Audie. Ces volumes sont constitués des planches en noir et blanc publiées dans L'Écho des savanes.

Rhââ Lovely
Série
Auteur Gotlib
Couleurs Gotlib
Genre(s) Humour / érotisme

Lieu de l’action France
Époque de l’action Actuelle

Pays France
Langue originale Français
Éditeur Audie
Nombre d’albums 3

  • 1. Rhââ Lovely Tome 1 , 1976, Audie
    Scénario et dessin : Gotlib - Couleurs : N&B
  • 2. Rhââ Lovely Tome 2 , 1977, Audie
    Scénario et dessin : Gotlib - Couleurs : N&B
  • 3. Rhââ Lovely Tome 3 , 1978, Audie
    Scénario et dessin : Gotlib - Couleurs : N&B

Analyse

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Gotlib, qui cherchait un titre à sa série, voulait éviter « le cliché débile du Ah ouais, c'est bon, c'est bon... ». En allant voir Frenzy d'Alfred Hitchcock au cinéma, il retint la phrase que prononce le tueur dans le film lorsqu'il viole une de ses victimes[1],[2]. Les volumes sont composés d'histoires courtes de quelques pages. Ces histoires ont pour sujet des thèmes plus « adultes » que les précédentes créations de Gotlib (Les Dingodossiers ou la Rubrique-à-brac par exemple) : sexe (sous toutes ses formes et « déviances »), mais aussi psychanalyse ou paternité (Gotlib est alors un tout jeune père). La rupture de style fait que les histoires sont pour adultes et comme le note M.Haga: « Un paroxysme d'humour à ne mettre qu'entre des mains averties »[3].

L'auteur est à une époque de « rupture » avec René Goscinny, rédacteur en chef de Pilote et co-auteur des Dingodossiers. R.Goscinny ayant refusé la publication d'une planche de Nikita Mandryka, l'auteur du Concombre masqué propose à Gotlib de créer leur propre journal, et ainsi pouvoir s'affranchir du côté « enfantin » de Pilote[4]. C’est dans ce climat que Gotlib crée certains de ses personnages les plus audacieux, tel que Momo Le Morbaque (une sorte de Morpion répugnant, ressemblant étrangement à la coccinelle, mais chrétien convaincu), Wolfgang Amedeus Quincampoix (génial inventeur, créateur du papier toilette), mais dans ces planches, l’auteur prend surtout un malin plaisir à se dessiner lui-même. Mais on y retrouve toujours la célèbre Coccinelle, ou Isaac Newton, les deux marques de fabrique de leur auteur. Malgré la présence de ces deux personnages bon enfant, les Rhââ Lovely abordent les sujets de l’inceste, du parricide, de l’exorcisme, et du sexe dépravé. Quelques gags restent mémorables pour les lecteurs de bande dessinée, tels que la tranche de vie : Le joli matin tout plein de lumière.

Sa transition de la BD pour enfants dans Pilote à ce format de BD pour adulte crée des malentendus à la fois en librairie et dans les festivals. Comme le dit Gotlib en 1980 dans le magazine de BD “Haga” : « les gens n'ont pas encore compris qu'il y avait une B.D. pour les gosses et une B.D. pour les adultes et qu'elles peuvent très bien coexister. Alors, dans les Salons, on assiste à des salades de « mauvais voisinages », des gosses de 10 ans qui viennent me faire signer « Rhââ Lovely ». Les gens ont du mal à imaginer qu'un auteur de B.D. puisse évoluer de telle sorte qu'il s'adresse d'abord à des enfants puis ensuite à des adultes. »[5].

Dans tous ses livres, Gotlib se représente, se caricature, se parodie. Comme l’écrit Philippe Marion dans Les Cahiers de la BD en 1988: « Cette auto-mise en scène peut évidemment revêtir diverses intensités. De la simple et discrète allusion à soi, à une présence frontale et forcenée: les apparitions de Gotlib oscillent entre les deux extrêmes. Il lui arrive, par exemple, de ne se révéler que dans l'espace d'un seul récitatif, juste le temps de glisser de façon inattendue (mais il s'agit d'une allusion à Orson Welles): Mon nom est Marcel Gotlib (R.A.B.). De même, il s'introduit subrepticement sous les dehors d'un bébé joufflu dans une des scènes les plus délirantes de «L'Exorciste» (Rhââ Lovely) »[6].

Références

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  1. Marcel Gotlib et Gilles Verlant, Ma vie-en-vrac, Flammarion, (ISBN 2-08-069071-X)
  2. Théophraste Epistolier, « Les petits Mickeys font les grandes oreilles », Charlie Mensuel,
  3. M.Haga, « Les albums », Haga, no 38,
  4. Michel Denni, « Les albums Fluide Glacial », Le collectionneur de bandes Dessinées, no 53,
  5. M.Haga, « Entretien avec Gotlib », Haga, no 43,
  6. Philippe Marion, « Sous les feux de la bande », Les cahiers de la BD, no 80,

Voir aussi

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