Richard Buckley Litchfield
Richard Buckley Litchfield, né le à Yarpole dans l'Herefordshire et mort le à Cannes, est un juriste, pédagogue et écrivain britannique. Cofondateur en 1854 du Working Men's College de Londres, auquel il consacra près d'un demi-siècle de sa vie, il épousa en 1871 Henrietta Emma Darwin, fille du naturaliste Charles Darwin. Il est également l'auteur d'une biographie de l'inventeur Thomas Wedgwood, publiée l'année même de sa mort, qui contient la première traduction anglaise intégrale du texte fondateur de la photochimie de Johann Heinrich Schulze.
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierFils unique du capitaine Richard Litchfield, de Cheltenham, il fait ses études au Cheltenham College avant d'entrer au Trinity College de Cambridge, où il est immatriculé à la fin des années 1840 et dont il sort diplômé en 1853[1]. C'est à Trinity College qu'il se lie d'amitié avec le physicien James Clerk Maxwell, alors étudiant dans le même collège. À l'issue de ses études, il enseigne quelque temps les mathématiques[2].
Carrière juridique
modifierLitchfield est admis à l'Inner Temple en 1854 et devient avocat (barrister) en 1863[2]. De 1859 à 1892, il exerce en outre au sein de l'Ecclesiastical Commissioners' Office, l'organisme chargé de l'administration des biens temporels de l'Église d'Angleterre[1].
Le Working Men's College
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C'est sans doute à cette activité de juriste et d'enseignant que Litchfield doit d'avoir participé, en 1854, à la fondation à Londres du Working Men's College, établissement d'éducation populaire pour adultes ouvriers né du mouvement du socialisme chrétien animé par le théologien Frederick Denison Maurice. Selon l'histoire officielle du Collège rédigée par l'historien J. F. C. Harrison à l'occasion de son centenaire, Litchfield y demeure actif sans discontinuer jusqu'à sa mort : trésorier (Bursar) de l'établissement depuis sa fondation jusqu'en 1901, il en est également le vice-principal entre 1872 et 1875, et siège à son conseil d'administration de l'ouverture du Collège jusqu'à son décès en 1903. Il y enseigne les mathématiques et la musique jusqu'à son retrait de l'enseignement en 1880, et dirige à partir de 1859 le Working Men's College Magazine, la revue de l'établissement, dont il est le premier rédacteur en chef[1]. Il y côtoie notamment John Ruskin, qui y enseigne également le dessin, ainsi que l'écrivain Thomas Hughes, autre cofondateur du Collège[3].
Mariage avec Henrietta Darwin
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En juin 1871, Litchfield rencontre Henrietta Emma Darwin, dite « Etty », troisième fille du naturaliste Charles Darwin, qui avait contribué l'année précédente à l'édition du manuscrit de son père, La Filiation de l'homme. Le journal intime que tient Henrietta durant l'été 1871, conservé aux archives Darwin de la bibliothèque de l'université de Cambridge, documente en détail les semaines de leurs fiançailles, marquées, selon l'édition qu'en donne la Correspondance de Charles Darwin publiée par Cambridge University Press, par une passion d'abord non partagée puis par les hésitations de la jeune femme quant à la tenue d'un mariage religieux[4]. Le couple se marie le en l'église paroissiale de Down, dans le Kent, village où résidait la famille Darwin ; il n'aura pas d'enfant[1],[5].
Tom Wedgwood, the First Photographer (1903)
modifierPeu avant sa mort, Litchfield publie ce qui demeure aujourd'hui son ouvrage le plus consulté par les historiens des sciences : une biographie de Thomas Wedgwood, fils du céramiste Josiah Wedgwood et pionnier, avec Humphry Davy, des premières images obtenues par l'action de la lumière sur des sels d'argent vers 1800. L'ouvrage comporte, en annexe, la première traduction anglaise intégrale du mémoire latin publié en 1719 par le médecin allemand Johann Heinrich Schulze, dans lequel celui-ci rapporte sa découverte de la photosensibilité des sels d'argent, texte que les historiens de la chimie photographique du XXe siècle continueront de citer comme la source de référence en langue anglaise pour cette découverte fondatrice[6],[7].
Fin de vie
modifierLitchfield se retire de l'enseignement au Working Men's College en 1880 et quitte l'Ecclesiastical Commissioners' Office en 1892, tout en conservant ses fonctions de trésorier du Collège jusqu'en 1901 et son siège au conseil jusqu'à sa mort[3]. Il meurt le à Cannes, où il séjournait pour raisons de santé[1]. Sa veuve, Henrietta Litchfield, lui consacre en 1910 un mémoire biographique, imprimé à titre privé par Cambridge University Press à l'intention de ses proches et de ses anciens collègues et élèves du Collège[8].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 (en) « Litchfield, Richard Buckley, 1832-1903 (philanthropist) | ArchiveSearch » [archive du ], sur archivesearch.lib.cam.ac.uk (consulté le )
- 1 2 « ACAD - A Cambridge Alumni Database: Introduction », sur venn.lib.cam.ac.uk (consulté le )
- 1 2 (en) J. F. C. Harrison, A History of the Working Men's College, 1854-1954, Londres, Routledge & Kegan Paul,
- ↑ (en-US) CambridgeBlog, « Henrietta Darwin’s Diary: The Correspondence of Charles Darwin, Part Two - Fifteen Eighty Four | Cambridge University PressFifteen Eighty Four | Cambridge University Press », (consulté le )
- ↑ (en) « Henrietta Darwin's diary », sur Darwin Correspondence Project, (consulté le )
- ↑ (en) Richard Buckley Litchfield, Tom Wedgwood, the First Photographer: An Account of His Life, Londres, Duckworth and Co.,
- ↑ (en) S. E. Sheppard, « The chemistry of photography. I. Historical considerations », Journal of Chemical Education, vol. 4, no 3, , p. 298 (DOI 10.1021/ed004p298)
- ↑ « [Litchfield, Henrietta Emma.] 1910. Richard Buckley Litchfield: a memoir written for his friends by his wife. Cambridge: privately printed. [Darwin extracts only] », sur darwin-online.org.uk (consulté le )
Bibliographie
modifier- (en) Henrietta Emma Litchfield (dir.), Emma Darwin: A Century of Family Letters, 1792-1896, Londres, John Murray,
- (en) Gwen Raverat, Period Piece: A Cambridge Childhood, Londres, Faber & Faber,