Richard Lassels — ou parfois Lascelles —, (1603-1668) est un prêtre catholique, un pédagogue et un écrivain voyageur anglais. Son ouvrage The Voyage of Italy publié à Londres en 1670 est à l'origine de l'expression « Grand Tour ».

Richard Lassels
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Biographie

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Richard Lassels est le fils cadet de William Lascelles, un gentilhomme catholique de Brackenborough dans le Yorkshire, et le petit-fils de sir Thomas Lascelles, membre du Council of the North. Sa mère, Elizabeth Tunstall, est la fille cadette de sir Francis Tunstall, seigneur du château de Thurland, dans le Lancashire, et d'Anne Bolds. Vers 1623, Lassels rejoint deux de ses frères à l'étranger pour étudier au collège anglais de Douai (Pays-Bas espagnols)[1]. Thomas et John Lassels y furent scolarisés à partir de 1618 et ordonnés prêtres respectivement en 1624 et 1625.

En mai 1626, Richard est envoyé à Paris pour un cours séjour avec un groupe d'étudiants, probablement en raison de la deuxième pandémie de peste. Selon Anthony Wood[2], il séjourne quelque temps à Oxford, « d'après ce que m'ont rapporté ses partisans, mais ils ignoraient si c'était avant ou après son départ d'Angleterre ». De retour à Douai, il enseigne la grammaire en 1629 (année où un troisième frère, Ralph Lassels, arrive également au collège) et la syntaxe un an plus tard. Richard y est ordonné prêtre le 6 mars 1632. Il est presque certain qu'il est l'auteur (sous le pseudonyme de « Richard Bolds ») de The Conviction of Noveltie, and Defense of Antiquitie (1633), un mince ouvrage in-douze signé « R. B. Roman Catholicke, and one of the English Clergie, and Mission ». Il est probable qu'après son ordination, il retourna brièvement en Angleterre, en mission de reconversion de ses compatriotes.

En 1633, Lassels retourne à Paris où il est employé d'abord par l'évêque catholique en exil, Richard Smith, puis par le cardinal de Richelieu, protecteur de ce dernier, comme secrétaire latin. En 1637, il supervise l'impression à Paris de sa traduction latine de l'ouvrage de Smith, Epistola historica de mutuis officiis (dédiée à Charles Ier), puis se rend à Rome, probablement pour des raisons ecclésiastiques, et y séjourne chez Peter Fitton, un confrère prêtre et érudit. Fin connaisseur et ami de Bellori, Fitton initia peut-être Lassels à l'art italien et à ses pairs. Lassels se familiarisa avec les œuvres de Vasari, Carlo Ridolfi et Bellori, et il est même possible qu'il ait rencontré ce dernier, ainsi que des artistes tels que François Duquesnoy et Le Bernin. Il mentionne également dans ses écrits le grand collectionneur, le comte d'Arundel, une autre connaissance de Fitton. Durant cette période, il traduisit le douzième volume des Annales du cardinal Cesare Baronio, publié à Paris en 1639 sous le titre The Life or the Ecclesiasticall Historie of S. Thomas Archbishope of Canterbury. La guerre civile confirme la résidence de Lassels à l’étranger, et dès 1644, il se retrouve apparemment aumônier de lady Anne Brudenell, exilée à Paris. C’est là qu’il publie The Way how to Heare Masse with Profit and Devotion (1644, avec une dédicace à lady Anne), bien que notre connaissance de cette édition repose sur une transcription manuscrite postérieure.

Ayant déjà exercé par le passé la fonction de précepteur itinérant, Lassels est sollicité, en 1650, proclamée année sainte par Innocent X, pour accompagner à Rome lady Catherine Whetenhall, fille du comte de Shrewsbury. À la mort de celle-ci, en couches, à Padoue, son époux demande à Lassels de rédiger le récit de leur voyage. Ce texte est le premier d'une série de récits manuscrits rapportant à l'Italie, sans cesse remaniés, inspirés par son expérience de plusieurs voyages avec de jeunes exilés royalistes et catholiques, effectués en 1654 et 1664.

À la fin des années 1650 et dans les années 1660, Lassels est cité dans une correspondance conservée aujourd'hui aux archives de la cathédrale de Westminster comme candidat à la succession de Richard Smith comme évêque de Chalcédoine (près de Constantinople). Mais Lassels meurt en septembre 1668 à Montpellier, alors qu'il était précepteur itinérant, lors de ce qui aurait été son sixième voyage en Italie, en compagnie du jeune Richard Lumley et de Ralph Sheldon. Il est inhumé à l'église du couvent des carmes déchaussées de Montpellier et légue 100 florins au collège de Douai. Son confrère, le prêtre Simon Wilson, hérita de la dernière version de son manuscrit de voyage, la remania (en omettant finalement les passages susceptibles d'offenser les protestants) et la fit imprimer à Paris en 1670 sur les presses de Vincent du Moutier, puis la fit éditer à Londres. Une version moins censurée fut publiée à Paris en 1671 par Louis Billaine.

The Voyage of Italy, édition originale de 1670, frontispice et page de titre[3].

The Voyage of Italy de Lassels devient ensuite l'un des plus précieux guides et sans doute le plus influent de l'époque, façonnant les premières impressions de nombreux adeptes de ce type de périple[4]. Il est notamment remarquable pour son résumé des Vite de Vasari, ainsi que des Maraviglie dell'Arte de Carlo Ridolf, parmi d'autres sources italiennes pertinentes. Il servira ensuite de base à la plupart des guides touristiques ultérieurs et aux récits manuscrits, y compris le Journal de John Evelyn, bien que ce dernier soit censé dater des années 1640. L'attention sans précédent qu'il porte à l'art et à l'architecture encouragea le phénomène du « Grand Tour », un terme forgé par Lassels, au XVIIIe siècle, selon lequel l'art et les antiquités finissent par primer sur tous les autres sujets, religieux ou profanes. Traduit et publié en français et en allemand, l'ouvrage a été réimprimé tout au long du XVIIIe siècle et a été imité[5],[6].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Richard Lassels » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) E. H. Burton et T. L. Williams (dir.), The Douay College diaries, third, fourth and fifth, 1598–1654, Catholic Record Society, 10 (1911).
  2. Wood, Athenae Oxonienses.
  3. L'édition de Paris est publiée par L. Billaine en 1671, catalogue général de la BnF.
  4. Cf. (en) Edward Chaney et Timothy Wilks, The Jacobean Grand Tour, I. B. Tauris, , p. 262.
  5. (en) L'édition originale est imprimée à Paris et publiée à Londres chez John Starkey — sur archive.org.
  6. Jean Duron, « La circulation de la musique au XVIIe siècle : disparité des relations franco-italiennes », in: Publications de l'École française de Rome, no 466, 2012, p. 34.

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