Robert André-Michel
Robert André-Michel, né le à Montpellier dans l'Hérault et mort pour la France à Crouy dans le département de l'Aisne le , est un archiviste-paléographe et historien français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.
| Membre de l'École française de Rome | |
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Robert Félix Henri Michel |
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Charles de Varigny (grand-père maternel) Henry de Varigny (oncle) |
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Biographie
modifierRobert Félix Henri Michel, né le à Montpellier[1], est le fils de Charles Paul André Michel (1853-1925), historien de l'art et conservateur du Musée du Louvre, et de Marie Pauline Hélène Crosnier de Varigny (1858-1936)[2]. Son grand-père maternel est le journaliste et diplomate Charles de Varigny (1829-1899) qui s'établit à Honolulu pendant 15 ans.
Il suit une scolarité classique au lycée Henri-IV où il obtient son baccalauréat en 1901 et y prépare pendant deux les concours des grandes écoles[3]. Après son admission à l'École des chartes en 1903, il fait son service militaire au 102e régiment d'infanterie de à [4]. Il reprend ensuite ses études et suit également des cours à l'École pratique des hautes études. Sa thèse à l'École des chartes porte sur L'Administration royale dans la sénéchaussée de Beaucaire au temps de saint Louis, elle lui vaut d'être diplômé premier de sa promotion et nommé archiviste-paléographe en 1908[5],[6]. Pendant ses études, il se lie d'amitié avec Claude Cochin (1883-1918) qui écrit dans sa nécrologie en : « J'ai compris que l'amitié vraie n'était qu'un trésor inestimable de souffrances »[7],[8].
De 1908 à 1910, il part pour le Palais Farnese comme membre de l'École française de Rome et séjourne de nouveau à Rome en 1911[1]. Il y fait la connaissance de Louis Hautecœur avec qui il est logé[9]. Il prépare ensuite une thèse de doctorat ès lettres avec des travaux portant sur l’histoire des fortifications d’Avignon au XIVe siècle[5].
Nommé archiviste aux Archives nationales[1] en , il devient la même année secrétaire de la Revue historique[5] et signe désormais ses textes du nom de Robert André-Michel[10].
Il épouse Rose-Marie Ormond (1893-1918), la nièce du peintre américain John Singer Sargent, le à la marie du 16e arrondissement de Paris[11]. Elle sera tuée lors du bombardement de l'Église Saint-Gervais à Paris qui fait 92 victimes pendant la messe du vendredi saint 1918.
Début , il est mobilisé comme sergent au 169e régiment d'infanterie au dépôt de Montargis, où il reste à former les nouvelles recrues. Le , il passe au 204e régiment d'infanterie qui quitte Montargis pour Le Bourget, puis Vauxbuin près de Soissons[12]. Après la bataille de l'Aisne, sur le plateau de Soissons, Robert Michel est mortellement blessé au combat de Crouy le [13].
Après avoir été inhumé dans un cimetière militaire temporaire à Crouy[14],[15], sa famille fait construire pour lui et son épouse un caveau familial à proximité, sur le chemin de la ferme du Meunier Noir[16],[17].
La citation qui accompagne sa distinction dans l'ordre de la Médaille militaire parle d'un « sous-officier aussi consciencieux que courageux, qui dès le début de la campagne, a donné la valeur de son héroïsme et de son amour de la patrie, tombé glorieusement le 03/10/1914 à Crouy ».
Œuvres principales
modifier- Le procès de Matteo et de Galeazzo Visconti, l'accusation de sorcellerie et d'hérésie, 1909
- L'administration royale dans la sénéchaussée de Beaucaire au temps de saint Louis, thèse de l'École des chartes, 1910
Distinctions
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Médaille militaire, à titre posthume, décret du [18]
Croix de guerre -, étoile de bronze- 1910 : Académie des inscriptions et belles-lettres - Prix Gobert pour sa thèse sur L'Administration royale dans la sénéchaussée de Beaucaire au temps de saint Louis[19]
- 1915 : Académie française - Prix Marcelin-Guérin[20]
Hommages
modifier- Le nom de Robert André-Michel est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[21].
- Son nom figure sur les plaques commémoratives du lycée Henri-IV, de la Sorbonne, de l'École des Chartes, des Archives Nationales à Paris et à l'entrée du Palais des Papes à Avignon[22].
- Sa famille lui rend hommage en créant une bourse pour les étudiants de l'École des chartes voyageant à l'étranger[23],[24].
Bibliographie
modifier- Henri Graillot, « Nécrologie : Robert Michel », Annales du Midi, vol. 27, nos 105-106, , p. 115-117 (lire en ligne)
- Claude Cochin, Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t. 4, Amiens, Edgar Malfère, coll. « Bibliothèque du Hérisson », , p. 556-558
- Thomas Bohl, « Dictionnaire critique des historiens de l’art actifs en France de la Révolution à la Première Guerre mondiale : ANDRÉ-MICHEL Robert », sur INHA,
- (en) Karen Corsano et Daniel Williman, John Singer Sargent and His Muse: Painting Love and Loss, Rowman & Littlefield Publishers, , 344 p. (ISBN 978-1442269989, lire en ligne)
Références
modifier- 1 2 3 Cochin 1926, p. 556.
- ↑ « 5 MI 58/6 - Naissances - Montpellier - 1884 - acte n° 1060 », sur Archives départementales de l'Hérault, p. 268
- ↑ Corsano Williman, p. 80.
- ↑ « Paris - Michel, Robert Felix Henri - Matricule n° 806 - D4R1 1264 », sur archives.paris.fr
- 1 2 3 Bohl 2014.
- ↑ « Le Matin », sur Gallica,
- ↑ Cochin 1926, p. 558.
- ↑ « Paris - 1915 - Décès - 7e arrondissement - 7D 146 - acte n° 254 », sur archives.paris.fr, p. 3
- ↑ « André-Michel, Robert », sur agorha.inha.fr
- ↑ Corsano Williman, p. 89.
- ↑ « Paris - 1913 - Mariages - 16e arrondissement - 16M 191 - acte n° 1059 », sur archives.paris.fr, p. 13
- ↑ Corsano Williman, p. 105.
- ↑ « Robert Felix Henri MICHEL - Mort pour la France le 13-10-1914 (Crouy, 02 - Aisne, France) », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
- ↑ « Nord de Cuffies (Aisne). Ferme de la Montagne Neuve, tombe de M. Robert-André Michel. [légende d'origine] », sur imagesdefense.gouv.fr
- ↑ « Ferme de la Montagne neuve (nord de Cuffies) (près). Cimetière militaire : tombe de Robert André-Michel, fils de André-Michel », sur argonnaute.parisnanterre.fr
- ↑ « La Chronique des arts et de la curiosité », sur Gallica, , p. 131
- ↑ Corsano Williman, p. 239-240.
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, , p. 13462
- ↑ Graillot 1915, p. 115.
- ↑ « Robert ANDRÉ-MICHEL | Académie française », sur www.academie-francaise.fr
- ↑ « La Pensée française », sur Gallica, , p. 2
- ↑ « MICHEL Robert Félix Henri - 1914-1918 », sur www.memorialgenweb.org (consulté le )
- ↑ « CTHS - ANDRÉ-MICHEL Robert », sur cths.fr
- ↑ « La Chronique des arts et de la curiosité », sur Gallica, , p. 218
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative aux militaires :