Robur-le-Conquérant
Robur-le-Conquérant est un roman d'anticipation de Jules Verne, paru en 1886.
| Robur-le-Conquérant | ||||||||
Frontispice du roman. | ||||||||
| Auteur | Jules Verne | |||||||
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| Pays | France | |||||||
| Genre | Roman d'anticipation | |||||||
| Éditeur | Pierre-Jules Hetzel | |||||||
| Date de parution | 1886 | |||||||
| Illustrateur | Léon Benett | |||||||
| Nombre de pages | 318 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
| Série | Voyages extraordinaires | |||||||
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Historique
modifierLe roman paraît d'abord en feuilleton dans le Journal des débats politiques et littéraires, du au [1], puis en volume la même année chez Hetzel.
Robur-le-Conquérant possède une suite, Maître du monde, publié en 1904.
Début
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Uncle Prudent et Phil Evans sont respectivement président et secrétaire du Weldon-Institute de Philadelphie (États-Unis), mais aussi d'intimes ennemis. Le Weldon-Institute est un club rassemblant tous ceux qui pouvaient s'intéresser à l'aérostatique, « mais amateurs enragés et particulièrement ennemis de ceux qui veulent opposer aux aérostats les appareils plus lourds que l'air ». Ces « ballonistes » en sont à se disputer la meilleure manière de diriger un aérostat, lorsqu'un homme, Robur, fait irruption dans la salle de séance du Weldon-Institute : il provoque la fureur de ses membres en disant que l'avenir appartient non pas aux ballons, mais aux machines volantes. Pour prouver ses dires, il enlève Prudent et Evans et les embarque sur l'Albatros, une machine volante digne du Nautilus. Robur commence un périple autour du monde, prouvant à Prudent et Evans qu'une machine volante mue par l'électricité se contrôle beaucoup mieux qu'un ballon gonflant.
L'itinéraire de leur tour du monde peut se résumer ainsi : Philadelphie → Montréal (Canada) → Ottawa → San Francisco (États-Unis) → Pékin (Chine) → Tibet → Himalaya → Moscou (Russie) → Norvège → Paris (France) → Naples (Italie) → Tunis (Tunisie) → Tombouctou (Mali) → Soudan → Dohomey (Bénin) → Sainte-Hélène → Terre de Feu (extrémité sud de l'Amérique du Sud) → Pôle Sud → Île Chatam (Nouvelle-Zélande)[2].
Thème
modifierL'histoire est construite sur le même thème que Vingt mille lieues sous les mers : trois membres d'un club aéronautique américains sont enlevés par un mystérieux personnage qui leur fait traverser le monde à bord d'une gigantesque machine volante à voilure tournante.
Jules Verne entre avec ce roman dans la querelle du « plus léger que l'air » contre le « plus lourd que l'air », sans cacher son affection pour le second parti. L'auteur en écrira une suite : Maître du monde.
Peu de temps après Mathias Sandorf, l'auteur remet en scène un héros qui accède au pouvoir personnel par sa force de volonté et par son ingéniosité. Mais Robur est bien plus proche du capitaine Nemo, dont le Nautilus lui permettait d'être le maître des eaux, là où l'Albatros rend Robur maître de l'air. Robur aussi a choisi de fuir la société, mais il est beaucoup plus agressif que son prédécesseur. Cela vient sûrement de l'aspect guerrier de l'Albatros, qu'il conserve tout au long du récit, alors que le Nautilus faisait oublier ce côté agressif en faveur des scènes merveilleuses ponctuant le roman. En outre, les discussions entre Nemo et Aronnax humanisaient le récit, ce qui est loin d'être le cas entre Robur et Uncle Prudent. Autre différence, la perspective dominante de ces spectateurs comme des voyageurs de l'Albatros, examinant le paysage depuis le ciel : c'est leur monde, mais réduit à une taille microscopique. Les voyageurs du Nautilus restent surtout des spectateurs éblouis d'un monde inconnu qui ne peut que les rendre meilleurs. Aussi, en dépit de bons mouvements dont Robur fait parfois preuve, ce roman est une réflexion assez sombre sur les errements, les tentations possibles de l'homme devenu maître d'une technique guerrière[2].
Personnages
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Illustration de Léon Benett.
- Robur, dit « Robur-le-Conquérant »[3]. Âgé de 40 ans, c'est un ingénieur sans nationalité connue (tout comme le capitaine Nemo de Vingt mille lieues sous les mers, personnage avec qui il entretient de nombreuses similitudes). Il est l'inventeur de l'Albatros, un engin plus lourd que l'air. Sa description physique correspond à celle d'une force de la nature : « Une taille moyenne, avec une carrure géométrique - ce que serait un trapèze régulier, dont le plus grand des côtés parallèles était formé par la ligne des épaules. Sur cette ligne, rattachée par un cou robuste, une énorme tête sphéroïdale. À quelle tête d'animal eût-elle ressemblé pour donner raison aux théories de l'Analogie passionnelle ? À celle d'un taureau, mais un taureau à face intelligente[4]. » L'étymologie du nom Robur renvoie à un terme latin désignant un chêne et évoquant la force, la vigueur, qui donne en français l'adjectif robuste et en espagnol le mot roble désignant le chêne pédonculé dont le nom savant est quercus robur.[5]
- Uncle Prudent, président du Weldon-Institute. De nationalité américaine, âgé de 45 ans. Très riche, puisqu'il possède une grande partie des actions du Niagara-Falls. D'un entêtement sans pareil, il ne jure que par le « plus léger que l'air » et dirige la construction du Go a head, un ballon énorme.
- Phil Evans, secrétaire du Weldon-Institute. 45 ans, tout comme Uncle Prudent, à qui il voue une farouche inimitié, depuis que ce dernier lui a ravi le poste de président, pour très peu de choses. Directeur de la Walton Watch Company, importante usine de montres.
- Frycollin, noir originaire de la Caroline du Sud, âgé de 21 ans. Valet d'Uncle Prudent. Grimacier, gourmand, paresseux et surtout d'une poltronnerie superbe.
- Tom Turner, contremaître de Robur. 45 ans environ[6].
- François Tapage, maître-coq à bord de l'Albatros, Français d'origine gasconne.
- Jem Cip, trésorier du Weldon-Institute, ainsi décrit : « Jem Cip était un végétarien convaincu, autrement dit, un de ces légumistes, de ces proscripteurs de toute nourriture animale, de toutes liqueurs fermentées, moitié brahmanes, moitié musulmans, un rival des Niewman, des Pitman, des Ward, des Davie, qui ont illustré la secte de ces toqués inoffensifs[7]. »
- William T. Forbes, membre du Weldon-Institute[8].
- Miss Dorothée Forbes, dite « Doll », fille de William T. Forbes.
- Miss Martha Forbes, dite « Mat », fille de William T. Forbes.
- Truk Milnor, membre du Weldon-Institute.
- Bat Fyn, membre du Weldon-Institute.
- Harry W. Tinder, le plus célèbre aéronaute des États-Unis. Il est chargé de construire le Go a head.
Adaptation
modifierAdaptation cinématographique
modifier- Le Maître du monde (1961), adaptation cinématographique de William Witney des romans Robur-le-Conquérant et Maître du monde.
Adaptation en BD
modifier- Robur (2003-2007), une trilogie de bande dessinée de Randy et Jean-Marc Lofficier (scénario) et Gil Formosa (dessin).
- Robur-le-Conquérant, adapté en bande dessinée en 2017 aux éditions Le sphinx des glaces
- Scénario et dialogues : Marc Jakubowski.
- Dessins : Éric Rückstühl.
- 3e titre de la collection Jules Verne et ses Voyages.
Bibliographie
modifier- Charles-Noël Martin, Préface. Éditions Rencontre, Tome XVI, Lausanne, 1967
- Étienne Cluzel, Trente mille lieues dans les airs, Bulletin de la Société Jules Verne 9, 1969
- Christian Robin, Le jeu dans « Robur le Conquérant », Europe 595/596, Paris, novembre-décembre 1978
- Andrew Martin, The Machine Stops: the Breakdown of the Vernian Vehicle, in Romance Studies. Leeds, 1985
- Simone Vierne, Postface à l'édition du roman, Hachette, Le Livre de poche, 1993
- Jean-Michel Margot, Jules Verne et le rêve d'Icare, Bulletin de la Société Jules Verne 121, 1997
- Volker Dehs, Jules Verne (1828-1905): Robur der Eroberer, in Franz Rottensteiner & Michaël Koseler (Ed.), juillet 1999
- Christian Robin, Robur. in Agnès Marcetteau-Paul & Claudine Sainlot (Ed.). Jules Verne, écrivain, Nantes, Coiffard et Joca-Seria, 2000
- Lionel Dupuy, Robur le Conquérant ou la négation de l'autre... in Jules Verne, l'homme et la terre, La Clef d'Argent, 2006, p. 115–132
Notes et références
modifier- ↑ Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, Société Jules Verne, 1977, page 87.
- 1 2 Samuel Sadaune, « Robur-le-Conquérant », dans Les 60 Voyages extraordinaires de Jules Verne, Nantes, Édilarge, , p. 76-77
- ↑ Surnom que lui décernent les membres du Weldon-Institute. Chapitre III.
- ↑ Chapitre III.
- ↑ Dictionnaire Littré https://www.littre.org/definition/robuste
- ↑ Encore une curieuse description du personnage. « Large de buste, trapu de membres, charpenté en fer, il avait une de ces têtes énormes et caractéristiques, à la Hogarth, telles que ce peintre de toutes les laideurs saxonnes en a tracé du bout de son pinceau. Si l'on veut bien examiner la planche quatre du Harlots Progress, on y trouvera la tête de Tom Turner sur les épaules du gardien de la prison ». Chapitre VIII.
- ↑ Chapitre II.
- ↑ « Directeur d'une grande usine, où l'on fabrique de la glucose en traitant les chiffons par l'acide sulfurique - ce qui permet de faire du sucre avec de vieux linges. » Chapitre II.
Annexes
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la littérature :
- Texte complet du livre
- Robur le Conquérant, version audio
