Rodolphe Roubet, né le à Clairac (Lot-et-Garonne) et mort le [1], est un agriculteur, résistant et homme politique français.

Rodolphe Roubet
Fonctions
Président du conseil général de Lot-et-Garonne
–
(4 ans)
Prédécesseur Fonction rétablie
Successeur Henri Toussaint
Conseiller général du Lot-et-Garonne
–
(10 ans)
Circonscription Canton de Tonneins
Successeur Jean Boué
Maire de Clairac
–
(6 ans)
Prédécesseur Adrien Vidal
Successeur Franck Bize
–
(5 ans)
Prédécesseur Maurice Baril
Successeur Adrien Vidal
–
(12 ans)
Successeur Maurice Baril
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Clairac (Lot-et-Garonne)
Date de décès (à 98 ans)
Nationalité Française
Parti politique SFIO
Profession Exploitant agricole

Exploitant agricole issu d'une famille protestante du Lot-et-Garonne, membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), il est maire de Clairac de 1929 à 1941, puis de nouveau de 1944 à 1949 et de 1953 à 1959. Destitué par le régime de Vichy en 1941, il s'engage dans la Résistance socialiste ; arrêté par la Milice en 1944, torturé et emprisonné à la maison centrale d'Eysses, il est libéré par le maquis et reçoit la médaille de la Résistance.

À la Libération, il est élu conseiller général du canton de Tonneins et devient, en 1945, le premier président socialiste du conseil général de Lot-et-Garonne, fonction qu'il occupe jusqu'en 1949. Il préside également la fédération départementale des planteurs de tabac jusqu'en 1966[2],[3].

Biographie

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Origines et formation

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Clairac, sur les bords du Lot, commune natale de Rodolphe Roubet.

Rodolphe Roubet naît le à Clairac, à la ferme de Birac, fils unique de P. E. Roubet, propriétaire cultivateur, et d'A. M. Demichel[4]. Sa famille appartient à la communauté protestante réformée de la commune[5].

Élève de l'école laïque de Clairac, il obtient le brevet élémentaire en , reçu premier de sa session ; renonçant à une carrière administrative, il choisit de rester à la terre et devient exploitant agricole[6]. Pendant la Première Guerre mondiale, ajourné à plusieurs reprises, il est incorporé en au 18e régiment d'artillerie de campagne d'Agen, avant d'être réformé pour raisons de santé[7],[3].

Débuts politiques et première mairie (1925-1941)

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Rodolphe Roubet s'engage en politique au milieu des années 1920, comme secrétaire d'un « comité d'action démocratique et sociale » aux élections municipales de 1925, puis en fondant, en 1927, la section socialiste de Clairac affiliée à la SFIO, dont il devient le secrétaire[8]. En 1931, il est élu à la commission administrative de la fédération départementale de la SFIO[9].

Élu au conseil municipal en 1929 sur une liste d'union des gauches, il accède à la mairie de Clairac[10]. Reconduit lors des élections municipales de 1935, à l'issue desquelles la liste socialiste emporte la totalité des vingt et un sièges, il forme la municipalité avec ses adjoints Pierre Noguès et Adrien Vidal[3]. Ses mandats sont marqués par plusieurs travaux d'équipement : l'électrification de la commune, menée entre 1932 et 1935, l'adduction d'eau potable, la modernisation de la voirie et le regroupement de l'école[11],[3]. Militant socialiste, il crée en un comité local du Front populaire[3].

Sous l'Occupation : Résistance, arrestation et détention

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Le , Rodolphe Roubet est destitué de son mandat de maire par le régime de Vichy et remplacé par le commandant Maurice Baril ; il est nommé syndic local de la corporation paysanne[3]. Il distribue clandestinement le journal Le Populaire pour un mouvement de résistance socialiste[3] ; selon l'association des Amis de Clairac (d'après l'Ordre de la Libération), il s'engage dès auprès du parti socialiste clandestin et du mouvement « La France au combat »[12].

Arrêté le par la Milice, dans le contexte de la recherche d'armes provenant d'un parachutage destiné à la Résistance, il est conduit au château de Ferron, où il est interrogé et torturé par Yves Audebez[3],[12]. Le préfet Louis Tuaillon, hostile à la Milice, prend sa défense[3]. Jugé par la section spéciale d'Agen avec ses camarades Roger Trilla et Maurice Sampy, il est condamné le à quatre mois d'emprisonnement[3]. Détenu à Agen du au , il est transféré à la maison centrale d'Eysses, d'où il est libéré par le maquis le [13],[3] ; le catalogue des Archives évalue à environ deux cent vingt le nombre de détenus alors libérés[3]. Il est rétabli dans ses fonctions de maire par arrêté préfectoral du [3],[14].

Il est titulaire de la médaille de la Résistance (décret du )[12].

À la Libération : le conseil général de Lot-et-Garonne

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Nommé en à la commission paysanne du comité départemental de libération comme expert agricole[3], Rodolphe Roubet se présente aux élections cantonales des 23 et dans le canton de Tonneins. Arrivé de justesse en tête au premier tour devant le communiste Fernand Ducasse, qui se désiste en sa faveur en application de l'accord conclu entre les fédérations socialiste et communiste, il l'emporte au second tour avec plus de 60 % des voix, face au docteur Pierre Vautrin, maire de Tonneins, entré dans la compétition comme « socialiste indépendant »[14],[3].

L'assemblée départementale, où la gauche est majoritaire — onze socialistes, dix radicaux, dix communistes et trois indépendants —, le porte à sa présidence lors de la séance d'installation du  : proposé par le communiste Robert Lacoste, il est élu par trente voix sur trente-deux et devient le premier président socialiste du conseil général de Lot-et-Garonne[2],[14]. Dans son discours d'installation, il place l'action de l'assemblée sous le signe d'une « République sociale »[14].

Réélu conseiller général le , il perd la présidence de l'assemblée, la SFIO reculant au profit des radicaux : il est remplacé par le docteur Toussaint, radical-socialiste, et prend la présidence de la commission de l'agriculture et des transports[15],[3]. Aux élections cantonales de 1955, il est battu par Jean Boué, maire de Tonneins, et perd son mandat[16],[3].

Derniers mandats et retrait

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Réintégré à la mairie de Clairac à la Libération, Rodolphe Roubet y est reconduit lors des élections municipales d'[17]. Au printemps 1949, une angine de poitrine l'oblige à un long repos et il abandonne son mandat de maire ; son adjoint Adrien Vidal lui succède[15]. Il retrouve la mairie en 1953, sa liste ayant remporté vingt des vingt et un sièges du conseil municipal[18]. Il se retire en 1959 sans solliciter de nouveau mandat et cède la mairie à Franck Bize[19],[Note 1],[2].

Il meurt le [1] et est inhumé dans le cimetière de Clairac[20].

Engagement agricole

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Parallèlement à ses mandats, Rodolphe Roubet préside, de la Libération à 1966, la fédération départementale des planteurs de tabac de Lot-et-Garonne[2],[21],[3]. À l'échelon national, il est secrétaire général de la fédération des planteurs de tabac, sous la présidence d'Ernest Delbos, jusqu'au congrès de Lille, au milieu des années 1950[21]. Il quitte la présidence départementale en 1966, à soixante-dix ans, ayant cessé d'être planteur de tabac[21].

Distinctions

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Postérité

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Rodolphe Roubet fait l'objet d'une biographie d'André Lavialle, Rodolphe Roubet (Atlantica, 2008 ; rééd. Albret, 2016), préfacée par Alain Veyret[22], et d'un compte rendu dans la revue L'OURS[23]. En 2025, les Archives départementales de Lot-et-Garonne lui consacrent une exposition et un catalogue[3].

Notes et références

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  1. ↑ Le catalogue des Archives présente les mandats de maire d'après-guerre comme continus de 1944 à 1959 ; la biographie d'André Lavialle et la notice du Maitron font état d'une interruption entre 1949 et 1953, la mairie étant alors exercée par Adrien Vidal.

Références

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  1. 1 2 Lavialle 2008, p. 155.
  2. 1 2 3 4 « ROUBET Rodolphe », sur maitron.fr, Le Maitron, (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 Pascal De Toffoli et Dominique Texier-Favier, Rodolphe Roubet, un homme au service de son département, Archives départementales de Lot-et-Garonne, (lire en ligne).
  4. ↑ Lavialle 2008, p. 13.
  5. ↑ Lavialle 2008, p. 15 et 22.
  6. ↑ Lavialle 2008, p. 19.
  7. ↑ Lavialle 2008, p. 26-29.
  8. ↑ Lavialle 2008, p. 34-36.
  9. ↑ Lavialle 2008, p. 45.
  10. ↑ Lavialle 2008, p. 36-41.
  11. ↑ Lavialle 2008, p. 45-47.
  12. 1 2 3 4 « Les médaillés de la Résistance », sur amisdeclairac.com (consulté le ).
  13. ↑ Lavialle 2008, p. 89-91.
  14. 1 2 3 4 Lavialle 2008, p. 99-108.
  15. 1 2 Lavialle 2008, p. 121-122.
  16. ↑ Lavialle 2008, p. 128-131.
  17. ↑ Lavialle 2008, p. 116.
  18. ↑ Lavialle 2008, p. 127.
  19. ↑ Lavialle 2008, p. 134-135.
  20. ↑ Lavialle 2008, p. 146-151.
  21. 1 2 3 Lavialle 2008, p. 138-144.
  22. ↑ André Lavialle (préf. Alain Veyret), Rodolphe Roubet, Biarritz, Atlantica, (ISBN 978-2-7588-0102-3).
  23. ↑ François Lavergne, « Rodolphe Roubet, un maire et sa ville », L'OURS, no 380,‎ , p. 4-5.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • André Lavialle (préf. Alain Veyret), Rodolphe Roubet, Biarritz, Atlantica, , 155 p. (ISBN 978-2-7588-0102-3).
    • Réédition : André Lavialle, Rodolphe Roubet, Nérac, Éditions d'Albret, (ISBN 978-2-913055-64-3).
  • François Lavergne, « Rodolphe Roubet, un maire et sa ville », L'OURS, no 380,‎ , p. 4-5.
  • Guy Blois, Clairac au temps de la IIIe République : de Sylvestre de Ferron à Rodolphe Roubet (1870-1940), Bayac, Éditions du Roc de Bourzac, , 212 p. (ISBN 2-87624-066-1).

Articles connexes

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Liens externes

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