Rosalie Soubère

militante anarchiste française

Rosalie Soubère[2], surnommée « Mariette », née le à Saint-Étienne et disparue après 1894, est une ouvrière plieuse de rubans et anarchiste française. Elle est surtout connue pour sa proximité avec Ravachol et pour avoir été suspectée, à tort, d'avoir été centrale lors de l'attentat du Boulevard Saint-Germain, une attaque projetant la France dans l'Ère des attentats (1892-1894) et dont elle prend une partie de la responsabilité.

Rosalie Soubère
Soubère dans Le Petit Parisien : supplément illustré ()[1]
Biographie
Naissance
Nationalité
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Idéologie
Condamnation
signature de Rosalie Soubère
Signature.

Née douzième d'une fratrie de quatorze, Soubère grandit dans la pauvreté à Saint-Étienne, commençant à travailler à ses quinze ans comme ouvrière plieuse de rubans. Elle quitte le domicile familial à ses dix-neuf, rejoint le mouvement anarchiste en France et emménage avec Joseph Jas-Béala, un compagnon stéphanois. En 1889, elle donne naissance à une fille, Louise Michelle, qui ne vit qu'un mois - elle est renvoyée de son emploi quinze jours après sa mort, car jugée « trop paresseuse et négligente » par ses patrons.

Elle rencontre et côtoie peut-être Ravachol à Saint-Étienne mais surtout adopte un rôle de soutien à l'attentat du Boulevard Saint-Germain que Ravachol, Mabillon, Chaumentin et d'autres anarchistes sont en train de préparer contre le juge Edmond Benoît - leur apportant de l'argent provenant de vols et des matériaux explosifs - qui ne seront finalement pas utilisés. À la suite de l'attentat, Soubère est arrêtée et décide, confrontée avec Clotilde Mabillon, de prendre la responsabilité pour l'attaque à sa place. Elle est acquittée des charges pesant sur elle, mais remise en procès une nouvelle fois comme complice des crimes de droit commun de Ravachol. Acquittée de nouveau, elle est de nouveau jugée, cette fois-ci pour l'avoir supposément hébergé pendant sa fuite. Condamnée à six mois de prison puis libérée, elle disparaît en 1894.

Si la presse, les autorités et les anarchistes de la période ont tendance à faire d'elle la responsable de l'attentat, des historiens plus récents mettent cette version en cause, soutenant qu'elle se serait en réalité sacrifiée pour épargner à Mabillon, qui est mère, d'être emprisonnée ou exécutée.

Biographie

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Jeunesse et politisation

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Acte de naissance de Rosalie Soubère dans les Archives municipales de Saint-Etienne. 21 septembre 1868.

Rosalie Soubère naît le à Saint-Étienne[3],[4]. Elle est fille de Victoire Gimbert, dentellière, dévideuse puis revendeuse de légumes et de Toussaint Soubère, orphelin de père dès l'âge de quatre ans, boulanger puis ouvrier fondeur qui se suicide en 1888 à la suite de sa séparation avec son épouse[3]. Soubère est la douzième des quatorze enfants du couple Gimbert-Soubère[3]. Plusieurs de ses parents exercent comme armuriers et l'un de ses frères s'engage comme soldat avant d'être tué au Vietnam[3].

À l'âge de 15 ans, Soubère commence à travailler comme ouvrière plieuse de rubans à l'usine des frères Giron de Chantegrillet[3].

Rapport la concernant (1892) (AD de la Loire 4 U 299 - collections d'Archives anarchistes)

En 1887, elle quitte son domicile du 124 rue de Lyon à Saint-Étienne[3]. Elle s’installe avec Joseph Jas-Béala dit Béala et vit avec lui en concubinage[3].

En 1889, Soubère donne naissance à une fille, non reconnue par Béala, qu’elle nomme Louise Michelle[3]. Le choix de ce prénom, qui fait éventuellement référence à Louise Michel, témoigne du fait qu’elle est possiblement déjà anarchiste à cette période[3].

Elle retourne travailler vingt jours après avoir donné naissance, mais sa fille meurt le mois suivant, sans qu'elle ne se déplace pour déclarer le décès[3]. Deux semaines après la mort de sa fille, elle est renvoyée par ses patrons qui la jugent « paresseuse et négligente »[3].

Pendant cette période, elle rencontre éventuellement Ravachol au travers de Béala, qui le côtoie grâce au syndicat des hommes de peine de Saint-Étienne[3]. En effet, étant secrétaire du syndicat, il dispose d'un bureau attenant à celui où se rend fréquemment Ravachol[3].

Déplacement à Saint-Denis et attentat du Boulevard Saint-Germain

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Résultats de l'attentat du Boulevard Saint-Germain dans L'Univers illustré (19 mars 1892)

Alors qu'un complot est en cours de préparation, des suites de l'affaire de Clichy (), pour se venger de la police de Clichy puis du juge Edmond Benoît pour leur traitement des anarchistes impliqués, Soubère et son partenaire se rendent à Saint-Denis, où ils transportent des matériaux explosifs destinés à aider la mise en place du complot[3]. De plus, le couple amène entre 3,000 et 5,000 francs pour soutenir le complot - cette somme « considérable » provenant sans doute des activités illégalistes de Ravachol dans la Loire - dont une bonne partie provient nécessairement du vol de l'ermite de Chambles[3].

Les explosifs du couple ne servent cependant pas aux conjurés Mabillon, Chaumentin, Ravachol, Simon et éventuellement Mathieu, car le vol de dynamite de Soisy du donne aux cercles anarchistes franciliens - et au groupe de Ravachol, un matériau explosif de bien meilleure qualité que celui qu'elle apporte avec Béala[3].

Le , Ravachol, peut-être Béala, et au moins une femme qui porte la marmite-bombe sous ses jupons commettent l’attentat du Boulevard Saint-Germain[3],[5].

Premier procès

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Représentation de son procès dans L'Illustration (30 avril 1892) par Paul Renouard

Soubère est arrêtée le à Saint-Denis avec Béala[3]. Elle refuse de répondre aux questions et nie tous les faits[3],[6]. Surtout, selon les historiens Dominique Petit et CEP, pendant cette première arrestation, elle est confrontée à Clotilde Mabillon - une des principales membres du complot et probablement la personne ayant porté la dynamite[3],[7]. Lors de cette confrontation, les deux s'entendent pour qu'elle prenne sur elle la responsabilité d'avoir porté la bombe[3]. Ce choix aurait été motivé par le fait que Mabillon est alors mère de deux enfants, et que Soubère ne l'est pas ; elle choisit donc de risquer la peine de mort à la place de Mabillon[3].

La veille de l'ouverture de son procès, le , des militants anarchistes du groupe des Pieds-plats, Théodule Meunier et éventuellement Jean-Pierre François commettent l'attentat du Véry pour se venger du restaurateur ayant appelé la police après avoir vu Ravachol[8]. Elle comparaît devant la Cour d'assises de la Seine[3],[4].

Rosalie Soubère pendant le procès dans L'Univers illustré (30 avril 1892)

Lors du procès, fin , elle est tout de noir vêtue et pleure abondamment[3],[4]. Quesnay de Beaurepaire, le procureur, essaie de l'épargner en partie lors de son réquisitoire[3]. En effet, il est au courant de l'échange entre Soubère et Mabillon mais cherche sans doute à protéger l'informateur X2 derrière le couple Chaumentin, qui collabore avec les autorités, en continuant de viser Soubère[3]. En tous cas, il annonce au procès, dans une déclaration sexiste[3],[9]:

[Soubère] est femme, elle est faible. Elle tenait à l’un des accusés, dont elle subissait l’influence, par le lien de l’affection. Il y a sur sa culpabilité un doute dont elle peut profiter. En ce qui la concerne, que le jury n’hésite pas à se montrer pitoyable el à consulter son cœur.

Pendant le procès, les autres accusés et elle-même soutiennent qu'elle serait coupable d'avoir en effet porté la marmite-bombe, mais qu'elle aurait entièrement ignoré son contenu[3]. La police ne disposant que de peu de preuves, et Soubère étant vraisemblablement innocente, elle est acquittée[3],[4],[10],[11].

Deuxième procès

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Soubère est remise en liberté après son acquittement mais poursuivie de nouveau moins de deux semaines plus tard pour les crimes de droit commun de Ravachol à Saint-Étienne[3]. Arrêtée avec Béala à 3h du matin et transportée dans la Loire en train, elle doit marcher enchaînée depuis la gare à la prison[3],[12],[13],. Elle pleure beaucoup et demande à voir sa mère[3],[14].

Elle comparaît à son deuxième procès avec un chapeau de paille noir sur la tête[15] et répond à son interrogatoire en souriant[16]. Son avocat est toujours maître Eugène Crémieux pour ce deuxième procès[17]. Lorsque le juge lui dit que les rapports à son sujet ne sont pas défavorables, elle n'entend pas correctement la remarque et dit que cela l'étonne, ce qui fait rire une partie du public[16]. Elle répond par de brèves remarques à son interrogatoire, accuse Chaumentin, qui les a dénoncés, de mentir, et se tait[16]. Plus tard, Soubère s'indigne et répond avec vigueur à Chaumentin, lorsque celui-ci l'accuse publiquement pendant l'audience d'avoir accueilli Ravachol chez elle pendant sa fuite[18]. Elle l'accuse d'être un menteur, un misérable, un infâme, et assure n'avoir rencontré Chaumentin qu'à Paris, sans le connaître avant[18].

À un témoin qui l'aurait vue et appuyant cela sur le fait qu'il se souvient qu'il lui manque une dent[19], elle lui répond[20] :

« Voyez-moi cet aplomb ! Ah vous avez remarqué que j'avais une dent de moins? Vous avez mal regardé, mon ami ; il m'en manque trois. »

Elle lui répond aussi qu'il l'aurait vue plus « mince » qu'elle ne le serait réellement[21]. Son avocat, Crémieux, fait sa plaidoirie vers minuit, et reçoit un certain succès[17]. Soubère et Jas-Béala sont acquittés une nouvelle fois sur tous les chefs d'accusation lors de ce second procès tandis que Ravachol est condamné à mort[22],[23].

Troisième procès, disparition

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Article sur la condamnation de Soubère et Jas-Béala lors de leur troisième procès dans The New York Herald ()

Soubère est renvoyée en correctionnelle pour le fait supposément accueilli Ravachol chez elle pendant sa fuite[3],[23]. Elle condamnée pour la première fois lors de ce troisième procès successif[24]. Après cette condamnation, elle s'écrie[24] :

« C'est honteux ! C'est indigne ! Je me vengerai au péril de ma vie ! »

Cette déclaration provoque un profond effroi chez les juges et pousse l'un d'eux à quitter la pièce subitement par peur[25]. L'historien Thierry Lévy considère qu'il s'agit d'un bon exemple de la peur panique provoquée par les anarchistes aux magistrats pendant cette période, après les deux attentats les visant[25].

L'anarchiste reçoit un mois supplémentaire pour cette déclaration, considérée comme étant un outrage par le juge[24]. Béala est quant à lui condamné à un an de prison, le [26]. Elle fait appel et sa peine est réduite d'un mois[3],[26].

En , Soubère est suspectée d’être l’autrice de l’attentat de la rue des Bons-Enfants et brièvement arrêtée[3],[27].

Soubère et Jas-Béala s'installent ensuite à Saint-Denis, rue de la Briche, où ils vivent en portant le nom de Viala et Gibert pour passer inaperçus - ils travaillent alors comme marchands de journaux au Croissant avant de repartir pour Saint-Étienne[3],[28].

Plusieurs hypothèses sur la suite de sa trajectoire sont faites par différents historiens[3]. Ainsi, Rolf Dupuy et Bertrand Thierry suggèrent qu'elle pourrait être la « camarade Mariette » trésorière de Terre Libre dans les années 1930, tandis que CEP considère cette hypothèse comme invraisemblable[3],[4].

Postérité

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Représentation romancée de Rosalie Soubère pendant qu'elle aurait fait le guet pour l'assassinat des dames Marcon, un acte qu'elle ne commet probablement pas (1893)

En , un anarchiste arrêté à Saint-Étienne pour un crime de droit commun présente son portrait à la police qui l'a interpellé et déclare s'inspirer d'elle[29].

Réévaluation à la baisse de son rôle dans l'attentat du Boulevard Saint-Germain

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Si Soubère est considérée par les autorités, et les anarchistes au procès, comme responsable de l'attentat, cette vision est revue par des historiens plus récents[3],[7]. Ainsi, CEP et Dominique Petit, dans leurs biographies de 2026 au sujet de Soubère et de Mabillon, fondées sur le travail préalable de Rolf Dupuy et de Bertrand Thierry, revisitent la question de ses liens avec l'attentat et estiment qu'elle se sacrifie en prenant la responsabilité à la place de Mabillon[3],[7]. Cette nouvelle lecture expliquerait, d'une part, pourquoi elle est acquittée, mais aussi pourquoi le procureur, au courant de cette manœuvre, semble relativement l'épargner - désirant éventuellement protéger l'informateur X2 derrière le couple Chaumentin-Mabillon[3],[7].

Œuvres

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Sur les autres projets Wikimedia :

Deuxième procès (Archives de la Loire — 4 U 299 — courtoisie d’Archives anarchistes)

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Voir aussi

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Presse anarchiste

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Sources policières

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Références

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  1. « Le Petit Parisien. Supplément littéraire illustré », sur Gallica, (consulté le )
  2. On trouve aussi 'Soubert'.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 CEP, Rolf Dupuy, Bertrand Thierry et Gilles Braschi, « SOUBÈRE, Rosalie [ou SOUBERT, dite “MARIETTE”] », sur Dictionnaire international des militants anarchistes, 2012-2026 (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 Rolf Dupuy et Thierry Bertrand, « SOUBÈRE Rosalie (dite Mariette) », dans Dictionnaire des anarchistes, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
  5. Accoce 1998, p. 128.
  6. Bouchardon 1931, p. 24.
  7. 1 2 3 4 Dominique Petit et CEP, « MABILLON, Clotilde, Louise [épouse CHAUMENTIN, dit “CHAUMARTIN”] », sur Dictionnaire international des militants anarchistes, (consulté le )
  8. Merriman 2016, p. 80-81.
  9. Boulanger 1893, p. 662.
  10. « Le procès Ravachol », L'Indépendant des Pyrénées-Orientales, (lire en ligne Accès libre [PDF])
  11. Boulanger 1893, p. 662-665.
  12. « Arrestation de Béala et la fille Soubère », La Justice, , p. 2
  13. « Faits divers », L'Écho de Paris, , p. 3
  14. « Béala et Mariette Soubère », La Nation, , p. 2
  15. Boulanger 1893, p. 680.
  16. 1 2 3 Boulanger 1893, p. 693-695.
  17. 1 2 Boulanger 1893, p. 703.
  18. 1 2 Boulanger 1893, p. 698-701.
  19. Bouchardon 1931, p. 130.
  20. Bouchardon 1931, p. 141.
  21. Boulanger 1893, p. 701-702.
  22. Henri Varennes, « De Ravachol à Caserio », Le Libertaire, , p. 3
  23. 1 2 Boulanger 1893, p. 700-705.
  24. 1 2 3 Henri Varennes, « De Ravachol à Caserio », Le Libertaire, , p. 3
  25. 1 2 Lévy 2009, p. 152-153.
  26. 1 2 Rolf Dupuy et Thierry Bertrand, « SOUBÈRE Rosalie (dite Mariette) », dans Dictionnaire des anarchistes, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
  27. Merriman 2016, p. 172-174.
  28. « Chevronnés de l'anarchie », Le XIXe siècle, , p. 1
  29. « Informations quotidiennes », L'Univers, , p. 3

Bibliographie

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  • Pierre Accoce, « « Ils ont eu Sadi Carnot ! » », dans Pierre Accoce, Ces assassins qui ont voulu changer l'Histoire, Plon, (ISBN 978-2259189873, lire en ligne)
  • Louis Boulanger, Les exploits de Ravachol, l'homme à la dynamite, Paris, , 804 p. (lire en ligne)
  • Vivien Bouhey, Les Anarchistes contre la République, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), (EAN 9782753507272)
  • Uri Eisenzweig, « Poétique de l'attentat: anarchisme et littérature fin-de-siècle », Revue d'Histoire littéraire de la France, vol. 99, no 3, , p. 439-452 (lire en ligne Accès libre)
  • (en) John M. Merriman, The dynamite club: how a bombing in fin-de-siècle Paris ignited the age of modern terror, Yale, Yale University Press (YUP), (ISBN 978-0-300-21792-6)
  • Thierry Lévy, Plutôt la mort que l’injustice : au temps des procès anarchistes, Paris, Odile Jacob,
  • Karine Salomé, L’Ouragan homicide : L’attentat politique en France au XIXe siècle, Paris, Champ Vallon / Epoques, (ISBN 978-2-87673-538-5)

Liens externes

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