Rosie Ruiz, par son mariage Rosie M. Vivas, née le à La Havane et morte le à Lake Worth en Floride, est une fausse marathonienne cubaine, connue pour avoir triché lors du 10e marathon de New York () et du 84e marathon de Boston (). Sa notoriété se mesure notamment au fait que les coureurs nord-américains appellent une tricherie où l'on coupe le parcours « faire une rosie ».

Rosie Ruiz
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Wayne State College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Sport
Discipline sportive

Ses courses truquées

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Le , lors du marathon de New York, Rosie Ruiz est à bout de forces au bout de 30 minutes de course. Comme elle veut quand même impressionner son entourage, elle emprunte le métro pour s'affranchir de quelques kilomètres. Elle retourne ensuite en toute discrétion sur le parcours et se retrouve ainsi parmi les concurrents pour arriver sur la ligne d'arrivée. Avec un temps de 2 h 56, elle termine onzième chez les femmes[1].

Grâce à ce bon temps, elle se convainc de participer au mythique marathon de Boston, qui rassemble tous les meilleurs coureurs de la sphère du running. Étant hors délai pour les inscriptions, elle écrit aux organisateurs pour leur faire croire qu'elle est en rémission d'un cancer du cerveau. Émus, ces derniers lui accordent une dérogation spéciale, afin qu'elle puisse s'inscrire et participer à Boston.

N'étant toujours pas une grande sportive, elle imagine un nouveau stratagème pour cette course : elle loge dans un hôtel situé près de la ligne d'arrivée et au moment propice, elle se glisse à travers la foule après s'être versé de l'eau sur la tête pour faire croire qu'elle a transpiré. Elle ne se rendit pas compte que le peloton se trouvait ainsi derrière elle. Elle finit ainsi première en 2 h 31, ce qui aurait été un record pour une femme participant à ce marathon[1],[2],[3].

Personne ne l'a vue courir pendant la course. Les organisateurs auscultent alors les 10 000 photos prises pendant la course pour l'y retrouver : sans succès[4]. Alors que la journée était ensoleillée, sa transpiration semble minime : sur une photo où elle lève les bras, elle révèle que ses aisselles sont sèches[5]. Interrogée par les journalistes, elle montre dans son récit des incohérences qui la trahissent. Elle est démasquée.

Notamment, elle a fait un temps de 2 heures et 56 minutes au marathon de New York six mois auparavant et son nouveau temps est bien meilleur. Interrogée sur l'entraînement qu'elle a suivi pour parvenir à un tel progrès, elle répond « je ne sais pas. », puis se met à tousser[4]. La coureuse ne sait pas non plus ce que sont les « fractionnés », qui consistent à faire des pointes de vitesse pendant quelques minutes pour améliorer ses possibilités générales de vitesse et de temps de course. De plus, celui qui est censé être son entraîneur, Steve Marek, président d’un club de course new-yorkais dont elle serait membre, indique ne l’avoir jamais croisée, ou peut-être « dans un ascenseur, une fois »[4]. D'ailleurs, Steve Marek affirme en 1996[6], que quelques mois plus tard il a eu un entretien avec elle et qu'elle lui a finalement tout avoué : après avoir été sélectionnée au marathon de Boston, prestigieux, son employeur a payé tous les frais de participation à cette course[4]. Ayant triché au marathon de New-York, elle s'est mise à tricher à nouveau pour pouvoir reproduire un temps à peu près comparable. Elle s'est trompée dans ses calculs et a fini première de la course[4].

Ainsi, Steve Marek assure qu'elle n'avait pas l'intention de gagner : « Elle s’est jetée dans la course trop tôt. Elle n’essayait pas de gagner. Elle essayait de faire le même temps qu’à New York… Et lorsqu’elle a compris qu’elle avait gagné, elle a décidé de bluffer pour s’en sortir. »[4]

Jamais Rosie Ruiz n'a avoué en public. Elle a refusé de rendre sa médaille d'or, lorsque la victoire est finalement attribuée à la Canadienne Jacqueline Gareau[4]. Deux étudiants affirment l'avoir vue entrer dans la course seulement un mile avant la ligne d'arrivée[3] Elle affirme malgré tout « mériter légitimement » sa médaille et ajoute : « Quant à la preuve de ce que j’ai fait, elle viendra dans les rues de New York lorsque je montrerai à tous les gens que je suis une coureuse de classe mondiale. »

Pour la course suivante et pour toutes les autres, elle ne se présente pas à la ligne de départ. Pour le marathon de Boston l'année suivante, elle affirme avoir un problème à la hanche[4].

Pour éviter ce genre d'incident, des points de contrôle furent instaurés avec recensement des dossards par les juges. De nos jours[Depuis quand ?], des puces de géolocalisation par GPS permettent de suivre les coureurs tout au long des parcours[7].

Rosie Ruiz est devenue célèbre, autant, sinon davantage, que les gagnantes du marathon de Boston. En 2025, Libération indique que chaque année son nom est visible sur le parcours du marathon de Boston, marqué sur une banderole placée à l'endroit où elle s'est introduite dans la course, avec un slogan du genre : « Rosie Ruiz a commencé ici. »[4] Pour tous les coureurs américains, « faire une Rosie » est une expression désignant la tricherie faite en coupant le parcours, ce qui se produit encore des décennies après, malgré les progrès faits concernant la surveillance[4],[5].

Biographie

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Son nom de naissance est Ruiz. Elle est née à La Havane le et part de Cuba pour la Floride vers l'âge de huit ans. Elle fréquente le Wayne State College dans le Nebraska pendant trois annees sans réussir à obtenir de diplôme. Elle déménage à Manhattan.

Elle court seulement deux marathons : à New York et à Boston. Après ses deux tricheries, elle a des soucis juridiques avec son employeur, qui l'accuse de lui avoir dérobé 60 000 $. Elle va en prison une semaine et est condamnée à cinq années avec sursis.

En 1983, après être retournée en Floride, elle est accusée d'avoir essayé de vendre de la cocaïne à des agents infiltrés dans un hôtel de Miami. Elle passe trois semaines en prison et elle est condamnée à trois années de probation[6],[8].

Son mariage avec Aicardo Vivas est un échec. Elle divorce[6].

Elle lutte pendant dix années contre un cancer et meurt en 2019 à l'âge de soixante-six ans, à Lake Worth en Floride[6],[9].

Notes et références

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  1. 1 2 Rosie Ruiz : l’incroyable histoire de la marathonienne qui gagnait ses courses en trichant
  2. (en) « 1980: Rosie Ruiz Pulls The Ultimate Prank », The Boston Globe, (consulté le ).
  3. 1 2 Yannick Cochennec, « Petite histoire de la triche dans les marathons », Slate, (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Benjamin Delille, « Pour la marathonienne Rosie Ruiz, rien ne sert de courir, il faut mentir à point », sur Libération, (consulté le )
  5. 1 2 (en) Roger Robinson, « Rosie Ruiz, Infamous for Cheating 1980 Boston Marathon, Dies at 66 » Accès payant, sur runnersworld.com, Runner's World, Runner's World, (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 (en) « Rosie Ruiz, Who Faked Victory in Boston Marathon, Dies at 66 (Published 2019) », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  7. Christophe Bajot, « La triche était presque parfaite », Science et Vie junior, no 323, , p. 73-74 (ISSN 0992-5899).
  8. (en-US) Jorge Milian, « Rosie Ruiz, famous for cheating to win Boston Marathon, dies in West Palm », sur The Palm Beach Post, (consulté le )
  9. (en-US) Jenna Ouest, « Rosie Ruiz, 1980 Boston Marathon Cheat, Dies at Age 66 », sur SI, (consulté le )