Royaume de Croatie (1919)
La tentative d'établissement du royaume de Croatie en 1919 est une tentative de coup d’État ratée visant à établir un royaume indépendant en Croatie après la chute des Habsbourg-Lorraine. L'empire austro-hongrois ayant disparu avec la fin de la Première Guerre mondiale, un groupe de nationalistes croates fidèles à l’ancienne dynastie choisissent de nommer l’archiduc Léopold-Salvator comme roi pour leur nouveau royaume, lequel ne verra jamais le jour. En effet, la tentative d'instaurer une monarchie indépendante échoue et les conspirateurs sont finalement arrêtés[1].

À l'instar d'autres entités théoriques ou éphémères de l'histoire européenne — comme le royaume de Finlande (1742) —, cette structure n'a jamais accédé à une souveraineté de fait ni à une reconnaissance internationale. La conspiration reposait notamment sur le refus des nationalistes croates de voir leur patrie intégrée au royaume des Serbes, Croates et Slovènes[2].
Contexte historique
modifierEn octobre 1918, la dissolution du royaume de Croatie-Slavonie et la proclamation de l'État des Slovènes, Croates et Serbes laissent les provinces croates dans une vive instabilité politique et militaire.
Ancien inspecteur général de l'artillerie impériale, l'archiduc Léopold-Salvator de Habsbourg-Toscane possède une importante popularité en Croatie[3],[4],[5], notamment pour y avoir vécu durant 6 ans (de 1894 à 1900), mais également pour son positionnement perçu comme anti-magyar sous le régime austro-hongrois[2],[6].
Tentative d'instaurer une monarchie croate indépendante
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Au cours de l'année 1919, les réseaux nationalistes favorables aux Habsbourg-Lorraine formalisent leur projet en projetant un coup d’État visant à l’indépendance de la Croatie, avant de confier sa couronne à l’archiduc Léopold Salvator, considéré comme « ce favori croate au teint sombre et jaunâtre » par la jeunesse de Zagreb, selon Bruno Brehm[5]. Le projet initial visait uniquement la Croatie, mais le complot avait également pour objet de former une union personnelle entre la Croatie et la Hongrie[1].
Le mouvement tente de s'appuyer sur les structures militaires favorables aux Habsbourg-Lorraine[1]. Toutefois, la situation politique et militaire rend rapidement caduque l'idée d'indépendance croate, et l’arrestation par la police yougoslave des comploteurs le [1] l’enterre définitivement.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 (en) « Latest Habsburg plot », The Daily Telegraph,
- 1 2 (en) John Prcela et Stanko Guldescu, Operation Slaughterhouse: Eyewitness Accounts of Postwar Massacres in Yugoslavia, Dorrance, , 557 p. (ISBN 978-0-8059-1406-1, lire en ligne), p. 16
- ↑ (hr) « ZDUR - Digitalni repozitorij Znanstvene knjižnice Dubrovačkih knjižnica », sur zdur.dkd.hr (consulté le )
- ↑ (hr) « ZDUR - Digitalni repozitorij Znanstvene knjižnice Dubrovačkih knjižnica », sur zdur.dkd.hr (consulté le )
- 1 2 (en) Internet Archive, They call it patriotism, , 391 p. (lire en ligne), p. 123
- ↑ (en) Mark Cornwall, Sarajevo 1914: Sparking the First World War, Bloomsbury Publishing, , 320 p. (ISBN 978-1-350-09318-8, lire en ligne), p. 61
Bibliographie
modifier- Edi Miloš, « Les Croates dans la Première Guerre mondiale. Une nation à la croisée des chemins », Les cahiers Irice, vol. 1, no 13, , p. 119-128 (DOI 10.3917/lci.013.0119, lire en ligne)
- (en) John Prcela et Stanko Guldescu, Operation Slaughterhouse, Dorrance Publishing Company, , 557 p. (ISBN 978-0-8059-3737-4, lire en ligne)
- (en) Bruno Brehm, They call it patriotism, Little Brown, , 373 p. (ISBN 9781604337099, lire en ligne)