Royer (photographie)
Royer est la marque commerciale de la S.I.T.O. (Société Industrielle de Technique Optique), fabrique d'obturateurs et d’appareils photographiques créée par René Royer en 1947 à Montreuil puis établie à Fontenay-sous-Bois de 1949 à sa fermeture en 1965[1]. Elle ouvrira une seconde usine à Annemasse en 1955[2].
| Royer (S.I.T.O.) | |
| Création | 1947 |
|---|---|
| Fondateurs | René Royer |
| Siège social | Fontenay-sous-Bois |
| Activité | Matériel photographique |
| Produits | Appareils photographiques |
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Histoire
modifierLa marque Royer apparaît au salon de la photo de 1948 sous la forme d'un 6 × 9 à soufflet. Comme pour les Pontiac, boîtier, dos et abattant sont en fonte d'aluminium mais ils sont recouverts de gainage traditionnel[1]. La marque évoluera dans sa production pour suivre la mode photographique. Aux 6 × 9 à soufflet succéderont des 6 × 6 reflex à deux objectifs et des 24 × 36 à visée traditionnelle puis reflex. Ayant fait le « mauvais » choix du reflex à obturateur central et objectif non interchangeable, le succès n'est pas au rendez-vous[1]. La société disparaît en 1965, en partie à la suite de cet échec[3] dans un contexte devenu très concurrentiel.
L’usine de Fontenay-sous-Bois se trouvait 12 rue de l’Avenir avec des annexes aux numéros 9, 13, 13bis et 24 de la même rue[4]. Elle employait une cinquantaine de personnes[4], une main d’œuvre principalement féminine[5]. L’adresse de l’usine d’Annemasse est moins sûre. On sait qu’elle jouxtait la fabrique de pièces d’horlogerie Frésard (assortiments à ancres) dont l’adresse était 47, route des Vallées[6]. Elle relevait d’une société dénommée C.I.C.A. créée conjointement par René Royer et René Frésard, tous deux anciens élèves de l’école des Arts et Métiers[7]. Un internaute en localise les vestiges entre l’actuelle rue des Glières, au n° 26, et le chemin de Cottet, au n° 15[7].
Production
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La S.I.T.O. a commencé par produire des obturateurs centraux pour d’autres marques, dont Kodak[4].
Le Royer, sans autre désignation est présenté en 1948 au salon de la photo de Paris. C'est un bi-format 6 × 9 et 6 × 4,5 pliant à soufflet très bien fabriqué avec une base en fonte d'aluminium, un gainage noir et un obturateur Royer du 1/10 au 1/200 s sur les premiers modèles puis de la seconde au 1/250 ou 1/300 s, un mécanisme de sécurité contre les doubles expositions, une prise de synchronisation flash et, en option, un retardateur de déclenchement. Les premiers modèles devant être distribués par Photorex à St-Étienne portent un marquage "Rex" embossé dans le gainage[1]. Certains exemplaires ont été vendus par Manufrance, autre entreprise stéphanoise, sous la marque Luminor[8]. En 1950 la gamme se complète du Téléroy dont le préfixe signale la présence d'un télémètre couplé de conception nouvelle breveté par Royer[9],[10],[11].
Sur le même boîtier, Royer sort en 1952 l'Altessa sur lequel le soufflet est remplacé par un tube coulissant amovible à baïonnette portant le bloc objectif-obturateur et pouvant être remplacé par un autre tube portant un bloc objectif-obturateur de focale différente (il existe un 75 mm et un 190 mm en plus du 105 mm standard). Il est également bi-format 6 × 9 et 6 × 6[1].
La conjugaison de la désaffection du public pour les 6 × 9 et de la faillite de Photorex pousse Royer à saisir l'opportunité de racheter en 1952 le « Rex-Reflex » pour en faire le Royflex, reflex 6 × 6 à deux objectifs. Le brevet pour le changement de focale ne fait pas partie de l'accord et aucun « Royflex » ne proposera ce perfectionnement mais deux innovations rares, voire inédites en France sont introduites l’année suivante sur le « Royflex 3 » : une manivelle d’armement rapide couplé à l’avancement du film, avec compteur de vues mécanique (comme sur les Semflex dits "automatiques"), et un télémètre de type Dodin (stigmomètre) au centre du dépoli[12]. Les « Royflex » évoluent jusqu'en 1957 où, à son tour, le 6 × 6 perd du terrain face au 24 × 36[1].
En 1956 sort le premier 24 × 36 de la marque, initialement nommé Royer 35 avant de devenir le Savoy en référence à son lieu de fabrication dans une nouvelle usine à Annemasse. Dans sa première version, cet appareil simple et robuste offre la particularité peu pratique de ne pas avoir de dos ouvrant : le remplacement de la pellicule se fait en déposant la platine avant ce qui complique sérieusement l'opération[1]. La platine porte objectif était conçue comme pouvant être utilisée sur un agrandisseur ou un projecteur de diapositives restés à l'état de projets[9]. Une version plus commode prendra rapidement la relève avec un dos ouvrant en plus de la platine amovible et les « Savoy 2 » (au viseur plus grand) et « Savoy 3 » (au viseur collimaté) n’auront bientôt plus que le dos ouvrant[1]. Une autre particularité de ces appareils, déjà présente sur les modèles 6 × 9, est d'avoir le déclencheur à gauche.
Le reflex mono objectif 24 × 36 gagnant sans cesse des parts de marché, Royer entre dans la course en 1958 avec le Savoyflex. S'il est l’un des tout premiers reflex à proposer le retour immédiat du miroir après le déclenchement[2] ainsi que, sur le Savoyflex 3, une option automatique asservissant la présélection du diaphragme à l'indication du posemètre et à la bague des vitesses[4], c'est, hélas, un reflex à obturateur central, formule au fonctionnement complexe interdisant de surcroît l'interchangeabilité facile des objectifs[1].
La société a aussi fabriqué ou commercialisé sous sa marque des accessoires tels que filtres, bonnettes et pare-soleils, flash magnésique, poignée porte-accessoires.
De 1948 à 1955, elle aurait produit environ 200.000 obturateurs et 70.000 appareils[4]. Le chiffre de 200.000 appareils aurait été dépassé vers 1960[4].
Collection
modifierLes seuls appareils de la marque un peu rares sont les pliants « Royer » avec le marquage « Rex » et le « Savoy I » sans dos ouvrant. Globalement, ces appareils sont moins courants que leurs concurrents Kinax pour les 6 × 9, Semflex pour les 6 × 6 à deux objectifs, Focasport pour les 24 × 36 d'amateurs et Focaflex pour les reflex mono-objectifs[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Bernard Vial, Histoire des appareils français: période 1940-1960, Paris, Maeght, , 154 p. (ISBN 978-2-86941-156-2), p. 127-134
- 1 2 Gérard Langlois, « ROYER-SITO », sur glangl1.free.fr (consulté le )
- ↑ Les sources sont muettes sur le sujet et l'acronyme très courant ne facilite pas les recherches.
- 1 2 3 4 5 6 PONT, Patrice-Hervé. Maxifiche 24x36 Royer. In : Les Fondamentaux du club Niépce-Lumière n° 15, décembre 2005.
- ↑ « Droits des femmes », sur fontenay-sous-bois.fr (consulté le ).
- ↑ http://patrimoine.franche-comte.fr/connaitre-le-patrimoine/les-ressources-documentaires/acces-aux-dossiers-dinventaire/etude/a22bb0b7-1378-4646-99dd-ef6c48a559a1.html.
- 1 2 Article de la revue Le Photographe du 5 juin 1959 et discussion sur « Forum photo argentique », sur 35mm-compact.com (consulté le ).
- ↑ Royer 6x9 vendu par Manufrance sur www.collection-appareils.fr.
- 1 2 (en) James et Joan McKeown, McKeown's price guide to antique and classic cameras, Grantsburg, Wisconsin, USA, James et Joan McKeown, , 1248 p. (ISBN 0931838401), p. 864-865
- ↑ Mike Eckman, description et test d’un Téléroy : https://www.mikeeckman.com/2021/02/royer-teleroy-1950/
- ↑ Article de René Royer expliquant le principe de ce télémètre dans un numéro de Photo-Ciné-Revue de 1950 reproduit sur le site www.collection-appareils.fr.
- ↑ Présentation du Royflex 3 sur le site collection-appareils.fr.
Bibliographie
modifier- (en) James et Joan McKeown, McKeown's price guide to antique and classic cameras, Grantsburg, Wisconsin, USA, James et Joan McKeown, , 1248 p. (ISBN 0931838401)
- Bernard Vial, Histoire des appareils français: période 1940-1960, Paris, Maeght, , 154 p. (ISBN 978-2-86941-156-2)
- PONT, Patrice-Hervé. Maxifiche 24x36 Royer. In : Les Fondamentaux du club Niépce-Lumière n° 15, .
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Appareils Royer », sur collection-appareils.fr
- « René Royer », sur cameras-obscuras.blogspot.com