Rudy de Mérode

espion français

Rudy de Mérode, de son vrai nom Frédéric Martin, est un espion français à la solde des Allemands, né le à Silly-sur-Nied (Lorraine annexée) et mort à une date inconnue après 1970, probablement en Espagne.

Rudy de Mérode
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
(?)Voir et modifier les données sur Wikidata
Espagne (?)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Frédéric Hubert Rodolphe Martin
Pseudonymes
Rudy de Mérode, Rudy von Mérode, Rudy von MontaigneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Conflit
Condamnation

Il est aussi connu sous les pseudonymes de Rudi von Mérode et Rudi von Montaigne.

Biographie

modifier

Les débuts

modifier

Originaires du Luxembourg, les membres de la famille de Frédéric Martin immigrent en France et sont naturalisés dans les années 1920.

Après des études d'ingénieur à Strasbourg puis en Allemagne, il est recruté par l'Abwehr en 1928. En 1934, entrepreneur de travaux publics à Metz, il participe aux travaux de la ligne Maginot et, ayant accès à des plans, il les communique aux services allemands. Il est démasqué en 1935 et condamné un an plus tard pour espionnage à 10 ans de détention qu'il purge à la prison de Clairvaux et à 20 ans d'interdiction de séjour.

Pendant la débâcle de , des centaines de milliers de personnes fuient sur les routes de France. Le à Bar-sur-Aube, un cortège de prisonniers est évacué de la centrale de Clairvaux. Parmi eux, des espions condamnés  dont Rudy de Mérode  en profitent pour s'évader et demander l'aide des Allemands.

Retour à Paris

modifier

En , Rudy de Mérode est de retour à Paris et s'installe à l'hôtel Lutetia, siège du renseignement militaire allemand. Il est affecté à un bureau d'achat, au 18, rue Pétrarque, servant de couverture à l'espionnage de l'Abwehr. Il s'associe avec un autre agent du SD, le Hollandais Gédéon van Houten, dit le baron d'Humières.

Au commencement, il fait du renseignement avec une équipe composée de trente personnes sous ses ordres, auxquelles il donne des cours d'espionnage. La plupart d'entre elles étant des repris de justice, il les utilise pour repérer la marchandise ou des immeubles. Son équipe réquisitionne beaucoup d'appartements et d'hôtels particuliers, en se présentant comme des policiers français ou le plus souvent comme des policiers allemands. Sa spécialité est le transport de fonds, les sommes accumulées provenant des différents trafics, mais aussi de la recherche d'or sous toutes ses formes, bijoux, pièces ou lingots.

En 1941, van Houten et Mérode s'installent au 70, boulevard Maurice-Barrès à Neuilly-sur-Seine, mais ils se séparent pour désaccord en . Avec l'aide du DSK (Devisenschutzkommando, en français « Détachement pour la protection des devises »), organisme d'enquêtes douanières rattaché à la Gestapo, ils ouvrent les coffres privés dans les banques. L'argent et l'or sont rachetés à vil prix aux propriétaires et, en cas de refus, ceux-ci sont arrêtés. Si le propriétaire est juif, ses valeurs sont confisquées et il est remis à la Gestapo pour être incarcéré ou déporté. L'équipe de « la Gestapo de Neuilly » confisque ainsi plus de quatre tonnes d'or.

Son réseau avait accumulé d'énormes sommes d'argent et fait arrêter, puis déporter, plus de 500 personnes[réf. nécessaire].

La fuite vers l'Espagne

modifier

Au début 1944, l'Abwehr charge Rudy de Mérode de créer un bureau en Espagne par sûreté. Il s'installe d'abord à Saint-Jean-de-Luz. Au milieu de 1945, il se trouve à Saint-Sébastien, puis gagne Madrid où il se fait appeler « le prince de Mérode ».

En 1953, il habite toujours en Espagne, à une soixantaine de kilomètres au nord de Madrid, dans une briqueterie. Condamné à mort par contumace le , il n'a jamais été inquiété par la justice.

Sources

modifier

Notes et références

modifier

    Voir aussi

    modifier

    Liens externes

    modifier