Rue Tetuán
La rue Tetuán (calle Tetuán en espagnol) est une rue piétonne de Séville, en Espagne. Elle est la rue commerçante la plus importante de la ville[1] et la huitième rue la plus chère d'Espagne.
Situation et accès
modifierElle est limitée au nord par la rue Velázquez et au sud par la Place Neuve. Parallèle à la rue Sierpes (à l'est), elle est située dans le district Casco Antiguo, dans le quartier d'Alfalfa.
Loyers
modifierHistoire
modifierdu XIIIe au XVe siècle : rue Monteros, puis rue Colcheros
modifierAu XIIIe siècle, comme le mentionne un document du XVe siècle, la rue Tetuán s'appelle la rue Monteros, car y vivent les personnes chargées de servir le roi Ferdinand III lors des chasses en forêt (monteros). À partir du siècle suivant, au XVIe siècle, parmi les habitants et les personnes fréquentant le quartier, le nom populaire de rue Colcheros commence à se répandre, en raison du grand nombre de fabricants et de vendeurs de matelas (colcheros) qui vivent dans la rue et y possédent leurs corporations. Cette appellation finit, au fil des années, par s’imposer comme le nom officiel de la rue[1].
XIXe siècle : rue Conquête de Tetuán, puis rue Tetuán
modifierCe n’est qu’au XIXe siècle, plus précisément en 1869, que la rue prend le nom de rue Tetuán, en mémoire de la conquête de la ville marocaine de Tétouan par le général Leopoldo O'Donnell[Note 1]. En 1931, la rue est renommée « Conquête de Tetuán », mais ce nom n’est conservé que pendant cinq ans. En 1936, elle retrouve le nom de calle Tetuán, qu’elle porte encore aujourd’hui[1].
XXe siècle
modifierBordée de commerces de grandes enseignes, de bars et de quelques établissements bancaires, la rue Tetuán acquiert une importance particulière au XXe siècle grâce à la présence de lieux très renommés, comme le Café Gran Britz et l’ancien Café-Bar Le Sport, un café où les intellectuels sévillans de l’époque se réunissent pour des discussions littéraires et culturelles. La rue est également le berceau de la Real Academia Sevillana de Buenas Letras (es) en 1837 puis, en 1847, du Théâtre San Fernando, où sont représentés opéras, concerts et zarzuelas, et qui devient le principal théâtre de Séville[1].
Au XXe siècle, la structure de la rue ne diffère guère de celle qui apparaît sur le plan de Pablo de Olavide de 1771, bien qu'elle soit plus rectiligne et plus large qu’auparavant. En décembre 1991, durant la période précédant l’Exposition universelle de Séville de 1992, malgré l’opposition d’une partie des commerçants de la rue et les protestations relayées dans les journaux de l’époque, la circulation automobile est interdite dans la rue Tetuán ainsi que dans son prolongement, la rue Velázquez[1].
Architecture
modifierLes bâtiments de la rue sont, pour la plupart, des constructions de la première moitié du XXe siècle. On peut notamment y voir plusieurs édifices remarquables, comme la maison du numéro 1, à l’angle de la rue Rioja, connue sous le nom de maison Ocaña Carrascosa, ainsi que l’immeuble du numéro 2, également à l’angle de Rioja, réalisé en 1917 par Aníbal González. C’est précisément à cet angle, qui s’étend du numéro 2 au numéro 6, qu’est installé en rez-de-chaussée le café-bar Gran Britz[1].
Publicité Studebaker
modifierSur la façade du numéro 7 de la rue Tetuán, où était situé le café-bar Le Sport, se trouve une publicité pour la marque automobile Studebaker. Mesurant 4,5 m de long, composée d'un ensemble de carreaux de faïence, elle est créée en 1924 par Enrique Orce Mármol, un artisan céramiste et peintre. L'œuvre bénéficie de deux restaurations, en 1978 et en 2017[4].
- Édifice de la rue Tetuán 25, à l'angle de la rue Jovellanos, construite en 1911 par Juan Talavera y Heredia pour Francisco Gil Fernández
- La maison Ocaña Carrascosa, rue Tetuán 1, à l'angle de la rue Rioja, construit en 1929 par Juan Talavera y Heredia
- Publicité en faïence pour les automobiles Studebaker, réalisée en 1924 par Enrique Orce Mármol sur la façade de l'édifice de la rue Tetuán 7
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Une rue perpendiculaire à la rue Tetuán porte d'ailleurs le nom de rue O'Donnell.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 (es) Carmen P. Acal, « La peculiar historia de la calle Tetuán de Sevilla y sus cambios de nombre a lo largo de los siglos », Diario de Sevilla, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Cristina Cueto, « La calle Tetuán afianza su título como la calle comercial más cara de Sevilla », Diario de Sevilla, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Jaime Parejo, « La calle Tetúan de Sevilla asciende a la octava vía comercial más cara de España », ABC Sevilla, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Carmen P. Acal, « ¿Cuál es la historia que hay detrás del azulejo publicitario de Studebaker de la calle Tetuán? », Diario de Sevilla, (lire en ligne, consulté le )