Ruvyironza

rivière du Burundi

La Ruvyironza, ou Luvironza, est une rivière d'Afrique considérée par certains comme une des sources les plus éloignées du Nil[1],[2],[3],[4]. Elle prend sa source sur le mont Kikizi au Burundi, et est un affluent de la rivière Rurubu qui se jette ensuite dans la rivière Kagera en Tanzanie[5] puis de là dans le lac Victoria.

Ruvyironza
Luvironza
Illustration
Caractéristiques
Longueur 182,4 km
Bassin 2 023,7 km2
Bassin collecteur Nil
Débit moyen (confluence)
Cours
Source mont Kikizi
· Localisation province de Bururi
· Altitude 2 145 m
· Coordonnées 3° 54′ 47″ S, 29° 50′ 23″ E
Confluence Ruvubu
· Localisation province de Gitega
· Altitude 1 417 m
· Coordonnées 3° 20′ 38″ S, 29° 59′ 33″ E
Géographie
Pays traversés Drapeau du Burundi Burundi

D'une longueur de 110 km, une centrale hydroélectrique se trouve sur son cours[6],[7].

Géographie

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La Ruvyironza prend naissance dans l'est de la province de Bururi, à l'ouest du mont Kikizi, culminant à 2 145 m[8]. Elle se forme près de Kiryama et du carrefour entre les routes RIG6 et RP83, où se rejoignent ses affluents Nyabuyugi et Kibazwa[9].

Elle coule vers le nord-ouest jusqu'à la limite avec la province de Gitega. Elle suit ensuite une partie de la limite entre les provinces de Bururi et de Gitega, traverse la province de Gitega jusqu'à la limite avec la province de Mwaro, puis longe la limite entre Mwaro et Gitega vers le nord. Elle s'oriente ensuite vers l'est, traverse à nouveau la province de Gitega et rejoint la Ruvubu[8].

La majeure partie des cours d'eau de la partie burundaise du bassin du Nil s'écoule vers la Ruvubu ou vers son principal affluent, la Ruvyironza[10].

Selon les données hydro-environnementales mondiales publiées en 2019, la Ruvyironza mesure 182,4 km et son bassin versant couvre 2 023,7 km2[11]. Son débit moyen à la confluence est estimé à 21,946 m3/s, avec un minimum de 4,579 m3/s et un maximum de 45,116 m3/s[11].

Le bassin compte environ 792 296 habitants en 2016 selon les données GPWv4 du CIESIN[12].

Source du Nil

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La Luvironza est parfois présentée comme la source du Nil au sens où elle appartient au bassin du Nil et où la distance fluviale entre sa source et l'embouchure du Nil est évaluée à 6 671 km, distance supérieure à celle mesurée depuis d'autres têtes de bassin[13]. Elle alimente la Ruvubu, elle-même affluent de la Kagera, qui rejoint le lac Victoria. À partir de ce lac, le système fluvial porte successivement les noms de Nil Victoria, Nil Albert, Bahr el-Ghebel, Nil Blanc, puis Nil au nord de Khartoum[14],[13].

Cette définition n'est pas unique : le Nil Bleu contribue une part beaucoup plus importante du débit du Nil que le Nil Blanc. Une approche consistant à remonter le cours du Nil depuis son embouchure en suivant les branches au plus fort débit conduit à situer une source en Éthiopie[15].

Environnement

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Les environs du cours supérieur de la Ruvyironza sont principalement occupés par la savane[16]. La zone est relativement densément peuplée, avec environ 239 habitants/km2 en 2016[17].

La température annuelle moyenne du secteur est d'environ 20 °C. Le mois le plus chaud est septembre, avec une moyenne de 23 °C, tandis que le mois le plus froid est avril, avec une moyenne de 18 °C[18]. Les précipitations annuelles moyennes atteignent environ 1 137 mm. Le mois le plus humide est décembre, avec une moyenne de 199 mm de précipitations, tandis que le mois le plus sec est juillet, avec environ 1 mm[19].

À Nyabiraba, au centre de la province de Gitega, la Ruvyironza possède un bassin versant de 728 km2, avec un débit moyen d'environ 10 m3/s. Les précipitations annuelles y atteignent 1 209 mm et la température moyenne est de 17,8 °C[20].

Les règles relatives aux zones hydrauliques publiques sont peu respectées dans les bassins versants de la Ruvubu, en particulier le long de la Ruvyironza. Cette situation favorise des glissements de terrain fréquents sur des berges non protégées[21].

Marais et activités

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Le bassin de la Ruvyironza comprend 8 425 ha de marais, dont 7 310 ha, soit environ 87 %, sont exploités pour l'agriculture à la fin des années 1990[22].

La Ruvyironza longe la limite orientale de la commune de Gishubi, en province de Gitega, qu'elle sépare de la commune de Makebuko. La Kanyangwa traverse Gishubi et rejoint la Ruvyironza en rive gauche. Les marais de ces deux rivières sont exploités toute l'année pour l'agriculture. Les sols y sont décrits comme peu fertiles, ce qui conduit les cultivateurs à utiliser des engrais[23].

En décembre 2015, des pluies torrentielles dans la commune de Mutaho, en province de Gitega, dévastent des champs dans les marais de la Ruvubu et de la Ruvyironza. Des cultures de haricots, de maïs et de patates douces déjà semées sont perdues[24]. En avril 2024, des inondations importantes dans la vallée de la Ruvyironza détruisent plusieurs hectares de cultures dans la commune de Nyabihanga, en province de Mwaro. Le pont reliant la commune de Nyabihanga à la commune de Gitega est alors menacé d'effondrement[25].

La centrale hydroélectrique de Ruvyironza se situe dans la province de Gitega, au nord-est de la ville de Gitega, en face de la province de Karuzi, de l'autre côté de la Ruvubu. Elle est alimentée par un canal partant vers le sud depuis un barrage situé sur la Ruvyironza, près de sa confluence avec la Ruvubu, et rejette ses eaux dans la Ruvubu[26].

La centrale de Ruvyironza, propriété de la REGIDESO Burundi, est mise en service en 1980 ou 1984 selon les sources[27]. Elle comprend trois turbines de 425 kW, pour une puissance de 1 275 kW lorsque les trois groupes fonctionnent, ou de 850 kW lorsque deux groupes seulement sont opérationnels[28].

En 2012, un rapport du ministère de l'Énergie et des Mines indique que les aménagements potentiels sur la Ruvyironza, désignés Luvi 047, Luvi 039 et Luvi 012, pourraient atteindre une puissance totale de 21,2 MW[29].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ruvyironza River » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ « Nile Africa | Africa Nile | Nile Valley | Mystery Nile | Nile White | Egypt Nile | Ancient Capital Nile », sur web.archive.org, (consulté le )
  2. ↑ « Encarta online encyclopedia » [archive du ] (consulté le )
  3. ↑ « Les sources du Nil | LE PORTAIL DES POISSONS DE L'AFRIQUE », sur www.poissons-afrique.ird.fr (consulté le )
  4. ↑ « Ensemble pour la protection du fleuve Nil – IWACU », sur www.iwacu-burundi.org (consulté le )
  5. ↑ NILE
  6. ↑ « Aménagement hydroélectrique de Ruvyironza au Burundi », sur www.pietrangeli.com (consulté le )
  7. ↑ Isanganiro, « La Centrale Hydroélectrique de Ruvyironza endommagée », sur Radio Isanganiro, (consulté le )
  8. 1 2 (en) « Relation: Ruvyironza (5392957) », sur OpenStreetMap, (consulté le )
  9. ↑ (en) U.S. Defense Mapping Agency, « Bururi » [PDF], University of Texas at Austin, (consulté le )
  10. ↑ Document d'orientation stratégique d'aménagement des bassins versants et de lutte antiérosive, Gitega, Ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage, (lire en ligne [PDF]), p. 11
  11. 1 2 (en) Simon Linke, Bernhard Lehner, Camille Ouellet Dallaire, Joseph Ariwi, Günther Grill, Mira Anand, Penny Beames, Vicente Burchard-Levine, Sally Maxwell, Hana Moidu, Florence Tan et Michele Thieme, « Global hydro-environmental sub-basin and river reach characteristics at high spatial resolution », Scientific Data, vol. 6, no 1,‎ (PMID 31819059, PMCID 6901482, DOI 10.1038/s41597-019-0300-6, lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ (en) Center For International Earth Science Information Network-CIESIN-Columbia University, « Gridded Population of the World, Version 4 (GPWv4): Population Count », NASA Socioeconomic Data and Applications Center, (DOI 10.7927/H4X63JVC, consulté le )
  13. 1 2 (en) « River Nile » [archive du ], Geocities (consulté le )
  14. ↑ (en) « Nile » [archive du ], sur Encarta Online Encyclopedia (consulté le )
  15. ↑ (en) Jacobus Vijverberg, Ferdinand A. Sibbing et Eshete Dejen, « Lake Tana: Source of the Blue Nile », dans The Nile, vol. 89, Dordrecht, Springer, coll. « Monographiae Biologicae », , 163-192 p. (ISBN 978-1-4020-9726-3, DOI 10.1007/978-1-4020-9726-3_9)
  16. ↑ (en) « NASA Earth Observations: Land Cover Classification » [archive du ], sur NASA Earth Observations, NASA/MODIS (consulté le )
  17. ↑ (en) « NASA Earth Observations: Population Density » [archive du ], sur NASA Earth Observations, NASA/SEDAC (consulté le )
  18. ↑ (en) « NASA Earth Observations Data Set Index » [archive du ], sur NASA Earth Observations, NASA (consulté le )
  19. ↑ (en) « NASA Earth Observations: Rainfall (1 month - TRMM) » [archive du ], sur NASA Earth Observations, NASA/Tropical Rainfall Monitoring Mission (consulté le )
  20. ↑ Gérard Ntungumburanye et Astère Nindamutsa, Étude de vulnérabilité et d'adaptation aux changements climatiques, Ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage, (lire en ligne [PDF]), p. 34
  21. ↑ Document d'orientation stratégique d'aménagement des bassins versants et de lutte antiérosive, Gitega, Ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage, (lire en ligne [PDF]), p. 42
  22. ↑ Schéma directeur d'aménagement et de mise en valeur des marais, Bujumbura, Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, (lire en ligne [PDF]), p. 20
  23. ↑ « Présentation de la commune Gishubi », sur Province de Gitega (consulté le )
  24. ↑ « Des champs dévastés par les pluies torrentielles à Mutaho », Isanganiro,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. ↑ Rénovat Ndabashinze, « Nyabihanga : une partie des riverains de la Ruvyironza dans la désolation totale », Iwacu,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. ↑ (en) « Centrale hydroélectrique Rushanga », sur OpenStreetMap (consulté le )
  27. ↑ (en) René Nsabimana, Quality of service and access to electricity in Burundi and East Africa, a comparison of sector performance, Université de Liège, (lire en ligne [PDF]), p. 40
  28. ↑ (en) « Ruvyironza », sur Energypedia (consulté le )
  29. ↑ (en) « Investment opportunities in renewable energy Burundi » [PDF], Ministry of Energy and Mines, (consulté le ), p. 37

Voir aussi

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