Répétition maximale
La répétition maximale, généralement notée 1 RM ou 1RM (de l’anglais one-repetition maximum), désigne, en musculation, la charge maximale qu’une personne peut déplacer au cours d’une seule répétition d’un exercice donné. Elle constitue une mesure de la force dynamique maximale dans les conditions de réalisation de cet exercice[1].
La répétition maximale peut être mesurée directement, par des essais avec des charges progressivement plus élevées, ou estimée à partir du nombre maximal de répétitions réalisées avec une charge inférieure[1].
Utilisation
modifierLa 1 RM sert à évaluer une performance et à exprimer la charge d’entraînement sous la forme d’un pourcentage du maximum individuel. Par exemple, une charge de 60 kg représente 75 % d’une 1 RM de 80 kg.
La notation peut être étendue à plusieurs répétitions : une charge de 5 RM correspond à la charge maximale permettant de réaliser cinq répétitions successives. Le rapport entre cette charge et la 1 RM dépend notamment de l’exercice et des caractéristiques individuelles. Il ne correspond donc pas à un pourcentage identique pour tous les pratiquants[1],[2].
Mesure directe
modifierLa mesure directe consiste à rechercher la charge la plus élevée avec laquelle une répétition complète peut être réalisée. Des essais successifs sont effectués avec des charges croissantes, en ménageant des périodes de récupération entre les tentatives.
Le résultat dépend des conditions du test, notamment de la technique et de l’amplitude retenues. La valeur mesurée concerne ainsi un mouvement déterminé, par exemple le développé couché ou la presse à cuisses, plutôt qu’une capacité générale applicable à tous les exercices[1].
Estimation indirecte
modifierL’estimation indirecte repose sur une série effectuée avec une charge sous-maximale jusqu’à ce qu’une répétition supplémentaire ne puisse plus être réalisée dans les conditions du test. Une équation utilise alors la charge déplacée et le nombre de répétitions accomplies pour estimer la 1 RM[3].
Formules
modifierPlusieurs équations permettent d’estimer la répétition maximale à partir d’une charge sous-maximale et du nombre de répétitions réalisées jusqu’à l’échec. Elles proposent des relations mathématiques différentes entre ces deux variables et peuvent donc produire des estimations distinctes pour une même performance[4].
Dans les expressions suivantes :
- désigne la charge utilisée ;
- désigne le nombre maximal de répétitions complètes réalisées avec cette charge ;
- désigne la charge maximale estimée ;
- désigne la base de la fonction exponentielle.
Pour ces formules, la charge estimée est exprimée dans la même unité que . Le nombre de répétitions correspond à une performance maximale avec la charge considérée, et non simplement au nombre de répétitions prévu dans une série d’entraînement[4].
Principales équations
modifier| Formule | Expression |
|---|---|
| Epley | , pour |
| Brzycki | |
| Lander | |
| Lombardi | |
| Mayhew et collaborateurs | |
| O’Connor et collaborateurs |
Ces équations figurent parmi celles étudiées par Reynolds et ses collaborateurs. Leur présence dans ce tableau ne signifie pas qu’elles possèdent la même précision ni qu’elles sont interchangeables pour tous les exercices[4].
Formules d’Epley et de Brzycki
modifierLa formule d’Epley applique à la charge un coefficient qui augmente linéairement avec le nombre de répétitions :
La formule de Brzycki utilise une relation différente :
Elle peut également s’écrire, après arrondissement des coefficients :
Cette dernière écriture est approchée, les coefficients décimaux étant arrondis[5].
Avec les expressions retenues ci-dessus, Epley et Brzycki donnent le même résultat pour dix répétitions :
Pour un nombre de répétitions compris entre deux et neuf, la formule d’Epley donne une estimation supérieure à celle de Brzycki. Cette différence mathématique ne permet pas, à elle seule, de déterminer laquelle est la plus proche de la performance réelle.
Exemple comparatif
modifierPour une charge de 60 kg soulevée au maximum six fois, les estimations suivantes sont obtenues, arrondies au dixième de kilogramme :
| Formule | Charge maximale estimée |
|---|---|
| Epley | 72,0 kg |
| Brzycki | 69,7 kg |
| Lander | 70,4 kg |
| Lombardi | 71,8 kg |
| Mayhew et collaborateurs | 72,9 kg |
| O’Connor et collaborateurs | 69,0 kg |
Par exemple, le calcul avec la formule d’Epley est :
Avec celle de Brzycki, il est :
L’écart entre les résultats illustre leur dépendance au modèle choisi. Les valeurs du tableau ne constituent ni des performances directement mesurées ni les bornes d’un intervalle de confiance.
Domaine d’application
modifierLa possibilité de calculer un résultat ne garantit pas la validité de l’estimation. Les équations doivent être utilisées dans les conditions et les plages de répétitions pour lesquelles leur précision a été évaluée. Dans l’étude de Reynolds et ses collaborateurs, les estimations fondées sur cinq répétitions maximales étaient plus précises que celles fondées sur dix répétitions ; les résultats variaient également selon l’exercice[4].
Certaines expressions présentent en outre des limites mathématiques évidentes lorsqu’elles sont extrapolées. Ainsi, le dénominateur de la formule de Brzycki devient nul pour 37 répétitions, puis négatif au-delà. Cela ne définit pas son domaine de validité physiologique : cette formule ne doit pas être interprétée comme applicable à toute série de moins de 37 répétitions.
Précision et limites
modifierLa précision varie selon l’équation, l’exercice, le nombre de répétitions et la population étudiée. Dans une étude portant sur le développé couché et la presse à cuisses, les tests à cinq répétitions maximales ont permis de mieux prédire la 1 RM que les tests à dix ou vingt répétitions. Les auteurs soulignent également l’intérêt d’équations propres à chaque exercice[1].
Une étude menée chez des femmes avant et après douze semaines d’entraînement a également constaté une meilleure précision des équations lorsque les séries comportaient moins de dix répétitions. Elle montre que l’entraînement peut modifier la relation entre force maximale et nombre de répétitions réalisables avec une charge relative donnée[2].
Les équations ne doivent donc pas être considérées comme des relations universelles entre charge et répétitions. Leur extrapolation à des séries très longues ou à des conditions différentes de celles dans lesquelles elles ont été évaluées peut réduire leur précision[1],[2].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « One-repetition maximum » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 (en) Jeff M. Reynolds, Toryanno J. Gordon et Robert A. Robergs, « Prediction of one repetition maximum strength from multiple repetition maximum testing and anthropometry », Journal of Strength and Conditioning Research, vol. 20, no 3, , p. 584-592 (PMID 16937972, DOI 10.1519/R-15304.1)
- 1 2 3 (en) Jerry L. Mayhew, Blair D. Johnson, Michael J. LaMonte, Dirk Lauber et Wolfgang Kemmler, « Accuracy of prediction equations for determining one repetition maximum bench press in women before and after resistance training », Journal of Strength and Conditioning Research, vol. 22, no 5, , p. 1570-1577 (PMID 18714230, DOI 10.1519/JSC.0b013e31817b02ad)
- ↑ (en) Matt Brzycki, « Strength Testing—Predicting a One-Rep Max from Reps-to-Fatigue », Journal of Physical Education, Recreation & Dance, vol. 64, no 1, , p. 88-90 (DOI 10.1080/07303084.1993.10606684)
- 1 2 3 4 (en) Jeff M. Reynolds, Toryanno J. Gordon et Robert A. Robergs, « Prediction of one repetition maximum strength from multiple repetition maximum testing and anthropometry », Journal of Strength and Conditioning Research, vol. 20, no 3, , p. 584-592 (PMID 16937972, DOI 10.1519/R-15304.1, lire en ligne)
- ↑ (en) Matt Brzycki, « Strength Testing—Predicting a One-Rep Max from Reps-to-Fatigue », Journal of Physical Education, Recreation & Dance, vol. 64, no 1, , p. 88-90 (DOI 10.1080/07303084.1993.10606684)