Le süleymanisme (Süleymancılar ou Süleymanlılar en turc) est une organisation turque qui a été fondée par Süleyman Hilmi Tunahan (Silistra, 1888 - Istanbul, 16 septembre 1959), qui se réclame de la tariqa soufie naqshbandiyya et de l'école juridique hanéfite.

Dénomination

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En turc, l'organisation porte le nom de Süleymancılar ou Süleymanlılar, qu'on peut rendre par « les adeptes de Süleyman ». Süleymancılar (singulier : Süleymancı) a une connotation neutre ou péjorative, récusée par les süleymanistes[1]. Süleymanlılar (singulier : Süleymanlı) a une connotation méliorative ; elle est préférée des süleymanistes eux-mêmes.

Pour désigner leur communauté religieuse spécifique, ils utilisent également volontiers le terme générique « djama'a » (communauté)[2].

Histoire

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À l'instar d'autres mouvements religieux du même type, le süleymanisme est né dans le contexte du laïcisme républicain turc des années 1923-1950[3]. Son fondateur, Süleyman Hilmi Tunahan (1888-1959), est un docteur de la loi (ouléma) et professeur de théologie qui a été écarté par le pouvoir républicain au moment de la formation du nouveau système éducatif[4].

Pour le sociologue Birol Çaymaz, le süleymanisme ne constitue pas une branche indépendante de la tariqa naqshbandiyya : « à la différence des ordres religieux mystiques-soufis de type traditionnel, [il] mérite plutôt d’être appelé "mouvement" socio-religieux, voire politique, ou "communauté" d’une nouvelle forme de pensée mais aussi d’action islamique. »[5]

Organisation et répartition géographique

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Le mouvement est historiquement très présent en Turquie.

Des branches ont été créées sous forme d'un réseau d'associations de droit local dans divers pays européens, notamment en Allemagne (1974[1]), en France[6] et en Belgique (1987[7]). Outre les mosquées, les noms des associations süleymanistes prennent généralement la forme « Centre culturel de... »[1].

Idéologie

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Le süleymanisme est un mouvement conservateur[8]. Il est très fermé à l'extérieur[8] et très hiérarchisé en interne. Ses membres tiennent néanmoins à afficher une image qui se veut moderne, avec souvent une absence de barbe et le port du costume moderne pour les hommes[8].

L'organisation accorde une grande importance à l'éducation des jeunes, en particulier des garçons. Elle vise à former une élite intellectuelle et professionnelle, grâce notamment à ses internats et foyers et à un encadrement renforcé des meilleurs lycéens à l'entrée à l'université[1]. À la fin de la décennie 1980 en Turquie, plus de 1 000 foyers de ce type accueillaient environ 100 000 jeunes[9].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Altan Gokalp, « L'Islam des turcs », Hommes & Migrations, vol. 1212, no 1,‎ , p. 35–52 (DOI 10.3406/homig.1998.3133, lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ Birol Çaymaz, Les mouvements islamistes turcs à Paris, Paris, Éditions L'Harmattan, (ISBN 978-274753459-8), p. 24
  3. ↑ Çaymaz 2002, p. 27.
  4. ↑ Çaymaz 2002, p. 31.
  5. ↑ Çaymaz 2002, p. 32.
  6. ↑ Çaymaz 2002.
  7. ↑ Meryem Kanmaz, « De la diaspora à l'islam transnational », Politique, revue de débats, no 36,‎ , p. 35
  8. 1 2 3 Çaymaz 2002, p. 29.
  9. ↑ Çaymaz 2002, p. 116.