SS Caribou
Le SS Caribou est un traversier à vapeur construit en 1925 aux Pays-Bas. Il coule le 14 octobre 1942 dans l'océan Atlantique, près de Port-aux-Basques, après avoir été atteint par une torpille du sous-marin Unterseeboot 69 (U-69).
| SS Caribou | |
| Type | Ferry |
|---|---|
| Chantier naval | Rotterdamsche Droogdok Maatschappij |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 84,3 m |
| Maître-bau | 12,6 m |
| Tirant d'eau | 5,3 m |
| Vitesse | 14,5 nœud |
| Port d'attache | Saint-Jean de Terre-Neuve |
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|
Histoire
modifierLe dominion de Terre-Neuve achète le SS Caribou en 1925, l'année de son lancement, pour 500 000 $[1],[2]. Construit dans un chantier des Pays-Bas, il est conçu pour transporter des passagers et des trains à une vitesse de 15 nœuds. Il est affecté au trajet sur le détroit de Cabot, entre Port-aux-Basques et North Sydney, en Nouvelle-Écosse[1].
Naufrage
modifierLe 13 octobre 1942, vers 20h00, le Caribou prend le large à partir du terminal de North Sydney, escorté par le NCSM Grandmère[3]. Le trajet planifié, d'une distance de 178 kilomètres, doit prendre environ huit heures[1]. Le convoi est vulnérable. La fumée produite par le Caribou le rend visible à 2 500 verges, ce qui inquiète les membres d'équipage des deux navires[4]. Le commandant du Grandmère est également insatisfait par la doctrine de lutte anti-sous-marine, qui prévoit que son navire se trouve derrière le Caribou[1],[5]. À ses yeux, il serait plus logique que son bâtiment se trouve devant le Caribou, notamment pour faciliter la détection sonore d'un sous-marin, en limitant l'interférence provenant du navire escorté[5].
Au sud-ouest de Port-aux-Basques, le U-69 se trouve en surface, et des membres de son équipage assurent une surveillance constante de son environnement[6]. C'est à cette occasion que le Grandmère et le Caribou sont aperçus au loin par le sous-marin, le 13 octobre, peu avant minuit[1].
Le 14 octobre 1942, vers 3h21, le commandant du U-69 donne l'ordre de faire feu côté tribord du Caribou, qui se trouve à environ 650 à 700 mètres. La torpille touche sa cible environ 43 secondes plus tard[1],[7]. L'impact est violent, créant une longue colonne d'eau au-dessus de la surface, accompagnée d'un fracas retentissant[8]. Les dommages touchent notamment les chaudières et plusieurs canots de secours sont également détruits[1]. L'épave sombre en 4 à 5 minutes[1],[9].
Sauvetage
modifierAprès l'impact, le Grandmère se lance à la poursuite du U-69, pendant que les survivants du Caribou tentent de s'agripper aux objets flottants[1]. C'est à 5h20 que le Grandmère renonce à la chasse et lance l'opération de sauvetage en faisant demi-tour vers la zone du naufrage[1],[10]. L'Aviation royale canadienne alerte un appareil Canso de North Sydney afin de participer à l'opération de sauvetage[11].
À 9h20, le Grandmère a récupéré 103 survivants du Caribou, et il se dirige maintenant vers Sydney[12].
Ce sont 31 membres d'équipage et 136 passagers qui meurent suite au naufrage du Caribou[1], dont 51 enfants[13]. Parmi les survivants se trouve Margaret Brooke, une infirmière militaire qui sera faite plus tard membre de l'Ordre de l'Empire britannique « pour son courage et sa bravoure » après le naufrage[1],[14].
Épave
modifierL'épave du Caribou se trouve à environ 38 kilomètres au sud-ouest du Newfoundland, dans le détroit de Cabot, et repose à une profondeur de 450 mètres[15]. Celle-ci n'a jamais été localisée précisément[15], mais, lors du tir, les membres d'équipage du Grandmère notent la position 47°19′ N, 59°28′ O dans leur livre de bord[8].
Postérité
modifierUn mémorial est érigé le 6 juillet 1986 au Memorial Park, à Port-aux-Basques, en mémoire des 137 personnes tuées dans le naufrage[16].
Le 12 mai 1986, Marine Atlantique met en service le traversier MV Caribou, nommé en commémoration de son prédécesseur qui coule le 14 octobre 1942[17]. Il est également affecté au même trajet que ce dernier pendant plusieurs décennies[18].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 John Boileau, « Naufrage du SS Caribou »
, sur L'Encyclopédie canadienne, (consulté le ) - ↑ How 1988, p. 31.
- ↑ How 1988, p. 44.
- ↑ How 1988, p. 46.
- 1 2 How 1988, p. 47.
- ↑ How 1988, p. 48.
- ↑ How 1988, p. 62.
- 1 2 How 1988, p. 63.
- ↑ How 1988, p. 76.
- ↑ How 1988, p. 95-97.
- ↑ How 1988, p. 98.
- ↑ How 1988, p. 107 et 109.
- ↑ How 1988, p. 109.
- ↑ John Boileau, « Margaret Brooke »
, sur L'Encyclopédie canadienne, (consulté le ) - 1 2 (en-US) « Protecting the shipwreck of S.S. "Caribou" », sur The Tragic Sinking of S.S. “Caribou” (consulté le )
- ↑ « Mémorial de SS Caribou »
, sur Anciens Combattants Canada (consulté le ) - ↑ (en) « Super ferry MV Caribou to make her final run »
, sur Cape Breton Post, (consulté le ) - ↑ (en-US) « Marine Atlantic ferry M.V. "Caribou" », sur The Tragic Sinking of S.S. “Caribou” (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Douglas How, Night of the Caribou, Lancelot Press (en), , 153 p. (ISBN 0889994102)