Sabri Geries

écrivain arabe israélien

Sabri Geries (aussi parfois transcrit Ṣābri Jiryis, Sabri Jaris, Sabri Jiryis ou Sabri Jirais ; en arabe صبري جريس ; en hébreu moderne סברי ג'ריס), né en 1938 à Fassouta (Palestine), est un historien, juriste et militant palestinien. En 1966, la première édition de son livre Les Arabes en Israël, 1948-1966 est publiée en hébreu moderne.

Sabri Geries (Sabri Jiryis)
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Biographie
Naissance
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Fassuta (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
palestinienne (depuis le )
israélienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Avocat, écrivain, défenseur, juristeVoir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Jeunesse

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Sabri Geries est né en 1938 dans la ville chrétienne de Fassouta, en Palestine mandataire. Son père, Elias, est un éleveu aisé. Le village tombe aux mains israéliennes en . C’est un des rares villages épargnés du secteur, et Sabri Geries grandit en voyant les villages voisins abandonnés et détruits : Al-Bassa, Al-Kabri, Al-Mansura, Tarbikha, Ikrit, Dayr al-Qassi, Suhmata ou Biram. L‘armée israélienne tente trois fois d‘expulser les habitants de Fassouta dans les années qui suivent 1948, et leur impose de vivre sous la loi martiale. Après l’école primaire, il est envoyé à l‘école Terrra Sancta, à Nazareth[1].

Engagement national palestinien

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Il étudie le droit à l’Université hébraïque de Jérusalem. Pendant ses années de faculté, il fonde le mouvement de résistance Al-Ard [La Terre] avec plusieurs autres étudiants dont Habib Qahwaji (en)[1]. Le congrès de fondation se tient à Nazareth en [2]. Considéré comme une menace pour la sécurité d’Israël, le mouvement est harcelé et l’autorisation de publication d’un journal leur est refusée (interdiction qu’ils contournent). Le mouvement envoie un mémorandum de 17 pages au secrétaire général des Nations Unies, plaidant pour le sort des Palestiniens. Le mouvement est alors interdit par Israël, tout comme sa transformation en parti politique pour les élections de 1965 à la Knesset. Le mouvement est alors mis hors-la-loi et ses fondateurs assignés à résidence dans des villes éloignées jusqu’à la fin des élections[1].

D’après sa thèse consacrée à la loi martiale israélienne, Sabri Geries publie Les Arabes en Israël en 1966, qui devient une référence sur la situation des Palestiniens d’Israël[1]. Il le publie en hébreu moderne pour s‘adresser à la majorité juive[3]. Il rencontre alors Hanneh à un mariage, une étudiante en économie, qu‘il épouse en 1968[1]. Il est harcelé par la police et sa femme le retrouve fréquemment au poste de police ou en prison[1] : il est incarcéré sept fois entre 1964 et 1970[3].

Sabri Jiryis est condamné à une assignation à résidence le [3] par le commandant en chef du Secteur nord, David Elazar, basé sur la loi d’urgence israélienne. Pour se conformer à cette condamnation, Sabri Jiryis devait :

  • ne pas vivre en-dehors des limites de la ville d’Haïfa,
  • ne pas changer de domicile à Haïfa sans la permission de la police,
  • ne pas quitter la ville d’Haïfa sans la permission de la police,
  • pointer à la police chaque jour à 15h45,
  • respecter un couvre-feu personnel, d’une heure avant le coucher du soleil à l’aube.

Le , il est emprisonné en détention administrative à la suite de l‘arrestation de son frère, Jiryis Jiryis [Geries Geries] pour transport d’armes entre le Liban et la Cisjordanie, récemment occupée par Israël[1]. En , Jiryis est l’un des prisonniers à l’origine d’une grève de la faim parmi les détenus administratifs. Cette grève de la faim reçoit un large soutien, dont des manifestations en Israël et dans le reste du monde[4]. Il est autorisé à quitter Israël fin 1970, et s‘installe à Beyrouth, au Liban, où il rejoint le Fatah et travaille au Centre de recherches de la Palestine, dépendant de l’organisation de libération de la Palestine (OLP). Il en devient directeur à la fin des années 1970[5]. Il est également conseiller de Yasser Arafat pour les affaires israéliennes. À cette période, il ne peut communiquer que par l‘intermédiaire d’un prêtre du village qui fait des aller-retours avec le Liban en portant le courrier[1].

Au sein de l’OLP

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En 1975, Yasser Arafat envoie Sabri Geries et Issam Sartawi à Washington pour y ouvrir un bureau de représentation de l’OLP. Ils organisent une série de meetings, invitant entre autres des membres de la communauté juive américaine à New York et à Washington. Le rabbin Max Ticktin et Arthur Waskow (en), membres de "Breira", et trois autres juifs américains étaient invités au meeting de Washington.

À la même période, les colombes israéliennes, le général Mattityahu Peled (en), Uri Avnery et Arie Eliav rencontrent pendant plusieurs mois Geries et Sartawi à Paris,[6].

En 1977, Sabri Geries écrit, en tant que membre du Conseil national palestinien : « Les Palestiniens peuvent, dans certaines circonstances, être prêts à chercher un arrangement dans la région avec Israël. Mais ils ne sont pas prêts à conclure un accord reconnaissant la légitimité du sionisme ; aucun Arabe palestinien ne pourra jamais accepter comme légitime une doctrine qui l’exclut de la plus grande partie de sa patrie parce qu’il est Arabe musulman ou Arabe chrétien, alors que n’importe qui étant de foi juive, venant de n’importe où dans le monde à le droit de s’installer ici. Le réalisme requiert la reconnaissance d’un État juif en Palestine et que ce fait doit être pris en compte pour chercher un règlement. Mais cela ne signifiera jamais approuver les tendances expansionnistes et excluantes du sionisme[7] ».

Pendant l’invasion israélienne du Liban de 1982, les archives du Centre de recherches de la Palestine sont saisies par l’armée d’occupation israélienne ; elles sont en partie restituées en novembre 1983 lors d’un échange de prisonniers[8]. En février 1983, un attentat à la bombe commandité par Israël détruit le centre, tuant plusieurs personnes dont l’épouse de Geries[9],[10]. Anticipant le risque de pillage, il rassemble une collection de documents rares et de haute valeur et des documents sensibles dans deux valises[11] qu’il transporte en sécurité hors du Liban[12].

Geries se réfugie ensuite à Nicosie, sur l‘île de Chypre, en juillet 1983. En novembre 1994, après les accords d'Oslo, il retourne en Israël, à Fassouta, son village natal[1].

Famille

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Arrestation de son frère Jiryis en 2005

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Le 12 décembre 2005, son frère Jiryis Jiryis, 57 ans et habitant le village de Fassouta, est arrêté. La nouvelle est censurée par les autorités israéliennes. L’arrestation n’est connue que le 7 janvier suivant, quand un tribunal d’Acre lève la censure à la requête du journal Haaretz[13]. Le Shin Bet et la police l’accusait d’être un agent des services de renseignement iraniens depuis un voyage à Chypre. Sabri Jiryis, agissant comme conseil de son frère, affirme que les accusations sont sans preuves. Jiryis affirme que les services de renseignement ont traqué son frère pendant neuf mois, et que dans un enregistrement d’écoute téléphonique, on l’entend rejeter la proposition de recrutement.

Fille Fida

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Il a une fille, Fida, née en 1973, et un fils, Moussa, né en 1977[1].

Sa fille Fida Jiryis publie Stranger in My Own Land [Étrangère dans mon propre pays][14].

Bibliographie

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  • Sabri Jiryis: The Arabs in Israel 1969, p. 1–32
  • Sabri Jiryis: The Arabs in Israel, 1re édition aux États-Unis en 1976 (ISBN 0-85345-377-2), préfacée par Noam Chomsky.
    • première édition en anglais : Beyrouth, Institute for Palestine Studies, 1968. Pour les traductions suédoise, allemande, française et italienne, le nom d’auteur donné est Sabri Geries
  • Sabri Jiryis, « Palestines ? », Outre-Terre, 2005/4 no 13, 2005. p. 239-244. shs.cairn.info/revue-outre-terre1-2005-4-page-239?lang=fr.
  • Sabri Jiryis: Democratic Freedoms in Israel. Beirut, 1972. (Institute for Palestine Studies, Monograph Series No. 30)
  • Sabri Jiryis: The Foundations of Zionism. translated by Fida Jiryis. Ebb Books, 614 pages. 2025.

Articles

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  • Recent Knesset Legislation and the Arabs in Israel, in Journal of Palestine Studies, 1, no. 1 (Aut. 1971): 53–67.
  • The Legal Structure for the Expropriation and Absorption of Arab Lands in Israel, in Journal of Palestine Studies, 2, no. 4 (Sum. 1973): 82–104.
  • No Peace in Israel, interview in Journal of Palestine Studies, 4, no. 4 (Sum. 1975): 26–40.
  • On Political Settlement in the Middle East: The Palestinian Dimension in Journal of Palestine Studies, 7, no. 1 (Aut. 1977): 3-25.
  • Israeli Rejectionism in Journal of Palestine Studies, 8, no. 1 (Aut. 1978): 61–84.
  • The Arab World at the Crossroads: The Opposition to Sadat, in Journal of Palestine Studies, 7, no. 2 (Win. 1978): 26–61.
  • The Arabs in Israel, 1973-79, in Journal of Palestine Studies, 8, no. 4 (Sum. 1979): 31–56.
  • Secrets of State: An Analysis of the Diaries of Moshe Sharett, in Journal of Palestine Studies, 10, no. 1 (Aut. 1980): 35–57.
  • Domination by the Law, in Journal of Palestine Studies, 11, no. 1 (Aut. 1981): 67–92.
  • Forty Years since the Seizure of Palestine, in Journal of Palestine Studies, 18, no. 1 (Aut. 1988): 83–95.

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Fida Jiryis, « A Unique Story of Return », Al-Jazeera, 2017, consulté le 23 avril 2026.
  2. Rhoda Ann Kanaaneh et Isis Nusair, Displaced at Home: Ethnicity and Gender among Palestinians in Israel, Albany, NY, State University of New York Press, , 1st éd., 23,26,38 (ISBN 978-1-4384-3271-7, DOI 10.1353/book1362, lire en ligne)
  3. 1 2 3 François Maspero, « Pour Sabri Geries, Arabe en Israël », Le Monde, 13 mai 1970.
  4. Fouzi El-Asmar, To Be an Arab in Israel, London, Frances Pinter, , 177–8 p. (ISBN 0-903804-08-5)
  5. Rona Sela, « The Genealogy of Colonial Plunder and Erasure – Israel's Control over Palestinian Archives », Social Semiotics, vol. 28, no 2, , p. 204 (DOI 10.1080/10350330.2017.1291140, S2CID 149369385, lire en ligne).
  6. Carolyn Toll, « American Jews and the Middle East dilemma: A struggle waged behind the scenes » [archive du ], sur The Progressive,
  7. The Palestinians may, in certain circumstances, be ready to seek a settlement in the area to which Israel is a party. But they are not prepared to conclude an agreement recognizing the legitimacy of Zionism; no Palestinian Arab can ever accept as legitimate, a doctrine that he should be excluded from most parts of his homeland, because he is a Muslim Arab or a Christian Arab, while anyone of the Jewish faith from anywhere in the world is entitled to settle there. Realism may require recognition of the existence of a Jewish state in Palestine and that this fact be taken into account in seeking a settlement. But this can never mean approving the expansionist and exclusivist tendencies of Zionism., dans Sabri Jiryis, « On Political Settlement in the Middle East: The Palestinian Dimension », Journal of Palestine Studies, vol. 7, no 1, , p. 11 (ISSN 0377-919X, DOI 10.2307/2536526, lire en ligne, consulté le )
  8. Blaming the Victims, p. 229.
  9. Edward Dillon, « Prisoners of Israel », The Link, vol. 16, no 3, (lire en ligne [archive du ])
  10. Candice Raymond, « Le centre de recherches de l'OLP (1965-1983)», in Philippe Rekacewicz, Dominique Vidal, Palestine-Israël : une histoire visuelle, Paris : co-édition éditions du Seuil, L’Olivier, Points, Nouvel Attila, Verso Books, 2024, (ISBN 978-2-02-156887-5), p. 116.
  11. (Sela 2018, p. 219)
  12. Jack Khoury, « State: Former Arab council head recruited by Iranian intelligence » [archive du ], sur Haaretz,
  13. Richard Sanders, « [https://www.middleeasteye.net/fr/node/296656 Stranger in My Own Land: One Palestinian's bittersweet journey 'home'] », Middle East Eye, 10 août 2023.