Saccage de chambre d'hôtel

Le saccage de chambre d'hôtel est une pratique qui consiste à détruire le mobilier voire l'infrastructure de la chambre d'hôtel où l'on est hébergé. Assez notable dans le monde du rock dans les années 1960 et 1970, elle est devenue bien plus rare de nos jours.

Motivations

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« Si une rock star ne saccage pas sa chambre, c'est là que sa carrière est foutue. »

— Giuliano da Empoli, Le Fondateur,

Pendant les années 1960 et 1970 les grands groupes de rock parcourent le monde ou leur pays en longues tournées. Il n'est pas rare qu'après les concerts certains se livrent à des exactions, détruisant leur hébergement. Les causes de ces dérives peuvent être les fêtes qui se prolongent dans les chambres des hôtels dans une atmosphère d'alcool et de drogue, le fait que ces artistes souffrent de ces longues périodes de séparation de leurs proches ou que jeunes, riches et adulés, ils s'estiment au dessus des lois[1].

Certains théorisent que ces excès font intrinsèquement partie de la transgression que porte le rock'n'roll, en « transformant le chaos en art »[2].

Exemples notoires

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Keith Moon (1946-1978), saccageur légendaire de chambres d'hôtels, ici dans sa 21e année.
  • Keith Moon des Who semble le plus fréquemment cité[3] : alors qu'il fête en 1967 son 21e anniversaire dans une chambre louée au Holiday Inn de Flint, il pulvérise les toilettes et conduit une Lincoln Continental dans la piscine[4]. La chaîne hôtelière bannit tous les membres du groupe de ses établissements[5] ;
  • En 1966, Elie Sedwick met — peut-être involontairement — le feu à sa chambre de l'hôtel Chelsea en dormant avec des bougies allumées[4] ;
  • En 1972, Keith Richards lance le téléviseur de sa chambre du Hyatt de West Hollywood sur parking en contrebas, sous la caméra du documentariste Robert Frank[5],[4] ;<
  • En 1977 Jimmy Page lance par la fenêtre les téléviseurs de cinq chambres de l'hôtel Edgewater à Seattle[6]
  • Il est rapporté que Steve Tyler et d'autres membres du groupe Aerosmith auraient détruit des meubles d'hôtel avec une trtronçonneuse et lancé les téléviseurs dans la piscine[5] ;
  • En 1989, les autorités auraient expulsé de force Billy Idol d'une suite de l’hôtel Oriental à Bangkok après trois semaines de fêtes et de dégradations[5],[3],[4] ;
  • Johnny Depp et sa compagne d'alors Kate Moss auraient provoqué pour près de 10 000 $ de dégâts en saccageant une chambre d'hôtel à New York en 1994[5],[4] ;
  • En 1998 Marylin Manson détruit les quatre chambres du Sheraton qu'occupe son groupe à Poughkeepsie, brûlant des moquettes et tachant des lavabos avec de la teinture pour cheveux[5] ;
  • Lindsay Lohan est expulsée d'un hôtel de Santa Monica en 2007 après qu'elle aurait laissé sa chambre dans un état « digne d'une porcherie »[5],[4] ;
  • En 2007 Amy Winehouse aurait causé pour 18 000 $ de dégâts dans un hôtel de Londres[3], puis dégradé une chambre d'hôtel à Munich. L'année suivante elle provoque pour 6 000 $ de dommages au Rivington Plaza Hotel de Londres[5] ;
  • Courtney Love aurait ravagé une suite du Covent Garden Hotel de Londres en 2007, puis aurait inondé sa chambre à l'hôtel Inn on Irving Place de New York en 2009, causant 5 000 $ de dégâts[5] ;
  • En 2010 Charlie Sheen aurait endommagé un lustre et le mobilier d'une suite de Plaza Hotel de New York avant d'être hospitalisé en état d'ébriété[5] ;
  • Liam Payne, membre des One Direction, détruit sa chambre du troisième étage d'un hôtel de Buenos Aires avant de trouver la mort en tombant par la fenêtre[7].

Déclin

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Dans le milieu musical, les concerts génèrent au XXIe siècle davantage de revenus que la vente d’albums. Les tournées deviennent plus nombreuses, plus structurées, plus denses. La plupart des musiciens n'attend pas que l'hôtel soit un lieu de fête, mais un endroit où se reposer et où être protégé des fans envahissants[1].

En outre, la conscience des risques sur l'image ou des conséquences judiciaires régule désormais ce type de comportement, tous comme les managers et conseils des artistes impliqués dans la gestion de leur carrière[1].

Prolongements

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En 2007 une chaîne espagnole d'hôtels autorise huit personnes à détruire leur chambre dans un hôtel madrilène dont la rénovation va débuter. L'opération, évidemment publicitaire, est présentée comme une thérapie antistress baptisée derooming[8].

Dans jeu vidéo sur smartphone diffusé en 2014, Rockstar Rampage, la rockstar incarnée par le joueur doit détruire sa chambre d'hôtel[9].

Voir aussi

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Références

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  1. 1 2 3 (en-GB) Caroline Sullivan, « Why don't rock stars trash hotel rooms any more? », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ John Robb, OASIS, Live Forever : La naissance, la chute et la résurrection d'OASIS, Talent Editions, (ISBN 978-2-37815-527-8, lire en ligne)
  3. 1 2 3 (en-GB) CCS Cleaning Team, « The 5 most legendary hotel room wreckers of all time. », sur CCS, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 (en) « 10 celebrity-trashed hotel rooms », sur NBC News, (consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en-US) « Stars Who Trashed Hotel Rooms », sur www.cbsnews.com, (consulté le )
  6. ↑ (en) « The ludicrous way roadies stopped Jimmy Page from trashing hotel rooms », sur Hotel.report — Information Resource For Hoteliers And Hotel Professionals, (consulté le )
  7. ↑ « Alcool et débris de verre: les photos de la chambre d'hôtel saccagée par Liam Payne, quelques minutes avant sa mort », sur RTL Info, (consulté le )
  8. ↑ Batiactu, « Saccage encouragé de 21 chambres d'hôtel », sur Batiactu, (consulté le )
  9. ↑ Laure Noverraz, « Rockstar Rampage : détruit ta chambre d'hôtel ! », sur Daily Rock, (consulté le )