Safi Martin Yé

actrice suisse

Safi Martin Yé née le à Châtel-Saint-Denis, est une actrice et comédienne suisse et burkinabée.

Safi Martin Yé
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École de théâtre Serge Martin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

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Origines, enfance et famille

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Safi Martin Yé naît le à la maternité de Châtel-Saint-Denis. Son père, Paco Yé, est un soliste de djembé et danseur burkinabé membre fondateur du groupe emblématique Farafina, tandis que sa mère, originaire du Valais, est art-thérapeute et danseuse. Les parents se séparent lorsque Safi Martin Yé a 4 ans[1].

En 1995, la famille réside alors encore quelque temps au Petit-Lancy, près de Genève, avant de rejoindre le village de Chamoson où Safi Martin Yé grandit avec sa mère et son grand-père vigneron et directeur de fanfare. À 13 ans, elle devient « la première tambouriste femme et noire du Valais », dit-elle, dans la fanfare l'Avenir de son village[1].

En 1997, elle passe six mois au Burkina Faso. Elle s'y rend tous les deux ans jusqu'à la mort de son père en 2002[1].

Elle est mère d'un enfant[2].

Études et parcours artistique

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En 1997, durant son séjour de six mois à Burkina Faso, elle commence le théâtre. Elle poursuit les cours de théâtre, de percussion et de danse en Valais. Pendant cinq ans, elle se prépare au Théâtre Comico de Sion ou elle fait du baby-sitting la journée et les cours de théâtre le soir[3].

En 2007, elle entre à l’école de théâtre Serge Martin, à Genève[4], dont elle ressort diplômée en 2010[1]. Un mois après sa sortie de l’école, Safi est engagée dans une pièce qui se joue au Théâtre de L’Orangerie[3]

Elle décide ensuite de suivre des stages d'acting à New York, à l'école Stella Adler, ainsi que plusieurs ateliers axés sur la pratique vocale et le jeu clownesque. Depuis lors, elle se produit régulièrement au théâtre, sous la direction de metteurs en scène tels que Sandra Amodio, Cédric Dorier, Georges Guerreiro, Adrien Barazzone, Michele Millner et Michel Favre[4].

En 2011, elle crée avec le collectif « Boudoir et Tête de cheval » un spectacle sur la condition des femmes en Iran[1].

Elle crée en 2015 la compagnie Orange Sauvage à l'occasion de son premier spectacle en solo[1], intitulé « Oasis »[5]. Cette pièce est jouée en tournée en Suisse romande pendant trois saisons[4].

En 2021, elle participe au Festival Afrik, Rire & Culture en animant l'atelier pour enfants « Sois ton super-héros ou ta super-héroïne » avec Cédric Djedje[6].

Engagement contre le racisme

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Safi Martin Yé est confrontée très tôt au racisme : dès l'âge de 8 ans, à l'école à Sion, un camarade refuse de jouer avec elle en raison de sa couleur de peau. Pour masquer sa différence, elle choisit donc de faire rire les autres :

« C’est la première fois que j’ai compris que je n’avais pas la même couleur de peau[7]»

Elle fait partie des soixante signataires noirs de deux lettres ouvertes[8] (l'une publiée en 2020 et l'autre en 2021[9]) dénonçant l'inaction des institutions culturelles en Suisse face à la sous-représentation des personnes afro-descendantes[10] et appelant à une prise de responsabilité concrète pour lutter contre le racisme dans les milieux artistiques et culturels du pays[9]. Dans le milieu artistique, elle critique les metteurs en scène pour leur manque d'imagination en matière de casting, car elle se voit souvent proposer des personnages stéréotypés tels que « la Black rigolote » ou « l'allumeuse »[1]. C'est pourquoi, elle refuse également certains contrats qui ne sont pas compatibles avec ses valeurs concernant les problématiques liées à la question raciale[3].

« Il y a quatre ans, on m’a contactée pour un court métrage, soutenu par l’OFC. L’histoire tenait la route mais on me proposait, à moi femme métisse, le rôle de l’employée de maison et celui du jeune voleur à un acteur arabe. Je ne me sentais pas à l’aise de participer à une production où l’on caste les afro-descendants ou africains exclusivement pour ces rôles-là. J’ai eu une discussion avec la réalisatrice, qui a compris ma réaction et s’est excusée. Par contre, j’ai appris par la suite que la productrice m’avait traitée de petite conne impertinente d’avoir osé refuser le rôle pour cette raison. Depuis, j’ai dit non à tous les rôles qui enferment les femmes et les hommes noirs dans des stéréotypes. Valider la caricature ne permet pas de briser la chaîne, ni de modifier les habitudes de casting. Nous sommes si peu nombreux sur le terrain en Suisse romande, c’est hallucinant ![3]»

Théâtre

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Dans la pièce de théâtre Vielleicht (Peut-être)[11], Safi Martin Yé et l'acteur Cédric Djedje explorent le thème de l'emprise coloniale dans le quartier de Wedding[11] à Berlin et le processus en cours de décolonisation[12]. La pièce met en lumière le combat des activistes berlinois qui souhaitent changer les noms des rues du « quartier africain » de la capitale allemande[13].

Dans la pièce Je brûle de Joséphine, Safi Martin Yé s'inspire de la première star afro-américaine Joséphine Baker pour lui rendre hommage[14] et raconter sa propre émancipation et sa colère contre les préjugés et les discriminations[7]. Elle questionne également sa propre identité en tant qu'artiste métisse[14].

« Au Burkina Faso, on m'appelle la toubaba – la blanche – Ici, on me considère comme noire, jamais comme métisse. Il n'y a qu'en Guadeloupe où je suis allée enfant en vacances ou à Harlem où j'ai suivi des cours de théâtre qu'on ne m'a jamais interpellée sur mes origines[14]. »

Sur scène, elle présente, chante et adapte le répertoire de Joséphine Baker, incluant la chanson peu connue Si j'étais blanche. Elle intègre également des éléments de danse, cite des références à Baker et partage des aspects de sa propre vie, entremêlant ainsi les deux biographies[14].

Lors de son premier spectacle en solo intitulé Oasis, elle évoque son identité, son double héritage culturel romand et africain, ainsi que les soirées animées à Genève, où son père Paco Yé accueillait des invités jusqu'à tard la nuit[7].

Safi Martin Yé interprète le monologue écoféministe de Miranda Rose Hall dans le spectacle intitulé Une pièce pour les vivant-e-x-s en temps d'extinction. Cette pièce est mise en scène par Katie Mitchell et aborde le thème de l'environnement[15].

Liste des rôles

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Filmographie

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Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».

Films et téléfilms

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Séries télévisées

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Courts métrages

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  • 2017 : J'ai testé les lunettes Spectacles de Snapchat[16]
  • 2018 : Risk , l'exposition[16]
  • 2018 : Tata Korea[16]
  • 2019 : Au sources du Moyen Âge[16]
  • 2020 : Les Histoires de l'Art[16]

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Marie-Pierre Genecand, « Safi Martin Yé, Humour solaire », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  2. ↑ Jade Albasini, « Être une personne noire en Suisse » Accès libre, sur Illustré, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 « Safi Martin-Yé bouillonne de cultureS », sur Le blog, (consulté le )
  4. 1 2 3 « Safi Martin Yé - Arts de la scène, Metteuse en scène, Comédienne - Sion » Accès libre, sur Culture Valais (consulté le )
  5. ↑ Roxane Schneider, « Chaleureuse et explosive » Accès payant, sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  6. ↑ Marie-Amaëlle Touré, « A Genève, le festival Afrik, Rire & Culture élargit son spectre - Le Temps », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  7. 1 2 3 4 Marie-Pierre Genecand, « A Genève, Safi Martin Yé se libère avec Joséphine Baker - Le Temps », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ (fr) « Lettre ouverte par des artistes et travailleuses·x·eurs culturelles·x·els Noires·x·rs en Suisse », sur renverse.co, (consulté le )
  9. 1 2 Rockaya Diallo et Grace Ly, « Kiff ta race #96 Suisse : histoire d’un déni racial » Accès libre [audio], sur binge.audio, (consulté le )
  10. ↑ Marie-Amaëlle Touré, Marion Police, « «On n’a pas envie d’entendre qu’en Suisse le racisme existe» - Le Temps », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  11. 1 2 « Vielleicht », sur Le Grütli (consulté le )
  12. 1 2 Cécile Dalla Torre, « Berlin face à son passé colonial » Accès payant, sur Le Courrier, (consulté le )
  13. 1 2 Alexandre Demidoff, « A Genève, une sépulture théâtrale pour les victimes du colonialisme allemand - Le Temps », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  14. 1 2 3 4 5 Thierry Sartoretti, « L'hommage brûlant de Safi Martin Yé à Joséphine Baker » Accès libre, sur rts.ch, (consulté le )
  15. ↑ Natacha Rossel, « Arts vivants et durabilité – A Vidy, le théâtre se mue en fabrique écologique » Accès payant, sur 24 heures.ch, (consulté le )
  16. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 « Safi MARTIN YE », sur www.comedien.ch (consulté le )
  17. ↑ Marie-Pierre Genecand, « A Genève, La Parfumerie flamboie de mères en filles - Le Temps », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  18. ↑ Judith Marchal, « La fougue de Joséphine Baker » Accès payant, sur Le Courrier, (consulté le )
  19. ↑ « En tournage avec les deux Vincent pour la série phénomène «Tschugger» », sur En tournage avec les deux Vincent pour la série phénomène «Tschugger» (consulté le )

Voir aussi

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Article connexe

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Liens externes

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