Nécropole nationale française de Saint Charles de Potyze
Saint-Charles de Potyze est un cimetière militaire français dédié aux victimes de la Première Guerre mondiale, situé dans la ville belge d'Ypres, en Flandre-Occidentale. Le site accueille 4 209 sépultures, dont plus de 1 300 soldats non identifiés. Le cimetière couvre une superficie d'environ 29 900 m2 et se trouve à environ 3 km au nord du centre-ville, le long de la route de Zonnebeke (N332), au lieu-dit Potyze.
Saint-Charles de Potyze (nl)
| Pays | |
|---|---|
| Province | |
| Commune | |
| Religion(s) |
Chrétien, Musulman, Juif |
| Superficie |
3 hectares |
| Tombes |
4 209 |
| Personnes |
2 900 |
| Mise en service | |
| Patrimonialité |
Patrimoine mondial () Patrimoine architectural inscrit (d) () |
| Coordonnées |
Description
modifierL'entrée est flanquée de deux piliers en pierre blanche. À gauche après l'entrée se dresse une statue représentant un calvaire. À l'arrière du cimetière se trouvent une fosse commune ainsi qu'un obélisque commémorant plusieurs régiments d'infanterie. Les tombes sont marquées de croix, à l'exception des sépultures musulmanes et juives, signalées par des stèles spécifiques.
Histoire
modifierOrigines
modifierDurant la Première Guerre mondiale, le terrain actuel du cimetière se trouvait à proximité immédiate de la ligne de front du saillant d'Ypres. Une école administrée par l'Institut Saint-Joseph d'Ypres y était établie. L'armée française y installa un poste de secours, dénommé « Poste de Secours de Saint-Charles de Potyze », et les soldats décédés furent inhumés dans le jardin attenant.
Pendant la guerre
modifierDurant le conflit, l'école et le cimetière furent en grande partie détruits. Les corps furent d'abord inhumés dans des fosses communes, avant d'être transférés dans des tombes individuelles, conformément à une loi française promulguée en .
Après-guerre et extension
modifierDès 1919, le cimetière fut restauré et agrandi par le regroupement de sépultures issues des champs de bataille environnants. À partir de 1920, les familles françaises eurent la possibilité de faire rapatrier leurs morts. Les soldats inconnus furent regroupés dans des fosses communes à l'arrière du site. Le plus grand ossuaire de Belgique reste cependant l'ossuaire du mont Kemmel, situé à environ 20 km de là. De nombreuses tombes datant de 1914 et 1915 furent détruites lors de la Troisième bataille d'Ypres ; lorsque l'identification des victimes s'avérait impossible, leurs restes étaient réunis dans une fosse commune.
Situation actuelle
modifierAujourd'hui, lorsque des restes de soldats français sont mis au jour dans les anciens champs de bataille de la région, ils sont transférés et inhumés au cimetière Saint-Charles de Potyze. Le site compte désormais 4 209 tombes françaises, dont 762 appartenant à des soldats non identifiés, auxquelles s'ajoutent environ 616 inhumations inconnues dans la fosse commune.
Le cimetière est inscrit depuis 2008 sur la liste du patrimoine protégé d'Ypres.
Le , neuf soldats français inconnus y furent inhumés[1].
Le , quatre soldats français de la Première Guerre mondiale, exhumés en 2019 et 2021, y furent inhumés. Parmi eux, un seul a pu être identifié : Valentin Ménetré, du 2e bataillon de chasseurs à pied[2].
Personnalités inhumées à la nécropole
modifier- André Morize-Delarue (1894-1915), poète, caporal au régiment tué à Saint-Julien près d'Ypres (Belgique) le . Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale (tombe 932).