Dans le village, on retrouve le plateau de Saint-Front, un pays d’altitude relativement élevée (presque partout supérieure à 1 100 m), formé d'empilements de coulées basaltiques qui sont dans l’ensemble datées de 11 à 7,5 millions d'années. Par ailleurs, le secteur de Cancoules situé dans la commune correspond principalement à des anneaux de tufs volcaniquesurtseyens, mis en place lors d’éruptions contraintes soit par une tranche d’eau suffisamment épaisse (tel que le lac de Saint-Front), soit par un environnement de matériaux sédimentaires gorgés d’eau (sédiments lacustres)[6].
La superficie de la commune est de 52,33 km2. L'altitude du territoire varie entre 796 et 1 594 m[Note 2].
Le territoire de Saint-Front est délimité au nord par la Gagne, à l'ouest par son affluent l'Aubépin, et à l'est par le Lignon. Nombreux de leurs affluents sont également dans la commune, tel que la Gazelle, le Machabert et le Cros. De plus, on retrouve le lac de Saint-Front, un cratère volcanique classé ZNIEFF[7].
L'Auvergne-Rhône-Alpes est divisée en neuf unités paysagères, le village de Saint-Front fait partie de l'une d'entre eux, «Les Hautes-Terres»[8],[9], il s'agit d'un paysage caractéristique de la région. Relativement plat, ses grands plateaux d'altitude permettent d'observer la grandeur des massifs l'entourant[10].
Face à ce paysage particulier, les hommes ont dû s'adapter, notamment aux conditions climatiques. On y retrouve donc beaucoup de petites maisons regroupées dans des villages, des potagers abrités par des bouquets de hêtres ou de sorbiers ainsi que des murets pour délimiter les aménagements[11].
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols,etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[12]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche[13]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[14] et est dans la région climatique Sud-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 1 000 à 1 500 mm, minimale en été, maximale en automne[15]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[16],[17].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 6,7°C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,2°C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 959 mm, avec 10,8 jours de précipitations en janvier et 7,1 jours en juillet[12]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune des Estables à 8 km à vol d'oiseau[18], est de 6,9°C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 226,7 mm[19],[20].
La température maximale relevée sur cette station est de 33°C, atteinte le ; la température minimale est de −19,2°C, atteinte le [Note 3].
Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d’intérêt écologique élaboré à partir des Directives «Habitats» et «Oiseaux». Ce réseau est constitué de Zones Spéciales de Conservation (ZSC) et de Zones de Protection Spéciale (ZPS). Dans les zones de ce réseau, les États Membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles. L'objectif est de promouvoir une gestion adaptée des habitats tout en tenant compte des exigences économiques, sociales et culturelles, ainsi que des particularités régionales et locales de chaque État Membre. Les activités humaines ne sont pas interdites, dès lors que celles-ci ne remettent pas en cause significativement l’état de conservation favorable des habitats et des espèces concernés[21]. Les sites Natura 2000 présents sur le territoire communal de Saint-Front sont au nombre de deux: le «Mézenc» et la «Haute Vallée du Lignon»[22].
L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Le territoire communal de Saint-Front comprend une ZNIEFF de type II[Note 4]: le «Mézenc - Meygal»[23] et dix ZNIEFF de type I[Note 5] incluses dans la première: le «marais des Couffours», le «Montbrac», les «sommets du Mézenc, secteur Auvergne», la «Narce de Champclause et la Freydeyre», le «lac de Saint-Front», la «Haute Vallée du Lignon», la «Haute Vallée de l'Aubépin», les «Gorges de la Gagne», la «Haute Vallée de la Gagne vers Saint-Front», et enfin «Les Roches»[24].
Au , Saint-Front est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[I 2].
Elle est située hors unité urbaine[I 1] et hors attraction des villes[I 3],[I 4].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de donnéeseuropéenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (73,2% en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (62,5%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
prairies (70,3%), forêts (22,2%), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,5%), zones agricoles hétérogènes (2,9%), eaux continentales[Note 6] (0,6%), zones urbanisées (0,5%)[26]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Saint-Front en 2018 en comparaison avec celle de la Haute-Loire et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (49,5%) supérieure à celle du département (16,1%) et à celle de la France entière (9,7%). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 79,2% des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (73,6% en 2013), contre 70% pour la Haute-Loire et 57,5 pour la France entière[I 7].
La commune est traversée par plusieurs routes départementales. La D39 de l'ouest à l'est est l'intersection de la D263 et de la D500. La D26 passe également par le nord du village sur une très courte longueur[Note 7].
Anciennes mentions: In pago Vellaico, in arce Sancti Frontonis (987), Ecclesia de Sancto Frontone (vers 1095), Prior Sancti Frontonis (1255), Sanctus Frunto (1263), Parochia Sancti Fronti (1345), Mansus Sancti Frontis (1530), Saint-Froant (1534), Ardenne-la-Montagne (1793)[28].
Selon le toponymiste Ernest Nègre, Saint-Front proviendrait de l'occitansant, signifiant «saint», et du nom du saint Fronto(n), issu du latinFrontonis ou Fronto[29].
Situé dans le Velay, tout au plus avant la création du village y avait-il là un mas, et parsemées dans la campagne peut-être quelques chaumières[30].
Au XIIesiècle, les moines du Monastier y fondent un prieuré et une église romane dédiée à saint Front[31]. Est aussi bâtie une maison-forte, appelée «château de Pralas», mentionnée pour la première fois en 1217[32]. Au hameau du Monteil, au détour d'une voie romaine, se trouve une stèle commémorative érigée à l'endroit où fut brûlée vive Jeannette Revergade, le , pour cause de sorcellerie[33].
Au milieu du XVIIesiècle, Noël Chabanel établit en 1649 une colonie dans le Manitoba et la Saskatchewan au Canada qui recevront jusqu'avant la Première Guerre mondiale des colons venus «de Thoras, du Pertuis, de Chaspuzac»[34].
Au cours de la période révolutionnaire, la commune porte le nom d'Ardenne-la-Montagne[35].
Le conseil municipal de Saint-Front, commune de moins de 1 000 habitants, est élu au scrutin majoritaire plurinominal[38] avec liste ouvertes et panachage[39]. Le maire, à la fois agent de l'État et exécutif de la commune en tant que collectivité territoriale, est élu par le conseil municipal au scrutin secret lors de la première réunion du conseil suivant les élections municipales, pour un mandat de six ans, c'est-à-dire pour la durée du mandat du conseil[40]. Compte tenu de la population communale, le nombre de sièges à pourvoir lors des élections municipales de 2020 est de 11. Les 11 conseillers municipaux sont élus au premier tour avec un taux de participation de 69,80%[41].
La commune de Saint-Front est enregistrée au répertoire des entreprises sous le code SIREN214 301 863. Son activité est enregistrée sous le code APE 84.11Z, correspondant aux administrations publiques générales[43].
En 2020, le budget communal s'équilibrait à 981 000 € dont 646 000 € en section de fonctionnement et 335 000 € en investissement. La part d'impôts locaux dans les produits de fonctionnement s'établissait à 31,12%, contre 36,11% pour la strate de communes équivalente, avec des taux d'imposition fixés à 16,65% pour la taxe d'habitation (y compris THLV), 12,44% et 55,00% pour la taxe foncière sur le bâti et le non-bâti. Par ailleurs l’encours de la dette communale s’établit à 1 478 €/habitants contre 533 €/habitants pour la strate[44].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[45]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[46].
En 2023, la commune comptait 410 habitants[Note 8], en évolution de +1,74% par rapport à 2017 (Haute-Loire: +0,6%, France hors Mayotte: +2,36%).
La population de la commune est relativement âgée.
En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 26,1%, soit en dessous de la moyenne départementale (31%). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 35,8% la même année, alors qu'il est de 31,1% au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 207 hommes pour 195 femmes, soit un taux de 51,49% d'hommes, largement supérieur au taux départemental (49,13%).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[I 10]
Hommes
Classe d’âge
Femmes
1,0
90 ou +
3,1
10,2
75-89 ans
15,5
21,8
60-74 ans
20,2
23,7
45-59 ans
19,6
16,4
30-44 ans
16,4
7,7
15-29 ans
10,3
19,2
0-14 ans
14,9
Pyramide des âges du département de la Haute-Loire en 2022 en pourcentage[I 11]
En 2018, la population âgée de 15 à 64 ans s'élève à 224 personnes, parmi lesquelles on compte 78,9% d'actifs (73,5% ayant un emploi et 5,4% de chômeurs) et 21,1% d'inactifs[Note 10],[I 14]. Depuis 2008, le taux de chômage communal (au sens du recensement) des 15-64 ans est inférieur à celui de la France et du département.
La commune est hors attraction des villes[Carte 2],[I 17]. Elle compte 111 emplois en 2018, contre 105 en 2013 et 141 en 2008. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune est de 168, soit un indicateur de concentration d'emploi de 66% et un taux d'activité parmi les 15 ans ou plus de 54,1%[I 18].
Sur ces 168 actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi, 93 travaillent dans la commune, soit 55% des habitants[I 19]. Pour se rendre au travail, 62,5% des habitants utilisent un véhicule personnel ou de fonction à quatre roues, 10,1% s'y rendent en deux-roues, à vélo ou à pied et 27,4% n'ont pas besoin de transport (travail au domicile)[I 20].
Façade de l'église de Saint-Front.Église Saint-Front classée au titre des monuments historiques en 1909[49]. L'église romane date partiellement du XIIesiècle, mérite une visite. Elle est construite en pierres volcaniques. Elle est construite par Les moines du Monastier qui fondent le prieuré et l'église, placée sous le vocable de Saint-Front, évêque de Périgueux. Le portail a été refait à la fin du XVesiècle et le bas-côté sud à la fin du XVIesiècle[50].
Bigorre est un petit village de Haute-Loire sur la commune de Saint-Front. Ce village est un village de chaumières. En effet, c’est l’un des derniers hameaux aux maisons traditionnelles en pierres, recouvertes de chaumes ou de lauzes. Cet habitat est typique du monde rural des hauts plateaux du Mézenc. Les toits en forte pente protègent bien des rigueurs terribles de l’hiver avec ce vent qui balaye cette haute terre aux allures de steppe. La ferme de Bigorre est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [52].
Le lac de Saint-Front est d'origine volcanique. Son altitude, 1 250 m en fait le plus haut du département de la Haute-Loire.
La cascade de Souteyros: le ruisseau le Souteyros prend sa source quelques kilomètres en amont et se jette dans l'Aubépin. La cascade est située sous le hameau de Souteyros, un peu avant la confluence. Un sentier pédestre balisé au départ du village de Souteyros permet de la découvrir.
Croix de Saint-Front érigée lors de la deuxième moitié du XVIesiècle, classée monument historique en 1906[53].
Robert Cortial, «Soldats de la Révolution et du premier Empire à Saint-Front et dans le massif du Mézenc», Les Cahiers du Mézenc, Privas, t.cahier n° 19,
André Bosc, «La vie sociale à Saint-Front et sur les plateaux autour du Mézenc au XIXesiècle et au début du XXesiècle», Les Cahiers du Mézenc, Privas, t.cahier n° 19, (présentation en ligne)
Georges Vignal, «Vente aux enchères, en 1791, du lac d’Arcone, bien national», Les Cahiers du Mézenc, Privas, t.cahier n° 32,[54]
Robert Cortial, «Soldats de la Révolution et du premier Empire à Saint-Front et dans le massif du Mézenc», Les Cahiers du Mézenc, Privas, t.cahier n° 19,
André Bosc, «La vie sociale à Saint-Front et sur les plateaux autour du Mézenc au XIXesiècle et au début du XXesiècle», Les Cahiers du Mézenc, Privas, t.cahier n° 19, (présentation en ligne)
Georges Vignal, «Vente aux enchères, en 1791, du lac d’Arcone, bien national», Les Cahiers du Mézenc, Privas, t.cahier n° 32,[54]
↑Les distances sont mesurées entre chefs-lieux de communes par la voie routière et évaluées à l'aide d'un calculateur d'itinéraires.
↑Répertoire géographique des communes (RGC) 2015. En 2016, le RGC a été remplacé par la base Admin Express qui ne comporte plus que l'altitude moyenne de la commune, les altitudes minimale et maximale pouvant être trouvées par un système d'information géographique.
↑Grand ensemble naturel riche ou peu modifié par l'Homme ou offrant des potentialités biologiques importantes.
Ces espaces intègrent des ensembles naturels fonctionnels et paysagers, possédant une cohésion élevée et plus riches que les milieux alentour.
↑Secteur de superficie en général limitée, défini par la présence d'espèces, d'associations d'espèces ou de milieux rares, remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel national ou régional.
↑Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1erjanvier2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2025, date de référence statistique: 1erjanvier2023.
↑Un ménage fiscal est constitué par le regroupement des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement. Son existence, une année donnée, tient au fait que coïncident au moins une déclaration indépendante de revenus et l’occupation d’un logement connu à la taxe d’habitation.
↑Les inactifs regroupent, au sens de l'Insee, les élèves, les étudiants, les stagiaires non rémunérés, les pré-retraités, les retraités et les autres inactifs.
↑Centre de ressources régional des paysages d'Auvergne-Rhône-Alpes, «Ensemble paysager du Mézenc» (consulté le ).
12Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, «Les types de climats en France, une construction spatiale», Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no501, (DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Vincent Dubreuil, «Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen», La Météorologie, no116, (DOI10.37053/lameteorologie-2022-0012).
↑La structure des chaumières de la région est d'origine gauloise. Il en reste une vingtaine sur la commune.
↑Ces constructions valident la création du village. L'église est classée monument historique.
↑Toujours visible, mais plus dans son état original, elle appartient à un particulier. Site internet www.loomji.fr __"Saint-Front - Château de Pralas".
↑Site internet www.saintfront43.fr __"Saint-Front - Histoire de la commune".
↑Jean PERREL, De Haute-Loire en Amérique: coureurs des bois et colons du Canada (XVIIe-XXe siècle)