Saint-Martin-Vésubie

commune française du département des Alpes-Maritimes

Saint-Martin-Vésubie (en occitan alpin écriture classique : Sant Martin de Lantosca, en écriture mistralienne : Sant-Marti-de-Lantousco, en écriture mistralienne panneau d'entrée de ville : San Marti Vesubio) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont les Saint-Martinois[1].

Saint-Martin-Vésubie
Saint-Martin-Vésubie
Vue du village de Saint-Martin-Vésubie en venant de la vallée du Var.
Blason de Saint-Martin-Vésubie
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Intercommunalité Métropole Nice Côte d'Azur
Maire
Mandat
Jean Christophe Teobaldi
2026-2032
Code postal 06450
Code commune 06127
Démographie
Gentilé Saint-Martinois
Population
municipale
1 337 hab. (2023 en évolution de −5,24 % par rapport à 2017)
Densité 14 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 04′ 09″ nord, 7° 15′ 24″ est
Altitude Min. 715 m
Max. 3 143 m
Superficie 97,13 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Nice
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Tourrette-Levens
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Saint-Martin-Vésubie
Liens
Site web saintmartinvesubie.fr

Jusqu'en 1860, le nom officiel de la commune était en italien : San Martino Lantosca.

Géographie

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Localisation

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Chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes et dernier village au nord de la vallée de la Vésubie, Saint-Martin-Vésubie est la principale porte d'accès au parc national du Mercantour. En 1987, Escapade, le bureau des Guides du Mercantour a été fondé dans le village par le guide de haute montagne Hervé Gourdel[2].

Le village vu depuis le Collet (2005).

Appelée jusqu'en 1889 Saint-Martin-Lantosque car appartenant à l'ancien Val de Lantosque (ancien nom de la Vésubie), Saint-Martin-Vésubie, fut, dès 1864, réputée pour la qualité de son environnement, de ses eaux et de son climat estival, loin des chaleurs étouffantes de la côte.

Ces caractéristiques lui valent son surnom de « Suisse niçoise ».

Géologie et relief

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Saint-Martin-Vésubie est environnée de nombreux sommets :

Sismicité

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Commune située dans une zone de sismicité moyenne[3].

Hydrographie

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Le village est situé à proximité de la confluence de deux torrents alpins : la Madone de Fenestre à l'est et le Boréon à l'ouest. La Vésubie naît en contrebas du village.

Toutefois, le village est situé quelques mètres seulement en hauteur du niveau bas des torrents.

Le , de nombreux villages des diverses vallées des Alpes-Maritimes (Breil-sur-Roya, Fontan, Roquebillière, Tende et Saint-Martin-Vésubie) sont fortement impactés par un « épisode méditerranéen » de grande ampleur[4]. Certains hameaux de la commune restent inaccessibles jusqu'à plus d'une semaine après la catastrophe et l'électricité n'a été rétablie que vers le . L'arrêté du portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle a identifié la commune au titre des « Inondations et coulées de boue du 2 au  »[5].

Cours d'eau sur la commune ou à son aval[6] :

  • rivière la Vésubie,
  • torrent le Boréon,
  • riou de venanson,
  • vallon d'espaillart.

Lavoir, fontaine, canal :

  • Place et fontaine de la Frairie[7],
  • Le béal, canal empierré[8].

Plan d'eau sur la commune ou à son aval :

Saint-Martin-Vésubie dispose de deux stations d'épuration intercommunale :

  • Station d'épuration de St-Martin-Vésubie, d'une capacité de 2 500 équivalent-habitants[9],
  • Station d'épuration de St-Martin-Vésubie Le Boréon, d'une capacité de 500 équivalent-habitants[10].

Hameaux et lieux-dits

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Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[12]. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec[13]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[14] et est dans la région climatique Var, Alpes-Maritimes, caractérisée par une pluviométrie abondante en automne et en hiver (250 à 300 mm en automne), un très bon ensoleillement en été (fraction d’insolation > 75 %), un hiver doux (8 °C) et peu de brouillards[15]. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[16],[17].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 7,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 112 mm, avec 5,9 jours de précipitations en janvier et 6,8 jours en juillet[12]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de 11,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 219,3 mm[18],[19]. La température maximale relevée sur cette station est de 36,5 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −12 °C, atteinte le [Note 1].

Statistiques 1991-2020 et records station ST-MARTIN-DE-VESUBIE-OBS (06) - alt : 994 m, situation : lat : 44°04'27"N, lon : 7°15'15"E (à moins d'1 km)
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur
date du record
20,6
31.1.1982
21
15.2.1990
24,5
21.3.2002
27,8
9.4.2011
31,2
24.5.2009
33,6
25.6.2003
36,5
6.7.1982
34,8
6.8.2003
31,2
10.9.2008
28,5
11.10.2011
21,6
29.11.1979
21,3
30.12.2021
36,5
1982
Maximale moyenne 8,5 9,8 13,1 14,8 19,3 23,4 26,3 26,6 21,6 17 11,8 8,6 16,7
Moyenne 3,9 4,5 7,6 9,5 13,8 17,6 20 20,3 15,9 11,9 7,2 4,3 11,4
Minimale moyenne −0,7 −0,8 2 4,2 8,3 11,7 13,8 14 10,1 6,9 2,7 0 6
Record de froid
date du record
−11,5
9.1.1985
−11,3
6.2.2012
−12
6.3.1971
−4,8
16.4.1962
−1
6.5.1991
2,7
6.6.1969
5,2
19.7.1966
4,8
20.8.1972
1
28.9.2007
−4
31.10.1974
−6
23.11.1998
−9,5
19.12.2009
−12
1971
Précipitations
Hauteur (mm) 86,3 58,3 68,9 104,9 101,9 87,4 71 66,3 104,5 178,6 183,3 107,9 1 219,3
≥ 1 mm (jours) 5 4,9 6 10,1 10,5 9,3 8,2 6,7 7,4 8,4 8,2 5,9 90,6
≥ 5 mm (jours) 3,6 2,8 3,6 5,2 6,3 5,2 4,2 3,7 4,7 5,6 5,7 3,7 54,4
≥ 10 mm (jours) 2,6 2,1 2,1 3,4 3,2 2,9 2,1 2,2 3,3 4,4 4,7 2,7 35,7
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
130
11.1.2008
89,3
11.2.1975
92
13.3.1951
71
3.4.2019
108
3.5.1977
84
3.6.1984
59,7
18.7.1999
125
29.8.1992
155
29.9.1991
512,8
2.10.2020
199
14.11.2002
178,8
12.12.1957
512,8
2020
Source : « Fiche 06127001 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, édité le : 06/06/2026 dans l'état de la base
8,5
−0,7
86,3
50 mm
100 mm
150 mm
jan.
9,8
−0,8
58,3
fév.
13,1
2
68,9
mars
14,8
4,2
104,9
avril
19,3
8,3
101,9
mai
23,4
11,7
87,4
juin
26,3
13,8
71
jui.
26,6
14
66,3
août
21,6
10,1
104,5
sep.
17
6,9
178,6
oct.
11,8
2,7
183,3
nov.
8,6
0
107,9
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[20], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Voies de communications et transports

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Voies routières

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Commune desservie par la route départementale (métropolitaine) D/M 2565 depuis Levens.

Transports en commun

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Intercommunalité

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Commune membre de la Métropole Nice Côte d'Azur.

Nice Côte d'Azur.

EPCI Nice Côte d'Azur dans les Alpes-Maritimes.

Urbanisme

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La commune dispose d'un plan local d'urbanisme[22].

La commune est intégrée dans le plan local d'urbanisme métropolitain approuvé le [23].

Typologie

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Au , Saint-Martin-Vésubie est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[24]. Elle est située hors unité urbaine[25]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nice, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[25]. Cette aire, qui regroupe 100 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[26],[27].

Occupation des sols

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Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

Occupation des sols en 2018
Type d’occupation Pourcentage Superficie
(en hectares)
Tissu urbain discontinu 2,9 % 149
Zones industrielles ou commerciales et installations publiques 0,4 % 20
Prairies et autres surfaces toujours en herbe 7,7 % 395
Systèmes culturaux et parcellaires complexes 0,4 % 21
Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 1,7 % 86
Forêts de feuillus 1,0 % 49
Forêts de conifères 64,2 % 3285
Forêts mélangées 2,1 % 109
Pelouses et pâturages naturels 7,0 % 358
Landes et broussailles 0,4 % 22
Forêt et végétation arbustive en mutation 3,4 % 175
Plages, dunes et sable 0,5 % 24
Roches nues 1,2 % 62
Végétation clairsemée 7,0 % 358
Source : Corine Land Cover[28]

L'occupation des sols met en évidence la prédominance de la forêt sur les territoires agricoles et les autres milieux semi-naturels. La forêt occupe 67,3 % de la surface communale et est constituée très majoritairement de conifères.

Communes limitrophes

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Toponymie

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Les mentions anciennes de la localité sont : S. Martinus au XIIe siècle[29], Saint-Martin-de-Lantosque en 1748[30], San Martino Lantosca en 1834[31], Saint-Martin-de-Lantosque v. 1850[32], Saint-Martin-de-Lantosca en 1856[33], Saint-Martin-Vésubie en 1889[34].

En occitan alpin, la commune porte le nom de Sant Martin de Lantosca (prononcé [sow mar'ti de lan'tusko]). Certains pensent que Lantosque était l'ancien nom de la rivière. Saint-Martin dépendait des seigneurs de Bollène, comme le village de Lantosque et Loda au XIIe siècle[35]. La terminaison de Lantosque évoque un possible suffixe ligure Usca, Osc ou Asc indiquant une hauteur. La première partie n'est pas comprise.

Les mentions anciennes de la Vésubie sont : La Vésubie en 1789[36], la Vésune en 1819[37], La Vésubie en 1826[38]. En l'absence de formes plus anciennes, on se perd en conjectures. Il a existé sur le Trophée des Alpes une population gauloise les Vésubiens (Vesubionorum), Esubiens (Esubiani). Ils étaient placés vers Clans[36]. Le premier terme correspond au gaulois vesu, « valable, bon, digne de »[39].

Histoire

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Origines

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Saint-Martin-Vésubie apparaît dans l’histoire au XIIIe siècle[40]. Son territoire fut pourtant occupé depuis des siècles. Les premières traces d’occupations humaines permanentes apparurent dès le IIe millénaire av. J.-C.[41]. Des opérations de carottage autour des lacs de montagne à proximité du village démontrent une occupation préhistorique qui date de la période d’apparition de l’agriculture.

Une très ancienne présence

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Les traces humaines (anthropiques) les plus anciennes de notre région sont celles de la Vallée des Merveilles[42].

Ces alpages d’altitude ont bien été fréquentés lors des saisons estivales depuis au moins le IIe millénaire av. J.-C.. Il est possible qu’une partie des pasteurs provienne de la Vésubie[43].

Les premières traces d’une occupation de proximité

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L’historien Lazare Raiberti[44] racontait, au XIXe siècle, avoir découvert des urnes cinéraires à proximité du village. D’autres découvertes ont confirmé une implantation humaine encore plus ancienne, qui remonterait au Néolithique[45].

Plus près de nous, le Trophée d’Auguste, érigé en à La Turbie, rappelle que la Vésubie avait été soumise au pouvoir romain. Le Trophée indique entre autres noms des peuples vaincus celui des ESUBIANII… que l’on identifie généralement aux Vésubiens[46].

Les traces retrouvées attestent d’une présence humaine sur le site de la future chapelle Saint-Nicolas, à Saint-Martin-Vésubie, à l’époque romaine[47].

Le « Haut » Moyen Age

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Dans la haute vallée de la Vésubie et dans celle voisine du Valdeblore, de très nombreux sites de réduction de minerais de fer ont été mis en évidence[48]. Cette activité a démontré la présence d’une importante population entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Age. Il a fallu pourtant attendre le XVIe siècle pour que le duc de Savoie Emmanuel Philibert relance la recherche des mines en montagne, afin de satisfaire ses besoins monétaires. Les villageois refusèrent de les exploiter car ils les pensaient objet de malédictions[40]. Certaines étaient exploitées à proximité de Saint-Martin, comme celles de cuivre de Salèse ou celles de fer de la Trinité.

Au temps des légendes

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Les légendes sont une source et une mémoire orale non négligeables, même si elles sont peu vérifiables. Fées et sorcières tiennent une place importante dans l’imaginaire montagnard, à Saint-Martin comme ailleurs. Selon les récits, elles se cachaient dans des cours d’eau, dans des grottes ou encore sur les cimes des montagnes. Leurs effets, maléfiques comme bénéfiques, étaient encore redoutés dans la région au début du XXe siècle[49].

Parmi les personnages fantastiques peuplant l’imaginaire des villageois, le biffou considéré comme un « homme sauvage », est une figure légendaire emblématique du carnaval de Saint-Martin-Vésubie[50]. Nous le connaissions déjà au XVIe siècle et il existe toujours de nos jours. C’était « un homme des bois » qui retrouvait la civilisation en parcourant le village, masqué et portant une massetto (instrument en bois) allant de porte en porte. Il frappait les parties charnues des dames, pratiquant ainsi un ancestral rituel de fertilité. Il en profitait aussi pour régler quelques comptes entre hommes. Aujourd’hui, ce rituel carnavalesque encore pratiqué, conserve l’idée de se débarrasser des maux d’hiver en attendant les bonnes récoltes à venir[51].

Avant Saint-Martin

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La première mention du territoire de Saint-Martin apparait dans une charte de 1047[52]. Il existait alors une communauté appelée Andobio. Elle appartenait à la seigneurie du lignage des Rostaing, qui en firent « restitution » à l’évêque de Nice. Au XIIIe siècle, quand apparut la première mention du village de Saint-Martin dans les archives, le territoire d’Andobio, séparé par le col Saint-Martin (aujourd’hui la Colmiane), était déjà partagé avec sa voisine du Valdeblore à la suite d’une guerre locale[52].

Ancien pied d'autel de l'église Saint-Nicolas.
Ancien pied d'autel de l'église Saint-Nicolas retrouvé dans la chapelle du XVe siècle. En granit, on y retrouve des traces de sculptures. La partie basse a été brisées volontairement. La partie haute recevait le puits à reliques. Conservé au Musée du Patrimoine du Haut Pays de Saint-Martin-Vésubie, il a été emporté par la tempête Alex.

Il subsiste de cette entité une ancienne chapelle, aujourd’hui ruinée, au quartier Saint-Nicolas. Erigée en 1439[53], elle rappelait la présence antérieure de l’église d’Andobio, autour de laquelle fut trouvé un cimetière daté de l’an Mil. On en conserva le pied d’autel taillé, emporté par la tempête Alex en 2020[54].

Le temps de l’Universitas de Saint-Martin

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Installé sur son promontoire au carrefour des vallons du Boréon et de la Madone de Fenestres, le castrum de Saint-Martin fut dirigé par une Universitas (Communauté) des hommes du lieu relativement autonome avant la conquête menée par le comte de Provence dans le premier tiers du XIIIe siècle. De Consulat, l’Universitas devint syndicat, soumis à l’autorité de l’officier du comte, le baile. Mais sa position éloignée et au pied des Alpes lui permit de conserver une partie de son autonomie contre la reconnaissance nominale et judiciaire du pouvoir comtal. Le village fut alors incorporé dans la viguerie du Val de Lantosque[55].

Ce fut le temps de la construction progressive du territoire communal, par essartages et conquêtes sur les communautés voisines à la suite de nouvelles guerres locales[52].

La Communauté s’appropria progressivement les ressources économiques, principalement les pâturages (les Bandites) et les forêts, territoires régaliens et sources importantes de revenus[52]. Elle réussit à se faire céder les derniers droits féodaux (moulins et fours) abandonnés par les seigneurs à l’extrême fin du XIVe siècle[56]. Saint-Martin venait de changer de souveraineté en passant sous la protection et l’autorité du comte de Savoie (1388)[57].

La Seigneurie de Fenestres

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Le village et son territoire étaient en partie soumis à de nombreux pouvoirs seigneuriaux : ceux de la famille des comtes de Vintimille mais aussi ceux d’une seigneurie ecclésiastique. La seigneurie de la Madone de Fenestres, ancienne possession de l’abbaye piémontaise de Pedona, détenait un riche patrimoine foncier composé d’un grand nombre de parcelles de terres pour lesquelles les exploitants devaient verser les taxes de reconnaissance[58].

Dès la fin du XVIe siècle, la seigneurie, adjointe à la paroisse de Saint-Martin, était « privatisée », administrée par les familles de la notabilité villageoise : Gubernatis, Raiberti, Cagnoli… avant de disparaître au temps de la Révolution[59].

Passage alpestre connu depuis la plus haute antiquité, le col de Fenestres permettait d’accéder au Piémont. Son chemin, était parfois appelé « route du sel ». Il s’agissait d’un axe stratégique pour le duc de Savoie (il lui donnait accès à la Méditerranée) car il assurait les échanges commerciaux entre plaine padane et le comté de Nice[60].

Situé au pied du col, le sanctuaire de la Madone de Fenestres, connu par un document de 1246, représentait un refuge-hospice d’altitude avant ou après avoir affronté la montagne minérale. Un halo de légendes tente d’expliquer sa création. Il protège une statue sacrée et miraculeuse dont l’origine légendaire renvoie aux mythes christianisateurs de la Provence (Marie Madeleine, Marthe, Lazare…) et à une protection des Templiers totalement inventée[61].

Devenu italien en 1861, le sanctuaire resta propriété de l’évêché de Nice. Son territoire, sur l’emprise de la commune de Saint-Martin, ne retourna à la France qu’en 1947[62].

Un village en développement

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Lors de sa chevauchée conquérante, le comte de Savoie reçut la dédition du village. Logeant, le , chez son fidèle Dobis, baile et notaire du village, Amédée VII obtint le mois suivant la reconnaissance du Val de Lantosque[63].

À cette époque, le village s’étendit progressivement en dehors de son enceinte fortifiée[64]. Une première ceinture d’habitats apparut au pied du castrum dès le XIVe – début XVe siècle, formant un premier quartier commercial lié au trafic transalpin. Le barri (la muraille en langue locale) et la porte Sainte-Anne en témoignent[40].

Le faubourg s’agrandit au siècle suivant au sud de l’église, là où était installée la place de la Frairio, qui rappelait l’importance politique de la confrérie du Saint-Esprit à l’origine de la constitution de la communauté villageoise[65].

L’extension du village se poursuivit progressivement vers le nord, le long du versant du vallon de Fenestres (le serro en langue locale), en direction de la place du Portal fermée par une autre porte fortifiée, qui n’était outrepassée qu’au XVIIe siècle finissant[40].

Au cœur du village, la Rue Droite, désormais parcourue par son canal central (le beal), à l’origine simple canal d’arrosage, était en fait un tronçon de la « route du sel ». Cette voie stratégique fut considérée durant plus de deux siècles comme vitale pour l’économie des états de Savoie, assurant la prospérité du village[66]. Les grands entrepôts de la Gabelle du sel étaient vraisemblablement installés dans le « palais » Gubernatis.

Une présence spirituelle sur tout le territoire

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On trouvait dans le village comme sur le territoire de Saint-Martin de très nombreux édifices religieux. En plus de l’église paroissiale, on a pu ainsi dénombrer 12 chapelles[67]. La plus ancienne semble être celle dédiée à saint Nicolas, érigée sur la rive droite du Boréon à un kilomètre au nord du village, en ruines. Plus proche, la chapelle Saint-Antoine, aujourd’hui transformée en garage, près de l’hôpital qui en a conservé le nom. La chapelle Saint-Grat, cédée à l’administration des douanes en 1867, fut construite à l’entrée nord du village.

Au sud, s’égrainaient les chapelles Saint-Lazare, Saint-Joseph, Saint-Bernard et celle des Saints-Roch et Sébastien toujours active.

À partir du village, près de la porte qui a conservé aujourd’hui son vocable, se dressait encore une chapelle dédiée à sainte Anne. Tout au nord, la chapelle de la Très Sainte Trinité est toujours sacralisée. Il exista même une éphémère chapelle à l’emplacement du lac actuel du Boréon.

Ce « chapelet » de chapelles était censé rassurer les croyants face aux angoisses de la vie quotidienne[68] et les préparer à leur vie dans l’Au-delà[69].

Saint-Martin possède également deux chapelles appartenant aux confréries de Pénitents[40]. Ces organismes laïques étaient des associations d’entraide. Ils s’occupaient des pompes funèbres, soutenaient les indigents par l’achat de médicaments, l’octroi d’aumônes, l’attribution de céréales en temps de disette… et participaient à une vie liturgique intense toute l’année[70].

Celle des Noirs est dédiée à la Madone de la Miséricorde et à saint Jean-Baptiste « le décollé ». Elle semble dater du XVe siècle. Elle renferme une riche iconographie.

Bannière des Pénitents noirs
La bannière de la confrérie des Pénitents noirs du village représente au recto une élégante Vierge de la Miséricorde, et au verso une Trinité. La Miséricorde représente le vocable habituel des Pénitents noirs qui sont placés sous sa protection. Elle en est la patronne avec saint Jean Baptiste.

Les Blancs possèdent une chapelle dédiée à la Sainte Croix. S’ajoutent à sa dédicace les représentations de saint Éloi, patron des muletiers et maréchaux-ferrants, et de saint Blaise sensé protéger des maux de gorge, tous deux en lien étroit avec la « route du sel ». À l’occasion de la fête de ce dernier, le , était pratiqué par le prêtre le rituel du coulagno, le « collier de saint Blaise »[71], toujours d’actualité dans le village voisin de Belvédère.

Gisant des Pénitents blancs.
La chapelle des Pénitents blancs possède un gisant sculpté en bois, grandeur nature, entouré de quatre angelots éplorés portant les instruments de la Passion. L'ensemble était porté en procession dans les rues du village par la confrérie dans la nuit du Jeudi Saint. Il était ensuite exposé le Vendredi, pour disparaître jusqu'à l'année suivante.

Aux douze chapelles rurales et de Pénitents, il faut encore ajouter l’église paroissiale et le sanctuaire de la Madone de Fenestres[72], qui complètent le paysage spirituel de la commune.

L’église paroissiale, qui existait vraisemblablement au cœur du castrum depuis le XIIIe siècle, fut fortement remaniée et agrandie au XVIIe siècle afin de répondre aux nouveaux canons de l’art baroque. Les cultes du Rosaire, des Âmes du Purgatoire, de la Bonne Mort promus par le Concile de Trente y sont mis à l’honneur dans les chapelles latérales[40].

Saint Dominique de la chapelle du Rosaire dans l'église paroissiale
Cette sculpture, attribuée à maître Odolino, est datée de l'extrême fin du XVIIe siècle. Saint Dominique est reconnaissable à l'étoile qu'il porte sur son front. Il fait partie de la chapelle du Rosaire, datée de 1697, érigée dans l'église paroissiale. Il accompagne une autre sculpture, représentant sainte Catherine de Sienne. Ces deux statuaires ont été commandées par voeu testamentaire de la famille Raiberti.

À l’intérieur et tout autour de l’église s’étendait le cimetière, lieu commun qui accueillait également les foires commerciales et le parlement général des chefs de familles. Il fut déplacé à l’extérieur de la ville après les lois sardes de 1784, pour des raisons hygiénistes.

La Communauté, seigneur de Saint-Martin

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Un événement d’une extrême gravité se déroula en 1684. Jérôme Marcel Gubernatis, deuxième président au Sénat de Nice, bientôt plénipotentiaire du duc auprès des cours de Madrid et de Rome, obtint le titre de comte de Saint-Martin en rachetant la dette de la communauté villageoise[56]. Le village perdit ainsi ses « libertés médiévales » au profit d’un seigneur féodal. La rapide réaction des familles de la notabilité permit de racheter cette même dette auprès de la Chambre des comptes, et de récupérer le titre seigneurial au profit de la communauté villageoise qui devenait « seigneur d’elle-même »[73]. Gubernatis obtint toutefois, en compensation, le titre comtal de Bonson.

Des siècles de guerre en Vésubie

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L’époque Moderne est, pour le village, un temps de guerres. Après avoir mis fin aux incursions militaires des voisins, les Lascaris de Tende, Saint-Martin participa à son corps défendant au cycle des guerres d’Italie[74], voyant le passage des troupes, amies ou ennemies, qui toutes vivaient sur le pays[75].

En témoignent encore les reliques de ses murailles, entretenues jusqu’à la fin du XVIIe siècle par la communauté villageoise, qui m’empêchèrent pourtant pas le village de devoir loger les troupes de passage à ses frais, entre pillages et réquisitions[76]. Ce fut le cas lors des guerres de la ligue d’Augsbourg, puis celles pour la succession au trône d’Espagne, et plus tard à celui d’Autriche.

Avec la disparition de la forteresse de Nice en 1706[77], considérée comme l’une des plus formidables d’Europe[78], la guerre fut désormais reportée en montagne[79].

La Révolution en Vésubie

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Après l’invasion Révolutionnaire du Comté de Nice en , Saint-Martin fut de nouveau plongé dans les affres de la guerre. Dès , après la bataille de Belvédère, le village fut investi[80]. Suite à l’échec des Révolutionnaires devant le site fortifié de l’Authion en juillet[81], le front se stabilisa. Mais le village fut de nouveau au centre des combats lors de la tentative de contre-attaque du duc d’Aoste en octobre. Saint-Martin resta sur la ligne de front durant de longs mois, occupé par les Français[82].

Parallèlement à ces combats « de position », une « petite guerre »[83] fut conduite par les milices villageoises, appelées Barbets par les Français. Guérilla menée sur les arrières des troupes françaises, ces actions maintinrent une tension permanente mais amplifièrent les exactions des soldats révolutionnaires. L’occupation s’avéra d’une grande violence durant plusieurs années, marquée par des réquisitions, des meurtres, des pillages, par la destruction des arbres fruitiers, etc. C’est le capitaine Cagnoli qui dirigea la milice locale[84].

La dernière contre-attaque sarde de fut un échec qui mit officiellement fin au conflit (Traité de Paris de ). Si la paix revint difficilement en Vésubie avec la disparition des bandes de Barbets livrées à elles-mêmes et pourchassées par des colonnes mobiles, l’Empire apporta un temps plus apaisé, durant lequel la population subit pourtant une grave crise économique. La ponction humaine des conscrits, appelés à participer à l’aventure napoléonienne, raviva régulièrement les tensions politiques. Il en demeura pourtant une mémoire, honorée sous le Second empire par les « médailles de Sainte-Hélène » rappelant la participation des vétérans à la conquête de l’Europe[40].

XIXe siècle

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1814 marqua le retour du Comté de Nice à son souverain légitime. Victor-Emmanuel restaura l’ordre ancien. Mais l’acquisition de Gênes par les états de Savoie provoqua rapidement de profondes transformations économiques. Si le commerce transalpin quitta en grande partie la Vésubie au profit de la Roya, dotée dès le XVIIIe siècle d’une voie carrossable, le comté de Nice resta un territoire fiscalement peu taxé. La disparition du port-franc de Nice, surclassé par celui de Gênes, provoqua une profonde crise. Le comté, longtemps zone franche, était désormais imposé comme l’étaient les autres provinces des états de la maison de Savoie[85].

Les bouleversements politiques du XIXe siècle (les revendications démocratiques et la marche vers le Risorgimento) eurent d’importants effets sur le village. Certains notables, comme Hilarion Cagnoli (fils du comte de Sainte-Agnès) participèrent à la tentative de renversement du roi Charles Félix en vue d’imposer un régime parlementaire. L’arrivée au pouvoir de Charles Albert et l’acceptation du Statuto lui permit d’être réhabilité. Il devint par la suite maire de Saint-Martin. C’était le père du docteur Joseph Cagnoli, également maire du village lors de la Grande Guerre. La rue principale du village lui doit son nom[86].

Mais le grand bouleversement du XIXe siècle resta celui de l’Annexion française de 1860. Le village, mené par les édiles et avec la bienveillance de l’Église, vota à l’unanimité des suffrages exprimés (425) « oui » au plébiscite du rattachement à la France[87].

L’Annexion française

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Certains Saint-Martinois avaient pourtant participé à l’unification italienne. En témoigne l’inscription de ses victimes sur le Monument aux morts. Certains même semblaient s’être engagés dans l’aventure des Mille de Garibaldi[40]. Après le plébiscite d’, peu nombreux furent ceux qui firent le choix de l’Italie[88].

Plaque-borne frontière 1861-1947
Cette plaque frontière, appelée cippe en Italie, marquait la limite entre les deux pays dès 1861, dans le vallon du Boréon, au lieu-dit Les Trois Ponts, qui enjambait le torrent. L'une porte l'inscription française, et l'autre italienne, suivi d'un numéro d'ordre. D'autres plaques de ce type se trouvaient dans le vallon voisin de Fenestres. Elles deviennent obsolète en 1947 lors de la rectification de la frontière portée sue la ligne de partage des eaux.

Saint-Martin, désormais village frontière, fut victime du nouveau tracé. Si une administration française, gage de renouveau économique, s’installa au village (douaniers, gendarmes, instituteurs…), la partition du territoire communal par la frontière (les hautes vallées du Boréon et de Fenestres étant désormais en Italie) posa rapidement de graves problèmes. Les propriétaires de terrains au-delà de la nouvelle frontière devaient obtenir des laissez-passer pour se rendre chez eux et ramener leurs productions agricoles. La commune elle-même n’était plus totalement maîtresse de ses alpages ni de ses forêts[89].

Le nouveau roi d’Italie, Victor Emmanuel II, obtint ainsi de conserver ses « chasses royales » en s’accordant avec Napoléon III. Il conservait en fait la maîtrise des cols stratégiques, Fenestres et Cerise pour Saint-Martin, bientôt fortifiés par ses successeurs[90].

À l’époque de l’Annexion, le village de Saint-Martin connut de profondes transformations dès l’apparition du phénomène touristique. Il fut rapidement baptisé « capitale de la Suisse niçoise » (1864). Une nouvelle route relia le village à la côte (1874). Saint-Martin devint le lieu de villégiature de nombreux hivernants chassés du littoral par les chaleurs estivales. Ils venaient y retrouver la fraîcheur de la montagne et la pureté de l’eau[91].

L’extrême frontière

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L’animation de la nouvelle frontière fut le fait des douaniers côté français, des Guardie di Finanze côté italien. Un semis de postes de douanes émailla le paysage des vallées du Boréon et de Fenestres. Un bureau d’enregistrement fut installé au village, initialement derrière la mairie. Le commerce transalpin resta vivant, comme l’était désormais la contrebande[92].

La frontière se militarisa à la même époque. Aux Bersaglieri et Alpini italiens répondaient désormais les Chasseurs Alpins en manœuvre et bivouac chaque année au village[93]. Un « camp Kellermann », du nom du général victorieux de la bataille de Valmy, fut installé chaque été au quartier Saint-Nicolas[40].

Ces personnages familiers du paysage alpin aidèrent à l’intégration des populations locales à la nouvelle Nation. Ils offraient une réelle opportunité d’ascension sociale à de nombreux villageois, désormais instruits par l’école française, en leur permettant une carrière dans l’Administration[40].

La Belle Époque

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Comme symbole de son entrée dans l’économie touristique, Saint-Martin érigea une nouvelle mairie (1863) en dehors du village, accompagnée d’une place et d’une Promenade. Les estivants étaient déjà nombreux peu après l’Annexion à venir passer la saison à l’hôtel des Alpes (1867). D’autres structures hôtelières furent rapidement construites. Le village en comptait 18 dans l’entre-deux-guerres[40].

De nombreuses villas de villégiature furent construites. Elles permirent à certaines familles de s’installer à demeure. Plus d’une centaine de maisons furent finalement réalisées autour de l’agglomération ancienne (villa Les Cèdres, chalet Antonia, Saint-Léger…), créant de nouveaux quartiers. Une notabilité niçoise mais aussi européenne se retrouvait chaque été au village[40].

Les nombreuses interactions entre les villégiateurs et la population locale transformèrent profondément le milieu social du village. Le marché des denrées alimentaires se développa, un artisanat local se spécialisa… une usine électrique fut créée au village (la « 2e » en France selon une légende locale). Cette dernière était l’œuvre d’un ferblantier du village, Joseph Mottet, qui ouvrit la première usine dès 1893[94].

En 1889, pour améliorer son image touristique, le village demanda et obtint le changement de nom, devenant désormais Saint-Martin-Vésubie, sur décret présidentiel[44].

Si les routes permettaient désormais de relier Nice dans la journée, l’ouverture des gorges au sud de la vallée, à l’extrême fin du XIXe siècle, divisa encore par deux le temps de transport depuis la capitale azuréenne. L’arrivée du tramway en 1909 accentua encore ce phénomène. Il fut possible désormais de réaliser quatre allers-retours journaliers à Nice. Le bois et le lait parvinrent également plus facilement aux marchés de la côte, renforçant le développement économique du village[91].

La découverte de la montagne

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C’est aussi à Saint-Martin-Vésubie que l’activité sportive de montagne s’affirma. Née avec les premières excursions dès avant l’Annexion, la pratique de la montagne, qui se développa durant la Belle Epoque, connut un engouement irrésistible grâce à la promotion réalisée par le Chevalier de Cessole[95]. Fervent pratiquant venant régulièrement à Saint-Martin à partir de 1889, accompagné de ses guides locaux au premier chef desquels se trouvait Jean Plent (1ère Guide de haute montagne des Alpes-Maritimes), il fit connaître ses exploits grâce à la photographie et à ses nombreux écrits. Il est crédité de plus de 200 « premières » d’alpinisme. Président la section des Alpes-Maritimes du Club Alpin Français (CAF) dès 1900, il développa l’équipement de la montagne en installant des refuges (à la Maïris ou aux Adus)[96].

Ses projets le conduisirent dès 1911 à vouloir créer un champ de ski à la Colmiane, comme il l’avait fait les deux années précédentes à Peïra Cava et aux Launes de Beuil. Mais la proximité de la frontière lui opposa le veto de l’armée. La station ouvrit finalement, mais deux décennies plus tard[97].

La Grande Guerre

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C’est au temps des mandats de Joseph Cagnoli qu’éclata la Première guerre mondiale. Maire attentif au développement de son village, il soutint également les habitants de la commune dont un fils, un père ou un frère était au front. Ses préoccupations patriotiques l’amenèrent à prodiguer l’aide municipale aux plus démunis. Sa municipalité accueillit 55 réfugiés du nord de la France et de la Belgique durant plusieurs mois.

Il eut le malheur de voir tomber 76 concitoyens durant les affrontements, ce qui l’incita à créer, dès 1919, une chapelle funéraire en leur mémoire dans le cimetière du village. L’originalité du lieu fut d’accueillir la dépouille de deux « Poilus », rapatriés dans leur ‘petite patrie’, alors que la quasi-totalité de leurs camarades fut inhumés dans les nécropoles nationales constituées près des lieux de combats[86].

Joseph Cagnoli mit fin à son mandat à l’issue de la Grande Guerre. C’est à son successeurs immédiat, le docteur Louis Fulconis, que revint la charge d’inaugurer le Monument aux morts qu’il avait imaginé. Mais cette cérémonie ne put avoir lieu que le .

Le maire d’une nouvelle Modernité

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Premier maire à n’être pas résident à l’année, le docteur Fulconis officiait à Nice la semaine et se rendait au village durant les week-ends. Fortement impliqué dans la vie de la capitale azuréenne ainsi qu’au niveau départemental, il fit profiter de son réseau le village, en y développant une politique de grands projets qu’il jugeait capables de renforcer l’attrait touristique.

De grands travaux d’aménagement furent lancés. Ils permirent au village de gagner en salubrité et de renforcer son image de « station estivale touristique ». Le titre, acquis par décret de 1922, donna la possibilité de créer un Syndicat d’initiatives et de prélever de nouvelles ressources fiscales comme la taxe de séjour. Plusieurs projets d’installation de casinos furent alors envisagés, sans qu’aucun ne puisse être finalement réalisé.

Une nouvelle école, à l’architecture moderne et aux dimensions remarquables, fut pourtant inaugurée en 1932, malgré la crise économique qui sévissait. L’attractivité du village commençait à pâtir de la situation (inter)nationale. L’Italie fasciste avait mis la main sur les forêts communales restées de l’autre côté de la frontière de 1860, faisant perdre ainsi aux villages ses ressources financières traditionnelles[98].

La Seconde guerre mondiale

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Quand débuta le second conflit mondial, la situation économique du village avait encore empiré. La déclaration de guerre du plaçait Saint-Martin en première ligne face à une Italie belliciste et revendicatrice. Les populations civiles furent évacuées dès le début du conflit, remplacées par les troupes de forteresse et alpines qui occupaient la ligne Maginot des Alpes. Débuta alors ce que l’on a coutume d’appeler la « Drôle de Guerre ». L’Italie n’ayant pas déclaré la guerre, les populations revinrent… pour quelques mois.

Le , après une nouvelle évacuation du village, l’armée italienne tenta les premières incursions sur les pentes de Saint-Martin. Elle fut repoussée. Durant une quinzaine de jours, la guerre frappa la Vésubie comme le reste de la ligne des Alpes, sans succès pour les transalpins. La ligne avait tenu. Le , les premiers contingents de civils revinrent au village[99].

L’État Français, dirigé par le maréchal Pétain, prononça rapidement la démission du maire Fulconis, radical-socialiste et franc-maçon. Le juge Louis Blanchard le remplaça à la tête d’une Délégation spéciale nommée par le préfet aux ordres de Vichy. Si les finances de la commune furent épurées par une subvention exceptionnelle que le Gouvernement consentit au village, la Délégation ne put que gérer les affaires courantes et tenta de soulager les souffrances sociales de ses concitoyens. Les difficultés économiques s’aggravèrent : aux prélèvements imposés par le nouveau régime s’ajoutaient les tickets de rationnement en nombre insuffisant et le développement du Marché noir. De plus, à la fin de chaque semaine, des Niçois venaient à vélo s’approvisionner à la campagne alors qu’en ville sévissait la pénurie.

Un temps, la section locale de Légion des Combattants français tenta de développer les nouvelles orientations de l’État autoritaire du Maréchal, sans grand succès si l’on en croit les rapports des renseignements généraux[100].

Juste parmi les Nations

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Le , tout changea. À la suite du débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le sud de la France fut envahi par les troupes allemandes et le sud-est par les troupes italiennes. Un contingent transalpin s’installa rapidement dans l’ancien hôtel Terminus (aujourd’hui la Bonne Auberge) pour y tenir caserne[101],[102].

Au printemps suivant, l’occupant imposa au village de devenir une « résidence forcée » pour plusieurs centaines de Juifs européens qui s’étaient jusqu’alors réfugiés sur la Côte afin d’échapper aux persécutions nazies. Opposées à la politique raciale de leurs alliés, les autorités militaires italiennes créèrent à Saint-Martin-Vésubie une résidence surveillée, où furent transférés quelques centaines de Juifs parmi les milliers de fugitifs qui avaient gagné la zone d’occupation transalpine. Saint-Martin, où les locaux touristiques disponibles ne manquaient pas, devint durant plusieurs mois un lieu de rassemblement pour des familles qui fuyaient devant le danger, certaines depuis plusieurs mois[103]. Les survivants en ont conservé la mémoire « d’un temps de répit »[104]. Sans que la vie ne soit facile — les restrictions alimentaires pesant sur le village étaient aggravées par ces nouvelles arrivées — une vie « normale » se développa. Les arrivants installèrent une école, une synagogue, entretinrent pour les plus jeunes des relations amicales avec les villageois.

Mais cet épisode prit fin au moment de l’armistice signée entre le nouveau gouvernement italien (après la chute de Mussolini) et les Alliés, information connue au village le [105]. Dès le lendemain, sur les pas des troupes italiennes regagnant la Péninsule, un millier de fuyards, hommes, femmes et enfants de tous âges, se lancèrent dans l’ascension des Alpes avec l’espoir de trouver la liberté de l’autre côté des montagnes. Un tiers d’entre eux se rendirent pourtant aux Nazis déjà installés en Piémont. Enfermés dans la caserne de Borgo San Dalmazzo, ils furent déportés quelques semaines plus tard en direction de Nice, Drancy puis Auschwitz d’où seule une petite vingtaine revint vivante. Les autres fugitifs furent cachés dans les vallées piémontaises avant, pour certains, de gagner l’Italie centrale ou la Suisse[106].

Certains « résidents » étaient restés à Saint-Martin. Ils furent, pour la plupart, raflés dès l’arrivée des Nazis (vers le ) qui effectuèrent plusieurs missions de ratissage dans le Haut Pays. À Saint-Martin, les victimes les plus nombreuses furent celles restées à l’hôpital, ou celles du home d’enfants « Le Clos Joli ». Quelques-uns furent cachés dans le village, qui compte aujourd’hui dix Justes parmi les Nations[105].

Note : Cet épisode apparait dans le livre Étoile errante de J. M. G. Le Clézio.

Jean-Claude Dreymann assis le premier à gauche avec sa sœur Cécile à côté de lui lors de la cérémonie.

Le commandant de la brigade de Saint-Martin-Vésubie, le maréchal des logis-chef Landry Mangon et sa femme, Adrienne Mangon, ont caché Jean-Claude Dreymann, un petit enfant de quinze mois ; un autre gendarme de la brigade, Joseph Fougère et sa femme, Yvonne Fougère, ont caché, de leur côté, sa sœur aînée, Cécile, âgée de cinq ans, en la faisant passer pour leur propre fille. Les deux enfants restèrent cachés dans la gendarmerie pendant plusieurs mois ; leur mère, enceinte de huit mois, a pu ainsi échapper avec sa famille à la rafle du . Les deux gendarmes et leurs épouses ont reçu, à titre posthume, le titre de « Justes parmi les nations » au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée à Saint-Martin-Vésubie le [107].

La plupart des fugitifs en Italie sont arrêtés à la suite de dénonciation de la part de saint martinois collaborateur, internés au camp de concentration de Borgo San Dalmazzo et déportés à Auschwitz par Nice, Drancy et les convois 64, 65 et 66[108].

Le , la ville est à son tour reconnue commune membre des Villes et Villages des Justes de France. À cette occasion, Pierre-François Veil, président du comité français pour Yad Vashem, a inauguré une stèle en hommage aux Justes et aux juifs de la commune déportés en 1943, aux côtés d'Éric Ciotti, député de la 1re circonscription des Alpes-Maritimes[109].

Libération et après-guerre

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Au lendemain du débarquement en Provence, Saint-Martin fut libéré par les Résistants ()[110]. La caserne des douaniers Allemands (l’hôtel Victoria) fut rapidement encerclée, et sans solution, ses occupants se rendirent au Capitaine Morgan, de son vrai nom Georges Foata, venu épauler le groupe local dirigé par l’ancien notaire démis de ses fonctions, Paul Sola.

Mais les mouvements de repli de l’armée allemande sur la ligne des Alpes provoquèrent un nouvel épisode tragique au village. Le , il fut investi par près de 800 hommes de troupes. Cinq victimes civiles furent à déplorer, tuées par les tirs de mortiers qui précédèrent l’arrivée des troupes allemandes. N’y trouvant pas trace des Résistants heureusement évacués avant leur venue (le groupe Hochcorn), ils se contentèrent de piller Saint-Martin jusqu’au lendemain avant de gagner leurs positions sur les cols[111].

Début septembre, l’arrivée des troupes américaines gela la situation. Les belligérants se faisaient face, tentant quelques approches par patrouilles interposées, mais restèrent sur leurs positions[112].

Au village, un Comité local de Libération fut mis en place sous l’autorité d’Adrien Ferrier, regroupant des représentants des forces de la Résistance. Sa principale préoccupation fut liée au ravitaillement et au logement des troupes de défense, avant qu’un nouveau Conseil municipal ne puisse être élu. Installé le , il fut encore présidé par Adrien Ferrier avant que celui-ci ne démissionne pour conserver son poste d’enseignant et céder la place à Jacques Mario[40]. Une première femme en faisait partie, Philomène Solimeïs, née Airaudi.

Le temps de la Reconstruction fut, pour Saint-Martin, celui du renouveau du tourisme. Le village connut une nouvelle prospérité grâce aux flux de vacanciers et au développement des résidences secondaires. Les années 1950-1960 furent marquées par un réel dynamisme économique mêlant tourisme, grands travaux et derniers éclats d’une agriculture vieillissante.

Mais la population touristique avait profondément changé. La déprise agricole se confirma, accentuée par un phénomène de génération : les exploitations n’étant pas reprises par les jeunes qui partaient vivre en ville. Les années 1980 furent celles de la décroissance démographique.

Ce ne fut qu’à la fin des années 1990 qu’une nouvelle génération s’installa au village, sans pour autant retrouver le dynamisme des années fastes. Les politiques massives d’investissement du Conseil départemental dans l’équipement touristique maintinrent une part de l’activité et l’orientèrent vers les activités sportives et de loisirs.

Tempête d'octobre 2020

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Le , lors de la tempête Alex, le torrent Boréon et les rivières Vésubie et Tinée montent de 7 à 8 mètres au-dessus des niveaux habituels, ce qui provoque de nombreux dégâts matériels à Saint-Martin-Vésubie, dont l'effondrement du pont Maïssa qui franchissait le Boréon, l'emportement de la station-service, de la caserne des pompiers, d’une partie de la zone artisanale et de la gendarmerie du village[113].

Politique et administration

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Tendances politiques et résultats

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Liste des maires

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Liste des maires, syndics et bailes successifs à partir de 1908
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1908 1919 Joseph Cagnoli    
1919 1940 Louis Fulconis    
1940 1945 Louis Blanchard    
1945 1947 Jacques Mario    
1947 1949 Louis Fulconis    
1949 1953 Marius Martin    
1953 1981 Charles de Cacqueray    
1981 1989 Célestin Airaudi    
1989 2014[114] Gaston Franco UMP  
2014 2020 Henri Giuge UMP-LR Chirurgien dentiste
2020 2026 Ivan Mottet LR Ancien cadre[115]
2026 en cours Jean Christophe Teobaldi    

Budget et fiscalité 2024

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Hôtel de ville de Saint-Martin-Vésubie.
Hôtel de ville de Saint-Martin-Vésubie.

En 2024, le budget de la commune était constitué ainsi[116] :

  • total des produits de fonctionnement : 2 276 000 €, soit 1 630 € par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 1 532 000 €, soit 1 098 € par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 1 075 000 €, soit 770 € par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 545 000 €, soit 391 € par habitant ;
  • endettement : 13 000 €, soit 9 € par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 11,64 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 24,53 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 15,37 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2021 : médiane en 2021 du revenu disponible, par unité de consommation : 21 270 €[117].

Jumelage

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Population et société

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Démographie

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Évolution démographique

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L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[118]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[119].

En 2023, la commune comptait 1 337 habitants[Note 3], en évolution de −5,24 % par rapport à 2017 (Alpes-Maritimes : +4,16 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
1 1049171 2181 3711 6911 8131 7982 0842 037
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
2 0022 0041 9521 9681 6431 7201 9791 9781 909
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 5111 5151 5281 5331 3541 1151 1311 0471 188
1982 1990 1999 2004 2006 2009 2014 2019 2023
1 1561 0411 0981 3001 3311 3251 3911 4441 337
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[120] puis Insee à partir de 2006[121].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

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Établissements d'enseignements[122] :

  • Écoles maternelle et primaire[123],
  • Collèges à Roquebillière, Saint-Sauveur-sur-Tinée,
  • Lycée à Valdeblore.

Professionnels et établissements de santé[124] :

  • Médecins,
  • Pharmacies à Saint-Martin-Vésubie, Roquebillière,
  • Hôpitaux locaux dont Hôpital Saint Antoine[125].

Économie

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Entreprises et commerces

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Agriculture

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Tourisme

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  • Restaurants[127],
  • Hôtels[128],
  • Chambres et tables d'hôtes, Meublés de tourisme, Gîtes d'étape,
  • Campings.

Commerces

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  • Commerces de proximité[129],
  • La Brasserie du Comté de Nice[130].

Culture locale et patrimoine

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Lieux et monuments

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Saint-Martin-Vésubie possède un important patrimoine religieux, église paroissiale et patrimoine des confréries de pénitents noirs et blancs[131] :

église Notre-Dame-de-l'Assomption[132] : l'église a été construite au XIIe siècle par les Templiers et a été modifiée en 1694. Église du XVIIe siècle caractéristique du Baroque niçois. Elle possède plusieurs retables : retable du Rosaire de 1697, quatre panneaux datés de 1510 d'un retable attribué à l'école de Louis Bréa[133].
chapelle des Pénitents Blancs[134], chapelle Sainte-Croix, datant de la fin du XVIIe siècle. Elle possède un clocher coiffé d'un bulbe. La façade est ornée de sculptures de Giovani Parini de 1847. L'église possède une belle décoration baroque du XVIIe siècle, grand maître-autel et peintures sur les murs[135].
chapelle des Pénitents Noirs[136], chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde. La chapelle a été construite au XVe siècle. Après l'incendie de 1470, elle a remplacé l'église paroissiale, le temps de la reconstruire. Le maître-autel a la forme d'un tabernacle couronné par deux anges dominé par un « martyre de saint Jean-Baptiste » sous le regard d'une Vierge étoilée de l'Assomption. Plusieurs tableaux sont installés sur les murs de la chapelle : une « Sainte Famille », « Le Christ au Temple », « Saint Pierre et saint Lazare », « La Madone de Fenestre » datée de 1655. La décoration date du XVIIe siècle[137].
Autres chapelles et anciennes chapelles[138] :
Chapelle Saints Sébastien et Roch[139],
Chapelle de la Trinité,
Chapelle Saint-Nicolas d'Anduébis,
Chapelle Saint Jean,
Chapelle Saint Antoine,
Chapelle Saint Grat,
Chapelle Saint Bernard de Nantelle.
Prieuré de Saint-Nicolas-d'Andobio : il subsiste des ruines de ce prieuré - abside sous cul-de-four - près de l'embranchement de la route vers Venanson. C'est un ancien prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye de Saint-Dalmas-de-Pedona. Il est cité en 1067. Il est confirmé dans la liste des possessions de cette abbaye par le pape Innocent IV en 1246.
Monuments commémoratifs :
Monument commémoratif de l'Exode Biblique des Juifs[140] de Saint-Martin[141],[142].
Monument aux Morts[143].
Plaque commémorative du 3e R.I.A. F.F.I[144].
Stèle commémorative Roger Maccario[145].

Autres éléments de patrimoines :

Château Gubernatis[146] ou palais Gubernatis[147].
Villa Marion ou Les Cèdres[148].
Palais Raiberti[149].
Ouvrage d'infanterie du secteur fortifié frontalier dit ouvrage intermédiaire du Col du Fort[150].
La ville possède des vestiges de ses remparts du XIVe siècle. Des quatre portes que possédait la ville, il ne subsiste que la porte Sainte-Anne[151]. L'église et les bâtiments claustraux avaient été rebâtis en 1439. Avant la Seconde Guerre mondiale, les processions pour la Madone de Fenestre se formaient devant ce bâtiment.
Plaques de rues :
Plaque de rue, rue Jean Martin.
Plaque de rue Louis Maïssa.
Plaque de rue Jacques Barraja.
Moulin transformé en Musée du Patrimoine[152].

La rue du Docteur-Cagnoli, voie étroite et en forte pente, a la particularité d'avoir un caniveau au milieu. Elle est bordée de maisons anciennes, comme la maison du coiffeur et la maison des comtes de Gubernatis[154] datant du XVIe siècle.

L'aménagement de la ville en station d'agrément à la fin du XIXe siècle a vu la construction de villas de la Belle Époque permet au visiteur de découvrir agréablement le pays. L'hôtel de ville[155],[156] et la place Félix-Faure datent de 1863.

Deuxième village électrifié de France (1893), Saint-Martin-Vésubie a conservé son usine électrique dans les locaux du Musée des traditions vésubiennes[158], où se trouvent également les anciens moulins communaux (XVe siècle). Tous les aspects du patrimoine de la Vésubie y sont présentés sur 400 m2 d'exposition. Lors de la tempête Alex de 2020, le musée est détruit, les 3 000 objets archéologiques et historiques de la réserve étant entraînés dans la rivière ; seule la partie du musée située dans les moulins édifiés en 1490 a été épargnée[159].

Le lac de barrage du Boréon.

Le sanctuaire de la Madone de Fenestre[160] se trouve au pied du col de Fenestre (2 474 m). Site exceptionnel (1 950 mètres), au cœur du Parc national du Mercantour, il permet des randonnées jusqu'en Italie (1 heure de marche). Le sanctuaire est un ancien prieuré bénédictin situé sur une ancienne voie romaine, il est devenu une commanderie des templiers et donné à l'Église au XVIe siècle. Après plusieurs incendies, la restauration du sanctuaire date du XIXe siècle. L'intérieur est de style baroque.

Le Boréon, autour de son lac (1 500 mètres), offre également une grande variété de randonnées, jusqu'au col de Cerise (Ciriegia, 2 543 m) sur la frontière italienne (2 h 30 de marche).Depuis peu[C'est-à-dire ?], le Centre Alpha présente une scénovision inédite sur le loup, dont on peut guetter les meutes dans le scénoparc adjacent.

De Saint-Martin-Vésubie peuvent être visités les villages alentour de Venanson (avec sa chapelle médiévale peinte), de Valdeblore (son église de l'an mil), de Belvédère (haut lieu festif du comté de Nice) et de Roquebillière (son église des Templiers).

Films tournés à Saint-Martin-Vésubie

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Héraldique

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Blason de Saint-Martin-Vésubie Blason
Parti : au 1er de gueules à la barre cousue de sinople chargée de trois étoiles de six rais d'or, au 2e d'azur à la montagne de deux pics d'or chargée de sapins de sinople sans nombre[161].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.
Alias
Alias du blason de Saint-Martin-Vésubie
Alias du blason de Saint-Martin-Vésubie
D’argent à la fleur de lys florencée d’azur soutenue d’une jumelle ondée du même, au mantel aussi d’azur chargé de trois étoiles d’or mal ordonnées.

Personnalités liées à la commune

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  • La famille de Gubernatis[162] faisait le commerce du sel. C'est la raison de son établissement sur les deux villes importantes de la route du sel reliant le Piémont à Nice, Saint-Martin-Lantosque et Sospel. Parmi ses membres éminents, on peut retenir :
    • Jean Jérôme Marcel de Gubernatis[163]. Il était né à Sospel en 1633, fils de Donat de Gubernatis et d'Anne-Marie Vivaldi. La richesse de sa famille lui permit de faire des études de jurisprudence à Bologne et devint docteur ès lois, littérateur et jurisconsulte. Il fut membre de l'académie d'Arcadie. Il devient podestat, ou juge ordinaire, de Nice en 1655. En 1656, il se marie avec Lucrèce Marie de Vintimille. En 1661, il est nommé sénateur au Sénat de Nice. Il devient chevalier de justice de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare en 1674. Puis il est président du Sénat de Nice en 1682. Il poursuit sa carrière en étant nommé ambassadeur du duc de Savoie Victor-Amédée II auprès des cours de Lisbonne, Madrid et Londres. En récompense de ses mérites, le duc de Savoie lui donna le fief de Saint-Martin-Lantosque en 1684. Mais, devant les protestations des habitants de Saint-Martin, le fief lui fut retiré au bout de sept mois. Il est fait la même année Commandeur de Saint-Gervais de Sospel. Mais le duc de Savoie le gratifia en le faisant comte de Bonson et l'investiture est célébrée en 1688. Il est nommé grand chancelier de Savoie le . Il meurt le en ayant réussi à entrer dans le monde de la noblesse niçoise.
  • Les géants Ugo, deux frères de taille exceptionnelle
  • Eugène Freyssinet meurt dans la commune
  • Éric Ciotti, conseiller général, président du Département, adjoint au maire de Nice, député.
  • Les 9 Justes parmi les nations de Saint-Martin-Vésubie[164],[165] :
    • Joseph Fougère, Yvonne Fougère, Jules Mangon, Marguerite Raibaut, Joseph Raibaut, Victorine Raibaut, Henriette Saissi, Paul Saissi et Fanny Vassalo.

Galerie

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Notes et références

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  1. ↑ Les records sont établis sur la période du au .
  2. ↑ La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.

Références

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  123. ↑ École maternelle et élémentaire
  124. ↑ Professionnels et établissements de santé
  125. ↑ Hôpital Saint Antoine
  126. ↑ Paroisse de la Vésubie
  127. ↑ Restaurants
  128. ↑ Hébergements
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  135. ↑ Chapelle Sainte Croix, sur montnice.fr/
  136. ↑ Association Montagne et Patrimoine: Chapelle de la Miséricorde
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Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • REZIO Lionel Barbets du Haut Pays… Une résistance à l’occupation française à l’époque révolutionnaire, Ed. de l’AMONT, Coll. Racines, n° 2, 2012
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  • Collectif (dir.), Le patrimoine des communes des Alpes-Maritimes en deux volumes, vol. II : Cantons de Menton à Villefranche-sur-Mer, Paris, Flohic Éditions, coll. « Le Patrimoine des Communes de France », , 574 p. (ISBN 2-84234-071-X)
    Canton de Saint-Martin-Vésubie : Saint-Martin-Vésubie, pp. 837-844
  • Saint Martin Vésubie : bossages erratiques; incendie de 1470; le Comté de Nice en 1850; murs et linteaux; mythe des têtes humaines; sites du 18e vallée de la Vésubie; tirants en bois
  • Saint-Martin-Vésubie, commune membre des villes et villages des justes de France. Hommage aux justes parmi les nations et aux réfugiés juifs déportés en 1943.
  • Sur le site patrimages Drac Paca :
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal, 4ème trimestre 1979, 1287 p. (ISBN 978-2-86535-070-4 et 2-86535-070-3)
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  • Charles-Laurent Salch, Atlas des villes et villages fortifiés en France, Début du Ve siècle à la fin du XVe siècle, Strasbourg, Editions Publitotal, , 495 p.
    Saint-Martin-Vésubie p. 266 et Carte n°14 Provence-Alpes-Côte d'azur
  • Philippe de Beauchamp, Photographies Loïc-Jahan, L'art religieux dans les Alpes-Maritimes, architecture religieuse, peintures murales et retables, Aix-en-Provence, Édisud, , 143 p. (ISBN 2-85744-485-0)
    Vallées de la Vésubie : Saint-Martin-Vésubie, p. 66
  • Saint-Martin-Vésubie, sur montnice.fr/
  • Chiffres clés publiés par l'institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Dossier complet
  • Inventaire national du patrimoine naturel de la commune
  • Cavités souterraines naturelles et ouvrages civils
  • Le Trou du diable, sur www.chroniques-souterraines.fr/

Articles connexes

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Liens externes

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