Rombaut de Malines

moine anglo-saxon
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Saint Rombaut (ou Rumold, Rumoldus) est un missionnaire du VIIe siècle qui évangélisa le centre de la Belgique et plus particulièrement le Brabant.

Rombaut de Malines
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Activité
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Étape de canonisation
Fête
Vue de la sépulture.

Selon la tradition, il était d’origine noble et évêque de Dublin avant de quitter sa charge pour évangéliser la région de Malines, et y être assassiné le 24 juin 775 par deux hommes auxquels il reprochait leur détestable style de vie.

Il est fêté par l’Eglise catholique le 24 juin.

Patron de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles il y est vénéré comme évêque, saint et martyr le 1er juillet. La cathédrale de Malines lui est dédiée.

Le diocèse de Dublin le fête le 3 juillet.

Martyrologe romain

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Le martyrologe romain annonce :

"Anglo-saxon de naissance, il était épris de sainteté. Il se rendit à Rome tout en prêchant l'Évangile sur sa route. Après avoir visité le tombeau des apôtres, il s'en vint en Gaule et resta à Malines en Belgique où il fonda un monastère. Évêque, il connut la jalousie des païens et fut assassiné par deux scélérats auxquels il reprochait leur conduite. Il est le patron de la ville de Malines (actuellement Malines – Mechelen – se trouve dans la province belge d'Anvers) et la cathédrale y est sous son patronage.

Au martyrologe romain le 24 juin, il est également fêté le 1er juillet dans le diocèse de Malines.

À Malines en Brabant, l'an 775, saint Rombaut, que l'on vénère comme ermite et martyr."

Hagiographie

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La vie de St Rombaut est connue essentiellement par la Vita Rumoldi (vie de saint Rombaut) écrite au XIe siècle par l'abbé Theodorus de Saint-Trond (+ 25 avril 1107), plus de trois siècles après la mort du saint, qui mêlent l’histoire et la légende, et dont on connaît aussi une version augmentée datant du XVe siècle[1],[2].

Mort de l'évêque Walraf et apparition d'un ange qui demande d'élire Rombaut
Mort de l'évêque Walraf et apparition d'un ange qui demande d'élire Rombaut (par Conijn de Coter)

Saint Rombaut était fils du roi des scots David et de la reine Cécile. A la mort de l’évêque de Dublin, Walraf, un ange ordonne qu’on élise Rombaut comme son successeur. Il accomplit dignement sa charge en prêchant la foi et en guérissant les malades, mais à la mort de son père, le Seigneur lui ordonne de renoncer à son évêché.

Il quitte alors son pays et gagne la France par la mer. Là, il rend la vue à un aveugle et continue son chemin jusqu’à Rome pour remettre sa démission et ses insignes épiscopaux au pape. Il veut se retirer du monde et subir le martyre. Mais, par un songe, il est envoyé évangéliser la région de Malines. En chemin, il guérit un possédé.

St Rombaut rend la vie au jeune Libert
St Rombaut rend la vie au jeune Libert (vitrail de la cathédrale de Malines)

Arrivé à Malines, il trouve la protection du comte Adon et de la comtesse Elise qui se désole de ne pas avoir d'enfant. St Rombaut leur promet qu'ils auront un fils. Quand l’enfant naît, il le baptise et lui donne le nom de Libert – le futur Saint Libert de Malines, martyr. Un jour que cet enfant joue sur le bord de l'eau, il glisse et se noie. St Rombaut le ressuscite par ses prières après que l’enfant soit resté trois jours sous l’eau. En reconnaissance, le comte et la comtesse lui donnent un domaine dans lequel il fonde un monastère[3].

Mais alors que St Rombaut a réprimandé un des maçons qui construisent son église, coupable d’adultère, celui-ci organise avec quelques compagnons le meurtre du saint, pour se venger. C’est ce qu’ils font le 24 juin 775 et, pour cacher leur crime, le jettent à la rivière.

Cependant, la légende ne s’arrête pas là.

Une lumière apparaît chaque nuit au-dessus de l’eau, qui permet de retrouver après plusieurs jours le corps intact et de l’ensevelir dignement, par les soins du comte Adon, dans l'église de Saint-Étienne, l'église abbatiale, qui reçoit bientôt le nom de Saint-Rombaut.

Et les miracles commencent…

St Rombaut protège la ville de Malines contre les attaques des Huns, puis des vikings danois et des normands.

Langerus, un prêtre très débauché, perd la vue à deux reprises mais la recouvre grâce aux prières de saint Rombold.

Un chevalier nommé Hélinard, tué lors d'une partie de chasse, ressuscite lorsqu'on le place devant le tombeau de saint Rombaut. Un paralytique est guéri et trois personnes possédées par des démons en sont libérées au tombeau du saint.

Lors d'un long siège de la ville de Malines, il assure la victoire d’un capitaine portant une côte de saint Rombaut attachée à son bouclier.

Biographie

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Cette légende a été étudiée et analysée par les Bollandistes dès le XVIIIe siècle[4].

Selon cette étude, la vita Romuldi nous renseigne sur la vie et les inquiétudes de l’Eglise de Malines au XIe siècle, mais ne nous fournit aucune information fiable sur la vie du saint, tant cette vita s’inspire des vies des autres évangélisateurs irlandais ou anglo-saxons, comme St Colomban, St Boniface ou St Willibrord.

On en retiendra que St Rombaut a été un évangélisateur du Brabant, qu’il est mort martyr à Malines[4] et que son culte s’est rapidement propagé à partir de cette ville.

Les reliques contiennent un partie du crâne, des vertèbres, quelques côtes, une partie du bassin, les humérus et fémurs, ainsi qu’une dizaine d’autres ossements[5]. L’analyse de ces reliques faite en 2008[3] montre qu’il a vécu au VIIe siècle, et est mort entre 620 et 690. Cette datation correspond d’ailleurs mieux au développement de la foi chrétienne dans ce qui est aujourd’hui la Belgique, qui était déjà fort bien implantée dans la région de Malines et Bruxelles, au centre de la Belgique dès l’an 800, ce qui serait difficilement explicable si St Rombaut était mort en 775 comme le raconte son hagiographie.

Statue de St Rombaut
Statue de St Rombaut au sommet du maître-autel de la cathédrale (sculpture de Lucas Faydherbe)

Après la mort de St Rombaut, son culte s’est rapidement développé. On transféra par la suite ses reliques dans une église qui lui est dédiée à Malines. Le monastère devint une collégiale, puis une cathédrale.

Au IXe siècle, les litanies de Cologne, Bavière et Paris mettent saint Rombaut au nombre des saints[6].

Sa châsse de 1369 fut détruite en 1578 pendant les guerres de religion qui ensanglantèrent la Belgique et les Pays-Bas. Cette perte fut réparée en 1631, au moyen d'une seconde châsse en argent; elle fut enlevée en 1794, à l’invasion des armées françaises, et portée à la monnaie de Bruxelles. Enfin, en 1825, à l'occasion du jubilé semi-séculaire qui fut célébré à Malines, le diocèse fit confectionner une nouvelle châsse d'argent qui existe encore aujourd'hui[6].

On procède à la "reconnaissance" des reliques tous les 50 ans, la dernière fois en 2025[7]. La reconnaissance consiste à ouvrir le reliquaire et à en présenter le contenu aux fidèles qui peuvent ainsi constater la matérialité des reliques. A cette occasion, un rapport est établi et signé par l’évêque qui atteste l’état des reliques et leur authenticité. Le reliquaire fut déjà ouvert en 1479 en présence entre autres de Marguerite d’York et Marie de Bourgogne[7].

Il est le saint patron du diocèse de Malines, fondé en 1559[8].

Deux hautes décorations de l'église catholique belge sont les croix d'or et d'argent de Saint-Rombaut[9].

Iconographie

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Saint Rombaut debout devant son assassin
Saint Rombaut debout devant son assassin (collection Thijs, Université d'Anvers)

St Rombaut est souvent représenté comme un évêque terrassant un paysan qui le menace de sa houe ou de sa faux, en souvenir de son martyr. On peut trouver une telle statue dans l’église St Rombaut de Schepdal[8].

On le représente aussi en évêque évangélisateur, brandissant la croix, comme à la cathédrale de Malines par exemple.

La cathédrale de Malines conserve aussi une série de 25 tableaux du 16e S, dus à Conijn de Coter, Michel Coxcie, et autres, représentant la vie de St Rombaut[2].

Son iconographie le représente aussi ayant une couronne sur la tête, parce qu'il serait le fils d'un seigneur Scot (écossais ou irlandais)[10].

Bibliographie

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  • M. Boudin, A. Ervynck, M. Van Strydonck et M. Vandenbruaene, Relieken: echt of vals, Leuven, Davidsfonds, 2006.
  • J.B. S, De sancto Rumoldo episcopo et martyre Mechliniæ in Belgio, Acta Sanctorum des Bollandistes, 1775, Sec. VIII.

Liens externes

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Références

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  1. (de) « Rumold von Mechelen - Ökumenisches Heiligenlexikon », sur www.heiligenlexikon.de (consulté le )
  2. 1 2 « COLIJN DE COTER » [archive du ], sur www.paulverheijen.nl (consulté le )
  3. 1 2 (nl) « Sint-Rombout (Mechels stadspatroon, † tussen circa 620 en 690) », sur Stadsarchief Mechelen (consulté le )
  4. 1 2 (la) J.B. S., « Article Acta Sanctorum: De Sancto Rumoldo episcopo et martyre Mechliniæ in Belgio », sur Ökumenischen Heiligenlexikon, (consulté le )
  5. (nl) « Het gebeente van de heilige Rombout | Mechelen », sur www.erfgoedcelmechelen.be (consulté le )
  6. 1 2 Jean Michel, « Saint Rombaut de Malines, hiéromartyr en Belgique mérovingienne » Accès limité, sur Le blog de St Materne, (consulté le )
  7. 1 2 Geert De Kerpel, « Reliques de Saint Rombaut visibles pour la première fois depuis 50 ans », sur CathoBel, (consulté le )
  8. 1 2 (nl-BE) « RUMOLDUS (ROMBOUT) VAN MECHELEN », sur Zone Dilbeek (consulté le )
  9. ~ Communication UP de Ramillies, « La croix de Saint Rombaut pour 2 paroissiennes de notre UP », sur UNITE PASTORALE DE RAMILLIES, (consulté le )
  10. (en) British Musueum, « Sanctus Rumoldus Series: Saints connected with the House of Habsburg » Accès libre, sur https://www.britishmuseum.org (consulté le )