Saint militaire
Les saints militaires, saints guerriers ou les saints soldats sont des saints patrons, martyrs et autres saints associés aux militaires. À l'origine, ils sont composés des premiers chrétiens soldats dans l'armée romaine lors de la persécution des chrétiens, en particulier de 303 à 313 après JC.

La plupart des premiers saints militaires chrétiens sont des soldats de l'Empire romain devenus chrétiens. Après avoir refusé de participer au votum du culte impérial dans la Rome antique, ils sont soumis à la torture et au martyre.
La vénération de ces saints et surtout de saint Georges s’est renforcée dans l’Église latine à l’époque des croisades. Le titre d'athleta Christi est d'abord utilisé pour ces saints, mais le pape l'utilise pour des souverains contemporains lors du médiéval tardif.
De nouveaux saints guerriers sont ajoutés à partir du Moyen Âge.
Hagiographie
modifierDans l'Antiquité tardive, les hagiographes chrétiens, dont Sulpice Sévère dans son récit de la vie militaire héroïque de Martin de Tours, créent un genre littéraire qui reflètes les nouvelles valeurs post-romaines. Ce modèle permet de transformer les martyrs pacifiques de l'hagiographie antique tardive en héros chrétiens du Moyen Âge dans des sociétés dirigées par des guerriers professionnels et engagées dans des guerres saintes[1].
Iconographie
modifierLes saints militaires sont généralement représentés comme des soldats dans l'iconographie byzantine traditionnelle à partir de la dynastie macédonienne et en particulier lors de la christianisation des peuples slaves[2].
Alors que les premières icônes montrent des saints vêtus de façon anachronique censée être « classique », les icônes du XIe siècle et surtout du XIIe siècle, peintes dans le nouveau style τύπων μιμήματα (imitation de la nature), sont une source importante de connaissances sur l'équipement militaire médiéval byzantin[2].
Le motif du saint tueur de dragon se développe au Xe siècle, en particulier l'iconographie vue dans les églises troglodytes de Göreme, où les fresques du Xe siècle montrent les saints guerriers à cheval affrontant des serpents avec une, deux ou trois têtes[2].
Notes et références
modifier- ↑ Damon, John Edward. Soldier Saints and Holy Warriors: Warfare and Sanctity in the Literature of Early England. (Burlington (VT): Ashgate Publishing Company), 2003, (ISBN 0-7546-0473-X)
- 1 2 3 (en) Piotr Grotowski, Arms and Armour of the Warrior Saints: Tradition and Innovation in Byzantine Iconography (843–1261), BRILL, (ISBN 978-90-04-18548-7, lire en ligne)