Sallie Joy White

journaliste américaine

Sallie Joy White, née en et morte le , est une journaliste américaine. En 1870, elle devient la première femme reporter salariée d'un journal de Boston lorsqu'elle est engagée au Boston Post, et elle continue d'écrire pour des journaux locaux jusqu'à sa mort en 1909. Elle cofonde la New England Woman's Press Association et est membre du bureau de plusieurs associations de presse nationales.

Sally Joy White
Description de l'image Sallie Joy White.jpg.
Nom de naissance Sarah Elisabeth Joy
Naissance
Brattleboro, Vermont, États Unis
Décès
Dedham, Massachusetts, États Unis
Profession
Journaliste

White est une fervente militante du droit de vote et de l'éducation des femmes. Proche de la suffragette Mary A. Livermore, elle accompagne et conseille à son tour d'innombrables jeunes femmes tout au long de sa carrière. Elle contribue également à ouvrir la profession journalistique aux femmes à une époque où celles-ci restent très minoritaires dans la presse américaine.

Enfance et éducation

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Sarah Elizabeth « Sallie » Joy naît à Brattleboro, dans le Vermont, en 1847. Fille unique de Samuel et Rhoda Joy, elle fréquente la Glenwood School for Girls. Dès son adolescence, elle publie des articles, des poèmes et des nouvelles dans des journaux et revues locaux, parfois sous le pseudonyme de « Flora Forrest ». Après ses études, elle s’installe à Charlestown, dans le Massachusetts (aujourd’hui un quartier de Boston), où elle vit chez des amis de la famille[1].

Carrière

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Elle travaille quelque temps comme institutrice avant d'être embauchée comme assistante à la bibliothèque circulante Loring. Celle-ci est alors un lieu de rencontre pour les auteurs et les intellectuels, et elle y fait la connaissance de deux femmes qui deviennent ses mentores : une rédactrice de magazine nommée Mme Bingham et la suffragette Mary A. Livermore. Durant cette période, elle continue de publier des articles dans des journaux et des revues de Nouvelle-Angleterre[1].

Durant l'hiver 1869, lorsque son employeur augmente ses heures de travail sans augmenter son salaire, elle écrit dans une lettre à sa mère qu'elle prévoit de quitter cet emploi dès qu'elle pourra trouver autre chose, ajoutant : « Je ne me laisserai intimider par aucun homme. »[1].

Journalisme

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À l'invitation de Livermore, elle commence en 1870 à travailler pour le Woman's Journal. Ce poste doit toutefois être temporaire, car Livermore et Bingham estiment qu'elle serait plus utile au mouvement féministe en tant que journaliste pour la presse traditionnelle. Livermore la présente alors à plusieurs rédacteurs en chef et, en février, elle est engagée par le Boston Post pour couvrir la Convention pour le suffrage féminin dans le Vermont. Ses reportages sur la convention attirent rapidement l’attention. Elle est considérée comme une journaliste rapide et précise, avec un style d'écriture prenant, teinté d'un humour subtil[2].

Elle parcourt la Nouvelle-Angleterre pour couvrir le mouvement des suffragettes et fait parler d'elle du simple fait qu'elle est une femme exerçant le métier de journaliste. Un journaliste, après avoir décrit son charme et son allure, déclare qu'elle s'est « forgé une réputation de correspondante et de reporter dont tout homme pourrait être fier. Et c'est un exploit pour une femme. » Le Post lui offre alors un poste permanent, faisant d'elle la première femme journaliste permanente d'un quotidien de Boston. En 1871 et 1872, elle écrit pour le Post une série remarquée d'articles sur la mission de North End à Boston. Parallèlement, elle complète ses revenus en publiant des lettres et des articles dans plusieurs autres journaux, comme le New York World[2].

En 1874, elle quitte son emploi au Post pour épouser Henry K. White Jr, mais elle reprend rapidement le travail. À la fin des années 1870, elle écrit deux chroniques féminines pour le Boston Sunday Times et une autre pour le Detroit Free Press, ainsi que des articles sur divers sujets pour le Boston Daily Advertiser, le Boston Chronicle et d'autres journaux. Au début des années 1880, se spécialisant dans les sujets liés à la vie domestique et à l’éducation des femmes, elle suit un cours d'économie domestique afin d'écrire avec davantage de connaissances sur le sujet. En 1885, elle obtient un poste à temps plein au Boston Herald, où elle travaille pendant les vingt-et-une années suivantes. La plupart de ses articles pour le Herald paraissent anonymement. De 1904 à 1906, elle publie une chronique sous le pseudonyme de « Penelope Penfeather ». L'historienne Elizabeth Burt suggère que ce pseudonyme « ridicule » a peut-être contribué à ce que les historiens de l'époque ne prennent pas White au sérieux[3].

Activités de club

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Dans les années 1870, White devient secrétaire du Middlesex County Suffrage Association. Elle est membre fondatrice des clubs Daughters of Vermont et Fortnightly Study Club of Dedham et devient membre du New England Women's Club[4].

En novembre 1885, White organise une réunion dans son bureau avec cinq autres femmes journalistes de Boston, et ensemble elles fondent la New England Woman's Press Association[4]. White en est ensuite la présidente pendant les cinq premières années, puis de nouveau de 1907 à 1908[5].

En 1889, elle participe à la fondation de la Fédération générale des clubs de femmes. Elle est élue présidente de la Fédération internationale des clubs de presse féminins en 1891[6]. La même année, après avoir terminé son mandat à la présidence, elle crée le Boston Woman's Press Club, réservé aux femmes travaillant dans la presse bostonienne. L'année suivante, elle est élue vice-présidente de la Ligue internationale des clubs de presse, une organisation mixte où elle est la seule femme à occuper un poste de direction. Elle est également déléguée à plusieurs reprises auprès de la National Editorial Association[7].

Conférences et travaux

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Journaliste de renommée nationale, elle est souvent invitée à s'exprimer sur la place des femmes dans le journalisme[8]. En 1891, elle se rend en Californie pour prendre la parole lors d'une réunion de la Pacific Coast Woman's Press Association. À l'Exposition universelle de Chicago en 1893, elle présente un article sur le rôle des femmes dans la presse[9]. La même année, elle se rend à Saint Paul pour s'exprimer lors du congrès de la Ligue internationale des clubs de presse. Bien que de plus en plus de femmes intègrent le milieu journalistique, elles restent minoritaires et White est entourée journalistes masculins influent de la presse américaine. Elle écrit plus tard à sa fille : « J'étais la seule femme à prendre la parole lors du banquet, et on m'a dit que j'avais prononcé le meilleur discours de la soirée. Quand je te dis que Murat Halstead, le colonel De Long et deux membres du Congrès ont prononcé les autres discours, tu peux imaginer ma fierté. »[9].

White écrit et contribue également à des ouvrages sur divers métiers accessibles aux femmes. Après avoir suivi un cours d'économie domestique dans les années 1880, elle rédige deux livres destinés aux femmes, consacrés à la tenue du foyer et à la cuisine. En 1897, elle rédige le chapitre sur les « Femmes journalistes » dans l'ouvrage de Frances Willard, Occupations for Women ; deux ans plus tard, elle publie son propre livre sur le sujet, Business Openings for Girls. Elle contribue également à une série de « lettres aux jeunes filles américaines » pour l'ouvrage de George J. Bayles, paru en 1905, American Women's Legal Status, avec des titres tels que « Votre place dans la vie », « La jeune fille et les professions », « L'architecte et la décoratrice », « La secrétaire particulière et la bibliothécaire » et « La vie de famille, la vie idéale »[10].

Vie personnelle

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Sallie Joy White (1897).

Elle épouse le musicien Henry K. White Jr. en 1874 et quitte son emploi au Post. Le couple a deux filles, Bessie et Grace. En 1879, peu après la naissance de leur deuxième fille, Henry part pour la Californie, laissant Sallie White seule avec ses enfants. Sa mère, veuve, vient alors emménager avec elle et s'occupe des enfants pendant qu'elle travaille[11]. Plus tard, White dédiera son livre Housekeepers and Home-makers à sa mère, « la meilleure gouvernante et la plus chère maîtresse de maison que j'aie jamais connue »[12].

Sallie White meurt d'anémie à son domicile de Dedham, dans le Massachusetts, le , après avoir été longtemps malade[13]. Nombre de ses collègues journalistes assistent à ses obsèques à Forest Hills, notamment plusieurs collaborateurs du Boston Herald qui portent le cercueil. On y compte aussi plusieurs représentantes de la New England Woman's Press Association parmi lesquelles la militante des droits civiques Josephine St. Pierre Ruffin et la cofondatrice de la NEWPA Helen M. Winslow[14].

Écrits

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  • « The Working Girls: Necessity of a Business Preparation for Them », The Boston Herald,
  • Sallie Joy White, Housekeepers and Home-makers, Boston, Jordan Marsh & Company, (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Cookery in the Public Schools, Boston, D. Lothrop Company, (lire en ligne)
  • Occupations for Women: A Book of Practical Suggestions for the Material Advancement, the Mental and Physical Development, and the Moral and Spiritual Uplift of Women, Success Company, , 283–292 p., « Newspaper Women »
  • Business Openings for Girls, New York, The Werner Company, (lire en ligne)
  • Sallie Joy White et George James Bayles, American Women's Legal Status, New York, P. F. Collier & Son, , 227–320 p. (présentation en ligne), « Letters to American Girls ». Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Références

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  1. 1 2 3 Burt 1998, p. 366-367.
  2. 1 2 Burt 1998, p. 368-369.
  3. Burt 1998, p. 372, 381, 392.
  4. 1 2 Burt 1998, p. 374.
  5. Lord 1932, p. 49, 200, 204.
  6. Lord 1932, p. 207.
  7. Burt 1998, p. 375.
  8. « Women of the Press. The N. E. W. P. A. and the Workers Who Compose It », The Boston Post, (lire en ligne)Accès libre
  9. 1 2 Burt 1998, p. 376-377.
  10. White et Bayles 1905, p. 2.
  11. Burt 1998, p. 370.
  12. White 1888, p. v.
  13. « Pioneer Newspaperwoman: Mrs Sally Joy White Died at Home in Dedham After an Illness Since Last June. », The Boston Globe, (lire en ligne Inscription nécessaire).
    • « Many At Service. Funeral of Mrs White in Forest Hills. Newspaper Men and Women Pay Last Tribute to Associate. », The Boston Globe, (lire en ligne Inscription nécessaire).

Bibliographie

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  • Elizabeth V. Burt, ERIC ED423564: Proceedings of the Annual Meeting of the Association for Education in Journalism and Mass Communication (81st, Baltimore, Maryland, August 5-8, 1998), (lire en ligne), « Pioneering for Women Journalists: Sallie Joy White, 1870-1909 », p. 360 à 392. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Myra B. Lord, History of the New England Woman's Press Association, 1885-1931, Newton, Massachusetts, The Graphic Press, , 207–208 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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