Dans la mythologie grecque, Salmacis (en grec ancien Σαλμακίς / Salmakís) est une naïade. Elle est uniquement attestée dans les Métamorphoses d'Ovide.

La Métamorphose d'Hermaphrodite et de Salmacis, par Jan Gossaert (1er tiers du XVIe siècle)

Alors qu'Hermaphrodite, réputé exceptionnellement beau, se baigne dans une source de Carie, Salmacis, nymphe de la source, s'éprend de lui. Tombée follement amoureuse et ne pouvant se contenir, elle étreint le jeune homme contre elle, puis tout en tentant d'abuser de lui, celle-ci implore dieux et déesses d'unir leurs corps pour toujours. Son vœu est exaucé et tous deux ne forment plus qu'un seul être, bisexué, à la fois mâle et femelle. Il est dès lors pourvu des deux sexes[1]. On ne sait pas quel(s) dieu(x) ou déesse(s) sont à l'origine de la transformation ; on peut cependant écarter l'hypothèse des parents d'Hermaphrodite, Hermès et Aphrodite[2].

Salmacis est une nymphe atypique. Comme le souligne Ovide (IV, 306–311) :

« [...] inhabile aux exercices de Diane, elle ne sait ni tirer de l'arc, ni suivre un cerf à la course ; et c'est la seule des Naïades qui soit inconnue à la déesse des forêts.
On raconte que souvent ses sœurs lui disaient : "Salmacis, prends un javelot, arme-toi d'un carquois, mêle à tes doux loisirs les travaux pénibles de la chasse". Mais elle ne prit ni javelot, ni carquois ; elle méprisa la chasse, et n'aima que sa solitude et son oisiveté. »

Sa tentative de viol sur Hermaphrodite constitue d'ailleurs un cas presque unique pour une nymphe grecque.

Représentations

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Dans l'antiquité

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Une fresque de la salle 10 de la Casa della Venere in Conchiglia (Maison de Vénus dans la Coquille) à Pompéi représente Éros debout entre Hermaphrodite et Salmacis. Cette fresque est probablement la plus ancienne (avant 79 apr. J.-C.) et la seule œuvre antique représentant la nymphe des eaux avant son union avec Hermaphrodite[3].

À l'époque moderne

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Le thème de Salmacis et Hermaphrodite est un rare cas d'illustration d'une agression d'un homme par une femme dans l'art. Le mythe a été représenté assez souvent depuis la Renaissance. Si l'empressement et la passion de Salmacis sont toujours évidents, l'absence de réciprocité de la part d'Hermaphrodite est souvent éludé.

  • Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne] (IV, 285–379).
  • Spathari, E. (2013). Greek Mythology. Athènes : Papadimas Ekdotiki
  • Jacques Desautels, Dieux et Mythes de la Grèce Ancienne, la mythologie gréco-romaine, Québec, Presses de l'Université Laval, 1988.

Voir aussi

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Articles connexes

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Notes et références

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  1. (en) SPATHARI, Elizabeth, Greek Mythology, Athènes, Papadimas Ekdotiki, , 223 p. (ISBN 978-960-6791-72-7), p. 65
  2. Jacques Desautels, Dieux et mythes de la Grèce Ancienne, la mythologie gréco-romaine, Québec, Presse de l'Université Laval, , p. 258
  3. Pompeii in Pictures: II.3.3 Pompeii. Casa della Venere in Conchiglia

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