Samira Bellil

féministe française

Samira Bellil, née le à Sidi M'Hamed, à Alger, et morte à Paris 12e le [1], est une éducatrice algérienne et française, connue pour son ouvrage Dans l'enfer des tournantes.

Samira Bellil
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Samira Karima Bellil
Nationalités
française (à partir du )
algérienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Biographie

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Samira Bellil est née le à Alger (Algérie)[2], fille d'une mère vendeuse et d'un père ouvrier.

Elle est confiée à une famille belge jusqu'à l'âge de 5 ans, puis rejoint sa famille en Seine-Saint-Denis[2].

À treize ans, elle est séquestrée et violée par un ami du caïd de son quartier, un quartier difficile de Sarcelles dans le Val-d'Oise ; elle est à nouveau victime de viol trois ans plus tard. Elle dénonce le fait que dans les quartiers des banlieues, « une fille qui traîne, c'est une pute, donc qu'elle ne se plaigne pas s'il lui arrive des embrouilles. » Le violeur est condamné à huit ans de prison[3]. Cette épreuve conduit Samira Bellil dans une errance dont elle sort grâce à une psychothérapie.

Elle acquiert la nationalité française par naturalisation le [4].

Elle se fait connaître en écrivant le livre Dans l'enfer des tournantes. Paru le , dans le contexte suivante le meurtre de Sohane Benziane, il connaît une très grande diffusion[2] car il rompt la loi du silence sur les viols collectifs (« tournantes »)[5]. Rédigé avec l'aide de Josée Stoquart, une journaliste, elle raconte son histoire et la manière dont les violences sexuelles sont systémiques et profitent de l'isolement des femmes victimes. Elle évoque aussi les addictions et le traumatisme. Son livre dénonce également le système judiciaire français et sa difficulté à trouver une oreille qui l'écoute sans la juger et des gens en qui elle puisse avoir confiance. Son récit est dédié à ses « copines de galère pour qu'elles sachent qu'on peut s'en sortir » et rend hommage, pour son livre Merveilleux malheur, à Boris Cyrulnik, psychologue qui plaide pour la résilience.

À la suite de l'impact médiatique de son livre[6], elle devient, pendant un temps, la marraine du mouvement Ni putes ni soumises, espérant ainsi collecter des fonds pour aider les femmes victimes de violences sexuelles. Elle quittera le mouvement à la suite de nombreuses divergences.

Tombe de Samira Bellil au cimetière du Père-Lachaise (division 19).

Devenue éducatrice à Saint-Denis puis à Paris[7], elle affirme :

« La cité, c'est plein de gens formidables qui essaient de s'en sortir courageusement. Car tous les petits gars de chez nous ne sont pas des violeurs, loin de là. »

Elle meurt en 2004 à l'âge de 31 ans, d'un cancer de l'estomac[8]. Ses obsèques ont lieu en présence d'un millier de personnes comprenant des personnalités féministes ainsi qu'Anne Hidalgo, ajointe au maire de Paris, et la ministre de la solidarité Nicole Ameline[5]. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (19e division, deuxième ligne, Chemin du Dragon)[9], à Paris. Certaines personnes ont fait le lien entre son décès précoce et les violences qu'elle a subi[10].

Hommage

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La ville de L'Île-Saint-Denis inaugure le une école qui porte son nom, pour défendre les droits des femmes[11].

Publication

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Notes et références

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  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. 1 2 3 « Disparition de Samira Bellil, auteure de "Dans l'enfer des tournantes", à 31 ans », sur lemonde.fr, (consulté le )
  3. « Isabelle Alonso - Interview n°1: Samira Bellil », sur Audit Sécurité Systèmes (consulté le )
  4. JORF n° 0269 du 20 novembre 1994, p. 16438
  5. 1 2 Anne Dalaine et Blandine Grosjean, « Un grand cortège blanc aux obsèques de Samira Bellil », sur liberation.fr, (consulté le )
  6. [vidéo] « Témoignage de Samira Bellil, victime de viols en réunion | INA » (consulté le )
  7. Véronique Maribon-Ferret, « Samira Bellil avait brisé le tabou des « tournantes » », sur leparisien.fr, (consulté le )
  8. « Samira Bellil », sur JeuneAfrique.com, (consulté le ).
  9. Amis et Passionnés du Père Lachaise (APPL), « BELLIL Samira (1973-2004) », sur Cimetière du Père Lachaise – APPL, (consulté le )
  10. « Sisyphe - La triple peine de Samira Bellil, par Elise Thiébaut », sur sisyphe.org (consulté le )
  11. Inauguration de l’école Samira Bellil le 16 avril 2005.

Liens externes

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