Sanctuaire de Greccio
Le sanctuaire et ermitage de Greccio, également connu sous le nom de sanctuaire de la Crèche[1] est un sanctuaire et ermitage franciscain situé dans la commune de Greccio (province de Rieti, Latium) ; il est le plus renommé des quatre sanctuaires de la Valle Santa (les autres étant le sanctuaire de Fonte Colombo, celui de la Foresta et celui de Poggio Bustone) et le seul à avoir accueilli des religieux alors que saint François était encore en vie.
| Sanctuaire de Greccio | |
Le sanctuaire, vu du village de Greccio | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Santuario di Greccio |
| Culte | catholique |
| Type | sanctuaire |
| Rattachement | diocèse de Rieti |
| Début de la construction | 1229 |
| Géographie | |
| Pays | |
| Coordonnées | 42° 27′ 43″ nord, 12° 45′ 04″ est |
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Considéré comme l'un des lieux les plus importants liés à l'histoire des ordres franciscains, il fut fondé par saint François d'Assise et est surnommé la « Bethléem franciscaine », parce que c'est ici qu’en 1223, le saint a inventé la crèche vivante de Noël[2].
Histoire
modifierArrivée de saint François à Greccio et origine du sanctuaire
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Saint François se serait pour la première fois rendu à Greccio en 1209[3] ou 1217[4], suivant les sources consultées.
Selon la tradition, le saint se serait retiré en méditation à cette époque sur la montagne qui domine l'actuel sanctuaire, à une altitude de plus de mille mètres, habitant dans les bois une modeste cabane[3]. Il descendait souvent au village, où il prêchait l'Évangile, s'insurgeant contre les coutumes impies des habitants ; ses paroles suscitèrent l'admiration du feudataire de Greccio, Giovanni Velita, qui l'invita à rester au village[4].
La légende raconte que, pour choisir l'endroit exact où se poser, François aurait demandé à un enfant de lancer un tison ardent, qui alla atterrir sur la paroi rocheuse d'une petite colline propriété de Giovanni Velita. C’est là que François établit sa demeure, à l'intérieur d’une humble grotte, qui allait devenir plus tard le noyau autour duquel serait construit le sanctuaire[4].
Noël 1223
modifierLa présence de François n'est cependant historiquement prouvée qu'à partir de 1223[3]. Cette année-là, la veille de Noël, encouragé et aidé par Velita, saint François organisa près de la grotte où il résidait, une reconstitution, avec des personnages vivants, de la naissance du Christ. Selon la légende, l'Enfant Jésus, seul personnage non vivant de cette scénographie, prend vie pour redevenir ensuite inanimé. À la suite de cet événement miraculeux, la crèche est devenue une tradition répandue dans l'ensemble de la chrétienté.
Une petite communauté de disciples du saint ne tarda pas à se constituer à Greccio et les premiers bâtiments furent construits sur les lieux de la représentation de la Nativité[3].
Saint François se rendit encore à Greccio par la suite et y resta de fin septembre 1224 à 1226, pour n'en repartir que six mois avant sa mort[3].
Extension du sanctuaire
modifierImmédiatement après la canonisation de François, une église fut érigée de juillet 1228 à février 1229, englobant la grotte où s'était déroulée la représentation de la Nativité, et prit le nom d'église de saint François[3].
En 1906 fut construite l'église supérieure, prenant la place de l'ancien portique du XVIe siècle[5].
Dans l'après-guerre, un belvédère a été aménagé devant le sanctuaire et une église de plus grandes dimensions a été bâtie, intitulée à l'Immaculée Conception (1959)[6].
Description
modifierLe sanctuaire est posé comme un nid d'aigle sur un rocher des monts Sabins, à une altitude de (665 m),, à deux kilomètres du village médiéval de Greccio et environ 18 km au nord-ouest de Rieti. Les bâtiments s'étendent sur plusieurs niveaux, autour d’une place offrant une vue panoramique sur la plaine de Rieti appelée vallée Sainte en référence à saint François d'Assise.
- Le belvédère du sanctuaire, donnant sur la plaie de Rieti.
- Plan du sanctuaire de Greccio.
Escalier d'accès
modifierEn venant de l'est par la SP 1c, un premier parking offre une vue sur le sanctuaire. Y a été placée en 2016 une statue en bronze représentant Jean-Paul II (premier pape à avoir visité le sanctuaire) bénissant la vallée Sainte[7]. Deux virages plus loin, commence un long escalier taillé dans le rocher, voie d'accès traditionnelle au sanctuaire. Au pied de l'escalier, se trouvent deux statues de saint François, l'une en pierre et l'autre en bronze. Juste avant la fin de l'escalier, un petit jardin en terrasse abrite la sculpture en travertin Hommage à saint François, du sculpteur sicilien Leonardo Cumbo (1993)[8].
- Statue de Jean-Paul II (2016) bénissant la vallée Sainte.
- Statue en pierre de saint François.
- Statue en bronze de saint François (2005).
- Hommage à saint François (Cumbo, 1993).
Chapelle de la Crèche et grotte de la Nativité
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L'escalier mène à la chapelle de la Crèche, qui constitue le cœur du sanctuaire[3]. Elle est construite autour de la grotte où, selon la tradition, se serait déroulée la représentation de la Nativité organisée par François la veille de Noël 1223[3].
À l'extrémité de la chapelle se trouve l’accès à la grotte de la Nativité, simple et exiguë, dotée d'un autel et de quelques chaises. Sous la table de l'autel, une niche creusée dans la roche aurait abrité la statue de l'Enfant Jésus qui, selon la tradition, avait miraculeusement pris vie pendant la reconstitution mise en scène par François[3].
L'autel est surmonté d’une fresque en forme de lunette remontant au XVe siècle[3] et d'école giottesque, attribuée à un maître anonyme de Narni (1409)[3]. La partie droite de la lunette représente la Nativité originale de Bethléem, avec la Vierge allaitant Jésus en présence de Joseph[3]. La partie gauche évoque la nativité reconstituée à Greccio par François, montrant le saint homme vêtu en diacre, agenouillé devant l'Enfant Jésus, et, derrière lui, les habitants de Greccio qui assistent au miracle[3].
De la chapelle de la Crèche, on accède à un couloir (qui mène à l'ancien monastère) où se trouvent deux fresques: une Nativité de l'école ombrienne et un saint Jean-Baptiste considéré comme provenant de l'atelier du Maître de Fossa (XVe siècle)< ref name="umbria" />.
Ancien monastère
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Accolé à la chapelle de la Crèche se trouve le noyau le plus ancien du couvent, où vécurent les premiers religieux. Il comprend[3] :
- le réfectoire des frères, où l'on distingue encore les restes de l'évier et du conduit d'évacuation ;
- le dortoir, constitué de quinze petites cellules donnant sur un étroit couloir ;
- la minuscule cellule où résidait saint François, creusée dans la roche ;
- la première église du sanctuaire, intitulée à saint François ou saint Bonaventure, remontant à la première moitié du XIIIe siècle.
Église de l'Immaculée Conception
modifierL'église moderne du sanctuaire, dédiée à l'Immaculée Conception, a été érigée en 1959 sur les plans de l'architecte Alberto Carlo Carpiceci[3]. L'édifice donne sur la place panoramique, vers laquelle il tourne son mur droit et son abside, alors que ses deux autres côtés sont encastrés dans le flanc de la montagne.
Extérieur
modifierL'extérieur allie crépi et pierre apparente et possède un clocher-mur. Le mur droit est rythmé par une succession de baies simples étroites et allongées et abrite deux portails d'entrée s'ouvrant sur le début et le fond de la nef ; l'abside est octogonale et présente des lucarnes. À l'ouest se trouve un escalier qui conduit aux sentiers pénétrant dans les bois et à un troisième portail d'accès, situé en hauteur, qui mène à la tribune surélevée des femmes. Dans l'escalier se trouve un édicule orné d'une céramique d'époque récente représentant Saint Antoine de Padoue et le miracle de l'Eucharistie.
Les trois portails d'accès sont décorés du côté extérieur de bas-reliefs en bronze, œuvres du sculpteur Lino Agnini[1]. Le portail de droite représente la Vierge Marie donnant l'Enfant Jésus à saint François[9], celui de gauche la rencontre de saint François avec le loup.
Intérieur
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L'église est en croix latine et à nef unique, sans transept. Sur le flanc gauche et au fond, la nef comporte une tribune surélevée, sous laquelle ont été aménagées trois petites niches servant de chapelles latérales.
Dans l'abside, un bas-relief en céramique, réalisé en 1965-66 par le sculpteur Lorenzo Ferri (it), représente l'Immaculée Conception. Au fond de la nef, se trouve une grande crèche en bois, œuvre, elle aussi de Lorenzo Ferri[3], où se trouvent rassemblées des statues provenant du Val Gardena.

Les fenêtres sont ornées de vitraux polychromes du père Alberto Farina, qui relatent l'histoire de saint François et du sanctuaire[1].
Chapelle sur le mont Lacerone
modifierÀ partir du sanctuaire, par un sentier escarpé immergé dans la forêt sur quelques kilomètres, on parvient au sommet du mont Lacerone (1 204 m), l'endroit où demeurait saint François avant de fonder le sanctuaire. Là où François aurait construit sa cabane, près de deux grands charmes, apparaît une petite chapelle qu'a fait bâtir le pape Clément XI en 1712, intégrée en 1889 dans une maison de bergers.
Notes et références
modifier- 1 2 3 (it) « Santuario Francescano Del Presepio - Greccio », sur vaticano.com (consulté le ).
- ↑ Olivier Bonnel, « Crèches vivantes : contempler le mystère de Noël », (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 (it) « Santuario di Greccio », (consulté le ).
- 1 2 3 (it) Ileana Tozzi, « La nascita del Santuario di Greccio e della tradizione del Presepe », (consulté le ).
- ↑ (it) Francesco Palmegiani, « Rieti e la Regione Sabina. Storia, arte, vita, usi e costumi del secolare popolo Sabino: la ricostituita Provincia nelle sue attività », Latina Gens, , p. 362-368.
- ↑ (it) « Greccio » (consulté le ).
- ↑ (it) « Greccio, un concerto per il millesimo anniversario dalla fondazione / Monumento per Papa Giovanni Paolo II », sur Rieti Life, (consulté le ).
- ↑ (it) « ARTE CONTEMPORANEA IN SICILIA - LEONARDO CUMBO » (consulté le )
- ↑ (it) « Persone: AGNINI LINO scultore, pittore, ceramista - 03 - Opere scelte in bronzo a carattere religioso », (consulté le ).
- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Santuario di Greccio » (voir la liste des auteurs).
