Sandra Lejniece

médecin lettone

Sandra Lejniece, née en 1963 à Jēkabpils (dans le quartier de Krustpils), est une médecin et hématologue lettone, professeure au département des maladies internes de l'Université Stradiņš de Riga (RSU) et cheffe de la clinique de chimiothérapie et d'hématologie de l'hôpital universitaire clinique de Riga-Est. Membre titulaire de l'Académie des sciences de Lettonie et présidente de l'Association lettone des hématologues, elle est considérée comme l'une des spécialistes de référence de la leucémie lymphoïde chronique en Lettonie[1],[2]. Elle a notamment contribué à la mise en œuvre du plan européen de lutte contre le cancer en Lettonie et à l'introduction de la transplantation de cellules souches dans ce pays. Le , elle reçoit à Strasbourg l'ordre européen du Mérite du Parlement européen en tant que « membre » de cet ordre, aux côtés de personnalités telles que l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel, le président ukrainien Volodymyr Zelensky ou le groupe U2 ; elle en est la seule lauréate lettone de la première promotion[2],[3].

Sandra Lejniece
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Biographie
Naissance

Jēkabpils (quartier de Krustpils), Drapeau de la République socialiste soviétique de Lettonie RSS de Lettonie
Nationalité
Formation
Institut médical de Riga (aujourd'hui Université Stradiņš de Riga)
Académie médicale de Lettonie
Activité
Autres informations
Distinction
Ordre européen du Mérite (2026)
Croix de reconnaissance, 3e classe (2014)
Insigne d'honneur « Tempus Hominis » (2009)

Biographie

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Origines et jeunesse

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Sandra Lejniece naît en 1963 à Jēkabpils, dans le quartier historique de Krustpils, situé sur la rive gauche de la Daugava et réuni à Jēkabpils depuis la construction d'un pont sur le fleuve dans les années 1930[4],[5]. Elle se considère elle-même comme originaire de Krustpils plutôt que de Jēkabpils au sens strict[5]. Elle est issue d'une famille de médecins : son père, Guntis Beķeris, est un interniste réputé en Lettonie, seul chef de service d'un hôpital de district à détenir un doctorat en médecine ; il dirige pendant de nombreuses années le premier service de thérapie de l'hôpital de Jēkabpils, après avoir été anesthésiste-réanimateur, et ce depuis l'obtention de son propre diplôme à l'Institut médical de Riga en 1964[6]. Son futur mari est également médecin[5].

Selon Sandra Lejniece, son intérêt pour l'hématologie remonte à l'enfance : son grand-père paternel meurt d'une leucémie aiguë avant sa naissance, un événement qui la marque durablement et suscite chez elle des interrogations sur les causes de la maladie et l'impossibilité, à l'époque, de la soigner[5]. Elle achève ses études secondaires à Jēkabpils avec une médaille d'or, ce qui lui permet de ne présenter qu'une seule épreuve, en chimie, au concours d'entrée à l'Institut médical de Riga, alors très sélectif[5].

Formation

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Sandra Lejniece étudie la médecine à la faculté de médecine de l'Institut médical de Riga (Rīgas Medicīnas institūts), l'établissement qui deviendra par la suite l'Université Stradiņš de Riga, et en sort diplômée avec mention en 1987[7],[5]. Bien qu'issue d'une famille de médecins, son choix de se spécialiser en hématologie, discipline jugée éprouvante, ne fait pas d'emblée l'unanimité dans son entourage : son père et son futur mari auraient préféré la voir devenir ophtalmologue, mais elle maintient son choix, soutenue par le recteur de l'époque, le professeur Vladislavs Korzāns[5].

Elle effectue de 1987 à 1990 un internat clinique (ordinatūra) à l'Académie médicale de Lettonie et y obtient en 1990 son certificat de spécialisation en hématologie[7],[8]. En 1998, elle soutient à l'Académie médicale de Lettonie une thèse de doctorat en médecine intitulée « La P-glycoprotéine et l'oncogène P53 dans les maladies onco-hématologiques »[7].

Carrière hospitalo-universitaire

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Sandra Lejniece devient professeure au département des maladies internes de l'Université Stradiņš de Riga en 2005[1],[2]. En 2009, elle prend la direction de la clinique de chimiothérapie et d'hématologie de l'hôpital universitaire clinique de Riga-Est (RAKUS), l'un des principaux établissements de traitement du cancer en Lettonie, où sont soignés environ 85 % des cas de tumeurs solitaires et 98 % des patients d'onco-hématologie du pays[9],[10].

Elle est doyenne du département des études doctorales de la RSU à partir de 2018, poste dans le cadre duquel elle développe un nouveau modèle d'études doctorales pour l'université ; elle y dirige et forme de nombreux doctorants et résidents en hématologie[2],[1].

Elle est élue membre correspondante de l'Académie des sciences de Lettonie en 2013, puis membre titulaire le [1],[7].

Responsabilités associatives et institutionnelles

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Sandra Lejniece préside l'Association lettone des hématologues depuis 1998 et son comité de certification[1],[9]. Elle est également membre de la Société européenne d'hématologie (European Hematology Association) et de la Société internationale sur la thrombose et l'hémostase, membre du comité de rédaction de deux revues médicales internationales, ainsi que membre des comités d'organisation et des comités scientifiques de plus de quinze congrès et conférences internationaux et lettons[1]. Elle est en outre experte auprès du Conseil des sciences de Lettonie[1].

Elle a joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre en Lettonie du plan européen de lutte contre le cancer (Europe's Beating Cancer Plan) et, grâce à son initiative et à ses compétences organisationnelles, a permis le lancement de la transplantation de cellules souches dans le pays[2]. Elle participe régulièrement à des conférences et initiatives européennes sur l'égalité d'accès aux traitements anticancéreux dans les pays d'Europe de l'Est, notamment des congrès d'organisations européennes de patients en oncologie, et milite pour les droits des patients à l'échelle internationale[2].

Travaux de recherche et publications

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Les travaux de recherche de Sandra Lejniece portent notamment sur les marqueurs pronostiques de la leucémie lymphoïde chronique et du myélome multiple, la leucémie myéloïde chronique, les infections virales associées aux maladies hématologiques, la résistance des tumeurs hématologiques à la chimiothérapie, ainsi que les maladies hématologiques rares[1]. Elle est autrice ou coautrice de plus de 230 publications scientifiques, dont quatre monographies, 38 articles scientifiques et environ 150 communications, avec un indice h de l'ordre de 10 à 11 selon les bases bibliométriques[1],[8]. Ses travaux plus récents portent également sur les liens entre carence en vitamine B12 et maladies onco-hématologiques, sur les lymphocytes et monocytes B dans la polyarthrite rhumatoïde, ainsi que sur des cas cliniques rares tels que le syndrome de Klippel-Trenaunay-Weber ou l'hypertension pulmonaire induite par le dasatinib[11]. Elle a participé à cinq projets de recherche internationaux et quatorze projets lettons[1].

Elle est l'autrice de l'ouvrage de référence Klīniskā hematoloģija (« Hématologie clinique »), publié en trois éditions successives, en 2002, 2005 et 2020[7]. L'édition de 2020, longue de 440 pages et structurée en six chapitres consacrés notamment aux anémies, aux troubles congénitaux de la coagulation et aux maladies onco-hématologiques, est dédiée à la mémoire de son père Guntis Beķeris, disparu depuis, qui aurait eu quatre-vingts ans cette année-là[6].

Vie personnelle

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Sandra Lejniece se décrit elle-même avant tout comme médecin, avant d'être enseignante ou chercheuse, et considère que l'écoute et le dialogue avec le patient sont, avec les connaissances théoriques, les qualités essentielles du métier de médecin[5]. Elle est mère d'une fille et affirme accorder la priorité à sa vie de famille sur sa carrière[5]. Dans un entretien accordé à l'Université Stradiņš de Riga en 2014, elle exprime le sentiment que la Lettonie, en raison de ses moyens technologiques et financiers limités, offre des perspectives professionnelles et scientifiques plus restreintes que d'autres pays, tout en saluant le développement rapide de son université[5].

Ordre européen du Mérite

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Le , la présidente du Parlement européen Roberta Metsola annonce à Strasbourg les noms des premiers lauréats de l'ordre européen du Mérite, nouvelle distinction civile créée l'année précédente par le bureau du Parlement européen à l'occasion du 75e anniversaire de la déclaration Schuman, destinée à honorer des personnalités ayant apporté une contribution significative à l'intégration européenne ou à la promotion et à la défense des valeurs européennes[12]. Les lauréats sont choisis par un comité de sélection composé de Mme Metsola, des vice-présidentes du Parlement européen Sophie Wilmès et Ewa Kopacz, ainsi que de Michel Barnier, José Manuel Barroso, Josep Borrell et Enrico Letta, à partir de propositions émanant de chefs d'État ou de gouvernement, de présidents de parlements nationaux et de présidents d'institutions européennes[12]. En annonçant les premiers lauréats, Roberta Metsola déclare que cette distinction est destinée à honorer ceux qui « n'ont pas seulement cru en l'Europe, mais ont contribué à la construire »[12].

Sandra Lejniece, présentée comme « médecin, scientifique et dirigeante universitaire », figure parmi les sept personnalités nommées « membres » de l'ordre lors de cette première promotion, aux côtés notamment du chef cuisinier José Andrés, du basketteur Giannis Antetokounmpo, du juriste Marc Gjidara, de l'avocate ukrainienne des droits humains Oleksandra Matviïtchouk, de l'ancienne vice-présidente de la Commission européenne Viviane Reding et du groupe U2[12]. D'autres catégories de distinction sont attribuées la même année : celle de « membre distingué » à Angela Merkel, Lech Wałęsa et Volodymyr Zelensky, et celle de « membre honorable » à d'anciens chefs d'État et de gouvernement européens ainsi qu'à des personnalités telles que le cardinal Pietro Parolin ou l'ancien président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet[12]. Sandra Lejniece est la seule lauréate originaire de Lettonie parmi cette première promotion, qui peut compter jusqu'à vingt personnalités distinguées chaque année[2],[12]. Elle est proposée pour cette distinction par la présidente du Saeima, Daiga Mieriņa, en reconnaissance de sa contribution durable à la médecine et au développement du système de santé letton[9],[3].

La cérémonie officielle de remise des distinctions se tient dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg le , dans le cadre de la session plénière du 18 au 21 mai 2026[13],[12]. À cette occasion, Sandra Lejniece prend la parole devant l'assemblée[2].

Autres distinctions

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Sandra Lejniece a reçu plusieurs autres distinctions au cours de sa carrière :

  • diplôme de reconnaissance du Cabinet des ministres de la République de Lettonie pour son dévouement et ses réalisations au service de l'État et du peuple letton (décembre 2006)[7] ;
  • insigne d'honneur de deuxième classe « Tempus Hominis » no 011 de l'Association des médecins lettons, pour ses réalisations exceptionnelles en médecine (20 juin 2009)[7] ;
  • Croix de reconnaissance (Atzinības Krusts) de la République de Lettonie, 3e classe (18 novembre 2014)[7] ;
  • médaille médicale « Aliis inserviendo consumor » de l'association internationale ukrainienne « Kraina », pour sa contribution à la médecine, à la formation de jeunes spécialistes et à la coopération internationale, décernée à l'occasion du 35e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 2021)[7] ;
  • diplôme de reconnaissance de la Croix-Rouge lettone et de l'UNICEF pour sa contribution au renforcement du mouvement du bénévolat[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (lv) « CV : Sandra Lejniece » [PDF], sur lza.lv (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Professor Sandra Lejniece received European Order of Merit as only recipient from Latvia », sur rsu.lv, (consulté le )
  3. 1 2 (en) « Latvia's Sandra Lejniece alongside U2 as recipient of new European award », sur LSM.lv, (consulté le )
  4. ↑ Sandra Lejniece
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (lv) « Sava ceļa gājēja Sandra Lejniece pārmaiņas saskata paaudžu maiņā », sur rsu.lv, (consulté le )
  6. 1 2 (lv) « RSU profesore akadēmiķe Sandra Lejniece veltījusi grāmatu « Klīniskā hematoloģija » tēvam Guntim Beķerim », sur Radio1.lv (consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (lv) « Sandra Lejniece », sur aslimnica.lv, Hôpital universitaire clinique de Riga-Est (consulté le )
  8. 1 2 (en) « Sandra Lejniece », sur sciprofiles.com, MDPI (consulté le )
  9. 1 2 3 (en) « East Hospital's professor Sandra Lejniece honoured with the high European Order of Merit », sur aslimnica.lv, Hôpital universitaire clinique de Riga-Est (consulté le )
  10. ↑ (en) « Members in Latvia », sur Organisation of European Cancer Institutes (OECI) (consulté le )
  11. ↑ (en) « Sandra Lejniece », sur ResearchGate (consulté le )
  12. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « President Metsola announces first laureates of the European Order of Merit », sur europarl.europa.eu, (consulté le )
  13. ↑ « Cérémonie de remise des distinctions de l'ordre européen du Mérite », sur europarl.europa.eu, (consulté le )

Liens externes

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