Sanem (roi des Mossi)
Sanem, aussi appelé Moro Naba Sanem, né sous le nom d’Ahlassan ou Alassane et mort en 1889, est un roi mossi. Il est le 31e Moro Naba de Ouagadougou et règne de 1871 à 1889, sur un territoire situé dans l'actuel Burkina Faso.
| Décès | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Ahlassan ou Alassane |
| Activité | |
| Père |
Koutou |
| Fratrie | |
| Enfant |
Aminata |
Biographie
modifierAccession au trône et règne
modifierConnu dans sa jeunesse sous le nom d’Ahlassan ou Alassane, Sanem est l’aîné des treize fils du Moro Naba Koutou. Il succède à son père en 1871 et prend le nom de règne de Sanem[1].
Son frère cadet Boukary Koutou conteste son accession au trône. Le conflit entre les deux frères dure plusieurs mois avant que Boukary Koutou soit contraint de quitter Ouagadougou[1].
Le règne de Sanem est marqué par des conflits avec le royaume de Boussouma et Boulsa, ainsi que par une rébellion dans la région de Lallé[1].
En septembre 1886, l’africaniste allemand Gottlob Krause séjourne à Ouagadougou. Il est le premier Européen connu à atteindre la ville[2].
Rencontre avec Louis-Gustave Binger et succession
modifierEn 1888, l’officier et explorateur français Louis-Gustave Binger séjourne à Ouagadougou et rencontre Sanem. Dans son récit de voyage, il décrit le souverain en ces termes : « Autant Boukary Naba paraît distingué, autant Naba Sanom [sic] a l’air vulgaire. Ces deux frères n’ont aucune ressemblance. L’aîné, Naba Sanom, peut avoir de cinquante à cinquante-cinq ans environ. Il a le menton saillant et pointu et un peu le nez sémitique ; sa voix est enrouée et rauque. L’ensemble n’a rien de royal. Je l’ai toujours vu vêtu d’un boubou dit karfo et coiffé d’un petit bonnet brodé en forme de toque »[3].
Selon Binger, Sanem l’accueille favorablement durant les premiers jours de son séjour, puis refuse de l’autoriser à se rendre dans le Yatenga[4]. L’explorateur écrit aussi que le souverain lui doit une forte somme liée à l’achat de marchandises et d’animaux[5].
Le , Binger quitte Ouagadougou pour rejoindre Boukary Koutou[6]. Son convoi comprend une fillette remise par Sanem, à laquelle il donne le nom de Haïda[7].
D’après la tradition rapportée par Yamba Tiendrebeogo, des devins conseillent à Sanem d’épouser une femme peule afin d’obtenir un héritier. Il ne laisse toutefois aucun fils, mais une fille nommée Aminata[1].
À la mort de Sanem en 1889, Boukary Koutou contraint les électeurs mossis à le choisir comme successeur. Il monte sur le trône sous le nom de Moro Naba Wobgho[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 Yamba Tiendrebeogo dit Naba Abgha, « Histoire traditionnelle des Mossi de Ouagadougou », Journal de la Société des Africanistes, t. 33, fasc. 1, , p. 7-46 (ISSN 0399-0346, e-ISSN 1957-7850, DOI 10.3406/jafr.1963.1365).
- ↑ Eike Haberland, Recherches allemandes au Burkina Faso : en souvenir du séjour de Gottlob Adolf Krause (« Malam Moussa ») à Ouagadougou en septembre 1886, Wiesbaden, Franz Steiner Verlag, (ISBN 3-515-04871-5).
- ↑ L-G. Binger, Du Niger au golfe de Guinée, Hachette, 1892, p. 461
- ↑ Binger, p. 465
- ↑ Binger, p. 466
- ↑ Binger, p. 469
- ↑ Binger, p. 475
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, vol. 1, Paris, Librairie Hachette et Cie, (lire en ligne).
- Yamba Tiendrebeogo dit Naba Abgha, « Histoire traditionnelle des Mossi de Ouagadougou », Journal de la Société des Africanistes, t. 33, fasc. 1, , p. 7-46 (ISSN 0399-0346, e-ISSN 1957-7850, DOI 10.3406/jafr.1963.1365).
- Eike Haberland, Recherches allemandes au Burkina Faso : en souvenir du séjour de Gottlob Adolf Krause (« Malam Moussa ») à Ouagadougou en septembre 1886, Wiesbaden, Franz Steiner Verlag, (ISBN 3-515-04871-5).