Sardus Pater

divinité antique

Sardus, Sardes, Sardus Pater ou Sardus Pater Babai (en berbère : ⵚⵕⴷⵓⵙ ⴱⴰⵟⵔ), est une divinité éponyme des anciens Sardes, attestée par des récits de Pausanias et considérée comme le fils de Makeris, divinité libyenne (berbère) dont le nom est dérive du libyque imɣur « croître, grandir »[1]. Elle serait la principale divinité du panthéon de la civilisation nuragique.

Monnaie à l'effigie du Sardus Pater Babai frappée sous ordre du prêteur Atius Balbus.

Mythologie

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Bronze représentant Sardus, Decimoputzu.

Selon Salluste[2], Sardus, fils d'Hercule, quitta la Libye avec une grande multitude d'hommes et s'installa sur l'île de Sardaigne, qui fut ainsi nommée en son honneur. Plus tard, Pausanias confirme le récit de Salluste et, au IIe siècle de notre ère, écrit que Sardus était le fils de Makeris (identifiable à Mecur/Macer), et que l'île de Sardaigne changea de nom, passant d'Ichnusa à Sardaigne, en l'honneur de Sardus[3],[1]. Makeris est probablement identifiable à Melqart, que Pausanias et les auteurs classiques identifient comme l'« Héraclès » des Libyens et des Égyptiens[4],[5].

Le temple d'Antas a été considéré comme le lieu de culte consacré à Sardus.

Sardus est parfois assimilé au dieu phénicien Sid du fait que le site du temple d'Antas a livré des vestiges d'un temple consacré à ce dernier, cependant il est parfois considéré comme une création romaine[6].

Notes et références

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  1. 1 2 Edward Lipiński, Dieux et déesses de l'univers phénicien et punique, Peeters Publishers, , 536 p. (ISBN 978-90-6831-690-2, lire en ligne), p. 368
  2. Salluste, Historiae, II, fr.4
  3. Pausanias, Ελλάδοσ περιήγησισ, X, 17
  4. (en) Richard Miles, Carthage Must Be Destroyed: The Rise and Fall of an Ancient Civilization, Penguin, (ISBN 978-1-101-51703-1, lire en ligne) :
    « Le lien étroit entre Melqart et Sid en Sardaigne est confirmé par l'œuvre du voyageur grec Pausanias, du IIe siècle après J.-C., qui affirmait : « Les premiers marins à avoir atteint l'île auraient été des Libyens. Leur chef était Sardus, fils de Macéris, surnommé Héraclès par les Égyptiens et les Libyens.» « Sardus Pater » était le nom sous lequel Sid Babi était connu à l'époque romaine, et « Macéris » désigne très probablement Melqart, l'Héraclès libyen. De fait, des inscriptions attestent d'un lien étroit entre les deux dieux à Carthage. »
  5. (en) Attilio Mastino, The Making of Medieval Sardinia, Brill, , 69 p. (ISBN 978-90-04-46754-5), « Ancient Historical Contexts: Phoenicians, Carthage, Rome and the Barbaricini » :
    « La seule divinité véritablement « indigène », quelle que soit la manière dont elle est réinterprétée a posteriori, était Sardus Pater-Babi, héros fondateur et « démiurge bienfaiteur », que les mythographes classiques considéraient comme le fils de l'Héraclès africain (Melqart-Makeris), qui aurait lui-même atteint la Sardaigne depuis la Libye. »
  6. Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique, éd. Brepols, Turnhout, 1992, p. 395.

Voir aussi

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Liens internes

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Elisabeth Fontan et Hélène Le Meaux [sous la dir. de], La Méditerranée des Phéniciens. De Tyr à Carthage, éd. Institut du monde arabe/Somogy, Paris, 2007 (ISBN 9782757201305)
  • Claude Baurain et Corinne Bonnet, Les Phéniciens, marins des trois continents, éd. Armand Colin, Paris, 1992 (ISBN 2200212232)
  • Edward Lipinski [sous la dir. de], Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique, éd. Brepols, Turnhout, 1992 (ISBN 2503500331)
  • Edward Lipinski, Dieux et déesses de l'univers phénicien et punique, Louvain, 1995 (ISBN 2877231909)
  • Les Phéniciens, Paris, Stock, , 670 p. (ISBN 2-234-04819-2)
  • Michel Gras, Pierre Rouillard et Javier Teixidor, L’univers phénicien, Paris, Arthaud, , 283 p. (ISBN 2-7003-0732-1)