Sarh
Sarh, appelée Fort-Archambault jusqu'en 1972, est une ville du sud du Tchad, située sur le fleuve Chari. Elle est le chef-lieu de la province du Moyen-Chari et du département du Barh Kôh. Elle constitue l'une des principales villes du pays.
| Sarh Fort-Archambault (ancien nom) | |
Maison de Ngarta Tombalbaye à Sarh. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Moyen-Chari |
| Département | Barh Kôh |
| Sous-préfecture | Sarh |
| Maire | Mahamat Boka Ramadan (depuis 2025) |
| Démographie | |
| Population | 97 224 hab. (2009) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 9° 09′ 00″ nord, 18° 23′ 00″ est |
| Localisation | |
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Géographie
modifierSarh est située dans le sud du Tchad, sur les rives du Chari[1]. Sa position dans le sud du pays la place dans une zone favorable aux activités agricoles, pastorales et aux échanges avec les régions voisines[2].
Lors du premier recensement général de la population et de l'habitat de 1993, Sarh compte 75 496 habitants. Le deuxième recensement général, réalisé en 2009, en dénombre 97 224. Sarh est alors la quatrième ville du Tchad par sa population, derrière N'Djaména, Moundou et Abéché[3].
Histoire
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La ville actuelle se développe à partir de la présence coloniale française établie sur le Chari à la fin du XIXe siècle.
En août 1899, le capitaine Émile Julien établit un poste fortifié dans la région. Celui-ci reçoit le nom de Fort-Archambault en mémoire du lieutenant Gustave Archambault (1872-1899), membre de la mission Julien mort dans le Haut-Oubangui[4].
Fort-Archambault devient par la suite un centre administratif du sud du territoire tchadien. La ville conserve ce nom durant la période coloniale puis pendant les premières années suivant l'indépendance du Tchad.
Le , Fort-Archambault est officiellement renommée Sarh dans le cadre de la politique de retour à l'authenticité menée sous la présidence de Ngarta Tombalbaye[5],[6].
Administration
modifierSarh est le chef-lieu de la province du Moyen-Chari et du département du Barh Kôh[2].
En février 2025, Mahamat Boka Ramadan est désigné maire de Sarh. Il est installé dans ses fonctions le et succède à Rachel Souidnan Kabo, qui avait dirigé la municipalité pendant deux ans et huit mois[7]. Son élection avait été annoncée le mois précédent à l'issue des travaux du conseil municipal[8].
La commune est organisée en six arrondissements[9].
Économie
modifierL'économie de Sarh est liée à l'agriculture, à l'élevage, au commerce et aux activités développées autour du Chari[2].
La région de Sarh constitue également un centre de l'industrie agroalimentaire. Le complexe sucrier de Banda, exploité par la Compagnie sucrière du Tchad, est implanté à environ 25 km de la ville. Il comprend des plantations de canne à sucre et des installations industrielles[10].
Éducation
modifierSarh accueille des établissements d'enseignement primaire, secondaire et supérieur.
Parmi les établissements secondaires de la ville figurent :
- le lycée Ahmed Mangué ;
- le lycée technique industriel ;
- le lycée technique commercial ;
- le lycée de Begou ;
- le lycée-collège Charles-Lwanga ;
- le lycée-collège Humanité ;
- le lycée Cheikh Hamdan Ben Rachid ;
- le lycée La Renaissance arabe ;
- le lycée moderne de Sarh ;
- le complexe scolaire Cokam.
L'Institut universitaire des sciences agronomiques et de l'environnement de Sarh (IUSAES) est créé par l'ordonnance no 008/PR/97 du [11].
L'Université de Sarh est créée par la loi no 034/PR/2010 du et ouvre ses portes au cours de l'année universitaire 2010-2011. Elle reprend la structure de l'IUSAES[12],[13].
La ville accueille aussi l'Institut des sciences du management et d'économie appliquée (ISMEA) ainsi que l'Université Saint Charles Lwanga de Sarh.
Patrimoine
modifierLe patrimoine religieux de Sarh comprend la cathédrale Notre-Dame-de-l'Immaculée-Conception, siège du diocèse de Sarh.
La ville conserve également la maison de Ngarta Tombalbaye, premier président de la république du Tchad.
Jumelage
modifierSarh entretient une coopération décentralisée avec Cherbourg-en-Cotentin, en France. Une charte de jumelage et de coopération entre Sarh et l'ancienne commune de Cherbourg-Octeville est mise en œuvre à partir de 2001[14].
Cherbourg-en-Cotentin (France) depuis 2001
Personnalités liées à la ville
modifier- Bourkou Louise Kabo (1934-2019), femme politique tchadienne ;
- Félix Malloum (1932-2009), militaire et homme d'État tchadien, président de la République de 1975 à 1979 ;
- Abdoulaye Choua Ali (né en 1963), homme politique tchadien ;
- Clarisse Nomaye (née en 1973), avocate, auteure et militante des droits humains ;
- Adoum Maurice Hél-Bongo (1930-2010), homme politique tchadien ;
- Sosthene Moguenara (née en 1989), athlète ;
- Amina Priscille Longoh, femme politique tchadienne ;
- Mahamat Moussa Bezo, chef traditionnel de Sarh urbain[15].
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Sarh », sur Encyclopædia Britannica (consulté le ).
- 1 2 3 « Tchad : projecteurs sur la ville historique de Sarh », sur Africa 24, (consulté le ).
- ↑ « État et structures de la population : résultats définitifs du deuxième Recensement général de la population et de l'habitat de 2009 », sur Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (consulté le ).
- ↑ « Émile Pierre François Julien (colonel) (1862-1947) : officier arabisant, explorateur en Afrique centrale », sur Horizon Pleins Textes, Institut de recherche pour le développement (consulté le ).
- ↑ Bernard Lanne, Répertoire de l'administration territoriale du Tchad, 1900-1994, Paris, L'Harmattan, 163 p. (ISBN 2-7384-3600-5).
- ↑ Torbo Souleymane, « Tchad : le 29 juillet 1972, Fort Archambault devint Sarh », sur Le N'Djam Post, (consulté le ).
- ↑ Elwood Dk, « Tchad : à Sarh, Mahamat Boka Ramadane officiellement installé à la tête de la mairie », sur Alwihda, (consulté le ).
- ↑ Elwood Dk, « Tchad : Mahamat Boka Ramadan, nouveau maire de Sarh », sur Alwihda, (consulté le ).
- ↑ « Tchad : à Sarh, une révolution verte de proximité s’organise dans les quartiers », sur Alwihda, (consulté le ).
- ↑ « Compagnie sucrière du Tchad », sur Banque européenne d'investissement, (consulté le ).
- ↑ « Établissements publics d'enseignement supérieur du Tchad », sur UNESCO (consulté le ).
- ↑ « Bienvenue à l’Université de Sarh », sur Université de Sarh (consulté le ).
- ↑ « Université de Sarh », sur Agence universitaire de la Francophonie (consulté le ).
- ↑ « Comité de jumelage - coopération Cherbourg-Octeville - Sarh (Tchad) », sur Assoce.fr (consulté le ).
- ↑ Djimet Wiché, « Tchad : Entretien avec Sa Majesté Mahamat Moussa Bézo, chef traditionnel de Sarh », sur Alwihda, (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Martin Baraké, La Fonction commerciale de Sarh (thèse de 3e cycle d'analyse régionale et aménagement de l'espace), Université Paris 1, , 176 p..
- Jacques Boisson, L'Histoire du Tchad et de Fort Archambault : documents, renseignements, commentaires pris, vécus et conçus de 1940 à 1966, Paris, Éditions du Scorpion, , 251 p..
- Jacques Chauvet, Les quartiers de Sarh, ex Fort-Archambault (République du Tchad) : essai de définition des quartiers d'une ville tropicale (thèse de 3e cycle de géographie), Université Michel-de-Montaigne-Bordeaux-III, , 351 p..
- Daniel Nojibaye, Étude des mécanismes de croissance urbaine du Tchad, l'exemple de Moundou et Sarh (ex-Fort-Archambault) (thèse de 3e cycle de géographie), Université Lille-II, .
- Le Tchad aujourd'hui, Paris, Éditions du Jaguar, , 140-141 p. (ISBN 978-2-86950-443-1), « Sarh et sa région ».
- Bernard Lanne, Répertoire de l'administration territoriale du Tchad, 1900-1994, Paris, L'Harmattan (ISBN 2-7384-3600-5).