Saxon (Valais)

commune suisse

Saxon est une commune suisse du canton du Valais, située dans le district de Martigny.

Saxon
Saxon (Valais)
Saxon vu depuis son château.
Blason de Saxon
Armoiries
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton du Valais Valais
District Martigny
Localité(s) Gottefrey, Sapin Haut, L'Arbarey, La Luy, Boveresse.
Communes limitrophes Martigny, Fully, Saillon, Riddes, Val de Bagnes
Président Christian Roth
NPA 1907
No OFS 6141
Démographie
Gentilé Saxonnain ou Saxonain
Population
permanente
7 424 hab. (31 décembre 2024)
Densité 320 hab./km2
Langue Français
Géographie
Coordonnées 46° 08′ 58″ nord, 7° 10′ 30″ est
Altitude 533 m
Min. 465 m (gare CFF)
Max. 533 m (place de l'église)
Superficie 23,23 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Suisse
Voir sur la carte topographique de Suisse
Saxon
Géolocalisation sur la carte : Suisse
Voir sur la carte administrative de Suisse
Saxon
Géolocalisation sur la carte : canton du Valais
Voir sur la carte administrative du canton du Valais
Saxon
Liens
Site web www.saxon.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Géographie

modifier

Saxon est située dans la vallée du Rhône sur la rive gauche du fleuve[3], au nord-est de Martigny. Son territoire, d'une superficie 23,23 km2[2], s'étend du sommet de la Pierre Avoi au Rhône[4].

Toponymie

modifier

Le nom de la commune dérive probablement de celui d'une personne nommée Saxo et signifie domaine de Saxo. L'ellipse du premier substantif est usuelle dans les toponymes romains de Suisse romande[5].

La première occurrence écrite du toponyme, sous la forme de Saxone, date de 1152[5].

La commune était aussi connue sous le nom de Saxon-les-Bains et, plus anciennement, sous celui de Sasson[4]. Elle se nomme Chachon en patois valaisan[6].

Histoire

modifier

Fouilles archéologiques

modifier

Néolithique

modifier

Vers 1938, une petite hache non terminée en pierre translucide, de 5 cm de long et 2,5 cm de large[7],[8],[9].

Âge du bronze

modifier

Le musée de Genève possède quatre bracelets plats, deux grands anneaux gravés et une épingle à tête enroulée.

En 1940, le musée de Sion a acheté une hachette en bronze, une urne funéraire et un bracelet à extrémités recourbées.

Âge du fer

modifier

Le musée de Genève possède deux bracelets ouverts, à tige cylindrique, un bracelet ocellé et un bracelet massif à tête de serpent.

Au musée de Lausanne se trouvent un collier et un bracelet.

Époque romaine (empire romain)

modifier

Une quinzaine de monnaies romaines et de fibules ont été découvertes, au lieu-dit en Saxonnet.

Le Musée national de Zurich possède une fibule à ailettes, une fibule de l'époque de La Tène III, ou La Tène récente (-100 à -25)

Au lieu-dit Les Baveux, à plusieurs reprises, des tombes ont été détruites. En 1947, pendant un défoncement à la pelle mécanique qui avait démoli entre une huitantaine et une centaine de sépultures appartenant probablement à la période romaine, M. R. Guigoz a sauvé quelques ossements, quelques tessons de poterie et grand bracelet en fer (tous au musée de Sion).

Au milieu des tombes, il y avait une grande dalle longue de 2 mètres 10, près d'un gros bloc de tuf allongé long d'environ 1 mètre 50.

Époque burgonde

modifier

Le musée de Genève possède une agrafe burgonde et deux bracelets en bronze.

Époque indéterminée

modifier

Tous les quatre extraits suivants sont issus de Vallesia V, de Marc-Rodolphe Sauter[8].

  1. Au moment où des propriétaires de terrains ont procédé à des défoncements, il a été mis à jour nombre de vestiges de constructions, d'armes, d'ornements, d'ossements, etc.
  2. En 1899, aux Condémines, Joseph Gay a découvert des ruines de bâtiments, en particulier une voûte de cave en bon état. Ce qui laisserait supposer que la localité s'étendait autrefois sur le cône de déjection du torrent du Saxonnet.
  3. Quelques années plus tard, l'ancien président Ludovic Perrier, alors qu'il défonçait un terrain aux "Claives", il a découvert une quantité d'ossements humains. Était-ce une fosse commune où ont été ensevelis des guerriers ou des victimes des épidémies de peste ou de choléra qui ont fait de gros ravages dans nos régions ? Nul ne peut le dire.
  4. Citons encore les découvertes faites en 1950 par Léon Bruchez au lieu-dit "Les Liarrays" (près de la maison d'école(actuellement Maison de Commune)) : la pioche a mis au jour des tombes recouvertes de dalles orientées dans la direction est-ouest. Le fait que ce lieu était très éloigné des habitations laisse croire qu'ici encore, on se trouve en présence de restes de personnes décédées lors des épidémies.

Moyen Âge

modifier

Époque savoyarde

modifier

C'est un châtelain dépendant du comte de Savoie (inconnu) qui, entre le début et le milieu du XIIIe siècle, gouverna Sembrancher et Saxon[9]. Les mariages contractés entre seigneurs de Saxon et de la Tour d'Ayent (actuellement nommé Ayent) valurent à ces seigneurs sur la châtellenie de Saxon, droits qui furent ensuite vendus aux comtes de Savoie. En 1263, Pierre II, désormais comte de Savoie, il devint propriétaire intégral de Saxon et racheta les diverses terres appartenant aux familles de Saxon. Il acquit ensuite le château de Saxon de Rodolphe d'Ayent, seigneur à l'humeur belliqueuse. Les successeurs de Pierre II achetèrent les parts de la seigneurerie et en firent une châtellenie unie à celle de Sembrancher, châtellenie qui était maintenue jusqu'en 1475, après la conquête valaisanne (ou bataille de la Planta). C'est le comte Philippe Ier qui fit construire la tour de Saxon (entre 1277 et 1279)

Époque contemporaine

modifier
Photo aérienne (1955)

Le développement de la commune de Saxon s'accélère après l'ouverture d'un premier établissement thermal en 1839 et d'un casino six ans plus tard[10]. La commune est reliée au chemin de fer en 1860[10].


Population et société

modifier

Gentilé et surnom

modifier

Les habitants de la commune se nomment les Saxonnains[11], Saxonains[12],[13] ou Saxonnins (fém. : Saxonnindzes)[6]. Ils sont surnommés les Farates, soit les guenilles en patois valaisan[6].

Les habitants de la localité de Gottefrey sont surnommés les Gabians, soit les vantards en patois valaisan[14].

Démographie

modifier

Évolution

modifier

La commune compte 7 424 habitants au 31 décembre 2024 pour une densité de population de 320 hab/km2[1]. Sur la période 2010-2023, sa population a augmenté de 56,1 % (canton : 17,0 % ; Suisse : 9,4 %)[15].

Évolution de la population de Saxon entre 1850 et 2020[16],[1]

Pyramide des âges

modifier

En 2023, le taux de personnes de moins de 30 ans s'élève à 35,5 %, au-dessus de la valeur cantonale (31 %). Le taux de personnes de plus de 60 ans est quant à lui de 19,9 %, alors qu'il est de 27,5 % au niveau cantonal[17].

La même année, la commune compte 3 641 hommes pour 3 473 femmes, soit un taux de 51,2 % d'hommes, supérieur à celui du canton (49,9 %)[17].

Pyramide des âges de Saxon en 2023 (%)[17]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ans ou +
1,0 
4,3 
75 à 89 ans
7,4 
12,9 
60 à 74 ans
13,7 
21,2 
45 à 59 ans
21,2 
24,0 
30 à 44 ans
22,8 
20,6 
15 à 29 ans
18,3 
16,5 
- de 14 ans
15,5 
Pyramide des âges dans le canton du Valais en 2023 (%)[17]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90 ans ou +
1,3 
8,0 
75 à 89 ans
10,1 
17,1 
60 à 74 ans
17,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,7 
21,3 
30 à 44 ans
20,1 
17,3 
15 à 29 ans
16,0 
14,7 
- de 14 ans
14,0 

Jumelages

modifier

La commune est jumelée avec celle de Bouliac en France dès 1993[18].

Économie

modifier

La commune de Saxon a abrité une fabrique de conserves de 1857 à 1950, appartenant d'abord à Doxa, puis dès 1927 à Hero[10].

Culture et patrimoine

modifier

Patrimoine bâti

modifier

Dans le village de Saxon se trouvent une tour, une église, la chapelle de Sapinhaut, ainsi qu'un ancien casino.

Musique

modifier

Le Festival de Sapinhaut est organisé dans la localité de 1971 à 1976[19].

Personnalités

modifier
  • Fiodor Dostoïevski (1821-1881), écrivain russe[20], se rendit à plusieurs reprises de Genève au casino de Saxon entre fin 1867 et début 1868.
  • Stéphane Lambiel (1985-), patineur artistique, champion du monde 2005 et 2006, médaillé de bronze aux championnats du monde de 2007 et médaillé d'argent aux Jeux olympiques d'hiver de Turin en 2006.
  • Yann Lambiel (1973-), humoriste et imitateur.
  • Anne Perrier (1922-2017), poète romande originaire de Lausanne. Dans les dernières années de sa vie, elle vécut retirée à Saxon près de ses deux fils et leur famille.
  • Bernard Rappaz (1953-), le roi du chanvre dans les années 2000, alors que la Suisse est sur le point de légaliser le cannabis. Il sera finalement condamné par la justice valaisanne à plus de six ans de prison pour ses activités chanvrières.

Héraldique

modifier
Blason Blasonnement :
« De gueules à une tige de trèfle à deux feuilles d'argent[21]. »

Les armoiries de Saxon sont attestées sur des papiers officiels, des sceaux et le Walliser Jahrbuch 1934[22].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 « Bilan démographique selon le niveau géographique institutionnel » Accès libre, sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  2. 1 2 « Portraits régionaux 2021: chiffres-clés de toutes les communes » Accès libre [xls], sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  3. Bernard Truffer, « Saxon (Valais) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  4. 1 2 Charles Knapp (dir.), Dictionnaire géographique de la Suisse, vol. 4 : Quader - Sovrana, Neuchâtel, Victor Attinger, 1902-1910, p. 448 à 450 [détail des éditions] [lire en ligne (page consultée le 22.11.2022)]
  5. 1 2 « Saxon - commune », sur toponymes.ch (consulté le )
  6. 1 2 3 Paul Fehlmann, Ethniques, surnoms et sobriquets des villes et villages en Suisse romande, Haute-Savoie et alentour, dans la vallée d'Aoste et au Tessin, Genève, Jullien, , 274 p. (ISBN 2-88412-000-9), p. 121
  7. « Saxon - Archéologie » Accès libre (consulté le )
  8. 1 2 Marc-Rodolphe Sauter, « Préhistoire du Valais », dans Vallesia, t. V, , p. 136-137
  9. 1 2 Louis Delaloye, Saxon : Vieux bourg, cité nouvelle, , 128 p., partie I, chap. 2 (« Découvertes archéologiques »), p. 13, 14
  10. 1 2 3 Bernard Truffer, « Saxon (commune) », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le )
  11. « Saxon en bref », sur Commune de Saxon (consulté le )
  12. Charles Knapp (dir.), Dictionnaire géographique de la Suisse, vol. 6 : Toffen - Zybachsplatte, Neuchâtel, Victor Attinger, 1902-1910, p. 191 [détail des éditions] [lire en ligne (page consultée le 17.11.2022)]
  13. Raphy Rappaz, Les sobriquets des localités du Valais romand, Sion, Éditions Fiorina, , 3e éd., 290 p., p. 40
  14. Raphy Rappaz, Les sobriquets des localités du Valais romand, Sion, Éditions Fiorina, , 3e éd., 290 p., p. 41
  15. « Variation de la population résidante permanente, de 2010 à 2023 » Accès libre, sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  16. « Évolution de la population des communes 1850-2000 » Accès libre, sur Office fédéral de la statistique, (consulté le ).
  17. 1 2 3 4 « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, la nationalité (catégorie), le lieu de naissance, le sexe et la classe d'âge » Accès libre, sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  18. « Annuaire des villes jumelées »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?)
  19. Jean-François Albelda, « Sapinhaut, un vent de liberté entre les sapins », Le Nouvelliste (Suisse), (lire en ligne)
  20. Le roman Le Joueur qui décrit les effets pervers de la roulette sur un jeune russe date d'avant le séjour de l'auteur en Suisse.
  21. « Saxon », sur www.aveg.ch (consulté le ).
  22. Armorial valaisan, Zurich, Orell Fuessli, , 304 p. (présentation en ligne, lire en ligne), p. 233.

Voir aussi

modifier

Fonds d'archives

modifier
  • Fonds : Saxon, Commune / Bourgeoisie / Paroisse (1540-1910) [9,28 mètres]. Cote : CH AEV, AC Saxon. Sion : Archives de l'État du Valais (présentation en ligne).

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :