Science et technologie aux États-Unis
La science et la technologie aux États-Unis ont été influencés par ce que les États-Unis ont été fondés à l'époque du siècle des Lumières (vers 1680 à 1800), lorsque la philosophie occidentale rejette les superstitions du passé et prend le parti d'une culture intellectuelle et scientifique dans laquelle la raison est la source première de légitimité et d'autorité. Les philosophes des Lumières ont imaginé une « république de la science », où les idées sont échangées librement et les connaissances sont utiles à améliorer la vie de tous les citoyens.

La Constitution des États-Unis reflète aussi le désir d'encourager la créativité scientifique. Elle donne au Congrès des États-Unis le pouvoir de « promouvoir le progrès scientifique et culturel utile, en assurant aux auteurs et inventeurs les droits exclusifs à leurs créations et découvertes »[1]. Ceci forme la base du droit des brevets aux États-Unis et droit d'auteur aux États-Unis : après un monopole initial des auteurs, les arts et technologies deviennent gratuits après un temps donné, enrichissant ainsi le domaine public[2].
Début de l'histoire des États-Unis
modifierDes pères fondateurs des États-Unis, Benjamin Franklin a contribué à approfondir la connaissance de l'électricité et Thomas Jefferson a introduit de nouvelles espèces dans l'agriculture du pays. Trois autres scientifiques acquièrent une grande notoriété internationale : David Rittenhouse (1732-1796) qui décrivit le transit de la planète Vénus, Benjamin Rush (1746-1813) qui, outre son activité politique, développa une approche médicale de l'alcoolisme, et Charles Willson Peale (1741-1827) peintre et naturaliste qui fonda, à Philadelphie, l'un des tout premier musée du continent doté d'une section d'histoire naturelle[3].

Au XIXe siècle, alors que l'Europe devient le haut-lieu des développements scientifiques, où de nombreux étudiants américains viennent se former, on peut citer le physicien et chimiste Willard Gibbs (1839-1903) qui révolutionne la chimie en y introduisant les principes de la physique statistique et gagne une véritable aura internationale.
Immigration scientifique
modifierLe chimiste britannique Joseph Priestley est un dissident politique qui a quitté son pays d'origine pour les États-Unis en 1794. Il est le premier de milliers de scientifiques qui font de même, afin de trouver un environnement plus libre[3].
L'âge nucléaire
modifierSous les administrations Trump
modifierMi-2026, l'Office of Science and Technology Policy (OSTP) de la Maison Blanche, dirigé par Michael Kratsios, a publié un rapport (123 pages) intitulé « Science: A New Golden Age », suite à une demande du président Trump qui souhaitait instaurer un « nouvel âge d'or de l'innovation américaine », parfois présenté comme le successeur du célèbre rapport Vannevar Bush de 1945, « Science: The Endless Frontier », mais il s'en distingue par l'absence totale de consultation transparente des communautés scientifiques (y compris des National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine) et par l'omission de domaines entiers tels que le changement climatique, la santé publique et les sciences humaines et sociales, et par l'absence de toute mention de la coopération scientifique internationale — dans la continuité du retrait américain d'organismes comme le GIEC ou l'OMS imposé par D. Trump. Le nouveau rapport priorise la recherche sur l'IA, l'informatique quantique, les semi-conducteurs, les communications avancées, la robotique, la fabrication avancée, la fission nucléaire et fusion, ainsi que les systèmes spatiaux, avec un accent sur la sécurité nationale[4]. Les agences fédérales ont un budget de recherche de plus de 3 milliards de dollars/an. L'Administration Trump, après de nombreuses coupes budgétaires et la censure de certains sujets leur donne 90 jours pour indiquer comment elles comptent réorienter leurs financements pour suivre ces nouvelles priorités (dont en priorisant la recherche biologique fondamentale plutôt que l'écologie et les sciences de la vie au sens large[4].
La seconde administration Trump est marquée par un déni de la science (au moins pour ce qui concerne le climat, la biodiversité, la santé et la soutenabilité du développement) qui s'est décliné en 18 mois de décrets présidentiels, de coupes budgétaires brutales, de limogeages, de retards dans l'attribution des subventions et d'interférences politiques dans des sujets scientifiques sensibles, de difficultés faites aux chercheurs étrangers ainsi que par le licenciement[5] notable de comités consultatifs scientifiques fédéraux, comme celui de la National Science Foundation[4]. Mais, parallèlement, le 2 août 2026, des sénateurs américains — des deux partis — ont proposé un projet de loi de crédits qui — s'il était adopté — suspendrait temporairement (jusqu'au 11 décembre 2026) une autre proposition distincte de la Maison Blanche visant à confier la révision des subventions fédérales à des responsables politiques et à encore restreindre les collaborations scientifiques internationales (proposition qui devait initialement entrer en vigueur le 1er octobre 2026, date de fin de l'exercice budgétaire fédéral)[6].
Références
modifier- ↑ « Guide to the Constitution »
- ↑ « A Brief History of U.S. Patent Law »
- 1 2 (en) « American Spaces », sur Managing American Spaces (consulté le ).
- 1 2 3 (en) « What’s missing from the White House plan for the future of US science », Nature, vol. 656, no 8126, , p. 7–8 (ISSN 0028-0836 et 1476-4687, DOI 10.1038/d41586-026-02384-w, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Dan Garisto, « Entire NSF science advisory board fired by Trump administration », Nature, vol. 653, no 8113, , p. 13–14 (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/d41586-026-01361-7)
- ↑ (en) Dan Garisto, « Controversial White House plan to overhaul US science funding faces Senate opposition », Nature, (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/d41586-026-02436-1).