Scolie
La scolie (du grec ancien σκόλιον / skólion, « oblique, tortueux », sous-entendu μέλος / mélos, « chant ») est un court poème lyrique consistant normalement en une strophe destinée à être chanté après le dîner, pendant le symposion (moment où l'on boit le vin)[1].
Étymologie
modifierLe terme skólion renvoie probalement au fait que durant le symposium, « le tour de chant passait d'un convive à l'autre selon un parcours en zigzag »[2].
Histoire et caractéristiques
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Pour les Anciens, son inventeur serait Terpandre (VIIe siècle av. J.-C.)[1], et ce genre littéraire grec se serait d'abord développé chez les Lesbiens. Parmi les auteurs célèbres, on compte des poètes comme Alcée, Sappho, Praxilla, Timocréon, Simonides ou encore Pindare. Ce dernier, cependant, est connu pour avoir donné une portée plus artistique au genre, le développant en y ajoutant plusieurs strophes, en accord avec la poétique (discipline) dorienne. La récitation de ces poèmes s'accompagnait souvent à la lyre.
C'est surtout en Attique, à Athènes, que le genre s'est développé et a été pratiqué. Jusqu'à la fin, en 404 av. J.-C., de la guerre du Péloponnèse, c'était un passage obligé à la fin des banquets : après avoir chanté un péan en chœur, on faisait passer une lyre ainsi qu'un rameau de myrte[2] (ou bien un rameau ou une lyre seulement). Celui des convives qui tenait les objets symboliques (ou pratiques dans le cas de la lyre puisqu'elle permettait de s'accompagner) se devait de chanter des passages de poètes célèbres puis passait les objets à un autre de son choix (d'où, vraisemblablement, le nom de « tordu », qui décrit le trajet de la chanson parmi les convives), lequel enchaînait, et ainsi de suite, en respectant le thème choisi selon l'ambiance du symposion.
Athénée de Naucratis nous a conservé une série de scolies anonymes dans les Deipnosophistes, Livre XV[1],[3]. Et d'après les textes qui nous restent, les thèmes des scolies pouvait être très variés : invocations de dieux, sentences, proverbes, fables, évocation des plaisirs de la vie, etc. La plus célèbre des scolies (transmise par Athénée de Naucratis) est due à Callistrate : il loue les Tyrannoctones (« tueurs de tyran ») Harmodios et Aristogiton, meurtriers du tyran Hipparque, fils de Pisistrate[1]. Elle est écrite en quatre strophes, les trois dernières n'étant que des variations de la première. Ces scolies expriment aussi fréquemment des sentiments personnels ou encore des réflexions sur la vie.
Il ne faut pas confondre ce mot avec scholie, terme écrit le plus souvent avec un h — mais que l'on trouve aussi avec l'orthographe scolie) — qui désigne des notes explicatives ajoutées dans un manuscrit par des scholiastes, et destinées à éclaircir une difficulté du texte[4].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 M.C. Howatson (Dir.) (trad. de l'anglais par Collectif), Dictionnaire de l'Antiquité. Mythologie, littérature, civilisation [« The Oxford Companion to Classical Litterature »], Paris, Bouquins, , 1066 p. (ISBN 978-2-221-06800-7), p. 905
- 1 2 « Scolie », sur cnrtl.fr (consulté le )
- ↑ Deipnosophistes, « Livre XV », Trad. de Lefebvre de Villebrune, Paris, 1791 [lire en ligne (page consultée le 23 août 2026)]
- ↑ Howatson, in op. cit., 1993, p. 903.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Harry Thurston Peck, Harper's Dictionary of Classical Antiquities, New York, Harper & Brothers, (lire en ligne).
