Scénario RCP

scénarios de trajectoire du forçage radiatif

Les scénarios RCP (pour « Representative Concentration Pathway » en anglais, « Trajectoires représentatives de concentration » en français) sont quatre scénarios de trajectoire du forçage radiatif jusqu'à l'horizon 2100[1]. Ces scénarios ont été établis par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC ou IPCC en anglais pour « Intergovernmental Panel on Climate Change ») pour son cinquième rapport, AR5 (IPCC Fifth Assessment Report ou Cinquième rapport d'évaluation du GIEC)[2].

Représentation de tous les agents équivalent-CO2 du forçage atmosphérique, selon quatre scénarios RCP (en ppm).

Types de scénario

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Un scénario RCP permet de modéliser le climat futur. Dans le cinquième rapport d'évaluation du GIEC (AR5, paru en 2014) et sur la base de quatre hypothèses différentes concernant la quantité de gaz à effet de serre qui sera émise dans les années à venir (période 2000-2100), chaque scénario RCP donne une variante jugée probable du climat qui résultera du niveau d'émission choisi comme hypothèse de travail. Les quatre scénarios sont nommés d'après la gamme de forçage radiatif ainsi obtenue pour l'année 2100 : le scénario RCP 2.6 correspond à un forçage de +2,6 W/m2 (Watt par mètre carré), le scénario RCP 4.5 à +4,5 W/m2, et de même pour les scénarios RCP 6 et RCP 8.5[3]. Plus cette valeur est élevée, plus le système terre-atmosphère gagne en énergie et se réchauffe.

En 2020, Zeke Hausfather et Glen P. Peters expliquent dans Nature que de nombreux travaux sur le changement climatique utilisent encore un scénario extrême d’émissions de CO2 comme s’il représentait le futur « normal » ou « business as usual » (BAU). En particulier, le RCP8.5 suppose une très forte croissance de la consommation de charbon, de faibles progrès technologiques et une hausse massive des émissions jusqu’en 2100. Selon eux, ce scénario n’est plus réaliste aujourd’hui et son usage excessif peut fausser le débat public et les politiques climatiques[4].

En 2026, le scénario climatique extrême appelé RCP8.5 — longtemps utilisé comme scénario du pire dans les rapports du GIEC — est désormais considéré comme peu plausible par une partie importante de la communauté scientifique[5]. Les nouvelles analyses montrent que cette trajectoire devient improbable en raison de la baisse massive du coût des renouvelables, du ralentissement attendu de la croissance démographique et du fait que la consommation mondiale de charbon ne suit plus les hypothèses extrêmes du modèle. Un nouveau travail scientifique, piloté par le chercheur néerlandais Detlef van Vuuren, prépare les scénarios du futur rapport du GIEC (AR7) et propose d’abandonner le RCP8.5[6].

Références

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  1. ↑ Météo France, « Les scénarios du GIEC »
  2. ↑ (en) Richard Moss, Mustafa Babiker, Sander Brinkman, Eduardo Calvo, Tim Carter, Jae Edmonds, Ismail Elgizouli, Seita Emori, Lin Erda, Kathy Hibbard, Roger Jones, Mikiko Kainuma, Jessica Kelleher, Jean Francois Lamarque, Martin Manning, Ben Matthews, Jerry Meehl, Leo Meyer, John Mitchell, Nebojsa Nakicenovic, Brian O’Neill, Ramon Pichs, Keywan Riahi, Steven Rose, Paul Runci, Ron Stouffer, Detlef van Vuuren, John Weyant, Tom Wilbanks, Jean Pascal van Ypersele, and Monika Zurek, Towards New Scenarios for Analysis of Emissions, Climate Change, Impacts, and Response Strategies, Genève, Intergovernmental Panel on Climate Change, , 132 p. (lire en ligne)
  3. ↑ (en) John Weyant, Christian Azar, Mikiko Kainuma, Jiang Kejun, Nebojsa Nakicenovic, P.R. Shukla, Emilio La Rovere and Gary Yohe, Report of 2.6 Versus 2,9 W/m2 RCPP Evaluation Panel, Geneva, Switzerland, IPCC Secretariat, (lire en ligne)
  4. ↑ (en) Zeke Hausfather et Glen P. Peters, Emissions – the ‘business as usual’ story is misleading, nature.com, 29 janvier 2020
  5. ↑ (en) Why Scientists Retired the Dire Climate Scenario Used for Over a Decade, The New York Times, 26 mai 2026
  6. ↑ (en) Zeke Hausfather, Glen Peters, et Piers Forster, On the death of RCP8.5, theclimatebrink.com, 18 mai 2026

Voir aussi

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