Secret de la confession

Le secret de la confession est le secret absolu imposé aux confesseurs (prêtres catholiques et orthodoxes, ministres du culte protestants, notamment luthériens et anglicans) sur ce qu'ils ont entendu en confession. Dans le catholicisme, tout manquement à l'obligation du « sceau sacramentel » est passible d'excommunication.

Prêtre en attente dans un confessionnal.

Histoire

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Le secret de la confession est « le secret absolu que le prêtre est tenu d'observer, sous peine d'excommunication, sur ce qu'il entend en confession »[1].

Doctrine

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La tradition de secret de la confession est déjà ancienne lorsqu'elle est formulée dans le Decretum Gratiani en 1151. Se référant aux conciles antérieurs, le décret indique : « Deponatur sacerdos qui peccata pœnitentis publicare præsumit[2] » (« Le prêtre qui ose rendre publics les péchés du pénitent doit être déposé »). Il ajoute que ce prêtre doit être condamné à une vie d'errance et d'ignominie.

Le quatrième concile du Latran, en 1215, énonce l'obligation pour chaque fidèle de se confesser une fois par an. À cette occasion, le concile rappelle dans son canon 21 que[3] : « [le prêtre] prendra grandement garde de ne jamais trahir le pécheur par un mot, un signe ou de quelque manière [...] ; car si quelqu'un osait révéler un péché qui lui a été découvert au tribunal de la pénitence, nous décrétons, non seulement qu'il doit être déposé du ministère sacerdotal, mais encore qu'il soit voué, à perpétuité, à faire pénitence dans un monastère de stricte observance. »

Trois raisons sont avancées par les auteurs pour justifier ce secret[4] : la volonté divine dans l'institution du sacrement, la confiance des pénitents dans l'institution pénitentielle et la protection du confesseur.

La troisième partie de la Somme théologique de Thomas d'Aquin consacre un article au « sceau de la confession », qui ne peut être brisé qu'en une seule circonstance : il admet, dans son Commentaire sur les sentences de Pierre Lombard[5], qu'un pénitent puisse autoriser explicitement le confesseur à communiquer ses propos à un tiers. L'article précise que l'inviolabilité générale est due au caractère divin du sacrement et à la prévention du scandale. L'interdiction s'étend à toute personne susceptible d'avoir entendu les paroles du pénitent dans le confessionnal.

Les Églises chrétiennes

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La doctrine développée dans la Somme théologique est restée inchangée dans l'Église catholique. Elle est rappelée dans le Code de droit canonique de 1983, à l'article 983-1[6] : « Le secret sacramentel est inviolable ; c'est pourquoi il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d'une autre manière, et pour quelque cause que ce soit. ». Les articles 983-2 et 1386-2, reprenant le principe exposé dans la Somme théologique, lient au secret tous ceux qui auraient surpris ou traduit les paroles du pénitent, sous peine de sanctions qui peuvent aller jusqu'à l'excommunication latæ sententiæ.

Luther a conservé de la tradition catholique le caractère sacré de la confession, tout comme la Communion anglicane. Même si cette optique connaît de nombreuses variations au sein de la Réforme protestante, il existe un consensus pour affirmer le secret pastoral : la confiance entre le pénitent et le ministre du culte doit être inviolable.

Prêtres martyrs

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Au cours de l'histoire, plusieurs prêtres ont été martyrisés pour avoir refusé de dévoiler des secrets reçus en confession. Parmi eux figurent :

Cadre légal

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En France

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En France, bien qu'aucune loi de la République ne l'indique explicitement, les propos tenus dans le cadre de la confession sont couverts par le secret professionnel, tel que reconnu par diverses jurisprudences antérieures et postérieures à la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905[9],[10]. Bien que le droit canon n'ait aucune valeur légale en France, le secret de la confession est soumis aux mêmes règles que pour les avocats et les professionnels de santé selon l'article 226-13[11],[12] du Code pénal[13].

En Belgique

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À la suite de la condamnation d'Alexander Stroobandt, prêtre catholique à une peine d’un mois de prison avec sursis par le tribunal de Bruges pour non-assistance à personne en danger (un homme lui avait fait part de son intention de se suicider au téléphone), la Conférence épiscopale de Belgique rappelle les règles de base en matière de secret professionnel et celles concernant le secret de la confession en rappelant les règles du code de droit canonique. Cependant l'article 458bis du Code pénal belge édicte que toute personne qui, par état ou par profession, est dépositaire de secrets doit informer le procureur du Roi « lorsqu’il existe un danger grave et imminent pour l’intégrité physique ou mentale du mineur ou de la personne vulnérable visée, et qu’elle n’est pas en mesure, seule ou avec l’aide de tiers, de protéger cette intégrité, soit lorsqu’il y a des indices d’un danger sérieux et réel que d’autres mineurs ou personnes vulnérables visées soient victimes des infractions prévues aux articles précités et qu’elle n’est pas en mesure, seule ou avec l’aide de tiers, de protéger cette intégrité. »[14].

Au Canada

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Dans la culture

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Au cinéma

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Affiche du film américain La Confession (1920)

À La télévision

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De nombreux épisodes de séries télévisées françaises et étrangères, souvent de nature policière, évoquent le secret de la confession :

Dans la littérature

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Dans le premier roman de Guy de Maupassant, paru d'abord en feuilleton en 1883 dans Gil Blas, puis en livre la même année sous le titre Une vie (L'Humble Vérité) puis sous le simple titre Une vie, un prêtre passe outre et viole le secret de la confession.

Notes et références

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  1. ↑ « Confession », sur Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  2. ↑ Pars II, dist. VI, c. II.
  3. ↑ « Quatrième concile du Latran : Canon 812 », sur catho.org (consulté le ).
  4. ↑ Marcel Bernos, chap. 6 « Le secret de la confession à l’époque moderne », dans Les sacrements dans la France des XVIIe et XVIIIe siècles : Pastorale et vécu des fidèles, Presses universitaires de Provence, coll. « Le temps de l’histoire », (ISBN 978-2-8218-8568-4, DOI 10.4000/books.pup.7341, lire en ligne), p. 95–107.
  5. ↑ Articulus 2 [18438] Super Sent., lib. 4 d. 21 q. 3 a. 2 tit.
  6. ↑ « Livre IV : La fonction de sanctification de l'Église (Cann. 834 - 848) - première partie : Les sacrements - titre 4 : Le sacrement de Pénitence (Cann. 959 – 997) - chapitre 2 : Le ministre du sacrement de Pénitence, Code de droit canonique », sur vatican.va (consulté le ).
  7. ↑ « Le secret de la confession », La Croix, no 4441,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ (en) « These priests were martyred for refusing to violate the seal of confession », sur Eternal Word Television Network, (consulté le ).
  9. ↑ Emmanuel Tawil, « Le secret de la confession, source de conflit entre le droit canonique et le droit français ? », Club des juristes,‎ (lire en ligne).
  10. ↑ Bruno Gonçalves, « Le sceau sacramentel en question : essai d’analyse juridico-canonique des recommandations de la CIASE », Revue du droit des religions, no 15,‎ , p. 73-91 (DOI 10.4000/rdr.2099)
  11. ↑ Article 226-13 du Code pénal.
  12. ↑ « L’article 226-13 du code pénal », sur secretpro.fr, (consulté le ).
  13. ↑ « Ce que dit la loi sur la dénonciation de violences sexuelles et le secret de la confession », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. ↑ Pierre Granier, « Les évêques rappellent les règles du secret professionnel et du secret de la confession », sur CathoBel, (consulté le ).
  15. ↑ « The Confession » (présentation de l'œuvre), sur l'Internet Movie Database.
  16. ↑ Olivier Rossignot, « Anthony Page – « Absolution » (1978) », sur culturopoing.com, .

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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