Selkie
Les selkies sont des créatures imaginaires issues principalement du folklore des Shetland. Elles y sont décrites comme de superbes jeunes filles (ou assez exceptionnellement comme de beaux jeunes hommes) qui revêtent une peau de phoque, dans le but de se changer en cet animal marin et de plonger dans la mer.
| Groupe | Folklore populaire |
|---|---|
| Sous-groupe | Créature métamorphe marine |
| Caractéristiques | Humanoïde / phoque, métamorphe, marin |
| Habitat | Littoral, mer, océans |
| Origines | Folklore écossais |
|---|---|
| Région | Shetland (Écosse) |
Une fois sortie de l'eau, ce qu'elle fait généralement la nuit, parfois le jour en de rares occasions, et le plus souvent durant celle de la Saint-Jean, la selkie quitte sa peau de phoque et danse à la lueur de la Lune.
Si un homme découvre alors sa peau magique et la dérobe, la selkie devra lui obéir tant qu'elle ne l'aura pas retrouvée. Dans cette situation, il arrive parfois que la femme-phoque et l'homme qui la tient sous sa coupe finissent par s'attacher l'un à l'autre, se marient et aient des enfants. Cependant, si la peau n'est pas détruite par le feu et que la selkie la retrouve, elle plongera dans les profondeurs de l'océan[1] pour ne jamais revenir, laissant mari et enfants, tout comme certaines sortes de sirènes.
Dans certaines versions plus modernes: elles sont parfois chargées de protéger les jeunes sirènes qui ont 16 ans, l'âge normal pour la transformation. Elles sont chargées de leur apprendre la vie sous-marine et de les présenter à leurs clans. Dans certaines légendes, les selkies aident les sirènes contre leurs ennemis. [réf. nécessaire]
Quelques exemples de selkies
modifierKópakonan
modifier- Source: Marc Chesneau, « La légende de Kópakonan, la “femme-phoque” des îles Féroé », sur Marc Chesneau, photographe (consulté le )
La légende de la femme-phoque Kópakonan est un conte populaire de îles Féroé, basé sur l'idée que les phoques que nous connaissons étaient autrefois des êtres humains, qui ont volontairement gagné l’océan, et reviennent, une fois par an, le "treizième soir"[De quoi ?], quittent leur peau et peuvent ainsi danser s’amuser, commes les êtres humains qu'ils ont été.

Un jeune garçon, dans une ferme du village de Mikladalur (fo) (sur l’île de Kalsoy) veut vérifier cette histoire. Il se rend donc sur la plage un de ces "treizièmes soirs" et attend. Il voit arriver une troupe énorme de phoques, qui grimpent sur la plage, perdent leur peau et, désormais semblables à des humains ordinaires, chacun déposent soigneusement sa peau sur un rocher. En particulier, une jolie demoiselle place sa peau près de l’endroit où se cache le garçon deferme. Quand la danse commence, le jeune homme se faufila et s'empare de la peau. Les danses et les jeux durent toute la nuit. Dès que le soleil apparaît à l’horizon, tous reprennent leur peau et retournent en mer. La fille dont la peau a été volée doit rester à terre et vivre avec les humains ordinaires. Elle hantera les nuits et les rêves du jeune homme.
Un soir, il apprend que les hommes de Mikladalur s'apprêtent à aller dans les profondeurs de l’une des cavernes dont est truffée la côte de l'île, pour chasser les phoques qui y vivent. Le soir même, celle qu'il appelle Kopakonan, "la femme phoque", lui apparaît dans un rêve. Elle lui dit qu'il lui faut s’assurer de ne pas tuer le grand phoque, semblable à un taureau, qu'il verra à l’entrée de la cavene, car c’est son mari, ni les deux petits qui dorment au fond de la grotte, car ce sont ses fils. Elle décrit leur pelage pour qu’il puisse les reconnaître. Au matin, le jeune fermier rejoint les autres chasseurs et ne tient pas compte de ce rêve quand les autres villageois et lui tuent tous les phoques de la grotte et emmènent les dépouilles, qu'ils se répartissent une fois de retour au village.
La tête du grand phoque et les membres des petits sont préparés pour le repas du soir. Un grand fracas retentit dans le fumoir, et la femme du phoque apparaît à tous, sous la forme d’un troll terrifiant. Elle renifle la nourriture dans les auges et hurle sa malédiction: « Voici la tête de mon mari et ses larges narines, la main de Hárek et le pied de Fredrik! Il y aura vengeance, vengeance contre les hommes de ce village, certains mourront en mer, d’autres tomberont des sommets des montagnes, jusqu’à ce qu’il y ait autant de morts que possible pour lier des mains tout autour des rives de l’île de Kalsoy ! », puis disparaît avec un grand coup de tonnerre, et nul ne l'a jamais revue.
Une statue de Kopakonan a été dressée à Mikladalur en . Elle est conçue pour résister aux vagues, qui peuvent atteindre 13 mètres.
Autres exemples
modifierMusique
modifier- Dans la chanson "Broken Mast Bay" de Sail North, qui raconte l'histoire d'un marin et d'une Selkie qui lui offre un collier en perle pour qu'il ne soit plus jamais seul.
- Dans la chanson Selkie-Boy de l'album The Lost Words: Spell Songs, interprétée par Julie Fowlis
- La chanson The Maiden and the Selkie (2009) d'Heather Dale raconte l'amour entre un selkie et la fille d'un pêcheur. Leur mariage est compromis, car le selkie ne peut vivre en dehors de la mer plus de 24 heures, mais ils finiront par trouver une peau de phoque permettant à la femme de devenir elle-même une selkie et ainsi rejoindre son amant en mer.
- Dans la chanson Selkie du groupe de gothic metal Blackbriar est racontée une histoire d'amour entre un homme et une selkie.
Littérature
modifier- Le Dernier Oracle, première livre de la saga « La Selkie » de l'autrice auto-éditée Megära Nolhan.
- Le livre The Selkie de Melanie Jackson traite de la romance entre une jeune américaine et un prince selkie dont elle a volé la peau.
- Dans le recueil Amours d'enfer, Melissa Marr raconte l'histoire d'une jeune fille et d'un selkie lors d'une nouvelle : « Coup de foudre ».
- Dans son roman Agharta - Le temps des Selkies (Éditions Asgard, 2013), Arnauld Pontier évoque l'hypothèse de l'origine martienne de ces êtres amphibies qui disposent, dans cette œuvre, d'incroyables facultés mentales et temporelles.
- Le livre Sealskin (« Peau de phoque », Exeter Novel Prize 2013), de Su Bristow, raconte l'histoire d'un jeune pêcheur écossais épris de la selkie Mairhi.
- Le livre L'île de Nera d'Elizabeth George aborde le sujet lors d'une intrigue concernant un phoque noire.
- Dans le livre Tempête naissante de Tracy Deeps (2014), une sirène est aidée par un selkie (la suite dans le livre Tempête déchaînée de Tracy Deeps).
- Dans le livre La déferlante de Michael Buckley (2016), l'une des castes du peuple des Alphas est Selkie.
- Dans le livre Le merveilleux voyage de Nils Olgerson à travers la Suède de Selma Lagerlöf (1906-1907), le roi de Suède conte la légende d'une Selkie ayant perdu sa peau de phoque dans l'archipel de Stockholm.
- Dans le livre "Femmes qui courent avec les loups" de Clarissa Pinkola Estés, Histoires et mythes de l'archétype de la Femme sauvage, page 353, "Peau de phoque, peau d'Âme".
Bande dessinée
modifier- Dans la série de BD Thorgal, le tome 38, « la Selkie », évoque une histoire autour la malédiction de Kópakonan.
- Un des personnages principaux de la saga de La Dernière Geste de Morgan of Glencoe est une selkie.
Cinéma
modifier- Dans le film Ondine, Syracuse (Colin Farrell) trouve dans son filet de pêche une selkie qui se nomme Ondine (Alicja Bachleda-Curus).
- Dans le film d'animation Le Chant de la mer (2014), l'héroïne et sa mère sont des selkies.
- Dans Le Secret de Roan Inish, le secret de famille est lié à une selkie.
Séries télévisées
modifier- Dans la série Lost Girl (saison 2, épisode 7), le personnage principal rend à un groupe de selkies les peaux qui leur ont été volées, leur permettant ainsi de recouvrer leur liberté.
- Dans la série La Cabane magique, une selkie est l'amie des personnages principaux.
- Dans la série d'animation Winx Club (saison 5), les Winx rencontrent les selkies, créatures magiques et gardiennes des portails de l'Océan Infini.
- Dans un des épisodes de la série Désenchantée, le roi Zøg rencontre Ursula, une selkie qui se transforme d'ourse en humaine.
Notes et références
modifier- ↑ Jigourel, Thierry, 1960- ..., Encyclopédie de l'imaginaire celtique : un monde enchanté, Paris, Fetjaine, impr. 2012, 260 p. (ISBN 978-2-35425-335-6 et 2-35425-335-4, OCLC 816682775, lire en ligne), p. 178
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Encyclopédie du Merveilleux, Tome 1 : Des peuples de la lumière par Édouard Brasey (2005)