Selma Velleman
Selma Velleman, née à Amsterdam, le et morte à Londres le , est une résistante néerlandaise au nazisme. Elle est coursière pendant la Seconde Guerre mondiale et transporte clandestinement toutes sortes de documents, de l'argent, des tracts ou des messages. Après la guerre, elle travaille comme journaliste et enseignante et réside au Royaume-Uni dont elle prend la nationalité.
| Naissance | |
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| Pseudonymes |
Margareta van der Kuit, Marga van der Kuit |
| Nationalités |
britannique (à partir du ) néerlandaise |
| Formation | |
| Activités |
Journaliste, correspondante à l'étranger, résistante, enseignante |
| A travaillé pour | |
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| Lieu de détention |
Ravensbrück (- |
Biographie
modifierJeunesse et famille
modifierSara Velleman, dite Selma, est née à Amsterdam le dans une famille libérale et chaleureuse[1]. Ses parents sont Femmetje (Fem) Spier, mère au foyer et modiste de formation, et Barend Velleman (1889-1942), un acteur, chanteur et présentateur juif, connu sous le nom de scène Ben Velmon[2],[3],[4]. Elle a deux frères aînés, Levi Barend (Louis) et David Henri, et une sœur cadette, Clara. La famille n'a pas de pratique religieuse[5],[6].
Occupation allemande aux Pays-Bas
modifierPendant la Seconde guerre mondiale, son frère aîné navigue avec la compagnie maritime Hollandsche Stoomboot Maatschappij (nl) et son plus jeune frère est au Royaume-Uni[6],[4].
En 1942, Selma Velleman est convoquée pour le travail obligatoire en Allemagne mais elle parvient à se faire exempter provisoirement[5].
Son père se rend malheureusement à sa convocation au camp de travail. Il est arrêté plus tard dans l'année et emmené au camp de Westerbork, puis à Auschwitz, où il est assassiné le , le lendemain de son arrivée[7],[8].
Sa mère et sa jeune sœur se cachent alors à Eindhoven. A un moment, leur logement, surpeuplé, n'est plus très sûr mais il est trop dangereux de les déplacer. Elle sont dénoncées et arrêtées puis assassinées à Sobibór.
Résistance
modifierCoursière
modifierSelma Velleman devient membre du groupe de résistance TD-groep (nl) sous le nom de Wil Buter, puis sous celui de Marga van der Kuit. Elle rencontre des membres de ce groupe chez un médecin qui l'héberge à Leyde. Elle raconte sa naïveté et son idéalisme à cette époque et n'avoir réalisé la gravité du danger qu'elle courait qu'après la guerre[5],[9],[8].
Selma Velleman est la première à recevoir une carte d'identité officielle délivrée par les autorités, acquérant ainsi une nouvelle identité non juive[4].
De 1943 jusqu'à son arrestation en , elle est coursière pour la résistance, transportant presque quotidiennement des colis et des messages à travers les Pays-Bas, parfois en Belgique et même à Paris[4],[10],[6]. « Je voyageais en train avec un sac ou une valise. Je distribuais des cartes de rationnement aux cachettes, remettais de l'argent aux familles qui hébergeaient des personnes cachées et distribuais toutes sortes de tracts illégaux. »[5]
En , la résistance lui trouve un logement à Utrecht, au centre des Pays-Bas et disposant d'une excellente desserte ferroviaire[4].
Arrestation et déportaion
modifierLe , elle est arrêtée à Utrecht lors d'une réunion avec d'autres membres de la résistance, emmenée à la prison d'Amsterdam et interrogée. Elle est transférée au camp de Vught le puis déportée à Ravensbrück le sous le numéro 66947[6],[5]. Elle raconte : « Je ne suis restée que peu de temps à Vught. Des choses horribles s'y sont produites aussi, mais comparé à Ravensbrück, nous disions plus tard, Vught était un havre de paix. »
Elle est gravement maltraitée, souffre de dysenterie et du typhus et rapporte avoir survécu grâce au soutien de ses codétenues[5]. Dès qu'elle va mieux, elle postule pour un emploi dans l'atelier de production de Siemens & Halske AG, où les conditions de vie sont réputés légèrement meilleures. Comme d'autres travailleurs et travailleuses forcées, elle sabote discrètement les masques à gaz qu'elle fabrique[7],[4],[6]. A ce moment là, elle est inscrite sous le nom de Marga van der Kuit, prisonnière politique. Personne ne sait ni ne doit savoir qu'elle est juive, car ce serait la déportation et l'assassinat à Auschwitz[5].
Le , elle est libérée de Ravensbrück par la Croix-Rouge suédoise et emmenée au Danemark lors de l'opération des bus blancs, puis à Malmö et Göteborg où elle assiste à la fin de la guerre le . Elle part ensuite pour Stockholm où elle apporte son assistance aux soins des malades[4],[9].
C'est seulement là qu'elle ose révéler sa véritable identité. À son retour aux Pays-Bas, elle apprend que ses parents et sa jeune sœur ont été assassinés à Auschwitz et à Sobibór[5].
Après la Seconde Guerre mondiale
modifierJournaliste et enseignante
modifierPeu de temps après son retour, le ministère de la Guerre l'affecte au service médical du ministère, à Londres, probablement grâce à l'intervention de son frère David qui y vit déjà[4].
Elle obtient, grâce à une amie, un emploi au service mondial de la BBC. Elle y rencontre le journaliste belge Hugo Vandeperre (1914-1979), fils d'Alfons Vandeperre, fondateur du journal De Standaard. Ils se marient en 1955 et ont un fils, Jocelin, en 1957[5],[4].
Pendant qu'elle travaille à la BBC, Selma van de Perre, reprend des études d'anthropologie et de sociologie. Après avoir obtenu son diplôme, sous le nom de Selma van de Perre, elle devient professeure de sociologie et de mathématiques au Sacred Heart High School de Hammersmith, à Londres[4].
Lorsque son mari meurt subitement en 1979, elle reprend son travail de correspondante à l'étranger. Jusqu'à sa retraite, elle travaille comme journaliste pour la BBC, entre autres, et comme correspondante pour AVRO Televizier et De Standaard. Elle devient aussi citoyenne britannique[4].
Témoignage
modifierA partir de 1995, Selma Van de Perre participe chaque année au Forum des générations du Mémorial de Ravensbrück et, à cette occasion partage son expérience avec des étudiants allemands et néerlandais. Chaque année également, elle rencontre des étudiants néerlandais, en formation d'enseignants, et leur parle des événements de Ravensbrück. Tous les 5 mai, Selma van de Perre est invitée à la commémoration de la libération des Pays-Bas. C'est elle qui dépose la gerbe officielle en hommage aux femmes de Ravensbrück, au pied du Monument national, sur la place du Dam à Amsterdam. À cette occasion, elle est présentée à la reine Beatrix des Pays-Bas et, plus tard au roi Willem-Alexander[5],[11]
À la demande de ses neveux et nièces, elle commence, en 2003, à écrire son autobiographie. Elle est publiée aux Pays-Bas en 2020 sous le titre Mijn naam is Selma et traduite en français l'année suivante, sous le titre Mon nom est Selma[12].
En 2022, le journaliste néerlandais Philip Freriks (en) l'accompagne sur les lieux de mémoire de la déportation. À la suite de ce voyage, il réalise le film Selma's orloog pour Omroep MAX[13].
Selma van de Perre témoigne également pour la journaliste britannique Sarah Helm pour la préparation de son livre sur Ravensbrück[14].
Elle fête ses 100 ans en de la même année[5].
Selma Van de Perre meurt le à Londres, à l'âge de 103 ans[15].
Hommages
modifier- 1983 : Verzetsherdenkingskruis (nl) (Croix commémorative néerlandaise de la Résistance)
- 2021 : chevalier de l'Ordre d'Orange-Nassau[16]
Publication
modifier- Mon nom est Selma [« Mijn naam is Selma »] [« Mon nom est Selma »] (trad. Myriam Bouzid), Alisio, , 272 p. (ISBN 9782379351280)
Filmographie
modifier- Selma's orloog de Philip Freriks, 2022
Liens externes
modifier- Ressource relative à l'audiovisuel :
Références
modifier- (nl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en néerlandais intitulé « Selma van de Perre » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) « Selma van de Perre obituary: Dutch-born Jewish resistance fighter », The Times, (lire en ligne)
- ↑ (nl) « Ben Velmon », sur Zwartekat.nl (consulté le )
- ↑ Stadsarchief Amsterdam: « geboorteakte » van Sara Velleman, 1922, register 9, folio 95. Op haar geboorteakte staat als beroep van haar vader variéte-artist vermeld.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (nl) Hans van Zon, « Verzetsvrouw Selma van de Perre: 'Elke dag ben ik blij dat ik leef », BNNVARA, (lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (nl) Harriët Salm, « Selma van de Perre (97) doet nu pas haar verhaal over het concentratiekamp. ‘Ik gunde het de Duitsers niet dat ik doodging’ », Trouw, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 (nl) « Sara Velleman / Selma van de Parre », sur joodsamsterdam, (consulté le )
- 1 2 (pt-BR) « Aos 100 anos, mulher relata em livro como resistiu ao nazismo na Holanda », sur Revista Galileu, (consulté le )
- 1 2 (nl) « Verzetsvrouw Van de Perre ('Mijn naam is Selma') overleden », sur nos.nl, (consulté le )
- 1 2 « Internationales Ravensbrück Komitee », sur www.irk-cir.org (consulté le )
- ↑ (en) « Obituary Selma van de Perre, Dutch-born Jewish resistance fighter », The Times, (lire en ligne
) - ↑ (de) « Selma van de Perre – Siemens@Ravensbrueck » (consulté le )
- ↑ Selma van de Perre, Mijn naam is Selma, Thomas Rap, 1 januari 2020 (ISBN 978 9400404595, lire en ligne)
- ↑ « Selma's oorlog », Max vandaag, (consulté le )
- ↑ (en) Sarah Helm, If This Is A Woman: Inside Ravensbruck: Hitler's Concentration Camp for Women), Little, (ISBN 978-1-4087-0107-2)
- ↑ « Verzetsstrijder Selma van de Perre (103) overleden », Het Parool,
- ↑ (en) Rachel Steinberg, « Dutch-Jewish resistance hero speaks of terrifying moment the Nazis nearly caught her », sur The Jewish Chronicle, (consulté le )