Sergueï Kirienko

personnalité politique russe

Sergueï Vladilenovitch Kirienko (en russe : Сергей Владиленович Кириенко), né le à Soukhoumi en Union soviétique, est un homme d'État russe, qui est président du gouvernement de la fédération de Russie du au , succédant à Viktor Tchernomyrdine. Il devient ensuite sous Vladimir Poutine haut responsable de l'Administration présidentielle de Russie, chargé notamment de la « politique de voisinage » russe. Il est notamment chargé du contrôle des territoires occupés d'Ukraine, annexés par la Russie lors de son invasion. En outre, il est accusé d'être l'un des principaux acteurs de la propagande russe et de la désinformation dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne et de la nouvelle guerre froide. Lui et son fils Vladimir font l'objet de sanctions de la part de l'Union européenne et des États-Unis.

Sergueï Kirienko
Сергей Кириенко
Illustration.
Sergueï Kirienko en 2020.
Fonctions
Directeur adjoint de l'Administration présidentielle de la fédération de Russie
En fonction depuis le
(9 ans, 11 mois et 12 jours)
Président Vladimir Poutine
Prédécesseur Viatcheslav Volodine
Président du gouvernement russe
[N 1]
(5 mois)
Président Boris Eltsine
Prédécesseur Viktor Tchernomyrdine
Successeur Viktor Tchernomyrdine (Intérim)
Ievgueni Primakov
Premier vice-président du gouvernement russe

(1 mois et 1 jour)
Président Boris Eltsine
Président du gouvernement Lui même
Prédécesseur Boris Nemtsov
Successeur Iouri Maslioukov
Biographie
Nom de naissance Sergueï Vladilenovitch Kirienko
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Soukhoumi (RSS de Géorgie)
Nationalité Russe
Parti politique Parti communiste de l'Union soviétique
Union des forces de droite
Père Vladilen Iakovlevitch Izraitel
Mère Larissa Vassilievna Kirienko
Conjoint Maria Vladimirovna Kirienko
Enfants 3

Image illustrative de l’article Sergueï Kirienko
Présidents du gouvernement russe

Il a le grade civil de conseiller d'État effectif de la fédération de Russie de 1re classe[1].

Biographie

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Jeunesse et débuts

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Sergueï Kirienko naît le à Soukhoumi, en Abkhazie, alors en URSS.

Sous Boris Eltsine

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Au début de sa carrière politique, Boris Eltsine a initialement du mal à imposer Sergueï Kirienko au poste de président du gouvernement de la fédération de Russie, la Douma ayant refusé de l'investir par deux fois.

Kirienko est au gouvernement lors du célèbre « krach » d'août 1998, et est contraint de dévaluer le rouble de 34 % par rapport au dollar américain. Le remboursement de la dette extérieure est suspendu pour 90 jours. Le , Boris Eltsine sacrifie Kirienko aux députés qui demandent sa propre « démission volontaire ». Un mois après, le rouble a perdu 61 % de sa valeur, malgré le remplacement de Kirienko par Evgueni Primakov et de toute l'équipe gouvernementale.

Sous Vladimir Poutine

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Sergueï Kirienko est ensuite été élu président de groupe parlementaire à la Douma. Il fait partie de l'Union des forces de droite. Il occupe de 2005 à 2016 la présidence de l'Agence fédérale de l'énergie atomique. En , Sergueï Kirienko est nommé premier directeur adjoint de l'administration présidentielle, poste qui s'occupe des questions de politique intérieure, en remplacement de Viatcheslav Volodine[2],[3].

Il fait ensuite partie des personnalités les plus puissantes au sein de la politique russe, sous l'autorité de Vladimir Poutine, bien qu'il ait subi une légère disgrâce aux yeux du président russe dans les premiers mois de l'invasion russe de l'Ukraine[3].

Ses pouvoirs s'accroissent au sein de l'administration présidentielle russe à partir de fin 2022. Il devient notamment chargé du contrôle des territoires occupés d'Ukraine, annexés par la Russie lors de son invasion, mais aussi, plus généralement, de la « politique de voisinage » (mission jusque là confiée à Dmitri Kozak, successeur de Vladislav Sourkov)[4]. Il fait évoluer la stratégie russe de l'« ingénierie classique pour remporter des élections, allant de la manipulation des candidatures au bourrage d'urnes » vers l'« influence culturelle et informationnelle »[3].

En , le Washington Post publie une enquête fondée sur des documents officiels et de nombreux entretiens, qui révèle le rôle d'organisateur de Sergueï Kirienko dans une opération de déstabilisation et de désinformation à destination de plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne, l'Ukraine et les États-Unis. Cette opération de propagande vise à faire cesser le soutien à l'Ukraine et à faire accepter une victoire russe, tout en exacerbant les tensions sociales dans les pays en cours afin de diviser l'opinion publique, notamment via les réseaux d'extrême droite[5],[6].

En , Olesya Vartanyan révèle dans un article publié par la Fondation Carnegie pour la paix internationale que Sergueï Kirienko serait impliqué dans des opérations russes en république d'Abkhazie. Elles visent à installer au pouvoir une personnalité favorable à la Russie à la faveur des élections anticipées du , après la démission d'Aslan Bjania, à la suite de l'assaut du palais présidentiel par les manifestants. Badra Gounba, président par intérim, est le candidat privilégié par le Kremlin[4].

Sergueï Kirienko est également chargé des opérations d'influence russes en Arménie, pays jusque là proche de la Russie mais se rapprochant de plus en plus de l'Union européenne, avec une politique « pro-occidentale »[3]. Il a pour objectif d'influencer les élections législatives arméniennes de 2026, notamment via de fausses informations sur l'Alliance arménienne[7].

En , le média d'investigation centre-européen VSquare révèle l'implication d'une équipe dirigée par Sergueï Kirienko dans les élections législatives hongroises du . La Russie chercherait à interférer dans le scrutin ou même à le truquer afin de faire gagner le Premier ministre sortant pro-russe Viktor Orbán, en difficulté dans les sondages[8].

Liens avec les milieux politique et économique

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Sergueï Kirienko est vu par certaines sources comme ayant des « ambitions présidentielles ». Selon Régis Genté, il pourrait être attiré par le poste de ministre des Affaires étrangères, en remplacement de Sergueï Lavrov[3]. À partir de 2022, il tente d'étendre son influence au sein de l'appareil sécuritaire russe et entre en conflit avec Alexandre Bortnikov, directeur du Service fédéral de sécurité (FSB), et Alexeï Sedov, responsable de la censure de Telegram et d'Internet en Russie[9].

Il est également allié avec Iouri Kovaltchouk, ami de Vladimir Poutine, et son frère Mikhaïl Kovaltchouk, magnat de l'industrie nucléaire russe[3].

Vie personnelle

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Son fils Vladimir Kirienko est également une personnalité de haut rang en Russie, nommé directeur général de VKontakte[9].

Notes et références

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  1. Par intérim du au .

Références

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  1. (ru) Russie. « Указ Президента Российской Федерации от 23.12.2000 года №2040 "О присвоении квалификационного разряда федеральным государственным служащим Администрации Президента Российской Федерации" » [lire en ligne (page consultée le 30 avril 2023)]
  2. (en) « Rosatom Head Appointed As First Deputy Chief Of Kremlin Administration », Radio Free Europe,
  3. 1 2 3 4 5 6 Régis Genté, « Russie : Le conseiller présidentiel Sergueï Kirienko étend son pouvoir au sein du Kremlin », sur Intelligence Online, (consulté le )
  4. 1 2 (en) Olesya Vartanyan, « Moscow Has Run Out of Patience in Abkhazia », sur Carnegie Endowment for International Peace, (consulté le )
  5. « Cette enquête du « Washington Post » sur la Russie gâche les fêtes du RN », sur Le HuffPost, (consulté le )
  6. (en) Catherine Belton, « Russia is working to subvert French support for Ukraine, documents show », Washington Post, (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le )
  7. Agnieszka Filipiak, « Armenia: Europe’s New Hope or a Risky Bet? », sur Filipiak Insights, (consulté le )
  8. (en) Szabolcs Panyi, « Putin's GRU-linked Election Fixers Are Already in Budapest to Help Orbán », sur VSquare.org, (consulté le )
  9. 1 2 « Russie • Avant les élections à la Douma, les esprits s'échauffent dans les services russes », sur Intelligence Online, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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