Serlon de Savigny

bénédictin puis cistercien, † 1158

Serlon de Savigny est un moine du XIIe siècle, devenu abbé de l’abbaye de Savigny en Normandie. Il est reconnu comme bienheureux et sa fête liturgique est le [1].

Jeunesse

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Serlon de Savigny est né vers la fin du XIe siècle à Vaubadon près de Bayeux[2]. Il étudia sous la conduite de saint Geoffroy, né vers 1070 au château de Bayeux, qui, après des études à Paris, entra au monastère de Cerisy[3].

Suivant son maître Geoffroy, Serlon entre à l’abbaye bénédictine de Cerisy[2], avant de rejoindre l’abbaye de Savigny, où il passe plusieurs années comme moine.

Abbatiat (1139-1153)

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Après la mort du précédent abbé, Serlon est élu abbé de son monastère en 1139[4]. C’est lui qui opère le rattachement de Savigny et de ses abbayes filles à l’ordre cistercien. Serlon rencontre le pape Eugène III au Concile de Reims et le soutien du pontife permet l’affiliation de Savigny à l’ordre cistercien en 1147[5].

Les difficultés que rencontrait l’abbaye de Savigny avec ses abbayes filles peuvent expliquer cette entreprise de Serlon. Ce rattachement à l’ordre cistercien doit aussi se comprendre dans le contexte des querelles de succession entre Mathilde l'Emperesse et Étienne de Blois, dans lesquelles certaines abbayes de l’ordre étaient impliquées, comme l’a montré l’historien Christopher Holdsworth[5].

Ce rattachement amène de profondes évolutions dans le fonctionnement de Savigny. Affiliée à Clairvaux, elle adopte les coutumes et les règles de l'ordre de Cîteaux[6]. L’abbé Serlon participe à partir de ce moment-là aux chapitres généraux de l’ordre cistercien annuels.

Au début des années 1150, Philippe d’Harcourt, évêque de Bayeux conteste une donation de terres faite à l’abbaye. Serlon de Savigny fait appel au pape qui accorde une bulle confirmant par autorité apostolique la donation[3].

Retrait et fin de vie (1153-1158)

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Serlon démissionne de sa charge en 1153 et se retire à Clairvaux[4].

Une fois retiré à Clairvaux, il lui arrive de prêcher à l’extérieur de l’abbaye, à Fontenay et à Reims par exemple[7]. Il meurt en 1158.

Il est décrit dans la chronique de Robert de Torigni comme « amator sanctitatis et quietis », aspirant à la sainteté et au calme[8].

Œuvres

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Serlon de Savigny avait une réputation de prêcheur. Il y aurait en tout 35 sermons de Serlon connus[4].

Le cistercien Bertrand Tissier attribuent des sermons à Serlon de Savigny, qu’il publie dans sa Bibliothèque des pères cisterciens, dont voici la liste[9] :

  • cinq sermons sur la Pentecôte ;
  • deux sermons sur saint Jean-Baptiste ;
  • un sermon pour la fête des saints apôtres Pierre et Paul ;
  • deux sermons sur l’assomption de la Vierge Marie ;
  • deux sermons sur la nativité de la Vierge Marie ;
  • quatre sermons pour la Toussaint ;
  • un sermon pour la dédicace d’une église ;
  • un autre sermon ;
  • un sermon pour l’Avent ;
  • un sermon pour la Nativité ;
  • un sermon sur l’Annonciation ;
  • un sermon sur le sacrement de l’autel ;
  • quelques courts discours.

En étudiant son deuxième sermon pour l’Assomption et le fragment Regina Saba, Michel Pigeon fait remarquer : « Dans ses propos sur l’action et la contemplation, Serlon se révèle tout à fait homme de son milieu monastique et de son temps. La contemplation l’emporte sur l’action, mais celle-ci, au sens d’ascèse et de vie vertueuse, la précède et l’accompagne ensuite dans une certaine mesure[7]. »

Bibliographie

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Serlon de Savigny est évoqué dans divers ouvrages :

  • Claude Auvry, Histoire de la congrégation de Savigny, Rouen, A. Lestringant, 1896-1898, 3 tomes.
  • Dom Léon Guilloreau, Le démêlé de Serlon, abbé de Savigny, et Pierre d’York, abbé de Furness, 1147-1150, Evreux, Imprimerie de l'Eure, 1916.
  • Brigitte Galbrun et Véronique Gazeau (dir.), L’abbaye de Savigny (1112-2012), un chef d’ordre anglo-normand, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019.

Notes et références

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  1. « Bienheureux Serlon de Savigny », sur Nominis (consulté le ).
  2. 1 2 ptrochu, « Les saints de Savigny (XIIème siècle) », sur Diocèse de Coutances, (consulté le ).
  3. 1 2 Claude Auvry, Histoire de la congrégation de Savigny, t. 3, Rouen, A. Lestringant, 1896-1898, p. 43 et s..
  4. 1 2 3 John Higgens, « A sermon by Serlon of Savigny », Life of the Spirit, vol. 14, no 157, , p. 38-41 (lire en ligne).
  5. 1 2 Alexis Grélois, « Savigny et l’ordre cistercien. Un bilan historiographique critique. », dans Brigitte Galbrun et Véronique Gazeau, L’abbaye de Savigny (1112-2012), un chef d’ordre anglo-normand, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2753575950), p. 35-36.
  6. Alexis Grélois, « Au-delà des catalogues : pour une étude à frais nouveau de l’expansion cistercienne dans la France de l’Ouest », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, vol. 120, no 33, , p. 154-169.
  7. 1 2 Michel Pigeon, « Action et contemplation chez Serlon de Savigny », dans Mélanges Anselme Dimier, vol. 3, t. II, , p. 391-397.
  8. Robert de Torigni, Chronique de Robert de Torigni, abbé du Mont-Saint-Michel, Rouen, Le Brument, .
  9. Bertrand Tissier, Bibliothecae Patrum Cisterciensium, (lire en ligne).